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02/11/2010

Les Faux As (Bernard Viallet) Une critique

les faux as.jpgAlors que les histoires concernant la « banlieue » défraient régulièrement la chronique médiatique, peut-on dire que nous sachions réellement de quoi il en retourne derrière ce vocable finalement peu précis ?
C'est un séjour au cœur des banlieues les plus chaudes, représentées principalement par la cité des Asphodèles que nous convie l'auteur des Faux As.
L'usage d'une langue parfaitement correcte mais parsemée aux bons endroits de termes argotiques du cru contribue à mettre le lecteur dans le bain. L'originalité et l'humour, malgré certaines scènes particulièrement violentes, sont au rendez-vous.
Intrigue bien menée, suspens, rythme, progression régulière de l'action, le roman les Faux As est une excellente carte littéraire qui se veut également une prise de vue très nette, un témoignage concret de ce qui se passe en banlieue. Les quelques exagérations nécessaires à la dynamique de l'histoire restent réalistes. Il faut dire que Bernard Viallet connaît bien ces lieux qu'il a déjà dépeints - avec une tendresse contrastant avec l'environnement - dans son témoignage autobiographique de directeur d'école « Le Mammouth m'a tuer ».
Au travers de chapitres assez courts, Viallet nous dessine les portraits de tous ces habitants, jeunes ou vieux, français de souche ou étrangers, racailles ou policiers.
Sans rancœur, Viallet nous décrit des gens finalement tous livrés à eux-mêmes, voyous mineurs s'extériorisant dans des exactions de plus en plus violentes et malsaines, citoyens français abandonnés par une police elle-même dépassée et craintive, clandestins courageux manipulés puis laissés à leur triste sort, politiques égoïstes eux-mêmes inconscients de la réalité sociale.
La religion est également abordée, au travers de l'Islam, mais également du Christianisme plus présent en ces zones qu'on ne peut le croire.
C'est d'ailleurs par la Foi et l'Amour que propose Bernard Viallet de s'évader de ces banlieues, que l'auteur nous présente comme un maelström d'incompréhensions et de vengeances réciproques sans cesse renouvelées et amplifiées.
Le message d'espoir qui malgré tout clôt cette œuvre nous fait un peu regretter qu'aucune véritable cause initiale ne soit donnée sur l'état de fait présent dont on semble ne plus pouvoir sortir.
C'est sans doute ce qui fait de ce roman, malgré tout très humoristique par sa franchise, un matériau au fort pouvoir de réflexion.

09:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

« Les Faux As » n'est pas le premier livre que j'ai lu de Bernard Viallet.
Dans ce roman, comme dans les autres, l'auteur est partout et, en même temps, nulle part.
À l’image de cette justice et de cette discipline que réclame l’enseignant qu'il a été.
À travers ce récit, l'auteur marque son inquiétude par rapport aux problèmes de « compatibilité à la vie occidentale » d’une jeunesse issue de l’émigration (principalement africaine) notamment marginalisée dans des ghettos pensés par un pouvoir qui ne prend ses responsabilités ni vis-à-vis des émigrés, ni vis-à-vis des autochtones.
Le roman relate une violence et une misère banales, puisqu’elles sont conformes à la malheureuse réalité qui, hélas, défraie la chronique.
J’ai apprécié les propos accablants de conformisme que l’auteur prête aux journalistes et d’une manière plus générale, au pouvoir.
La problématique de l’absence de valeurs familiales, civiques et patriotiques est omniprésente.
Plume impeccable volontairement ponctuée du baragouin argotique crédibilisant certains personnages (qui me sont parfaitement antipathiques), j’ai passé un bon moment de lecture. Ouvrir ce livre a été un plaisir du début à la fin.
Fluide, pas prétentieux et pour mon plus grand bonheur, construit de courts chapitres.
Vive les contemporains décomplexés qui ont compris que la longueur des chapitres ennuie le lecteur d’aujourd’hui !
Vite, Bernard Viallet ! Un autre livre !

(réf: avis laissé sur "critiqueslibres.com")

Voilà, CCRider, j'ai tout dit!
Amitiés.

Écrit par : Tony | 29/11/2010

C'est vraiment trop gentil de ta part.
Merci, Tony.
Avec toute mon amitié.

Écrit par : CCRIDER | 29/11/2010

Les commentaires sont fermés.