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17/12/2016

Darwinia (Robert Charles Wilson)

Darwinia.jpgEn Mars 1912, l'Europe et une partie de la Grande Bretagne disparaissent subitement pour être remplacées par un continent inconnu à la faune et à la flore non terrestre que l'on appelle la Darwinie. Le jeune photographe Guilford Law se passionne pour le sujet qu'il considère comme une énigme scientifique à résoudre et non comme une intervention divine. Il participe à la première grande expédition d'exploration qui arrive à s'enfoncer au coeur de ce continent sauvage, inconnu et quasiment vierge de toute présence humaine. Il ne sait pas encore qu'il va devoir affronter de terribles dangers et remettre en cause quasiment toutes ses certitudes.

Ce livre qui démarre sur un thème que n'aurait pas renié le grand Jules Verne, se poursuit le long des rivages de la science fiction la plus échevelée pour s'achever en apothéose dans la fantaisie, le fantastique pour ne pas dire la poésie la plus démentielle. R.C.Wilson, qui nous a donné plus récemment "Spin", mérite largement sa place parmi les grands de la littérature d'imagination tant son talent est original, sa plume alerte et son ambition singulière. Oeuvre étrange et passionnante qui aborde autant les thèmes de la SF d'aventure classique que ceux de l'immortalité, des passerelles entre les mondes ou des couloirs du temps. Livre inclassable qui peut surprendre et révulser les esprits cartésiens et rationalistes. Mais n'est-ce pas le propre des grandes œuvres ?

4/5

 

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15/12/2016

Pensées plus ou moins correctes (78)

IMAGE

« Une image vaut mieux que mille mots. »

(Tao Te King)

Verne.jpgIMAGINER

« Tout ce qu'un homme peut imaginer, un jour, d'autres hommes le réaliseront. »

(Jules Verne)

IMBECILE

« Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires. »

(Pierre Desproges)

« On ne peut être et avoir été. Mais si ! On peut avoir été un imbécile et l'être toujours. »

(Léon Bloy)

« L'exploitation des imbéciles ? Mais les imbéciles ont toujours été exploités et c'est justice. Le jour où ils cesseraient de l'être, ils triompheraient et le monde serait perdu. »

(A.Capus)

IMMORTALITE

« De sa quête, Gilgamesh avait compris que les dieux ont gardé pour eux l'immortalité. C'est pourquoi l'homme doit vivre pleinement sa vie sur terre car c'est sa grandeur d'être mortel. »

(Pépito Matéo – « Le dernier rappel »)

IMPOSSIBLE

« Impossible n'est pas français. »

(Napoléon Bonaparte)

« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. »

(Mark Twain)

 

13/12/2016

Crack (Tristan Jordis)

crack.jpgLe crack est un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et/ou d’ammoniaque qui se présente sous la forme de petits cailloux qu’il faut chauffer dans une pipe doseuse avant de fumer. Ses effets sont plus intenses, plus addictifs mais plus brefs que ceux de la cocaïne. La descente et le manque qui s’en suit n’en sont que pires. Sa consommation régulière peut provoquer des hallucinations et entraîner des comportements violents, paranoïaques ou suicidaires. Quand on sait que la dose (galette) s’échange pour 30 à 50 euros et qu’un toxico bien accro en fume jusqu’à 5 ou 6 par jour sans pouvoir exercer le moindre travail, on imagine quels trafics et quel niveau de prostitution sont liés à cette pratique…

Jeune journaliste frais émoulu de son école, Jordis souhaite réaliser un film sur ce milieu qu’il a déjà eu l’occasion d’aborder de loin en tant que consommateur régulier de shit. Et le voilà qui plonge, seul blanc parmi cette communauté majoritairement noire, dans le milieu des accros de la porte de la Chapelle à Paris. Il rencontre des personnages hauts en couleur (Souleymane, Saga, Ibou), pour la plupart originaires du Sénégal ou des Antilles qui ont commencé par dealer de la cocaïne avant de tomber dans le crack. Ils sont instables, peu fiables et souvent violents. Ils désirent même être payés pour être filmés, ce qui fausse totalement le jeu. Résultat : Jordis ne pourra jamais tourner son film ! Ni roman, ni thèse, ni véritable reportage, ce livre n’est que le compte-rendu brut de décoffrage d’une suite d’impressions, de rencontres, de déclarations plus ou moins hallucinées mais souvent lucides de drogués qui ne se font aucune illusion sur leurs chances de décrocher. L’auteur a passé une année entière avec eux et s’est senti très proche d’eux. La description du rôle des associations et des pouvoirs publics est révélatrice du désarroi d’une société qui ne sait que faire de ces êtres perdus pour lesquels l’auteur éprouve plus que de la sympathie. Un peu plus de distance n’aurait pas nui, mais il faut prendre ce bouquin pour ce qu’il est : un simple document, un instantané sur un fait de société inquiétant, à un instant T dans un lieu X. Le squat de la Chapelle est démantelé à la fin et les toxicos se voient relogés dans des hôtels où ils ne se plaisent pas. Le trafic reprendra ailleurs…

3/5

 

08:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

11/12/2016

L'aéronaute embourbé

08:10 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

09/12/2016

Contre-jour (Thomas Pynchon)

contre-jour.jpgL’action débute au moment de l’Exposition Universelle à Chicago en 1893 et s’achève au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Elle démarre dans le Grand Ouest américain par des histoires d’anarchistes poseurs de bombes, se poursuit du côté de Venise au tournant du siècle puis se déplace au Mexique en proie à la Révolution et finit par se perdre dans l’Orient lointain… Un ploutocrate richissime, Scarsdale Vibe, fait exécuter Webb, un mineur anarcho-syndicaliste. Les enfants de celui-ci n’auront de cesse de vouloir le venger. Autour de ce noyau central, gravite une foule de personnages bariolés et plus ou moins intéressants et s’imbriquent en arborescence totalement loufoque et désordonnée une multitude d’histoires n’ayant pas forcément grand-chose à voir les unes avec les autres. Veillant sur ce petit monde depuis leur ballon dirigeable, les Casse Cou, joyeux aéronautes dignes du Club des Cinq, suivent ces péripéties à la manière d’anges gardiens un peu snobs.
                  Cette fresque ambitieuse et déjantée relève de quasiment tous les genres : le roman historique, fantastique, humoristique, picaresque, d’espionnage, d’aventure, le western, etc… C’est un pur OLNI : objet littéraire non identifiable. Pynchon prend un malin plaisir à perdre son lecteur dans un labyrinthe d’historiettes innombrables, lui fait rencontrer une foule de personnages plus ou moins importants ou récurrents. A la longue, cette absence de fil directeur devient un peu lassante, mais possède néanmoins un avantage. On peut abandonner la lecture n’importe où, la reprendre ailleurs, sauter les descriptions, lire en diagonale et même repartir en arrière, vu que les histoires sont sans suite et souvent sans lien et que les personnages entrent, sortent, disparaissent à jamais ou reviennent quand on ne les attend plus. Cette épopée déjantée aurait pu relever du chef d’œuvre si elle avait été bien écrite et bien traduite. Mais il ne semble pas que ce soit le cas.
Juste un énorme pavé (1207 pages) décevant, épuisant et indigeste…

2/5

08:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

07/12/2016

Colocs et rien d'autre, l'intégrale des bonus (Emily Blaine)

index.jpgSur le coup de trois heures du matin, Ashley tambourine à la porte de l’appartement qu’elle partage avec son colocataire profondément endormi. Mademoiselle a encore une fois oublié ses clés. Il lui ouvre la porte en maugréant. Pour se faire pardonner, elle lui propose de partager un verre de téquila. Au fur et à mesure d’une discussion qui s’éternise en s’alcoolisant peu à peu, il lui propose d’établir quelques règles de bonne conduite pour tenter d’améliorer la qualité de leur « vivre ensemble »…

« Colocs et rien autre », intégralité des bonus, se compose de trois courts récits en accès libre permettant d’apprécier le style fluide et efficace d’Emily Blaine ainsi que son humour particulièrement pétillant dans le premier texte dans lequel le lecteur découvre que la colocation avec une partenaire aussi fantasque qu’Ashley, loin d’être une partie de plaisir tourne vite au cauchemar. Bien sûr, il ne s’agit que de chick-lit, de littérature sentimentale, un tantinet fleur bleue et eau de rose, le narrateur étant en train de tomber tout doucement amoureux de sa pétulante colocataire. On passe néanmoins avec ce court ouvrage un agréable moment de lecture-détente. Ne rien vouloir chercher d’autre bien sûr.

4/5

 

09:01 Publié dans Humour, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/12/2016

Le retour du petit homme (Chapitres 1 à 15)

08:45 Publié dans Concept, Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

03/12/2016

Comment réussir sa vie sans être une rock star (Eric Scilien)

51IJXJdKOlL._AC_US160_.jpgEn Ardèche, un jeune couple n’en peut plus de devoir supporter le froid de l’hiver dans une caravane, le temps de retaper une maison dont il a sous-évalué l’ampleur des travaux de remise en état… Un athlète coureur du 400 mètres se prépare activement à participer aux prochains Jeux Olympiques quand il voit son destin basculer subitement… Jean-Louis Leroy, « la cinquantaine, employé municipal et ancienne graine de rock star », graine qui n’a pas réussi à germer, passe un très mauvais quart d’heure quand il se retrouve face à cousin Thomas, son parfait opposé, un homme qui a de l’or dans les mains…

« Comment réussir sa vie sans être une rock star » est un court recueil (132 pages) comportant trois nouvelles réalistes et naturalistes d’Eric Scilien, auteur qui, outre une faculté à proposer des titres aussi originaux que percutants, s’est déjà taillé une belle réputation de spécialiste du format court. Après avoir excellé dans le style « nouvelles noires », il en vient maintenant à un registre moins sombre, plus humain, plus social avec des histoires simples mais émouvantes, des personnages de braves gens tous plus attachants les uns que les autres (excepté l'homme au bras en écharpe de la première nouvelle bien sûr) et des intrigues parfaitement construites dans lesquelles le dérisoire le dispute à la malchance, sans oublier qu’une minuscule et ridicule victoire comme un lancer victorieux de noyaux de cerise permet au héros de retrouver confiance en lui. Le style fluide, efficace, agréable est moins minimaliste et plus travaillé que dans ses précédents opus. L’art de la narration, presque sous la forme de contes philosophiques (dans deux histoires sur trois), semble avoir atteint son apogée. Chaque texte minutieusement ciselé, est un mini-roman (surtout le premier et le dernier) presque au format d’une novella anglo-saxonne. Attention, lire cet ouvrage peut être source de frustration vu que le temps et le plaisir de lecture sont si courts qu’on regrette de si vite devoir quitter un ouvrage de pareille qualité.

4,5/5

 

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

01/12/2016

Edition secrète (Divers auteurs)

édition secrète.jpgDans un monde où les livres sont devenus des raretés recherchées par les collectionneurs, Loukas est depuis des années à la recherche des Editions secrètes, les seules à produire encore des livres, quand il est attaqué par des pirates de l’air… Gwendal Kovacs a perdu sa femme Norma ainsi que son fils et sa belle-fille. Il vit seul avec son petit-fils Matthew qui a survécu à l’accident dans lequel ses parents sont morts… Dans une Phrace en proie à une interminable guerre civile, une vieille bibliothécaire en retraite, seule personne encore capable de fabriquer un journal papier, cherche à transmettre son savoir devenu rarissime… Un homme passe ses journées dans le métro pour évaluer les prestations artistiques de faux mendiants mais véritables comédiens qui doivent y présenter des textes littéraires… Un jeune handicapé tombe amoureux d’une de ses soignantes beaucoup plus âgée que lui. Celle-ci hésite longuement à succomber… Un étrange éditeur propose un contrat bizarre à deux auteurs prometteurs, Voltaire et Rousseau…

« Edition secrète » est un recueil de 19 nouvelles écrites par autant d’auteurs différents disponible gratuitement sur Internet. Après « Horrible monde » et « Feu », c’est donc la troisième offre de ce genre de la part de cette maison d’édition plus généreuse que les autres qui se contentent souvent d’extraits frustrants. Tous ces textes ayant en commun la notion d’édition secrète, tournent d’une manière ou d’une autre autour du thème du livre, de sa prochaine disparition et de la création littéraire. Tous les formats sont représentés, de la courte nouvelle d’une dizaine de pages jusqu’à la novella (« Le signe des demi-bêtes ») qui approche la centaine. Il en est de même pour les genres qui vont de l’anticipation la plus échevelée au sentimental un peu mièvre en passant par le fantastique, la science-fiction, l’horreur, et même l’historique plus ou moins uchronique. Comme toujours dans ce genre d’ouvrage, le lecteur y trouvera de l’excellent comme « Le marché » d’Emilie Duthieuw, du bon comme « Pirates du livre » de Lunahël ou « Lorem Ipsum » de Jean-François Benoît et malheureusement du moyen et même du médiocre que nous n’aurons pas la cruauté de désigner précisément. Une mention particulière pour « Des mots croisés par hasard » de Franck Leduc pour son originalité. Il faut donc lire cet ouvrage ne serait-ce que pour ces quatre pépites !

3/5

 

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