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21/12/2015

Noël à l'Elysée

Cinquante ans séparent ces deux photos...

Noël à l'Elysée.jpeg

11/08/2015

1917, la révolte des soldats russes en France (Rémi Adam)

index.jpgEn 1916, un corps expéditionnaire russe composé de deux brigades, soit environ 20 000 hommes, est envoyé par le Tsar sur le front de l'ouest pour épauler l'effort de guerre français. Ces hommes échangés contre des fusils, des canons et des munitions sont très vite engagés en Champagne où ils paieront un très lourd prix du sang. Mais en 1917, dès qu'ils apprennent que le Tsar a été détrôné et qu'un gouvernement provisoire a pris les rênes du pouvoir, ils se sentent déliés de leur serment de fidélité envers l'empereur et demandent à être libérés et à rentrer en Russie. Des soviets de soldats sont créés partout. Une grande majorité décide de mettre la crosse en l'air et de cesser de se sacrifier dans une guerre qui ne profite qu'aux banquiers et aux bourgeois. Les gradés ne sont plus ni salués ni respectés. Craignant que ce vent de mutinerie ne gagne les troupes françaises, l'état-major éloigne du front les deux brigades et les installe avec leurs armes dans le camp militaire de La Courtine dans la Creuse. Les esprits ne se calmant pas, les revendications étant toujours les mêmes, on passe aux ultimatums et à l'épreuve de force, ce qui ne résout rien. Finalement, les Russes « loyalistes », encadrés par 5000 soldats français prêts à intervenir en cas de débordement, s'emparent du camp après une importante préparation d'artillerie et trois jours de combats acharnés. Que faire des survivants ? Juger les meneurs, renvoyer les « loyalistes » au front, faire travailler à l'arrière les volontaires ou déporter en Algérie ceux qui refusent tout compromis ?

Cet ouvrage très sérieux et parfaitement documenté sort de l'oubli un fait calamiteux mais beaucoup moins connu que les autres mutineries de 1917. A ma connaissance, seuls Pierre Poitevin en son temps et Jean Anglade dans son livre « Y a pas de bon Dieu ! » l'avaient évoqué. Il faut dire que l'attitude de l'état-major russe qui pratiquait encore systématiquement les brimades et les châtiments corporels et celle des politiques et militaires français qui, s'ils ne participèrent pas physiquement au massacre (les historiens restent divisés sur le nombre de morts lequel varie de quelques dizaines à quelques milliers, tous les documents ayant été détruits...), firent tout pour qu'il se produise en fournissant matériel, armes, logistique et encadrement militaire. La révolution ne devait à aucun prix faire tache d'huile ! Et pour ne rien arranger, les conséquences de cette révolte furent aussi calamiteuses sinon encore pires que la répression elle-même, aussi bien du côté des mutins que de celui des « loyalistes ». Très bon travail d'historien que celui de Rémi Adam qui ne cache pas son parti pris favorable aux insurgés et reste d'une discrétion de violette sur l'après, c'est à dire sur le retour en URSS sous Lénine et Trotsky des hommes de ces brigades sacrifiées. Tout juste dit-il qu'un seul des meneurs intégra l'Armée Rouge et put grimper dans la hiérarchie jusqu'à devenir général pendant la Seconde Guerre Mondiale. Quid des autres ? Goulag, balle dans la nuque, procès truqué ou asile psychiatrique ? Le lecteur averti se doute bien que ce ne fut certainement pas un chemin semé de pétales de rose. Mais là-dessus, motus. Le livre, en plus d'une abondante bibliographie, bénéficie également d'annexes intéressantes et d'une chronologie détaillée. A lire pour qui s'intéresse aux côtés sombres ou cachés de l'Histoire.

4/5

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18/07/2015

Le journal du docteur Tom Dooley (Tom Dooley)

index.jpgEn 1954, suite au désastre de Dien Bien Phu, l'Indochine se retrouve coupée en deux entre le nord communiste et le sud nationaliste. Un corps expéditionnaire américain est chargé de faire respecter les accords de cessez le feu. Mais très vite, des centaines de milliers de réfugiés traumatisés par les massacres et autres tortures fuient le nord et viennent s'entasser dans des camps de transit, non loin d'Haïphong, zone provisoirement démilitarisée et encore protégée. C'est là que le jeune Tom Dooley, médecin de marine, commence à soigner toutes sortes de pathologies, blessures et tortures diverses. Il organise un centre médical qui se transforme peu à peu en hôpital de fortune. A ce petit peuple martyrisé, il se dévoue corps et âme, nuit et jour, sans jamais compter sa peine. Peu à peu, les premiers assistants, américains d'abord, puis indochinois, viennent l'aider. L'évacuation de milliers de malheureux réalisée et la zone passée derrière le rideau de bambou, Tom Dooley repart aider et soigner ses frères humains dans le nord du Laos. Son extraordinaire dévouement est célébré dans toute l'Amérique. Mais la maladie aura raison du grand homme. Il mourra d'un cancer en 1961.

« Le journal du docteur Tom Dooley » est un témoignage émouvant, bouleversant et passionnant à bien des égards. Il se compose en fait de trois livres : « Délivrez-nous du mal », relatant l'expérience indochinoise, « L'aube du lendemain », sur le Laos et « La nuit où la montagne brûla » sur la seconde implantation toujours au Laos et sur sa maladie. Dooley fut un émule du célèbre Docteur Schweitzer qui l'avait d'ailleurs encouragé et avait accepté la présidence honoraire de « Medico », son mouvement caritatif. Dans cet ouvrage qui n'a pas pris la moindre ride, le lecteur découvrira ou redécouvrira certains aspects de l'horreur des exactions communistes dans le sud-est asiatique, page d'histoire si calamiteuse que les médias se sont empressée de la glisser avec la poussière sous le tapis des dommages collatéraux de l'avancée glorieuse du progressisme mondial. Il se retrouvera également à la source même de la démarche humanitaire, celle de l'ingérence au nom de la solidarité humaine dans laquelle s'engouffreront plus tard les premières ONG comme « Médecins sans frontières ». Mais en 1954, ce n'était pas encore du « charity business », juste une main tendue vers les plus pauvres et les plus persécutés... En plus de tous ses biens, Dooley y laissa d'ailleurs sa santé et sa vie. Une belle figure exemplaire des temps modernes qui bouleversa l'Amérique au point de lui consacrer films, émissions et même une très célèbre chanson. A lire et qui mériterait d'être réédité !

4,5/5

Citations :

« J'ignore tout de votre destin, mais je suis sûr d'une chose : vous trouverez toujours la joie si vous cherchez et si vous découvrez le secret d'une grande attitude, celle du serviteur. »

(Albert Schweitzer)

« Je savais que les communistes prendraient les membres de mon personnel, les feraient mettre en cercle, la face tournée vers l'intérieur du cercle, et feraient le tour du cercle, coupant les tendons des genoux à tous les malheureux. Et quand ces gens seraient tombés, affalés contre terre, les communistes les tailleraient en morceaux. J'avais vu ce spectacle, j'avais vu aussi les hommes aux tendons coupés abandonnés au milieu d'un champ. Cette coupure ne faisait pas mourir d'hémorragie, mais les hommes se tordaient en rampant et on leur donnait la chasse comme à des bêtes. »

« Deux gardes Viet-minh s'approchèrent de chacun des enfants. Le premier tenait fermement la tête de l'enfant dans ses mains, l'autre enfonçait solidement un bout de bambou taillé en pointe aigüe dans chaque oreille. Le bâton trancha le canal de l'oreille et tordit l'oreille interne. A travers tout le village, on entendait hurler les suppliciés. Les malheureux criaient, se démenaient, souffraient horriblement. Ils ne pouvaient atteindre les bâtons puisque leurs mains se trouvaient liées derrière le dos. »

« Tel est l'Américain. Je cite textuellement : « Sa tête est un blockhaus. Sa barbe est faite de barbelés. Ses yeux sont des bombes. Ses dents sont des balles dum-dum. Ses deux bras sont des canons et de son nez sortent des flammes. C'est un vampire, il boit le sang des petits enfants. Son front est un nid d'artillerie et son corps un terrain d'aviation. Ses doigts sont des baïonnettes et ses pieds sont des chars. Il montre ses crocs pour effrayer. Mais dans ses crocs, il ne peut prendre que des éclats d'acier car il a contre lui les forces toutes puissantes de notre peuple vietnamien, qui combat vaillamment. Tout bien considéré, l'Américain n'est qu'un géant de papier. »

19:56 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

11/08/2014

L'effroyable tragédie (Marie-Pierre Rey)

L'effroyable tragédie.jpgEn 1812, alors que presque toute l'Europe continentale est sous sa domination, Napoléon 1er rassemble la Grande Armée qu'il a renforcée par de nombreux contingents venus de Pologne, Suisse, Autriche, Allemagne et autres lieux et se lance à l'assaut de la Russie. Face à lui, le tsar Alexandre 1er organise la résistance avec des forces comparables en nombre sous les ordres de Barclay de Tolly, de l'impétueux prince Bagration et surtout du vieux général Koutousov. Mis à part la sanglante et inutile bataille de Borodino, peu de véritables affrontements titanesques mais plutôt une guerre d'usure et de partisans faite de replis stratégiques et surtout de l'emploi systématique de la terre brûlée. Alexandre 1er profite de l'immensité de son territoire pour prendre peu à peu le dessus sur son adversaire avancé loin de ses bases et confronté à d'insolubles problèmes de logistique et de ravitaillement. Il organise l'incendie gigantesque de Moscou, sa sainte capitale, qui marque le point d'arrêt de la campagne de Russie et le début de la fin de l'Empire français.

« L'effroyable tragédie » est un document de recherche historique qui mérite bien son titre. On y découvre que cette campagne peu glorieuse dépassa en horreur toutes les précédentes. Des centaines de milliers de braves grognards partis vers l'est ne revinrent de cet enfer glacé que quelques pauvres milliers d'éclopés et de traumatisés. On assista aux plus abjectes manifestations de la méchanceté humaine, le froid, la faim, la peur ou la haine poussant les gens aux pires extrémités : anthropophagie, torture, exécutions sommaires, lynchages, viols, incendies, pillages et autres. Bien que décrivant indifféremment les deux camps en présence la plupart du temps au plus haut niveau (grâce à un remarquable travail de recherche dans les archives, les pages de notes et la riche bibliographie en attestent), l'auteur arrive également, grâce à des témoignages émouvants, à faire partager les souffrances incroyables des combattants. La campagne de Russie fut peut-être la première des guerres vraiment modernes, car elle fut totale, sans pitié aucune, elle tua autant de civils que de militaires et elle utilisa tous les moyens de destruction possible. Ouvrage sérieux, bien construit et intéressant pour qui se passionne pour cette période de l'histoire qui vit la fin du long et douloureux cycle des guerres révolutionnaires. En conclusion, le lecteur découvrira les conséquences proches et lointaines de cette cruelle et folle expédition. Il y apprendra également qu'Alexandre 1er se montra plus humain, plus magnanime et peut-être plus démocrate (en paroles et sans doute en intentions) que son adversaire plus soucieux de sa gloire et de son pouvoir...

4/5

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27/09/2013

CICERON A DIT...

cicéron.jpg

« Le budget devrait être équilibré, les finances publiques devraient être comblées, la dette publique devrait être réduite, l'arrogance de l'administration devrait être abolie et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers devrait être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite.

Les gens doivent encore apprendre à travailler, au lieu de vivre sur l'aide publique. »

(Cicéron. 55 avant J.C)

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04/05/2012

Katyn (Devoir de mémoire)

katyn.jpegLe 13 avril 1943, il y a 69 ans, la radio allemande annonçait la découverte dans la forêt de Katyn, à 20 km de Smolensk, en URSS, de l’un des plus grands charniers de l’histoire contemporaine. Au printemps 1940, sur ordre de Staline, la police politique de l'Union soviétique (le NKVD) y a exécuté d’une balle dans la nuque puis enterré quelque 15.000 officiers polonais, tous membres de l’élite intellectuelle. Au procès de Nuremberg en 1946, les alliés imputeront ces crimes à l’armée allemande. Quelques historiens opiniâtres demanderont la révision de ce pan de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Avec succès, puisque le 26 novembre 2010, soixante‑dix ans après les faits, la Douma russe votera une résolution selon laquelle les documents conservés dans les archives secrètes du Kremlin prouvent l’unique responsabilité des Soviétiques dans ce massacre. Ce revirement mesure la fiabilité des conclusions du Tribunal de Nuremberg.

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11/11/2010

Devoir de mémoire perso

14.18.jpegLundi 1er Octobre

 

Mon cher Ernest,

 

J’ai reçu hier votre petit paquet. Merci beaucoup de votre attention. Le chocolat est pour nous précieux. Non seulement c’est un aliment de premier ordre, mais c’est aussi le meilleur des remèdes ou des préventifs contre la dysenterie. Et nous en avons souffert ou nous en souffrons tous plus ou moins.

J’avais préparé, au reçu de votre dernière carte, une lettre vous donnant quelques détails sur notre situation et j’espérais vous la faire parvenir quand brusquement l’ordre nous a été donné de repartir en première ligne. Je ne puis donc vous l’adresser maintenant.

Nous sommes en ce moment et pour plusieurs jours dans un poste très périlleux, à cent mètres de formidables tranchées allemandes et nous-mêmes à l’abri dans nos tranchées. Nous sommes arrosés continuellement de balles et d’obus. Dès que l’un de nous montre sa tête, les balles lui sifflent aux oreilles. Jours et nuits nous sommes sur les dents.

Je ne l’ai pas dit à Elise pour ne pas l’inquiéter. Je lui laisse croire que nous sommes toujours en arrière et au repos. J’espère néanmoins en sortir encore une fois.

J’ai appris qu’Eugène avait été blessé, mais peu grièvement. Mon plus jeune frère a été blessé lui aussi paraît-il et nous n’avons plus de ses nouvelles. S’il n’est pas mort, il a dû être ramassé par l’ennemi et sans doute soigné en Allemagne. Mon autre frère qui était resté à Toul jusqu’au commencement d’Octobre est également parti sur le front.

Nous n’avons ici aucune idée sur la durée probable de cette guerre. Nous n’avons d’ailleurs que peu de nouvelles sur les opérations des autres armées. A moins d’un événement que nous ne pouvons pas prévoir, nous supposons bien que nous en avons encore pour plusieurs mois.

Les services de ravitaillement et postaux sont admirablement organisés. Le difficile pour nous actuellement est de transporter tout cela sur la ligne du feu, au nez et à la barbe des Boches, mais nous y arrivons.

J’espère que Marie et les enfants ainsi que vous-même êtes toujours en bonne santé et, en vous remerciant de nouveau, je vous envoie mes bonnes amitiés.

 

J.Viallet

(In memoriam... Jules Viallet, sergent, mort pour la France en juillet 1915 devant Vauquois (Argonne). Mon grand-père paternel.)

 

09:13 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5)