04.11.2009

Des lendemains qui déchantent...

 

dragon chinois.jpgLes constats de la Chambre Européenne de commerce en Chine relatifs au comportement des autorités locales en matière de fermeture de l'économie domestique à la concurrence mondiale, à son agressivité commerciale sur les marchés à l'export, rendent parfaitement plausibles les pronostics de Robert Fogel, professeur américain d'économie, selon lequel, à l'horizon 2040, un Chinois devrait disposer d'un revenu deux fois plus élevé qu'un Européen. Il affirme même que le PIB de la Chine représentera 123 000 milliards de dollars en 2040, celui de l'Inde, 36 528 milliards, celui des Etats-Unis, 41 944 milliards et celui de l'Europe des quinze états de 2000, seulement 14 040 milliards de dollars...

(Source Rivarol N°2924, p 5)

Si l'on passe sur l'étonnante précision de ces prévisions à long terme, il semble que la tendance soit lourde et pas en notre faveur. On savait que la perte de nos emplois, le démantèlement de tous nos secteurs de production, de services et même de créations n'apporterait que chômage de masse et appauvrissement généralisé. On se doutait qu'on allait se retrouver à un niveau de pouvoir d'achat se rapprochant de ceux du Tiers Monde, mais pas à ce que, dans trente ans, la Chine et l'Inde nous dépassent à ce point et se retrouvent parmi les pays les plus riches du monde. Un scénario terrifiant, mais pas si invraisemblable que cela. Pauvre Euroland !

 

04.10.2009

La crise du lait

grève du lait.jpg(Extrait de la "Saga d'un petit homme")

 

                              L’or blanc du cul-terreux

 

 

(Cours du druide Jesaitoux disponible sur le site « Edukémoi », réservé aux élèves consignés chez eux pour cause de pandémie)

« La vache est une sorte de machine qui mange de l’herbe par l’orifice avant, rejette du gaz carbonique par l’échappement arrière et donne un liquide blanchâtre et nutritif appelé lé qui est stocké dans des espèces d’outres placées en dessous. L’agriculteur récupère le lé grâce à une trayeuse la plupart du temps électrique, mais quelquefois à pédales dans les fermes dites « organiques » ou bio. Il en remplit des cuves, des seaux et des bidons avant de le proposer aux laiteries et aux coopératives qui le conditionnent sous des formes supermarket-compatibles et qui en tirent un grand nombre de produits dérivés comme le beurre, le fromage, le yaourt, la crème plus ou moins fraîche et mille autres desserts lactés vendus au prix fort en tous lieux de la Comté.

Le gouverneur Nulco et ses amis, potentats, despotes, satrapes et chefs d’état divers et variés, sans doute pour complaire au grand nom (nouvel ordre mondial) se sont mis d’accord pour ouvrir tout grand les portes aux flots de lé produit dans l’ensemble de la galaxie. Résultat : la marée blanche. Effondrement des cours. Cul-terreux si peu payés qu’ils en sont de leur poche avec toutes leurs machines à lé. Furibards, ils lancent une grève du lé avec pour principale action spectaculaire de déverser le précieux liquide dans les champs. Directement du producteur au consommateur. Impossible d’imaginer filière plus courte. L’herbe directement transformée en lé et le lé en engrais vert ! Sans doute l’herbe repoussera-t-elle plus verte encore et la machine produira-t-elle du lé comme jamais ?

Mais n’aurait-il pas été plus simple et plus juste de laisser leur lé aux petits orques noirs, rouges, jaunes ou verts à qui on le retire du biberon pour le faire voyager sur des milliers de kilomètres dans les fusées-citernes gaspilleuses en carburant et généreuses en polluants pour venir saturer un marché déjà pléthorique. Une gentille barrière douanière à l’entrée de notre belle Comté aurait eu un double mérite : humanitaire et écologique.

Les culs-terreux n’auraient plus été obligés de se suicider et de gaspiller le fruit de dame nature, la faim dans le monde aurait été en passe de jugulation terminale et on aurait fait un beau geste pour la planète… »

 

L’article ne resta qu’une journée sur le site du Sinistère avant d’être retiré sans doute par des E-cops bien intentionnés. Personne ne sait ce qu’est devenu l’auteur.

03.10.2009

Une cinglante leçon d'Histoire

famine.jpg« Peut-être que votre professeur d’économie vous a enseigné que la pauvreté du Tiers-Monde est l’héritage de la colonisation. Quel non-sens ! Le Canada  a été une colonie. Comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Hong-Kong. En fait, le pays le plus riche du monde, les Etats-Unis, fut jadis une colonie. Par contraste, l’Ethiopie ; la Libéria, le Tibet, le Sikkim, le Népal et le Bhoutan ne furent jamais colonisés et pourtant, ils abritent les populations les plus pauvres du monde… »

Mortifiant sujet de réflexion pour les petites gouapes croisées de l’anticolonialisme. L’auteur de cette remarque, justement, s’appelle Walter Williams. Il est Afro-américain et professeur d’économie à l’université George Mason de Virginie. Une des signatures qui commencent à compter aux Etats-Unis.

(Rivarol N° 2919)

30.08.2009

Le solidarisme, une alternative à la crise ?

 parti populiste.jpg                                (…) Les causes de cette crise.

Il est certes difficile de répondre de manière lapidaire à une crise dont la complexité s'apparente à celle du nœud gordien mais, de manière succincte, voilà l'énoncé d'une position solidariste sur cette question :

1. la classe politico-médiatique (de Sarkozy à Besancenot) est collectivement responsable du désastre (conception matérialiste et économique du monde).

2. Nous punirons les responsables de cette escroquerie gigantesque, financiers ou hommes politiques, qui l'ont provoquée, encouragée ou servie.

3. Nous restaurerons une politique nationale où la notion de solidarité entre citoyens sera inscrite dans la Constitution et où seront proscrits les comportements antinationaux (délocalisations, privatisation des services publics...).

4. Nous instituerons une politique économique et sociale où sera rétablie la souveraineté monétaire, restauré l'usage du franc et respectés les principes de préférence nationale et européenne.

5. Seront dénoncés les traités qui subordonnent toute décision nationale à l'avis des autorités de Bruxelles.

 

(…) Comment définir une économie solidariste, organique et enracinée ?

C'est avant tout une économie au service du peuple et non pour le bénéfice exclusif d'une oligarchie. De ce fait, elle est automatiquement subordonnée au pouvoir politique qui l'oriente mais ne la dirige pas, sauf dans certains secteurs cruciaux. Elle suit les orientations (incitations fiscales, exemptions ou réductions d'impôts, zones franches, interdictions, limites, restrictions) que lui pose l'Etat. De ce fait, elle agit librement dans un cadre donné en fonction de deux impératifs :

1. assurer le bien-être de la population ;
2. assurer les exigences stratégiques de l'Etat.

 

Tant que l'économie n'est pas en crise et que ces deux impératifs sont satisfaits, l'Etat n'intervient pas. Dès lors qu'un dysfonctionnement intervient, extérieur ou intérieur (prix du baril de pétrole, pénuries alimentaires, hausse du prix des matières premières ou stratégiques etc.) l'Etat use de son pouvoir régalien pour imposer les mesures qu'il juge nécessaires (baisse ou hausse des prix ou des salaires, inflation ou déflation, augmentation des droits de douanes, contrôle des changes, etc.). En conséquence, et contrairement aux exigences du Système Global, il est vital pour un Etat qui désire conserver son indépendance et sa liberté d'agir, de se désendetter et de pouvoir disposer d'une banque centrale sous son contrôle direct afin de pouvoir jouer à sa guise sur la circulation monétaire dans le pays.

 

(…) Pour protéger cette économie de tout choc intérieur ou extérieur, il convient de fixer un certain nombre de principes simples :

1. Tout ce que peut fabriquer ou produire le pays, sans coûts excessifs, et qui fournit de l'emploi à des salariés ou est considéré comme d'intérêt stratégique par l'Etat, doit être protégé par des droits de douane, variables selon la nature de la menace, ou être nationalisé.

2. La monnaie nationale n'est pas une marchandise et il faut restaurer le système qui la place hors du champ des spéculateurs internationaux.

3. L'Etat doit s'arroger le droit d'interdire toute société ou organisation étrangère dont l'activité peut être néfaste (sur les plans politique, économique ou culturel) pour le pays.

4. L'impôt doit être juste et équitable et toucher proportionnellement toute les classes sociales (sauf les plus démunies) en évitant de frapper trop fort les hauts revenus ce qui risquerait de faire fuir les élites.

5. L'Etat doit se donner les moyens, même à prix exorbitant et donc non compétitif, de fabriquer ce qu'il estime nécessaire pour son indépendance et dont la perte de savoir-faire lui serait extrêmement préjudiciable. (cf. industrie spatiale).

6. Une économie solidariste doit favoriser le principe de fonctionnement des cercles concentriques :
il faut qu'une région consomme prioritairement ce qu'elle produit. Si un produit n'est pas disponible dans la région concernée, c'est à la région la plus voisine de l'approvisionner. Si aucune région du pays ne produit le bien recherché, il sera importé, de préférence d'un pays avec lequel existe des accords bilatéraux d'échanges.

7. Une économie continentale ouverte sur les deux océans doit mettre en place le principe de l'autarcie des grands espaces. Le continent Eurasien, de Brest à Vladivostok, possède largement en son sein de quoi satisfaire tous ses besoins essentiels. Pour les rares denrées (café, chocolat...) ou matières premières qu'elle ne posséderait pas, ou alors en quantité insuffisante, des accords de commerce internationaux avec les pays producteurs permettront de pallier la pénurie.

Ces principes d'économie organique ne sont que de simples mesures de bon sens et ils étaient pratiqués naturellement par tous les Etats du monde avant que la maladie libérale et sa dérive libérale-totalitaire ne se répandent sur la surface de la terre. Ils pourraient être remis en place dans un débat comme alternative positive au système marchand mis en place par ceux qui visent par lui à s’assurer le contrôle de la planète. (…)

 

(Parti Populiste)

 

L’article intégral :

http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php?option=co...

 

22.08.2009

Mondialisme

                           @.jpgLe mot lui-même sonne comme une nouvelle idéologie, une sorte de succédané de socialisme, de communisme et d’internationalisme. En fait c’est exactement cela. Et pour que la définition soit complète, il faudrait y ajouter d’« américanisme » si on ne veut pas occulter le volet culturel de l’affaire. « Les civilisations, tout comme le poisson pourrissent par la tête », disait un gros timonier chinois bien connu. Les Etats-Unis imposent leur modèle politique et économique par le biais d’une occupation systématique des esprits et des cœurs. L’américanisation du monde s’est mise en marche dès que l’Empire eut achevé son expansion territoriale c'est-à-dire après l’annexion de l’Alaska et d’Hawaï. Cette union fédérale gigantesque, qui repose sur le principe de la réussite individuelle et du culte de l’argent, se conforte encore par la certitude de détenir la vérité et d’être en permanence du côté du bon droit, a voulu, comme toute puissance émergeante qui se respecte, se constituer un empire. Alors que les puissances européennes, l’Angleterre, la France, le Portugal, les Pays-Bas, traînaient leurs anciennes colonies comme boulets à la cheville, les USA ont eu l’intelligence ou l’obligation de se contenter d’un Empire commercial et culturel…

                        Deux guerres mondiales et une guerre froide plus tard, ils y sont tout à fait parvenus. Pendant un temps (de 1945 à 1989), la Russie soviétique leur a fait contrepoids et a freiné un peu cet expansionnisme particulier. Cet impérialisme économique et culturel ne s’exerce pas au nom de la lutte des classes ou de l’espoir de lendemains qui chantent mais à celui de la défense de la liberté et de la démocratie et de la lutte contre le mal, autrefois le communisme, le nazisme ou le fascisme et maintenant l’islamisme. Si, sur un plan purement militaire, le bilan est des plus médiocres (Viet-Nam, Somalie, Irak, Afghanistan), au niveau culturel, la bataille semble gagnée et la cause entendue et ceci à grand renfort de Mickey, Hollywood, Walt Disney, George Lucas, Spielberg, films, séries télé au kilomètres, musique pop, rock, rap, sans oublier jeans, Coca et son frère ennemi Pepsi, hot-dogs, fast-foods et hamburgers… Pas un endroit dans le monde où l’on ne mange, boive, s’habille, écoute de la musique et regarde films et télés d’origine américaine. Le monde est américanisé c'est-à-dire colonisé par des artefacts américains. L’américanisme triomphe. Il entraîne avec lui l’uniformité et avec celle-ci la monotonie et l’ennui. Partout où cet étrange rouleau compresseur culturel passe, les particularismes locaux, les modes de vie, les us et coutumes particuliers trépassent. Que reste-t-il par exemple du cinéma, de la musique, du folklore, de la littérature et même des modes de vie européenne ? Pas grand-chose.

                          Cet « apport » nous a-t-il pour autant enrichi ? Pas le moins du monde. Cette soi-disant culture, qui n’est en réalité qu’une sous-culture, n’amène qu’abrutissement et même appauvrissement généralisé. Je n’en donnerai comme exemple que le fameux Walt Disney qui n’a fait que reprendre des contes, légendes et histoires européennes puis mondiales pour les ressortir sous la forme réductrice de dessins animés plus ou moins réussis. Ce phénomène s’accompagne obligatoirement d’un appauvrissement économique même si, à première vue, l’un n’a pas grand-chose à voir avec l’autre. Réalistes et pragmatiques, les étatsuniens parlent toujours de « show-business » (commerce du spectacle), c’est tout dire. Cette mainmise sur « l’entertainement » (amusement, distraction) et les médias mondiaux leur rapporte des milliards et est un des piliers de leur économie. A la limite du culturel et de l’économique, Apple et surtout Microsoft grâce à leurs monopoles informatiques, accroissent encore le poids de cette hégémonie culturelle. Et on pourrait multiplier les exemples dans de nombreux domaines…

                        Bien sûr, tout cela devrait en théorie rendre la planète plus belle, plus riche, plus juste et plus fraternelle si on écoutait leurs idéaux dignes du monde des Bizounours. N’en croyez rien. Les monopoles et les empires n’ont d’autres issues que l’explosion ou l’implosion. Maintenant quand l’Amérique éternue, c’est le monde entier qui a la grippe. Quand ses banques font de mauvaises affaires, ce sont toutes les banques du monde qui sont en passe de faire faillite. Et quand la crise débute chez General Motors du côté de Motor City (Motown), Detroit (Illinois), c’est toute l’économie mondiale qui tombe en panne.

                        Pour la toute première fois de l’histoire humaine, l’Amérique, l’Europe et l’Asie vont se retrouver simultanément en récession. Personne ne peut dire pour combien de temps cela va durer ni où ni comment la vie économique va pouvoir repartir. Qui relancera la machine ? L’Arabie Saoudite et les émirats assis sur les montagnes de dollars de leurs banques islamiques ? La Chine avec ses milliards de dollars et ses milliards d’esclaves exploités ou l’Afrique avec ses hordes affamées ?

Gardons dans un coin de notre esprit que seule la seconde guerre mondiale put sortir le monde de la crise de 1929 et qu’à l’époque la mondialisation n’existait quasiment pas. L’Histoire va-t-elle se répéter ?

                       En attendant la guerre ou la « reprise », on pourra toujours grignoter un bon gros hamburger le baladeur plein de rap sur les oreilles en regardant la dernière saison de « Friends », vautré dans un fauteuil avec une Budweiser bien fraîche à la main. Il y a des agonies bien pires…