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06/05/2013

Le monde en 2030 vu par la CIA

Le monde en 2030.jpgQuel va être l'avenir du monde ? Quelles grandes tendances peut-on déjà entrevoir aujourd'hui ? Les analystes de la CIA prévoient un accroissement de la population mondiale d'environ un milliard d'êtres humains. Les flux migratoires vont s'accélérer et entrainer un enrichissement important des pays d'origine, la population va devenir de plus en plus urbaine, de nouvelles mégalopoles vont surgir avec l'arrivée d'une beaucoup plus importante classe moyenne dans les pays émergents. Le développement de nouvelles technologies de l'information, une meilleure éducation et une amélioration des accès à la santé devraient permettre une plus grande émancipation des individus. La Chine atteindra le rang de première puissance économique du monde. L'Europe risque l'implosion. La Russie, de par son isolement et par la baisse de sa démographie, sera sur le déclin. Les Etats-Unis devraient s'en sortir nettement mieux grâce aux apports de l'immigration et à l'exploitation des gaz et pétroles de schistes lui permettant d'obtenir une véritable indépendance énergétique. Ce qui, avec l'hégémonie militaire qui ne devrait pas lui être contestée, représente trois atouts essentiels en une période où la demande en eau, en nourriture et en énergie devraient s'accroître de 35 à 40%.

Ce rapport censé, si l'on se réfère à la couverture, être « dévoré par tout le monde, pas seulement pas les Américains » qui regorge d'analyses, de schémas et autres statistiques certainement basés sur des travaux de chercheurs très sérieux laisse néanmoins une assez étrange impression de manque d'ouverture d'esprit. Même si la prévision géopolitique à relativement longue échéance est un art fort difficile et toujours sujet à caution, elle ne devrait jamais consister à se contenter de prolonger les courbes sans vraiment envisager de ruptures, d'incidents ou d'aléas divers et variés. Et là, le manque d'imagination est flagrant. Même dans le dernier chapitre, le plus intéressant, celui qui propose les quatre scénarios les plus probables, on reste dans le convenu et le train-train habituel très légèrement revisité. Bien des possibles ne sont même pas envisagés. Et le pire, cette vision reste totalement américano centrée. Jamais l'hégémonie américaine n'est remise en question. Pour la CIA, la mondialisation, entendons l'américanisation, ne peut que croître et embellir quels que soient les cas de figure. Aucun autre futur n'est crédible. Dormez sur vos deux oreilles, braves gens. Tout ira toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes. Un peu agaçant surtout quand on se rappelle certaine déconfiture « d'empire qui devait durer mille ans » ou « d'internationale qui serait le genre humain ! »

2,5/5

26/04/2012

Mourir pour le yuan ? (Jean-Michel Quatrepoint)

Mourir pour le yuan.jpgAlors qu'en Occident, les multinationales par l'intermédiaire de leurs lobbys contrôlent le pouvoir politique par le biais de l'économie, en Chine, les nouveaux communistes-capitalistes entendent que le politique continue de contrôler l'économique. Voulant prendre sa revanche sur les humiliations subies pendant les guerres de l'opium, la Chine qui est maintenant bien réveillée, s'est transformée en « usine du monde » et s'est lancée dans une politique mercantiliste agressive proposant de la main d'oeuvre abondante et bon marché en échange d'investissements massifs sur son sol et de transferts systématiques de technologies en sa faveur. « Un système où des esclaves fabriquent des produits vendus à des chômeurs. » La Chine ne prend que ce qui l'intéresse dans les traités qu'elle signe et bafoue le reste (réforme démocratique, réévaluation du yuan, non respect des normes environnementales). Elle accumule des monceaux de dollars. En 2000, son trésor de guerre s'élevait à 200 milliards de dollars. En 2011, il est passé à 3050 milliards non comptés les 130 milliards d'excédents de Hong Kong. Et pendant ce temps, en Occident, c'est le chômage de masse, les délocalisations à n'en plus finir, les déficits abyssaux, un endettement record aux Etats-Unis et une crise économique d'une telle ampleur que cela tourne au cauchemar pour les classes moyennes qui sont, lentement mais sûrement, laminées et paupérisées...

Cet excellent ouvrage de vulgarisation économique permet de bien comprendre la genèse de la situation actuelle, les erreurs de l'Occident en général et de l'Europe en particulier. La stratégie d'un pays comme la Chine qui s'enrichit et qui mène une véritable guerre de conquête économique du monde entier est particulièrement bien décrite. Achat de fleurons de l'industrie du luxe comme Dupont, Lanvin ou Cerruti, d'infrastructures aussi importantes que le port du Pirée ou qu'une ancienne base de l'OTAN près de Chateauroux, grands travaux en Afrique, etc. En dix ans, il est arrivé plus de Chinois en Afrique que d'Européens en 400 années de colonisation. Le lecteur découvrira également le rôle de l'Allemagne, seul état d'Europe à profiter de cette globalisation, tenté de jouer cavalier seul et de prospérer grâce à des méthodes semblables au géant chinois. Devant un avenir des plus sombres, Quatrepoint propose cependant des solutions : relocalisation et réindustrialisation, mesures de protection aux frontières de l'espace européen, réduction des gaspillages, taxation des multinationales (Ni Total, ni Danone ne paient d'impôts en France et la plupart des sociétés du CAC40 ne sont taxées qu'à 8% maximum !), taxe carbone aux frontières de l'Europe, taxation des mouvements de capitaux et financement de la dette par l'épargne des Français et non par la spéculation internationale. Un ensemble de mesures de bon sens qui n'intéressent malheureusement que fort peu de politiciens. Un livre à faire lire par tous les chefs d'Etat et aspirants présidents d'Occident... Pour éviter que cette « seconde globalisation ne connaisse le même sort que la première, qui s'est fracassée un jour d'août 14. » Tout est clair dans ce livre très agréable à lire, bien documenté, argumenté et très accessible, même à un béotien de l'économie qui veut s'informer sérieusement.

5/5

Citations : « Leur plaidoyer va d'autant mieux séduire le nouveau président qu'il n'est pas dans sa nature de partir à l'assaut, flamberge au vent. C'est une chose de traiter les banquiers de fat cats et de dénoncer devant le bon peuple les dérives du capitalisme financier, c'en est une autre de prendre des mesures concrètes pour rogner les pouvoirs de Wall Street. La personnalité de Barack Obama n'a rien à voir avec celle de George W. Bush. (…) Il n'a pas de doctrine. Nul ne nie son intelligence exceptionnelle, ses talents d'orateur, sa faculté à capter l'attention des foules. Mais était-il the right man at the right moment ? En clair, est-ce que les Etats-Unis n'auraient pas eu besoin, en 2008, d'une sorte de Reagan de gauche ou d'ailleurs, capable de casser les lobbies et de remobiliser le pays sur de nouveaux objectifs ?

Quand il y a eu ce sentiment d'urgence, ils ont sauvé Wall Street; mais quand il s'est agi de la classe moyenne, on ne nous a jamais dit : « La classe moyenne est pilonnée, 25 millions de personnes sont au chômage ou sous-employées, il faut faire quelque chose. »

La dévaluation, impossible à cause de l'euro. La restructuration, impossible parce que les banquiers menacent, s'ils sont mis à contribution, de faire sauter la planète. Ne reste donc que le troisième volet du triptyque : la rigueur. D'autant plus rude qu'elle ne peut pas s'accompagner des deux autres volets. Combien de temps les peuples des PIIGS et des autres supporteront-ils une telle politique – ou plutôt absence de politique ? En attendant une éventuelle explosion sociale, nos élites gagnent du temps. (…) On cache la poussière sous le tapis.

30/06/2010

L'heure de la libération est proche...

chaines brisées.jpgRéjouissez-vous, mes frères européens ! L’heure de la délivrance approche !

Car le Système que l’on vous a imposé est en train d’imploser.

Vos parents avaient préféré les tables en Formica à la défense de l’œuvre coloniale ou à l’indépendance de l’Europe. On vous a demandé ensuite d’échanger vos libertés collectives, c’est-à-dire votre souveraineté, contre la perspective de l’abondance matérielle individuelle, contre des téléphones portables et des supermarchés bien garnis. 
On vous a demandé de rejeter et de mépriser vos traditions, votre histoire et votre identité au nom de la modernité et de vous repentir d’être européens. 
On vous a demandé d’accueillir l’immigration au nom des droits de l’homme. Vous vous êtes soumis au règne de l’individu roi au nom de la liberté et vous êtes sortis de l’Histoire, que d’autres faisaient à votre place.

Mais aujourd’hui ce pacte est rompu : vous avez perdu non seulement vos libertés collectives mais vous perdez aussi vos libertés individuelles chaque jour un peu plus, comme la liberté d’expression, par exemple. Et à la place de l’abondance individuelle, vous connaissez maintenant la pauvreté, le chômage, la récession, la discrimination, le retour des inégalités sociales, le déclassement pour vous et, plus encore, pour vos enfants.

Mais réjouissez-vous, mes frères européens, cela ne durera pas car ce Système est en train d’imploser.

Le Système est en train d’imploser parce que l’économie, dérégulée à l’échelle mondiale au nom du dogme libre-échangiste, échappe désormais à tout contrôle humain et parce que les Etats européens ont abandonné, avec la préférence nationale ou communautaire, les moyens de vous protéger.

Le Système implose sous le poids des dettes publiques, parce que les entreprises mondiales ont reporté sur les finances des Etats les charges sociales induites par le chômage qu’elles ont provoqué en délocalisant et en réclamant la suppression des frontières économiques. Elles ont aussi reporté sur les finances publiques le coût croissant de l’immigration, cette immigration qu’elles ont encouragé car elle leur a permis de baisser vos salaires et de faire des bénéfices.

Le Système implose parce que la dénatalité européenne autochtone, encouragée par ceux qui ont prétendu libérer la femme par le travail salarié, ne permet plus d’assurer la continuité des régimes sociaux.

Le Système implose parce que les gouvernements européens ne sont plus capables de garantir les fonctions normalement dévolues aux Etats : ni la sécurité intérieure, ni la protection des frontières, ni la justice, ni l’égalité en droit des citoyens, ni la prospérité. Impuissants, ils ont perdu toute légitimité autre que formelle. C’est pourquoi ils sont devenus instables.

Le Système implose parce que l’utopie égalitaire et matérialiste sur laquelle il repose est destructrice de toute civilisation.

Le Système implose parce que le voile médiatique qui voulait vous cacher la réalité est en train de se déchirer.

Les images de convenance au service des puissances d’argent que l’on vous oblige à regarder chaque jour ne parviennent plus à cacher l’ampleur du chaos dans lequel on vous a précipités : les émeutes ethniques, l’islamisation, le chômage, la violence, la pauvreté, l’effondrement des institutions publiques, une Europe de vieillards, nos soldats en guerre.

Vous comprenez que l’on vous a trompés pour mieux vous soumettre à la loi de l’argent et vous transformer en atomes sociaux, en consommateurs drogués et en ressource humaine docile.

Mes frères européens, réjouissez-vous ! Car même si la délivrance sera douloureuse, elle sera rapide puisque la décadence du Système est profonde.

Le Système implose et c’est une bonne nouvelle. Car un cycle historique s’achève : celui de la dormition des Européens.

Michel Geoffroy

(via Polémia)

08:44 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1)