Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/05/2012

Nietzsche toujours...

nietzsche.jpegJe ne peux résister aux petites grandes phrases Friedrich Nietzsche écrites il y a 120 ans maintenant quand il était en vacances entre Eze et Menton. Nietzsche parle de l’électorat social-démocrate qu’il voyait venir en bon prophète de l’ère du rien.

La terre sera alors devenue plus petite, et sur elle sautillera le dernier homme, qui rapetisse tout. Sa race est indestructible comme celle du puceron ; le dernier homme vit le plus longtemps. « Nous avons inventé le bonheur, » – disent les derniers hommes, et ils clignent de l’œil.

Dans son génial opus, Nietzsche manie aussi l’ironie, le second degré comme on dit aujourd’hui. Il voit venir l’humanité du bureau de vote et de la caisse de supermarché, l’humanité des sondages et des VTT… Il a prévu en tout cas la sur-médicamentation (quel beau mot tout de même !), l’ingouvernabilité (idem !) du bon peuple mécontent et même le goût immodéré pour le traintrain !

Un peu de poison de-ci de-là, pour se procurer des rêves agréables. Et beaucoup de poisons enfin, pour mourir agréablement. On travaille encore, car le travail est une distraction. Mais l’on veille à ce que la distraction ne débilite point. On ne devient plus ni pauvre ni riche : ce sont deux choses trop pénibles. Qui voudrait encore gouverner ? Qui voudrait obéir encore ? Ce sont deux choses trop pénibles.

Prévoyant le spectateur de Canal+, son « sens inné de la dérision » et son relativisme gauchisant, Nietzsche annonce aussi le relativisme moral et politique et le soin apporté à sa petite santé – car l’homme de la fin de l’histoire est increvable.

« Autrefois tout le monde était fou, » – disent ceux qui sont les plus fins, et ils clignent de l’œil. On est prudent et l’on sait tout ce qui est arrivé : c’est ainsi que l’on peut railler sans fin. On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt – car on ne veut pas se gâter l’estomac. On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit : mais on respecte la santé.

Evidemment il avait vu venir le rôle de l’Etat moderne et surtout la fonction d’usurpateur qui est la marque de ces temps misérables de tyrannie humanitaire.

L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l’État, je suis le Peuple. »

Notre savant savait aussi que chez le petit peuple des consommateurs assistés sociaux, l’appétit vient en mangeant (il le dit je ne sais plus où) ; et que donc, au moment où l’inévitable Bismarck commence à édifier son état sozial mais pas démocrate, on va créer un homme nouveau pour qui la vie est un problème à résoudre et pas un risque à courir. Mais en bon libertarien, Nietzsche rappelle que l’Etat c’est le vol, bien plus que la propriété (pauvre Proudhon !) :

Mais l’État ment dans toutes ses langues du bien et du mal ; et, dans tout ce qu’il dit, il ment – et tout ce qu’il a, il l’a volé.

En fait une petite phrase bien provocante, propre à caractériser les nouveaux électeurs de la gauche très plurielle.

Beaucoup trop d’hommes viennent au monde : l’État a été inventé pour ceux qui sont superflus !

Allez, et un bon petit plan de relance pour tous nos Français superflus ! 

Nicolas Bonnal

Commentaires

Proudhon : " La propriété, c'est la liberté ! "

Nicolas Bonnal, comme beaucoup hélas, ne se contente, à propos de Proudhon, que de raccourcis commodes ou pire encore, de bassesses tant l'idée anarchiste doit être travestie, salie, piétinée. Ah le confort intellectuel, cette peste !

Nous savons aujourd'hui que la propriété privée est le seul moyen efficace de protéger l'individu contre l'Etat, Proudhon l'avait pressenti. L'ennemi restant l'Etat, et particulièrement l'Etat jacobin en ce qui me concerne.

Proudhon s'explique :

" La propriété est la plus grande force révolutionnaire qui existe et qui se puisse opposer au pouvoir (...) Où trouver une puissance capable de contre-balancer cette puissance formidable de l'Etat ? Il n' y en a pas d'autre que la propriété (...) La propriété moderne peut être considérée comme le triomphe de la liberté (...) La propriété est destinée à devenir, par sa généralisation, le pivot et le ressort de tout le système social. "

Théorie de la propriété. 1862.

" Dans mes premiers mémoires, attaquant de front l'ordre établi, je disais, par exemple : La propriété, c'est le vol ! Il s'agissait de protester, de mettre pour ainsi dire en relief le néant de nos institutions. Je n'avais point alors à m'occuper d'autre chose. Aussi, dans le mémoire où je démontrais, par A plus B, cette étourdissante proposition, avais-je soin de protester contre toute conclusion communiste.

Dans le Système des Contradiction économiques, après avoir rappelé et confirmé ma première définition, j'en ajoute une toute contraire, mais fondée sur des considérations d'un autre ordre, qui ne pouvaient ni détruire la première argumentation, ni être détruites par elle : La propriété, c'est la liberté ! "

Confessions d'un Révolutionnaire. 1849.

Voilà, c'était juste une petite rectification nécessaire me semble-t-il. Bien à vous CC Rider !

Écrit par : Danny | 31/05/2012

Merci Danny.
Tout comme Fourier, Proudhon mérite d'être mieux connu et qu'on ne s'arrête pas à une petite phrase sortie de son contexte comme le pratiquent systématiquement les "journaleux"...

Écrit par : CCRIDER | 01/06/2012

Les commentaires sont fermés.