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02/06/2010

Kangouroad movie (A.D.G)

 

Au fin fond de l'outback australien, deux gardiens de la barrière anti-dingos, Paddy O'Flaherty, un blanc désenchanté ancien des SAS et Pickwick, un énigmatique aborigène, découvrent non loin de leur campement cinq cadavres dont quatre sont atrocement mutilés. Et ils aperçoivent avec effroi une silhouette qui n'a rien d'humain disparaître dans la nuit. Débute alors dans le bush sauvage une enquête difficile hantée par la culture millénaire des Abos du Queensland qui leur fera rencontrer une étonnante Suissesse randonneuse, un allemand prétendument nazi et une tribu belliqueuse prête à tout pour rendre infernale la vie des compagnies minières, de la police, des propriétaires terriens et autres Blancs bien loin d'être eux-même des anges. Le tout sur fond de trafics des plus surprenants.

Ce livre, présenté comme thriller et policier par Folio, est aux antipodes (c'est bien le cas de le dire) de la production habituelle d'A.D.G. Ici, le dépaysement est total pour le lecteur, plus de polar provincial franchouillard avec ses truands à la San-Antonio, mais bien une sorte de road-movie quasi cinématographique dans un décor totalement exotique et parfaitement décrit : le Queensland australien dans toute sa sauvagerie écrasée de soleil et de sècheresse. Il faut préciser que ce livre est le tout dernier d'A.D.G et qu'il l'a rédigé suite à un long séjour là-bas, ce qui se sent à la lecture. Plus que l'histoire distillée sur un tempo un peu poussif, c'est le pays lui-même qui représente le centre d'intérêt principal de ce livre qui mérite d'être lu simplement pour parfaire notre connaissance de ce pays lointain aux habitants plutôt étranges. (On apprend énormément sur les aborigènes) Mais ne cherchez pas le style qui a fait la réputation de l'auteur. Ici, plus d'argot, plus de langue verte, plus de jeux de mots, plus de trouvailles truculentes, juste du classique et de l'efficace, un peu à l'américaine. Dommage.

3/5

 

 

09:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : thriller

01/06/2010

Tom Sharpe a écrit...

Tom Sharpe.jpg

dans... Porterhouse ou la vie de collège

"(...)

Au château de Coft, le Doyen et sir Cathcart étaient assis dans la bibliothèque, une carafe de brandy à moitié vide sur le guéridon à côté d'eux, à remâcher amèrement le souvenir de bien des gloires passées.

- La ruine de l'Angleterre. Ces foutus socialistes ! Gronda sir Cathcart. Ils ont fait de ce pays une société de bienfaisance. On ne gouverne pas une grande nation avec de bonnes intentions. Foutue folie ! De la discipline, voilà ce qu'il faut au pays. Une bonne dose de chômage pour ramener la classe ouvrière à la raison.

- Ca n'a plus l'air de marcher en ce moment, dit le Doyen avec un long soupir. Autrefois les dépressions avaient un effet très salutaire.

- C'est la faute des Allocations. On gagne plus à ne rien faire qu'à travailler. Grossière erreur. Qu'on leur fasse un peu tirer le diable par la queue et tout rentrera dans l'ordre.

- Ce qu'on dit toujours, c'est que les femmes et les enfants souffrent, dit le Doyen.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça, continua le général. Rien de tel qu'une femme qui a faim pour donner du courage à un homme. Ca me rappelle un tableau que j'ai vu autrefois. Tout un tas de chasseurs autour d'une table qui attendent pour dîner, et la dame de la maison qui rentre et qui soulève le couvercle du plat. Sacré bon sang de bonsoir ! Belle femme, belle peinture ! Un peu de brandy ?

- C'est très aimable à vous, dit le Doyen, en tendant son verre.

- L'ennui avec ce... Godber Evans, c'est qu'il est d'origine modeste, dit sir Cathcart, après avoir rempli leurs verres. Ne comprend rien aux hommes. Pas de vieille famille de campagne derrière lui. Pas de qualités de chef. Il faut avoir vécu avec les animaux pour comprendre les hommes, les travailleurs, il faut savoir les entraîner. Un coup de cravache sur le derrière quand ils font mal, une caresse dans le cou s'ils font bien. Pas la peine de leur bourrer le crâne avec des idées qu'ils sont incapables de comprendre. Pas le sens commun, toute cette éducation.

- Je suis tout a fait d'accord avec vous dit le Doyen. Donner aux gens une éducation au-dessus de leur condition a été une des grandes erreurs de ce siècle. Ce dont le pays a besoin, c'est d'une élite éduquée. Celle qu'il a pu avoir, en fait, au cours des trois cents dernières années.

- Trois repas par jour, un toit au-dessus de leur tête, et les manants n'ont rien à demander de plus. C'est des gars solides qu'il nous faut. Dans ce système, il n'y a que des lavettes. La société de consommation, c'est bien ça. Comment consommer ce qu'on a pas fabriqué ? Foutue chienlit.

 

(Porterhouse ou la vie de collège. Tom Sharpe - Ed. Belfond)

 

 

09:17 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : réaction