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07/01/2013

Les rats qui quittent le navire

depardieu.jpgIl était une fois, un fameux trois-mât

Fin comme un oiseau

Qui voguait sur la mer qui faisait le gros gros.

Hexagone il s'appelait

Et connu des jours meilleurs il avait.

Il avait été copié, pillé mais jamais égalé.

Sur toutes les mers du monde, il avait vogué.

Aux quatre coins de la planète, son étendard planté.

Un sinistre jour de juillet, une bande d'Illuminés

Une mutinerie avait déclenché

Par souci d'égalité

Toute tête qui dépassait avait coupé.

Quelques combats navals et coups de Trafalgar

Plus tard,

Le fier vaisseau avait ses trois mâts perdus

Et toutes ses pauvres voiles en charpie disparues.

Transformé en lourde galère

Son allure n'était plus très fière.

Une bande de veaux mollement ramaient

Sous la férule d'un sinistre porcelet

Assisté d'une bande de vieux éléphants roses

Et de sales chiennes de garde moroses.

L'ennui, c'est que sur ce rafiot qui errait

Et, Hollandais volant, sur les flots de la crise tanguait,

Les riches, Porcelet Premier à 75% avait voulu taxer,

Autant dire presque tout leur confisquer

Et ne leur laisser

Plus que les yeux pour pleurer.

Les derniers nantis,

De gros rats tout gris,

S'empressaient de tristement grignoter

Ce que le Capitaine Porcelet leur avait laissé.

Mais dans la cale, la révolte déjà grondait.

« Nous sommes des rats, pas des pigeons qu'ils disaient.

Pas question de se laisser plumer,

On a déjà bien assez donné ! »

- C'est la crise, faisait le porc pirate. Faut être solidaire

Et avec les pauvres se comporter en frère.

Plus que les autres les plus riches doivent contribuer.

Ce n'est que justice et ça ne va pas durer.

- Bordel, ma couille, j'y crois pas, hurla Grogégé,

Meneur de la révolte et gros rat noir aviné.

- Soyez raisonnable, je vous en supplie, Grogégé

Vous êtes un artiste aimé. L'exemple devez donner.

- Mon cul, j'en ai marre de banquer

Et aux quatre veines d'être saigné

Pour des fainéants et des profiteurs engraisser.

- Parler d'engraisser, vous voilà mal placé,

Persifla Porcelet de sa vanne enchanté.

Dans un canot, Grogégé son fromage de Hollande chargea,

Un tonneau de pinard et moult charcutailles ajouta...

Il n'était ni le premier ni le dernier

Le rafiot Hexagone à vouloir quitter.

Ils étaient déjà des milliers,

Des vingts, des cents à discrètement se barrer

Chanteurs, sportifs, comédiens, fortune vagabonde

Plus ou moins discrètement ils filaient sur les ondes.

Et là, voilà-t-y pas que Jean Héron se met à brailler :

« T'es rien qu'un minable Grogégé

En pleine tempête de te tirer ! »

« Pourquoi s'en prendre à moi, grinçait Grogégé.

Mes impôts toujours j'ai payé

Obélix, Cyrano, Monte-Cristo j'ai été

Plein de boulot à bien des veaux j'ai donné

Depuis l'âge de quatorze ans j'ai bossé

Et sans jamais me plaindre, j'ai fait tous les métiers !

Je me casse sur l'île de Wallonnie

Et je t'emmerde, pauvre patate pourrie !

D'ailleurs si tu continues à me faire chier

Ta putain de carte d'identité je vais te renvoyer.

Profitant du tintouin, les veaux rameurs s'étaient arrêtés

Se demandant avec une grande anxiété :

« Qu'est-ce qu'on va tous devenir

Si les riches se mettent à filer ou à maigrir ?

Il ne nous restera plus qu'à crever

En voilà un pas bien rose avenir... »

(John von La Fountain Jr.)

08:13 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Porcelet Premier!!!
Mort de rire! Et bravo pour la verve!

Écrit par : Tony | 15/01/2013

Les commentaires sont fermés.