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01/11/2016

Comment devenir écrivain, anti-mode d'emploi (Eric Scilien)

comment devenir écrivain.jpgDepuis ses années de lycée, Pierre Dumont n’a eu de cesse de rêver de devenir écrivain, d’arriver à publier un livre chez un grand éditeur et bien sûr que cet ouvrage soit rien moins qu’un chef-d’œuvre inoubliable lu dans le monde entier. L’ennui c’est que sa route ne va être qu’une longue suite de déceptions et de déboires. De ses camarades de classe se moquant de ses premières poésies à sa petite amie le quittant pour manque de réussite en passant par les mauvaises plaisanteries, la frustration, la dépression et le renoncement provisoire.

Cet anti-mode d’emploi (avec Scilien, point de tromperie sur la marchandise, tout est annoncé dans le titre) est un vrai et beau roman d’amour. Amour pour son épouse, Myriam et pour sa maléfique compagne, la littérature bien sûr. Mais aussi roman réaliste, social avec une bonne dose d’humour et d’auto-dérision. Tous les « wannabees », scribouilleurs et autres graphomanes en herbe ou confirmés se reconnaîtront dans le personnage de Pierre et ne pourront qu’être en empathie avec lui. Ils se douteront bien qu’une bonne partie de ce qu’ils lisent est autobiographique et véridique. Pour s’y être longuement et rudement frotté, Eric Scilien sait de quoi il parle. Il n’ignore pas combien il est difficile d’être édité quand on n’est pas déjà une célébrité du show-biz, du sport ou de la politique. Il raconte cette histoire tellement ordinaire qu’elle en devient universelle dans un style agréable, élégant et fluide. Un tantinet minimaliste à la manière d’un Jean-Louis Fournier ou d’un Hubert Mingarelli, excusez du peu. C’est sans doute le sommet de l’art pour le littérateur : être capable d’en dire énormément avec un minimum de mots. Véritable régal, cet ouvrage ne se lit pas, il se dévore en un temps record. C’est fin, intelligent et surtout bien pétri d’humanité. À ne rater sous aucun prétexte.

4,5/5

 

Citations :

« Je croyais être un écrivain alors qu’en réalité, je n’étais qu’un jeune homme inexpérimenté qui appréhendait la réalité à travers le prisme déformant de ses désirs. »

« — Mais Myriam, que veux-tu que je fasse ? Je ne suis pas un vendeur de voitures ou je ne sais quoi. À part écrire, je ne sais rien faire d’autre ! Et puis écrire, c’est de l'Art ! La part la plus élevée de l’homme ! Il faut du temps pour se faire reconnaître, mais ne t’inquiète pas, ça va venir !

— Tu te rends compte que ça fait déjà cinq ans que tu me tiens ce discours ? »

« Au cours de ces séances, j’ai compris qu’il fallait imposer une limite à nos rêves. Qu’il n’était pas sain de lâcher la bride à notre imaginaire et de rêver inconsidérément. Ceci est l’apanage des enfants. Notre Paradis perdu à nous, les adultes. »

 

08:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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