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12.04.2008

Marijuana

                                                2039907064.jpgJohn Pygmalion Senior m’a cueilli à froid, le lendemain matin alors que je prenais mon petit déjeuner « Au vieil Aubrac ».

- On dirait que tu t’es encore emballé hier… Cette petite Marie, qu’est-ce que tu sais d’elle ?

- A vrai dire pas grand-chose… Elle m’a dit qu’elle porte du Nina Ricci, qu’elle est romantique et qu’elle aime le chocolat au lait…

- Ca va. J’ai lu sa bio, me fait John agacé. Tu l’as vu ? Tu la connais ?

- Ben non, suis-je obligé d’admettre. Ce ne sont que bruits de blogs et rumeurs d’infosphère.

- Tu ne peux pas me la décrire, avoue-le !

- Non, bien sûr…

- Alors qu’est-ce que c’est que cette photo que tu as flanquée en face du texte ?

- Disons qu’elle pourrait être comme cela…

- Ou autrement…

- C’est sûrement quelqu’un de très bien. Elle dit qu’elle lit et qu’elle écrit beaucoup…

- Et puis aussi qu’elle est belle et intelligente. Et toi, grand nigaud, tu gobes toutes ses salades et l’hameçon avec ! Alors je te repose la question : « Est-ce que tu peux me la décrire ? »

- Non, mais je suis sûr que c’est une vraie personne qui existe quelque part dans le vrai monde des vrais gens…

- Dis plutôt que c’est une ombre, un ectoplasme du web, une passante invisible, un courant d’air  qui a encore moins de réalité que le moins fouillé de tous tes personnages…

- Vu comme ça, évidemment…

- Tiens, Jeanne par exemple, comment est-elle ?

- Elle est brune avec une teinture qui tire sur le roux. Elle a de magnifiques yeux bleus très clairs. Malheureusement, elle les cache derrière de vilaines lunettes. Elle a environ quarante ans et travaille pour le Ministère de l’Intérieur dans le service des personnes portées disparues. Elle mesure 1,65m et pèse 63 kg. L’homme de sa vie, Gaston, vient de la laisser tomber, alors elle est très triste.

- Tu vois que tu peux en dire bien plus que sur ta petite Marie, triomphe le prétentieux english.

- D’abord la Marie n’a jamais dit qu’elle était petite !

- Mais tu ne peux pas te fier à ses dires… Elle peut te raconter ce qu’elle veut. Elle ne s’appelle peut-être même pas Marie, mais Germaine, Gertrude ou Cunégonde…

- J’avoue qu’avec la toile tout est possible…

- Et ton Carlito, décris-le moi un peu, avant de le lâcher dans ta foutue histoire…

- Qui te dit que je vais le lancer aux trousses de Jeanne ?

- Mon petit doigt… Je te connais comme si je t’avais fait. Tu n’es pas capable d’inventer une histoire sans un tueur, un salopard ou un psychopathe…

- Disons que Carlito est un colombien proche du cartel de Medellin. Abandonné très jeune dans les rues, il a rejoint les rangs des pires gangs juste pour ne pas crever de faim. Il est de taille très moyenne (1,70m), court sur pattes et basané de peau. Il a le cheveu noir et raide, des yeux très sombres et un regard assez dur. Il a un profil d’indien Quechua et un visage fermé et assez inexpressif qui ne s’éclaire que lorsqu’il sourit, ce qui est très rare. Il est assez mince, ne pèse que 65 kg et est âgé de 37 ans…

- Et qu’est-ce qu’il vient faire chez nous ?

- Là, tu es trop pressé, Pygmalion. Je te le raconterai plus tard. Disons, en temps utile. Il faut ménager l’intérêt, ne pas tout dévoiler d’un seul coup. C’est le secret des bonnes histoires…

- Sans doute… mais tu vois bien que ta Marie (qui existe) a moins de réalité que tes créations (qui ne vivent que dans ton imagination) aussi paradoxal que cela te paraisse…

- Et alors, rétorquai-je agacé, il suffirait que l’on prenne délicatement la Marie par l’épaule et qu’on la fasse basculer dans la fiction. Tiens, je crois me souvenir que Carlito était tombé amoureux d’une certaine Maria quelque chose… Ah oui ! Maria Juana ! Une brune incendiaire capable de faire tourner la tête de tous les petits caïds des trottoirs de Medellin.

- Marijuana ? Au Paradiso d’Amsterdam, en 68 déjà, on ne pouvait profiter de la musique qu’à travers un gros nuage de fumée de cette bonne herbe… Ah, c’était le bon temps… Mais enfin, c’est un peu tiré par les cheveux, ton truc : Marie, Maria, Maria-Juana et marijuana. Après la femme chocolat, la femme pétard quoi !

- Pas tant que ça ! Tu oublies que je suis un co-auteur de ce roman interactif et que j’invente ce qui me plait…

- Et que moi, John Pygmalion Senior, je suis DIEU…

- Tout comme Eric Clapton que des abrutis appelèrent « God » !

- Il le méritait bien moins que moi, conclut le prétentieux personnage.

Commentaires

la femme pétard... mais c'est tout un concept!
John... je m'incline devant tant de mansuétude. Mais... existes tu seulement?

Ecrit par : la marie | 14.04.2008

C'est selon...
Des goûts et des croyances, cela ne se discute pas...

Ecrit par : CCRIDER | 14.04.2008

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