Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/01/2016

Antoine Blondin (Alain Cresciucci)

index.jpgAntoine Blondin, né le 11 avril 1922 à Paris et mort le 7 juin 1991 à Paris, fils d'une poétesse et d’un correcteur d’imprimerie, lui-même écrivain raté, est un brillant sujet à l'école, qui collectionne prix et récompenses. Sous l'Occupation, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), ce qui lui inspire son premier ouvrage, « L'Europe buissonnière ». Le livre obtient le Prix des Deux Magots. D'autres romans suivent (« Les Enfants du bon Dieu », « L'Humeur vagabonde », « Un singe en hiver » qui sera adapté au cinéma et « Monsieur Jadis »). Avec Roger Nimier, Jacques Laurent et Michel Déon, il fait partie du mouvement littéraire des Hussards. Egalement journaliste sportif, il est l'auteur de nombreux articles (plus de mille) parus notamment dans le journal L'Équipe. Il suit vingt-sept éditions du Tour de France et sept Jeux olympiques. Buvant souvent plus que de raison, il a marqué le quartier de Saint-Germain-des-Prés de ses frasques, jouant à la « corrida » avec les voitures, multipliant les visites dans les bars et collectionnant les arrestations.

Ce livre, pavé de 533 pages, est une biographie particulièrement fouillée de la vie et de l'oeuvre de Blondin. Le ton et le style en est assez lourdement universitaire avec tout ce que cela comporte de précision et de minutie (le corpuscule de notes représente à lui seul plus de cinquante pages en petits caractères), mais aussi de manque de fantaisie et de lourdeur amenant une lecture un peu laborieuse. Grand spécialiste de l'auto-fiction, ce genre littéraire reposant sur le témoignage d'une vie rêvée, transcendée et devenue légendaire, Blondin a plus laissé de questions et de zones d'ombre que de certitudes sur sa vie. L'auteur a cherché à s'éloigner de la mythologie, de la notoriété douteuse de l'alcoolique, franc compagnon et bagarreur notable, pour s'attacher au personnage mélancolique et désabusé ayant toutes les peines du monde à écrire et à produire une œuvre littéraire importante. Intéressant pour qui aime encore cet auteur malheureusement déjà un peu oublié de nos jours.

3/5

 

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Blondin, "oublié"?!? Je ne crois pas. Ou alors on peut dire ça de tous ceux qui comptent par-delà la "kulture-lol": Nerval, oublié, Villon, oublié, etc. Vous ne pensez pas?

Écrit par : Léo | 03/01/2016

J'ai écrit "un peu oublié"... En effet, l'expression n'est peut-être pas très heureuse et en cela je rejoins totalement votre remarque. Je voulais surtout signifier par là que chaque jour nous nous éloignons un peu plus de son esprit frondeur, anar, rebelle pour nous enliser dans la mélasse de la doxa bien pensante. Si j'en juge par les parutions à succès actuelles !

Écrit par : CC.RIDER | 06/01/2016

Comment? Mais c'est le contraire! Tout le monde est anar, maintenant, et frondeur! et charlie, charlot, bobo chéguévarot... Hop, attendez... je vois le syllogisme. Oui, en effet, difficile de rendre compatibles anarchisme et démocratie de masse. L'autre jour, j'écoutais distraitement les palabres assommantes d'un rond-de-cuir universitaire, donc prébendé par l'Etat, mais qui n'en serait pas moins "anarchiste", d'après France-Cul (x); cette autorité morale nous affirmait à la coule que l'anarchiste de droite est un monstre impossible. C'est beau, les certitudes. Mais tout bien réfléchi, c'est plutôt l'anarchiste de gauche qui est impossible.

____
(x) Qualificatif qualifiant délivré par nos médias, donc par une hiérarchie monopolistique au pouvoir étanchément compartimenté. Si on vous déclare anarchiste sur France-Cul, cela vous confère instantanément le pouvoir mystique de décréter qui ne l'est pas et d'ondoyer de votre eau bénite ceux qui sont "anarchiquement corrects". Ce type, Daniel Colson qu'il s'appelle (contingence des contingences, on me dira); ce type donc va jusqu'à déclarer que l'anarchiste peut désormais pactiser avec le flic sans culpabilité au motif qu'aujourd'hui, les flics sont de gauche! Etonnant. Mais rien qui ne se puisse diluer dans l'alcool. Sagesse de Blondin.

(xx) Il y a encore des intellectuels d'une sacrée trempe, genre Table Ronde années 50; mais on ne risque pas de publiquement les connaître. Les portes des maisons d'édition comme des studios leur sont hermétiquement fermées. Si Blondin vivait aujourd'hui, il publierait son travail sur des blogs gratuits. D'ailleurs on n'éditerait pas davantage un Sartre qu'un Nimier ou un Jacques Laurent. N'oublions pas que Dutourd fut viré de Farce Soir en 1999, et quand on regarde ce que publie La Table Ronde ou Gallimard aujourd'hui... il ne m'apparaît pas que l'esprit soit resté dans les murs.

Écrit par : Léo | 06/01/2016

Nous sommes donc entièrement d'accord.
Et tout particulièrement avec votre (XX). Aujourd'hui pas plus Nimier que Blondin ou Raspail ne seraient publiés. A mon très modeste niveau, je suis bien placé pour le savoir !

Écrit par : CC.RIDER | 08/01/2016

"Aujourd'hui pas plus Nimier que Blondin ou Raspail ne seraient publiés."

...ni même Sartre, comme je le disais. C'est trop intelligent. Nous ne sommes pas, contrairement à ce que les libéraux soutiennent dans leurs délires, sous une dictature "marxiste" (je ne suis pas bien certain que Jean-Paul puisse être étiqueté marxiste, d'ailleurs, mais pour les bas-de-plafond néo-libéraux, tout ça, c'est pareil). Nous sommes dans une dictature de la connerie et de la rentabilisation de la connerie. Ce qui nous est imposé de force, à des fins de profit financier, c'est une stupidocratie d'illettrés.

"A mon très modeste niveau, je suis bien placé pour le savoir !"

Pas si modeste. Voilà deux heures que je vous lis, et je trouve très intéressant ce que vous écrivez. Je suis même en train d'acheter un de vos livres au format kindle sur Amazon dans un onglet parallèle de mon navigateur.

Depuis un mois que je ne fous rien - j'ai bossé seize ans comme un dingue, je me repose - et depuis que je m'invente tous les deux jours des prétextes à zoner une heure ou deux sur Internet, vous êtes la deuxième personne que j'ai trouvé de l'intérêt à lire attentivement. La deuxième seulement, ce qui en dit long sur l'époque et surtout sur le cloaque de l'interwebs - mais bon, par définition, les gens intéressants n'ont jamais été la majorité. On revient à ce qu'on disait plus haut des anarchistes de droite.

C'est vrai que je vous ai découvert complètement par hasard. Heureux hasard.

Écrit par : Léo | 09/01/2016

"Une dictature de la connerie et de la rentabilisation de la connerie" : excellente formule.
C'est plutôt flatteur d'être une personne intéressante à lire. Soyez en chaleureusement remercié, Léo.
En vous souhaitant bonne lecture,
Cordialement
Bernard

Écrit par : CC.RIDER | 09/01/2016

Les commentaires sont fermés.