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12/01/2018

Cette France qu'on oublie d'aimer (Andreï Makine)

cette france.jpgUne dalle usée par des générations et des générations de fidèles sur le seuil d’une petite église de Saintonge… Sur un monument aux morts de la guerre de 14, une inscription comportant plusieurs noms de la même famille… Des chevaliers sans peur et sans reproche qui, un jour, troquent leurs heaumes et leurs armures contre des perruques poudrées… Un hélicoptère qui patrouille dans le ciel d’une banlieue embrasée du côté d'Aulnay sous Bois… La gastronomie, plus la mode, plus l’impressionnisme, plus le french kiss, plus Chambord, plus Valmy, plus les grèves à répétition, plus… Est-ce bien ça la France ? Ou ce qu’en disait le très regretté Pierre Daninos : « Bon sens : exclusivité française, avec l’élégance, l’esprit, la galanterie et, d’une façon générale, le génie. »

« Cette France qu’on oublie d’aimer » est un ouvrage fort difficile à classer dans une catégorie. Ce n’est pas un essai, l’auteur est trop rêveur et trop poète pour s’être laissé emberlificoter dans des chiffres et des statistiques. Ce n’est pas non plus un pamphlet, Makine a trop d’empathie, d’amour et de douceur pour son pays d’accueil pour se laisser aller à des vitupérations de bateleur d’estrade. Non, avec intelligence et finesse, il s’interroge simplement sur ce que peut bien être (ou a bien pu être) l’esprit et le génie français. Comment un peuple aussi spirituel et intelligent a pu tomber aussi bas ? Comment a-t-il pu se laisser enfermer dans les rets vicieux du politiquement correct ? Comment a-t-il été assez lâche pour avoir laissé s’effriter sa liberté, sa laïcité, ses bonnes manières. La conclusion est sans appel. Il est temps de se ressaisir, de rappeler quelques vérités de bon sens à nos « élites » et à nos chers invités. Un texte court et magnifique d’autant plus convaincant qu’il ne provient pas d’un Français de souche lambda mais d’un immigré russe honnête et cultivé, une des meilleures plumes de notre littérature, excusez du peu !

4,5/5

andrei_makine.jpgCitations :

« Oui, des mots clairs pour dire qu’il ne peut y avoir qu’une seule communauté en France : la communauté nationale. Celle qui nous unit tous, sans distinction d’origine ou de race. »

« Des mots clairs pour parler de l’immigration qui pour la première fois dans l’histoire de ce pays devient un échec, après tant de vagues intégrées par la France pour son plus grand bien. »

« Dire aussi que dix millions de spectateurs collés à leur écran par une loft story est un déshonneur pour le pays de Voltaire. »

« Parler de la fameuse « discrimination positive », concept pernicieux qui trahit une attitude infantilisante et infériorisante envers le « discriminé ».

Parler de la responsabilité individuelle si facile à oublier dans « le modèle social français » fondé sur la « baraka » décidée par l’Etat-providence.

Expliquer que ce modèle a vécu, car il réunit dans son inefficacité les pires côtés du capitalisme spéculatif avec les pires tares du socialisme étatique : le mariage contre nature entre la flibuste économique au sommet et l’immobilisme corporatiste et bureaucratique à la base. »

« Leur faire comprendre que la saine alternance démocratique est devenue depuis longtemps, dans ce pays, une machine destructrice : pour des raisons de pure idéologie, la soi-disant gauche démolit ce que craintivement et honteusement essaye de replâtrer la soi-disant droite, tout cela sur les sables pouvants d’un flirt obscène avec les intérêts des groupes de pression. »

« Quarante ans après l’indépendance, nous ne produisons même pas un bic… Les peuples souffrent de l’insécurité alimentaire qui était moins grave même au temps colonial. »

(Joseph Ki-Zerbo)

« Comment donc, nous avons arrosé ces cités de milliards d’euros et elles n’en flambent que de plus belle ! Les Français qui découvrent (il était temps !) que toute une part de la population dite française les hait et les appelle (art de vivre oblige) « fromages » ! On les hait parce qu’ils sont blancs, vaguement chrétiens, censément riches. On les hait parce qu’on les sent affaiblis, incertains de leur identité, enclins à la perpétuelle autoflagellation. On hait leur république et on siffle son hymne national. On rejette la laïcité que les Français ont conquise dans d’âpres luttes. On se moque d’eux car n’est-ce pas comique d’accueillir dans sa patrie, nourrir, loger, soigner ceux qui vous haïssent et vous méprisent ?

La France est haïe, car les Français l’ont laissée se vider de sa substance, se transformer en un simple territoire de peuplement, en un petit bout d’Eurasie mondialisée. Ceux qui brûlent les écoles, qu’ont-ils pu apprendre de leurs professeurs sur la beauté, la force et la richesse de la francité ? »

 

08:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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