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18/03/2018

Je veux vivre en démocratie (Hervé Lebreton)

je veux vivre.jpgQuand un petit prof de maths honnête et tenace comme Hervé Lebreton met son nez dans les finances de nos élus, ça fait mal et même très mal. Au début, il doit faire face à une résistance incroyable quand il ose demander qu’on lui communique la réalité des comptes et pourtant il ne fait qu’exercer son droit et même son devoir de simple citoyen. Ainsi, avec son « Association pour une démocratie directe », il arrivera à lever le voile sur le scandale des généreuses retraites des parlementaires, sur les mystérieux arcanes de la réserve parlementaire, cette caisse noire alimentée par nos impôts qui permet de dépenser sans le moindre contrôle plus de 150 millions d’argent public pour améliorer le quotidien dans certaines villes et de s’assurer en toute illégalité des voix aux prochaines élections. Il lui a d’ailleurs fallu en passer par une longue bataille judiciaire devant le tribunal administratif pour obtenir la publication d’une partie des dotations, celle concernant les associations restant hors de portée ! Même chose pour l’enrichissement personnel des députés et sénateurs qui utilisent leurs indemnités parlementaires pour financer leur permanence, faire des achats immobiliers ou même acquérir des SICAV…

Le lecteur comprendra aisément que « Je veux vivre en démocratie » est à la fois un essai, un témoignage et un grand cri d’espoir lancé par un simple citoyen qui ne peut plus se satisfaire de glisser à intervalles réguliers un bulletin dans une urne et ensuite de ne plus jamais pouvoir rien contrôler. Le livre est absolument passionnant. Il se lit comme un roman. On peut même dire qu’il se dévore et que le lecteur va de découvertes en découvertes qui ne feront que conforter ses réticences vis-à-vis de certaines pratiques peu recommandables. D’aucuns pourraient se résigner et considérer que c’est une lutte totalement inégale, celle du pot de terre contre le pot de fer, que le citoyen n’a qu’à la fermer et supporter toutes ces dérives qui, à terme, ne peuvent qu’être mortelles pour une réelle démocratie, tant elles alimentent la défiance et même le rejet d’un pareil système. La grande force et le mérite de cet ouvrage réside dans le fait qu’il montre tout ce qu’un simple citoyen résolu peut réaliser en s’armant de patience et en s’appuyant sur notre constitution et sur la déclaration des droits de l’homme (en annexe avec une lettre au président pour participer à l’action). Un bel exemple à suivre si nous voulons reprendre en main une démocratie confisquée au profit d’individus qui se servent au lieu de servir !

4,5/5

Citations :

« Je réalise alors que les parlementaires, ceux-là même qui font la loi, touchent l’une des plus scandaleuses « retraites » : cinq ans, soit un seul mandat de député, leur suffisent pour toucher une pension équivalente à la retraite moyenne qu’obtiennent les Français… après quarante ans de labeur ! »

« Dans la famille PENSION. Je suis un régime de pension très spécial. (…) Mon montant correspond au traitement brut d’un conseiller d’État, soit plus de 5000 € par mois. (…) Je suis, je suis la dotation versée aux anciens présidents de la République française, à leur veuve et à leurs enfants. (…) Et comme si cela ne suffisait pas, par une lettre discrétionnaire datée du 8 janvier 1985, M. Fabius a accordé aux anciens présidents de la République quelques avantages substantiels : « (…) un appartement de fonction meublé et équipé, dont la maintenance et les charges y compris le téléphone, sont assumées par l’État. Deux personnes (…) affectées au service de leur appartement de fonction. Deux fonctionnaires de police pour assurer leur protection (…) Leur domicile et leur résidence font l’objet d’une protection (…), un chef de cabinet, deux assistantes pour leur secrétariat particulier, un fonctionnaire des Archives nationales chargé de les assister pour trier et classer leurs papiers personnels, trois secrétaires dactylographiques (…) »

« On commence ce journal avec des révélations sur les très opaques réserves parlementaires. Ces sommes attribuées par les ministères de l’Intérieur et du Budget aux députés et aux sénateurs. Ils peuvent les distribuer à des associations, à des collectivités territoriales, jusque-là sans aucune transparence. Eh bien, c’est terminé ! »

« La Constitution est normalement là pour préserver nos droits fondamentaux et il est clair que le Conseil Constitutionnel n’assume pas pleinement cette mission : les exemples d’inconstitutionnalité sont nombreux. Aussi le temps est-il peut-être venu de se poser la question de la suppression pure et simple du Conseil Constitutionnel, au profit d’un véritable tribunal constitutionnel, avec toutes les garanties qui vont avec : respect de l’accès au droit effectif, indépendance, neutralité, procédure contradictoire, voies de recours… Nos droits fondamentaux et nos libertés individuelles sont la base de notre démocratie. Nous devons absolument les garantir ! »

« Si, en tant que citoyens français, nous ne sommes pas en capacité d’exiger l’application stricte de la Constitution, nous ne sommes pas véritablement en démocratie. Je veux vivre en démocratie ! »

08:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

il y a du pain sur la planche

Écrit par : Paul-Emic | 18/03/2018

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