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06/12/2017

Rires et larmes du prétoire (Pierre Gardes)

rires et larmes.jpgDans cet ouvrage, Pierre Gardes s’est donné pour mission de mieux faire connaître le rôle de l’avocat, rôle qu’il estime aussi noble que valeureux, car il se fait une haute opinion de la fonction. Il réfute l’idée reçue selon laquelle l’avocat est capable de plaider une cause et son contraire et même de se faire le complice vénal d’un coupable avéré. Il réfute cette accusation de la façon suivante : ou bien l’avocat est convaincu de l’innocence de son client et dans ce cas, il n’y a pas de problème. Ou bien il croit à la culpabilité de l’accusé et alors son rôle n’est pas de chercher à tromper le juge grâce à d’habiles mensonges, mais de se contenter de chercher à obtenir des circonstances atténuantes ou des motifs d’indulgence. Ou bien enfin, le cas lui semble douteux. Il devra alors faire partager ce doute à la Cour. Et, comme chacun sait, le doute doit toujours bénéficier à l’accusé.

« Rires et larmes du prétoire » n’est pas, comme son titre pourrait le laisser penser, un recueil d’anecdotes amusantes voire un bêtisier sur les anomalies ou les bizarreries de la justice, mais un essai très sérieux sur un métier qui n’a pas forcément la réputation qu’il mérite, une sorte de défense et illustration de la profession. Publié en 1955, cet ouvrage très bien écrit, porte les marques du temps. À plus d’un demi-siècle de distance, le lecteur mesure la distance parcourue quand il lit que le secret de l’instruction doit toujours être respecté ou que l’avocat commis d’office ne doit pas recevoir le moindre dédommagement en vertu d’une ordonnance datant de Saint Louis selon laquelle l’avocat doit défendre gracieusement le nécessiteux, la veuve et l’orphelin. Pierre Gardes avait une très haute idée de sa fonction et cherchait à la faire partager à ses contemporains. Petit ouvrage intéressant à lire ne serait-ce que pour savoir d’où nous venons et pour mesurer le décadence et la dégradation de certaines valeurs.

4/5

09:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Avant de lire la date j'avais l'image de Dupont-Moretti devant les yeux et je me disais " ce n'est pas possible encore un enfumage". Mais ce livre est d'une autre époque, d'un autre temps, d'une autre planète presque

Écrit par : Paul-Emic | 06/12/2017

C'est exactement ça Paul-Emic. J'aime bien me replonger dans cet autre temps, cette autre époque, cette autre planète ! Ça me fait un bien fou !

Écrit par : CC.RIDER | 09/12/2017

nous devenons vieux et ce monde nous semble de plus en plus étrange et sauvage car nous avons des éléments de comparaison avec "l'ancien temps". Je comprends mieux les réflexions des anciens de mon enfance, bien que les pauvres n'imaginaient pas ce qui suivrait deux générations plus tard.

Écrit par : Paul-Emic | 09/12/2017

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