Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/07/2014

Notre Dame des Landes (Hervé Kempf)

Notre Dame des Landes.jpgQue s'est-il passé à Notre Dame des Landes ? Qu'en était-il réellement de ce projet controversé ? Cet aéroport nantais supplémentaire était-il vraiment nécessaire ? Et qui étaient ces opposants qui ont forcé le pouvoir socialiste à suspendre provisoirement la pression après s'être déconsidéré par une absence de concertation et des violences policières indignes d'une démocratie apaisée ?

Ce livre propose toute une enquête bien documentée, bien écrite, qui n'a pas grand chose à voir avec le traitement présenté par les médias « mainstream ». Notre Dame des Landes est en fait un très vieux projet datant des années 70, reposant sur des expertises erronées ou obsolètes. On croyait par exemple qu'avec 1 million de voyageurs, l'ancien aéroport serait saturé. On en était en 2012 à 3,6 millions et certaines infrastructures étrangères de même envergure arrivent à en accueillir 10. Plus inquiétant encore, le projet a été concédé à la société Vinci qui a obtenu en prime la gestion de l'autre aéroport de Nantes et qui lorgne sur la privatisation d'Aéroports de Paris. Quand on se rappelle que cette société s'est vue attribuée la gestion des autoroutes pour des sommes ridicules (ASF acquis pour 6 milliards d'euros alors qu'elle en rapporte 1 par an !), quand on découvre que le Qatar est le principal actionnaire de ladite société et que le préfet qui fut en première ligne pour soutenir le projet et tenter de déloger les squatters, après un court séjour à la Cour des Comptes s'est retrouvé Conseiller du Président de Vinci, quand on imagine la mine de pots de vin que peut représenter cette affaire, il est difficile de ne pas avoir de doutes sur la pertinence de ce projet et sur la sincérité du pouvoir.

Un très bon travail d'investigation, une enquête sérieuse menée par un journaliste qui fut dessaisi de l'affaire par le journal Le Monde. Toute l'histoire d'un soulèvement populaire (d'une cinquantaine au début, les opposants se retrouvèrent 40 000 sur le site après la brutale répression policière) vue du côté des « Zadistes » (néologisme bâti sur l'acronyme « ZAD, détourné en Zone à Défendre) avec beaucoup d'empathie assumée pour les opposants. Dans ce bocage boueux, deux mondes s'affrontent, deux visions de l'avenir et deux conceptions de la démocratie. Oligarques puissants et corrompus contre petites gens sans grands moyens. Conservateurs progressistes et mondialistes contre paysans, anarchistes, écologistes, ou décroissants. Démocratie « représentative », autiste et hautaine contre démocratie participative, auto-gestionnaire et autarcique... Un livre qui va bien au-delà de cette lutte locale pour atteindre à l'universel, aux enjeux majeurs de notre époque. A lire absolument.

4,5/5

16/03/2013

Pensées plus ou moins correctes (7)

BARBARIE

barbare.jpg« La barbarie est l'enfance des races. Elle se reconnaît à la prépondérance du corps sur l'esprit. Le barbare vit du sang et non de la pensée. Quand, au contraire, l'esprit commence à prévaloir sur le corps, c'est le règne de la civilisation qui s'annonce : règne illustre consacré par le développement des lettres, des sciences et des arts, par une activité grave et simple qui remplit la vie en l'élevant. A l'époque de décadence, le corps reprend le dessus, non plus le corps grossier du barbare, mais le corps poli, parfumé, usé, pétri d'intelligence, et, toutefois, revenu aux instincts les plus vils, instincts que l'ignorance n'excuse plus, que la vigueur n'explique pas, et qui font de l'âme ainsi tombée le repaire ignoble d'un égoïsme délicat et subtil. L'état sauvage, le dernier de tous, est le retour à la barbarie, mais à une barbarie ruinée, qui n'est plus même capable de soutenir les rudiments d'une société. »

(Henri-Dominique Lacordaire)

« Partout où il y a un mélange de religion et de barbarie, c'est toujours la religion qui triomphe ; mais partout où il y a un mélange de barbarie et de philosophie, c'est la barbarie qui l'emporte. »

(Rivarol)

29/01/2012

Les Tanathophores (Nouvelle de B.Viallet)

Acheter Dorian Evergreen

Cette nouvelle (incomplète sur la vidéo)est extraite du recueil "Dorian Evergreen", Version papier disponible sur TheBookEdition.com (cliquer sur l'image), Version E-book disponible sut Amazon Kindle (cliquer sur le menu déroulant)

(Tous droits réservés) 

21/01/2012

Le Renard et le loup (Video)

Acheter Dorian Evergreen

27/04/2011

A propos du tsunami

tsunami.jpegChers Compatriotes,

Ayant décidé comme quelques autres Français de rester coûte que coûte dans la capitale nippone afin de faire preuve de solidarité avec nos amis japonais qui traversent un moment très difficile, il me semble nécessaire de vous apporter quelques informations apaisantes.

Tout d'abord, je souhaite souligner l'attitude absolument remarquable des Japonais qui vivent les catastrophes actuelles dans la sérénité, la discipline et la résignation. Quand on se promène dans les rues de Tokyo, on ne remarque rien: par de désordre, pas de pillages, pas de panique. Les linéaires des magasins qui ne proposaient plus dès vendredi dernier de lait ni de pain, reviennent même peu à peu à une situation normale (le lait notamment a refait son apparition et est parfois simplement limité à un litre par personne).

Si un tel drame était connu dans n'importe quel autre pays, il y aurait incontestablement chaos et instauration de la loi martiale.

Les Japonais sont donc actuellement en train de donner à tous les peuples du monde une formidable leçon de courage, de dignité et donc de vie.

D.Barbier

(Via Polémia)

08:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3)

24/12/2010

La dernière tournée du Père Noël (Conte de Noël de B.Viallet)

père noël.jpgCoup de tonnerre dans un ciel serein ! Chagrin inconsolable pour tous les petits enfants de la terre ! Incroyable fin d'une époque, d'un monde, d'un univers ! Hier matin, à 8 h 32 (GMT), le service de presse du Père Noël a officiellement annoncé la fin des tournées de l'homme en rouge et son départ à la retraite dans les brumes glacées des territoires du Nord. Des sources autorisées indiquent qu'il devrait être remplacé par une société multinationale de grande envergure. Ainsi donc, l'inoubliable bonhomme Noël à la grande barbe blanche et à la trogne rubiconde vient de tirer sa révérence sans crier gare. Les rennes, le grand traineau ouvragé et l'armée de trolls, nains et lutins qui fabriquaient dans la joie et la ferveur tous les petits joujoux si fébrilement attendus seraient-ils donc à ranger définitivement au magasin des accessoires de l'imagination disparue ? Notre rédaction a voulu en avoir le coeur net. Elle a obtenu un entretien exclusif avec l'homme que tous les bambins vont regretter. Nous avons pu l'interroger dans une brasserie discrète, place d'Espagne .

 

Dernières Nouvelles de l'Ailleurs (DNA):

« Quelle stupéfaction pour nous, Père Noël de vous découvrir sous cet aspect insolite. Avouez qu'il a de quoi surprendre... »

 

Père Noël (PN):

« Oui, j'ai dû me faire couper les cheveux et raser la barbe. Ce ne fut qu'un crève-coeur de plus. Et j'avoue ne pas m'être encore bien habitué à mon nouveau visage. Mais c'était le prix à payer pour ma tranquillité... Ca me rajeunit un peu, ne trouvez-vous pas ? Quant à la houppelande et au pantalon rouge bordés d'hermine blanche, ce n'était qu'une tenue d'apparat que je sortais de la naphtaline uniquement dans les grandes occasions, une ou deux fois l'an : la nuit magique, bien sûr et pour aller rendre des comptes à mes patrons, là-haut. D'ordinaire une bonne grosse salopette de coutil marron, une canadienne et un bonnet de laine sont plus adaptés à mes activités sous les froides latitudes de Rovaniemi.

 

DNA :

« Comment en êtes-vous arrivé à prendre la terrible décision d'arrêter votre célèbre tournée ? »

 

PN :

« Oh, c'est une longue histoire. Remarquez que j'aurais dû voir venir un phénomène qui s'est étalé sur un grand nombre d'années. Mais, que voulez-vous, j'ai pêché par insouciance. Malgré mon âge canonique, j'ai toujours gardé une âme d'enfant. Jamais je n'aurais pu imaginer que les choses allaient se dégrader à ce point. Pourtant de petits signaux auraient dû m'alerter. Par exemple quand ce vieux Fouettard m'a mis en garde. « Hodie mihi, cras tibi », m'avait-il dit un soir de déprime. Quand il a un verre dans le nez, le bougre se met à causer en latin de cuisine. Ca veut dire : « Aujourd'hui, c'est moi, demain, ce sera toi ». En gros, « tu ne perds rien pour attendre »...

 

DNA :

« Excusez-nous, Père Noël, mais nos lecteurs risquent de ne pas bien comprendre... Qui donc appelez-vous « Fouettard » ?

 

PN :

« Ah ! Je vois que vous êtes trop jeunes pour que cela vous évoque quelque chose. Je faisais allusion à mon vieux comparse et ennemi, le Père Fouettard. De nos jours, plus personne ne se souvient de lui. Je crois même qu'il est complètement oublié même par les plus âgés. Et pourtant il jouait un rôle crucial dans notre petite affaire. Nous avons commencé ensemble. Les Dieux nous avaient confié une mission conjointe. Le gentil et le méchant. L'homme qui récompense et celui qui punit. En ces temps lointains, la sagesse populaire voulait que l'un n'aille jamais sans l'autre, s'en tenant au principe de 'qui aime bien châtie bien' et non à ceux du calamiteux Docteur Schnock... Mais tout a bien changé... (Soupirs). Quand nous étions jeunes, Fouettard était déjà très vilain : boiteux, nez crochu, oeil noir, visage en lame de couteau. Le pauvre avait récolté le physique du rôle. On lui confia le fouet. Avec ma bonne bouille ronde et mes yeux bleus, je fus le préposé aux cadeaux... »

 

DNA :

« Pouvez-vous nous expliquer comment le Père Fouettard a pu disparaître. S'il a commencé sa carrière en même temps que vous, il aurait dû bénéficier d'une célébrité comparable à la vôtre... »

 

PN :

« Il a eu son heure de gloire. Au début, nous avions à peu près autant de travail l'un que l'autre. La nuit magique, il distribuait ses coups de fouet aux enfants méchants alors que moi, je déposais une orange ou une poupée de porcelaine dans les souliers des bambins gentils. Mais petit à petit, un déséquilibre étrange se produisit. Le pauvre eut de moins en moins de travail. Mais je ne m'en inquiétais pas plus que ça. Je me disais même que le système inventé par les dieux devait fonctionner à merveille. Les gosses avaient tellement peur du fouet qu'ils en devenaient presque tous polis, obéissants, serviables et travailleurs alors que le nombre de mal léchés, de rebelles, de voleurs, menteurs, fainéants ou tricheurs ne faisait que réduire à vue d'oeil. Fouettard, lui, trouvait que cela n'était pas tout à fait normal, que les parents avaient dû baisser le niveau de leurs exigences. Il redoutait qu'un jour plus personne ne fasse appel à ses services. Je le rassurai... « Jamais cela ne se produira. Il y aura toujours des défauts à corriger chez les enfants... » Je l'enviais même quelquefois. Bien moins contraignant que le mien, son travail tournait doucement à la sinécure. Pendant que je trimais toute l'année avec mes équipes de petits bonshommes et de petites bonnes femmes, lui, il se la coulait douce. Un unique jour de travail par an et avec de moins en moins de clients. Jusqu'au jour où il n'y en eu plus le moindre. Là, il vint me trouver, effondré. « Noël, me dit-il, je ne sers plus à rien. L'an prochain, tu feras ta tournée tout seul. Je vais aller les voir là-haut pour leur rendre ma houppelande noire et mon fouet ! »

D'une certaine façon, j'étais un peu triste pour lui. Ce n'est jamais agréable de voir quelqu'un perdre sa raison de vivre... Et de l'autre j'étais soulagé car j'étais assuré de ne plus jamais avoir à subir les cris et les larmes des pauvres petits punis...

 

DNA :

« Quelle surprenante histoire ! Et qu'est devenu le père Fouettard ? »

 

PN :

« Je crois que les Dieux ont été très mécontents de lui. La preuve, ils ne lui ont plus confié la moindre mission. Alors, dès son retour, il s'est pris la cuite de sa vie et n'a pas dessoûlé pendant trois jours. Il n'a jamais pu se recycler. Il faut dire qu'avec son physique ingrat, ses tendances sadiques et son grand âge, l'ANPE ne lui dégotta jamais rien d'intéressant. Maintenant, je sais qu'il vivote tout juste.

 

DNA :

« Vous voulez dire qu'il est toujours vivant ? »

 

PN :

« Bien sûr. C'est un immortel tout comme moi ! Le pauvre survit de la charité publique et peut-être également de quelques moyens moins avouables. Que pourrait-il faire d'autre ? Pas de pension, ni de retraite, ni de RSA, ni de minimum sociaux pour nous autres. Tiens, vous voyez, le vieux clochard avec sa casquette à la main, celui qui est assis sur le trottoir et qui fait la manche devant la brasserie. C'est lui. Vous n'avez pas fait attention à lui en arrivant ? N'oubliez surtout pas de lui donner une petite pièce en sortant. Cela lui permettra de s'offrir de quoi oublier son chagrin... »

 

DNA :

«  Que l'abominable père Fouettard ait disparu avec l'arrivée des méthodes modernes d'éducation est parfaitement compréhensible et certainement pas une mauvaise chose. Mais pour vous, Père Noël, symbole de la bonté, de la bienveillance et de la générosité, que s'est-il donc passé ? »

 

PN :

« Mes jeunes amis, vous n'arrivez pas à réaliser que tout est lié, que rien n'est univoque. Le sort de Fouettard ne faisait que préfigurer le mien, que le précéder de quelques années... »

 

DNA :

« Sans doute voulez-vous dire quelques dizaines d'années, Père Noël ? »

 

PN :

« Oui. Veuillez faire preuve d'indulgence envers un vieil homme. Avec le temps, j'en viens à confondre les jours et les années, les décades et les siècles. Mais peu importe. Le processus était bel et bien enclenché. Tous les enfants étaient donc devenus parfaits et au fil du temps, leurs exigences ne faisaient que croître et embellir et les listes de cadeaux de Noël s'allonger jusqu'au déraisonnable. J'ai reçu des lettres de trois pages du genre : « Comme je suis une gentille petite fille, j'aimerais avoir une poupée qui parle, douze Barbies, la trousse de maquillage de Naomie Trombelle, trois petits poneys, deux maisons de poupée », suivait une liste à rallonge.

Ou alors : « Je suis un charmant garçon et il me faudrait les boîtes de meccano 37, 38, 39 et 492bis, les legos Pirates, Far-West et Bataille Galactique, un ordinateur, une console de jeux mais plutôt la dernière PSP, des rollers, mais uniquement des Running Blades ***, (pas les *, ils sont nuls), un baladeur mp3 et une panoplie de Combo avec un gun qui tire de vrais trucs... » Des listes de jouets à n'en jamais voir le bout. Un véritable cauchemar pour moi qui ne disposait plus de ce bien utile Fouettard pour mettre un frein aux demandes démentielles des morveux... On était passé d'un extrême à l'autre. Autrefois, avec un simple zéro de conduite, on tombait sous les coups de fouets de mon alter ego. Un vol, un mensonge, une tricherie, autant de cadeaux en moins. Ainsi les listes de souhaits restaient acceptables. Maintenant toutes ces exigences nous obligeaient à travailler 'no limits', 'flux tendu' et dans un stress permanent. Et comme pour moi, les désirs des enfants restaient des ordres, je n'avais plus qu'à m'exécuter, c'est à dire à distribuer, distribuer et encore distribuer sans le moindre frein.

 

DNA :

« Nous croyons savoir que votre décision fut surtout prise suite à un long conflit social au sein de vos ateliers du Grand Nord. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? »

 

PN :

« Avant tout, il faut que vous sachiez que l'atelier du Père Noël n'était qu'une modeste structure de type traditionnel spécialisée dans la fabrication artisanale de joujoux de bois et autres matériaux nobles. Pendant des siècles, mes lutines et lutins façonnèrent de leurs petites mains et de leurs fins outils toutes sortes de choses pour réjouir le coeur des petits. Jusqu'à l'arrivée de ce maudit plastoc, de ses dérivés puis de l'abominable électronique. Plus question de scier, tailler, polir, fignoler, assembler, peindre et vernir en y mettant tout son art et tout son coeur. Il fallait passer à la production industrielle.

Il me fus impossible de faire subir ce traumatisme à mes petites mains qui travaillaient si minutieusement du pinceau, de l'aiguille, du fil, des ciseaux, de la scie, du rabot et de cent autres outils traditionnels. Leurs minuscules oreilles n'auraient pas résisté une journée au tintamarre des machines outils. Leur équilibre et leur sérénité auraient été gravement perturbés par le stress du travail à la chaîne. Tous leurs sens auraient été révulsés par les odeurs de plastoc chaud, de caoutchouc fumant et autres gommes fondues. Et je passe sur la nocivité des vapeurs toxiques et des produits chimiques divers.

Je me suis donc résigné à sous-traiter dans l'Orient lointain la fabrication de tous les jouets à base d'électronique et de matières synthétiques, autant dire de la quasi totalité de la demande enfantine. Paradoxalement je me retrouvais avec des ateliers incapables de produire certains d'articles et sur-dimensionnés pour d'autres. La mort dans l'âme, je dus me séparer d'une grande partie de mes effectifs de nains et de trolls. Et c'est là que nos problèmes sociaux débutèrent. Une histoire inimaginable chez des gens qui avaient toujours vécu en parfaite harmonie, un peu comme une grande famille.

Mes petites gens refusaient violemment toute réduction de personnel qu'elle prenne la forme de pré-retraite, licenciement ou même réduction d'horaire de travail. Ils furent tous saisis de la peur de l'avenir d'autant plus qu'ils me savait insuffisamment riche pour leur garantir la moindre indemnité ou pension. Et puis, il faut les comprendre : fabriquer de jolis jouets était leur raison de vivre. Un sourire d'enfant, une étoile dans son regard représentaient pour eux une récompense bien méritée. Et d'un seul coup, plus rien. L'immense et terrible vide d'une existence inutile. Voilà pourquoi ils se sont rebellés. Il y eut des grèves plus ou moins sauvages, enfin des 'mouvements sociaux' comme on doit dire maintenant et jusqu'à des manifestations bruyantes sous mes fenêtres.

« Non aux délocalisations !

Non aux licenciements abusifs !

Vivre et travailler au pays ! »

Sans oublier un poignant : « Père Noël, au secours ! Sauvez nos emplois, vous sauverez nos vies ! »

Que pouvais-je faire ? Les enfants préféraient la camelote en plastoc et la bimbeloterie électronique qui clignotait et les attirait comme alouettes dans un miroir. Ils soupiraient devant les beaux jouets traditionnels qui avaient enchanté tant de générations. J'aurais bien voulu maintenir un dernier atelier avec une équipe réduite. Mais ce fut impossible. Avec tous ces arrêts de travail, ces assemblées générales et ces manifestations, la production avait été tellement perturbée que je dus importer jusqu'au dernier joujou de bois. Et ces exotiques fabricants arrivaient à nous proposer des équivalents presque aussi beaux deux à trois fois moins chers que les nôtres ! Autant mettre la clé sous la porte. Et c'est ce que j'ai été obligé de faire, mais pas de gaité de coeur, croyez-moi ! »

 

DNA :

« Nous comprenons parfaitement... Votre histoire, Père Noël, est après tout des plus banales. Elle s'est répétée dans quasiment tous les secteurs de la production. 'L'usine du monde' fournit à peu près tout et dans tous les pays du monde. De la casserole au robot mixeur en passant par le marteau, le téléviseur ou le textile, rien ne lui échappe... Le secteur du jouet ne pouvait pas manquer à la règle universelle de la globalisation radieuse. Ce qui nous étonne c'est votre décision d'arrêter la distribution traditionnelle. Qu'est-ce qui vous empêchait de vous fournir là-bas, de venir du froid avec votre traineau et vos rennes pour vous glisser dans les cheminées et déposer les fameux cadeaux au pied du sapin... »

 

PN :

« Allons, ce n'est pas si simple. Et ma mission ne se déroulait pas du tout de la manière que l'on imagine généralement. Jamais je ne suis passé par la moindre cheminée. Primo, toutes les maisons n'en comportent pas. Deuxio, vous avez vu ma bedaine ? Même un gamin de trois ans pas très éveillé comprendrait qu'elle ne passerait jamais là-dedans même si je retenais ma respiration jusqu'à l'asphyxie. Tertio, je ne suis pas ramoneur. Je tiens à conserver une tenue élégante. Vous imaginez dans quel état je me serais retrouvé avec toute cette suie sur ma belle tenue ? »

 

DNA :

« Vous nous la bâillez belle, Père Noël. Si vous ne preniez pas cette voie, comment donc procédiez-vous ? »

 

PN :

« C'est un secret. Un grand secret que j'ai toujours jalousement gardé. Mais aujourd'hui, tout est fini, alors je peux bien vous le révéler. J'usais de magie. Oui, Messieurs, de MAGIE ! Et comment aurais-je pu faire autrement ? Les enfants sont des millions. Ils habitent dans une multitude d'endroits. Il m'était techniquement impossible de déposer des cadeaux partout à la fois pendant la ridicule durée des quelques heures de la nuit de Noël. Alors, j'ai toujours pratiqué un tour de magie assez connu appelé « transsubstantiation ». Un terme savant pour expliquer une sorte de dématérialisation suivie d'une rematérialisation à un endroit prévu à l'avance. Je n'avais donc nul besoin de quitter mon traineau là-haut dans le ciel pour procéder à ma distribution. Je vous parle de traineau, mais dans les derniers temps, j'avais dû me laisser doter d'un glisseur-cargo de dernière génération pour pouvoir charger la masse exponentielle de jouets. J'en balançais donc de pleines hottées transmutées qui tombaient comme une pluie d'or bienfaisante sur les maisons où dormaient les petits enfants. Toutes ces paillettes merveilleuses se réajustaient tout doucement à leur arrivée au sol sous la forme d'un beau paquet enrubanné qui se retrouvait comme par miracle à côté du petit soulier prévu. Cela peut sembler compliqué à première vue, mais en fait c'est l'enfance de l'art pour nous autres magiciens. Pas plus compliqué que de voler avec un manche à balai par exemple... »

 

DNA :

« Cela ne nous explique toujours pas pourquoi vous avez pris la décision de cesser définitivement vos tournées de la nuit de Noël... »

 

PN :

« Un peu de patience, mes jeunes amis, j'y viens... Qui dit magie dit croyance. L'une ne peut fonctionner sans l'autre. Depuis quelque temps déjà, j'entendais des enfants de plus en plus petits déclarer : « Mais le Père Noël, il n'existe pas. C'est les parents qui donnent les cadeaux, pas le vieux barbu ! » ou bien « Moi, j'y crois plus au Papa Noël. Y a que les bébés comme toi qui y croient encore... » Et pire encore, les parents qui ne furent pas les derniers à lancer cette entreprise de désenchantement généralisée. Combien parmi eux ne lançaient-ils pas, péremptoires : « Jamais je n'irai raconter pareilles sornettes à mon enfant ! Je veux qu'il affronte le plus tôt possible la réalité sans avoir à passer par toutes ces âneries d'un autre âge... »

Le monde merveilleux de la féérie, des âneries ? Quelle triste époque ! Et ces gens-là trouvaient souhaitable de priver leurs enfants de leur légitime part de rêve ? Quels inconscients, quels malfaisants !

Je vous avoue que dans les derniers temps, il me fallut faire preuve de beaucoup de constance pour pouvoir continuer à officier dans une telle atmosphère d'incrédulité. Mais mon enthousiasme était encore immense, mon besoin de répandre la joie et le bonheur encore puissant. J'aurais pu continuer tant qu'il serait resté un ultime bambin pour croire en moi. Mais c'était sans compter avec cette pacotille exotique bourrée de saletés plus ou moins toxiques. Ces jouets refusaient obstinément de passer par ma pluie de paillettes magiques. Aucun tour ne réussissait sur eux. Quand je fis cette triste découverte, je compris qu'après Fouettard réduit au désespoir, qu'après mes petits nains et mes petites naines mis sauvagement au chômage, était venu le temps pour moi de raccrocher définitivement ma houppelande rouge non sans en informer mes supérieurs.

 

DNA :

« Qu'en dirent-ils ? Ne furent-ils pas aussi déçus que les enfants ? »

 

PN :

« Pas tant que cela. Moi, dans ma naïveté, je n'avais rien vu venir. Eux, le prirent avec le plus grand calme. Ils me dirent : « Nicolas, (C'est mon nom. Je m'appelle en réalité Niklaus Sanktuss d'où la confusion avec l'autre, celui du charcutier et de son saloir maudit) votre petite entreprise a fait son temps. Nous vous remercions pour le zèle, le dynamisme et le dévouement que vous avez montré dans l'exécution de la mission que Nous vous avions confiée. Transmettez à vos anciens employés et collaborateurs l'expression de notre considération distinguée mais sachez également que nous allons passer à la vitesse supérieure. Nous devons nous adapter à ce temps. ILS veulent des cadeaux, encore des cadeaux, toujours des cadeaux. De plus en plus de cadeaux, des montagnes de cadeaux. Et bien, on va leur en donner ! Tout simplement en nous adressant à la Générale de Distribution des Faveurs, la GDF, qui sous-traitera la fabrication en Extrême Orient. Là-bas, les usines sont plus grandes que des terrains de football. Ils peuvent disposer de main d'oeuvre taillable et corvéable à merci, travaillant nuit et jour pour quelques poignées de riz. Ils pourront donc faire face à la demande croissante sans difficulté particulière et pour un coût imbattable. »

Restait la distribution. Là, ils m'ont trouvé un remplaçant. 'Grand Distributeur Bienveillant' qu'ils l'appellent. Apparemment il m'a semblé que ce n'est pas un magicien et même pas un humain, mais plutôt une sorte de machine qui sera partout à la fois grâce à des trucs électroniques sans doute. Les enfants n'auront plus qu'à cliquer sur une image virtuelle pour que toute la machinerie de la multinationale de distribution entre immédiatement en action. Fabriqué dans la minute qui suit, emballé, mis sur palette puis transporté en camion, bateau, avion ou fusée, le jouet si peu désiré arrivera le jour dit par la grâce d'une longue chaîne de transporteurs, distributeurs et livreurs formidablement bien organisée. Par la magie des treize lignes verticales de son code-barres, le cadeau sera suivi à la trace au long de son incroyable voyage. Plus de merveilleux, plus de rêve, plus de traineau, de clochettes, de paillettes et de gros bonhomme gentil ! Plus rien. Juste de l'industrie, de la logistique et de la distribution dans leur froide et inquiétante efficacité... Et à l'arrivée, une bricole fragile, décevante, inutile, vite cassée, vite oubliée...

 

DNA :

« Père Noël, nous vous sentons mélancolique, désabusé et même un tantinet aigri... Pourtant personne ne vous oubliera jamais. Les enfants vous porteront éternellement dans leurs petits coeurs... Nous sommes sûrs qu'ils vous regrettent déjà... »

 

PN :

«  Je ne me fais guère d'illusions. Maintenant que Grand Distributeur Bienveillant a pris ma place, ils vont reporter leur affection sur lui... Et même s'il a la tête de Goldarok. Vous savez mes amis, on ne meurt que deux fois. La première quand on disparaît physiquement et la seconde quand plus personne ne pense à vous.

 

DNA :

« Dernière question. Comment l'avenir se présente-t-il pour vous, Monsieur Niklaus Sanktuss ? »

 

PN :

« Réduit à sa plus simple expression. Dès demain matin, je prend la route pour le Nord du Nord. Là-haut, ILS m'ont fait comprendre que la fin de ma mission coïncidera avec celle de mon immortalité. Je n'en ai donc plus pour très longtemps. Juste celui de mettre mes affaires en ordre et de débarrasser une époque où les gens comme nous ne sont plus les bienvenus. Cette interview sera donc la première et la dernière que j'aurais jamais donnée. Restons-en là et comprenne qui pourra. »

 

DNA :

«  Soyez remercié pour tout, cher Père Noël, au nom de tous les enfants de nos amis lecteurs... »

 

Le visage du vieil homme s'éclaira d'un triste sourire. Puis il se leva, nous salua et se dirigea pesamment vers la porte à tambour de la brasserie. Il s'éloigna à petits pas en remontant l'avenue de Béring. Un très vieux clochard dépenaillé le suivait mais en restant respectueusement dix pas en arrière...

B.VIALLET.

(Texte inédit. Tous droits réservés)

 

 

 

12/11/2010

De Gaulle a dit...

de gaulle.jpg"Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais -qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à chan­ger en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles." (Conférence de presse du 27 novembre 1967) 

"Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture greque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de Musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain qua rante ? Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’ins taller en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! " (Cité par B. Stora, Le transfert d’une mémoire, Ed. La découverte, 1999) –

"Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites invi ter à déj euner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt." (Entretiens avec Jacques Foccart, 8 novembre 1968. cité dans ses Mémoires, tome 2).

 

09:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4)

07/10/2010

Bertrand Russell a dit...

bertrand russell.jpeg« Avant longtemps, le contrôle des naissances deviendra presque universel parmi les races blanches; il ne détériorera pas leurs qualités mais diminuera leur nombre alors que les races non civilisées sont toujours prolifiques et protégées contre une mortalité élevée par la science des Blancs. (…)

Cette situation conduira – et c'est déjà évident en France – à employer les races plus prolifiques comme mercenaires. Les gouvernements s'opposeront à ce qu'on enseigne la contraception aux Africains, de peur de perdre leurs recrues. Le résultat sera une immense infériorité numérique des races blanches conduisant probablement à leur extermination dans des mutineries de ces mercenaires. » (Icare, ou le futur de la Science – 1924)

Russell, prophète visionnaire ?

En 1900, l'Afrique comptait 133 millions d'habitants (8% de la population mondiale)

En 1950, 225 millions (8,8%)

En 1999, 767 millions (12,8%)

En 2009, 1 milliard (14%)

Et 1 milliard 950 millions prévus pour 2050... 

 

22/09/2010

"Les Faux As", le nouveau roman de Bernard VIALLET maintenant disponible...

Acheter LES FAUX AS« Dans la Cité des Asphodèles ou plutôt la téci des Faux As, la vie n'est pas toujours rose. Les jeunes s'ennuient. Certains tiennent les murs et commencent à mal tourner, d'autres se réfugient dans les mondes virtuels. L'amour de Pierre et d'Awa leur permettra-t-il de dépasser les préjugés et des interdits ? »

Véritable suite du « Mammouth m'a tuer », ce roman social ou sociétal est basé sur des faits réels et des expériences vécues, mais présentés différemment pour des raisons déontologiques évidentes. « Toute ressemblance avec des personnes existantes... etc... »

Les lecteurs de http://wwwetpourquoidonc.fr// ont pu en lire plusieurs chapitres en avant-première. Une version papier et/ou fichier pdf est disponible chez :http://www.thebookedition.com/les-faux-as-bernard-viallet....

Ce livre a été placé au banc d'essai du site MyMajorCompanyBooks. Il doit recueillir les suffrages d'une majorité d'internautes pour pouvoir être proposé à des « producteurs » et être publié chez un grand éditeur. Si ce texte vous a plu, n'hésitez pas à aller le soutenir chez : http://www.mymajorcompanybooks.com/Auteurs/bernardviallet/ . Merci d'avance et bonne lecture à tous.

 

13/03/2010

Jean Raspail a dit...

raspail.jpgUn petit article valant bien souvent mieux qu'un long discours, voici un article, publié le 17 juin 2004 dans le Figaro, écrit par Jean Raspail et intitulé La patrie trahie par la République :

""J'ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d'un colis piégé. Difficile de l'aborder de front sans qu'il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C'est pourtant l'interrogation capitale. J'ai hésité. D'autant plus qu'en 1973, en publiant Le Camp des saints, j'ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.

Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu'« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d'une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié - la plus âgée - de la population du pays, le reste étant composé d'Africains, Maghrébins ou Noirs et d'Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l'islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer(1).

 

La France n'est pas seule concernée. Toute l'Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas - rapport de l'ONU (qui s'en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l'Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe des Quinze est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des « gouvernances » et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme...

 

Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de « l'accueil à l'autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l'antique charité chrétienne, n'auront plus d'autre ressource que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu'on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français - et pas nécessairement tous de race blanche - qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

 

Face aux différentes « communautés » qu'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c'est nous qu'on intègre à « l'autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s'agira en quelque sorte - je cherche un terme approprié - d'une communauté de la pérennité française. Celle-ci s'appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

 

Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l'autre. Quelque chose comme l'élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?

Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé. Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c'est que les derniers isolats résistent jusqu'à s'engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l'espagnole mais s'inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné. Son auteur n'est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j'en suis sûr...

 

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c'est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d'hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n'ose dire cyniquement, à l'immolation d'une certaine France (évitons le qualificatif d'éternelle qui révulse les belles consciences) sur l'autel de l'humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l'organisme encore sain de la nation française.

 

Même si je peux, à la limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d'idéologie, idéologie avec un grand « I », l'idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour la seconde.

 

Parmi le flot de références que j'accumule en épais dossiers à l'appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l'étendue des dégâts. Elle est extraite d'un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d'une jeune Française issue de l'immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République... » Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d'êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.) Et celle-là, tirée du XXe chant de l'Apocalypse : « Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »

 

 

09:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : camp des saints