03.11.2009
Micmacs à tire-larigot
Tout gamin, Bazil (Dany Boon) perd son père alors que celui-ci procédait au désamorçage d'une mine anti-personnel dans le désert sud marocain. Trente ans plus tard, une balle perdue lors d'un règlement de comptes vient se loger dans son cerveau... Décidément, le malheureux n'a guère de chance avec les armes. A sa sortie de l'hôpital, n'ayant plus logis ni emploi, il est recueilli par une bande de truculents chiffonniers artistes, bricoleurs et créatifs. Cette communauté improbable comprend entre autre une contorsionniste, un homme canon, un écrivain et même un inventeur d'automates. Mais un jour, Bazil reconnaît, sur deux bâtiments imposants, le logo des deux fabricants d'armes responsables de ses malheurs. Il décide de se venger...
Plus proche du mythique « Amélie Poulain » que d'un « Long dimanche de fiançailles », le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet nous offre une nouvelle galerie de personnages aussi déjantés que pittoresques et nous emmène dans un monde poétique et au charme suranné du vieux pays d'autrefois, sublimé dans une nostalgie aux couleurs sépia. Jeunet a un style inimitable, une manière de filmer d'une grande beauté plastique. La musique est agréable, les acteurs excellents. Même Jean-Pierre Marielle (Placard, le taulard qui a échappé à la guillotine) n'en fait pas trop, c'est dire ! Tout est fait avec finesse, délicatesse et intelligence. Le spectateur ne peut qu'être charmé par cette bande de bras cassés roublards, inventifs, sympathiques, solidaires et un tantinet anars. Ce film est une fable, une BD et un conte tout autant qu'un hommage à l'esprit français en général et parisien (celui des titis d'autrefois) en particulier. Bien sûr, avec Jeunet, on est dans le rêve, l'onirisme et dans un univers charmant quoiqu'un peu simpliste où les méchants le sont terriblement et les gentils absolument, mais on ne boude pas son plaisir car dans ce registre jamais la grosse usine hollywoodienne ne pourra rivaliser avec nous. Si vous avez aimez Amélie, vous aimerez forcément Bazil et ses copains...
5/5
08:58 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, poésie
20.10.2009
District 9
Il y a 28 ans, un vaisseau extra-terrestre est apparu dans le ciel de Johannesburg. Il contenait un million d'aliens qui furent installés dans un périmètre spécial, appelé "District 9", le temps de statuer sur leur sort. Depuis, la situation de cette enclave est gérée par une société privée, la MNU, qui décide d'évacuer ces non-humains vers un nouveau camp dans l'espoir d'apaiser les tensions qui se sont créées avec leurs voisins de township, des Nigérians encadrés par des mafieux. Wikus van der Merwe est chargé d'organiser ce transfert à haut risque. Malheureusement il se retrouve contaminé et commence doucement à muter...
Ce film, bien que produit par le célèbre Peter Jackson (“Le Seigneur des anneaux”), laisse une très désagréable impression de ratage. Ce n'est pas véritablement une fable anti-raciste politiquement correcte car tout le monde en prend pour son grade. La démonstration de l'intolérance généralisée fonctionne avec de si énormes ficelles qu'elle en ridiculise son objectif. Pas non plus un pastiche à prendre au second ou troisième degré comme “Mars attack” car on cherche en vain la moindre trace d'humour ou de fantaisie et pas non plus une BD filmée car le scénario reste improbable, invraisemblable et entaché d'une fin calamiteuse où l'on voit un alien qui refusait de partir sans son peuple retourner chez lui juste avec son fils en bon égoïste. Tout relève en fait du niveau de la caricature la plus grossière. Les rambos blancs ne sont qu'une bande de fascistes qui tirent sur tout ce qui bouge. Les scientifiques sont tous des émules du docteur Mengélé. Les noirs ne sont que des primitifs qui croient qu'en mangeant le bras de Wikus ils vont récupérer ses pouvoirs. Quand aux aliens, maltraités et discriminés, ils semblent indifférents à tout par moment et étrangement sentimentaux à d'autres. Ce navet souffre en plus d'un acteur principal jouant un crétin larmoyant particulièrement agaçant, d'une musique médiocre et mal venue et de façons de filmer en caméra intuitive (fatigante pour les yeux) et en plan télé (faussement réalité) avec interviews de témoins plombant le rythme déjà poussif de l'histoire. Tout n'est quand même pas à jeter. On remarquera un gros travail d'effets spéciaux techniquement bien réussis et beaucoup de scènes de combats très réalistes, mais trop nombreuses à mon goût. Pour les amateurs du genre.
1/5
08:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction
14.10.2009
Le petit Nicolas
Nicolas mène une existence paisible entre ses parents qui l'aiment et sa bande de copains d'école. Mais il surprend une conversation entre ses parents qui lui laisse penser que sa mère est enceinte. Il panique et imagine le pire : bientôt un petit frère sera là, ses parents ne s'occuperont plus de lui et iront même jusqu'à essayer de l'abandonner dans la forêt comme le Petit Poucet. Alors, avec l'aide de son inénarrable bande, il échafaude toutes sortes de plans pour se faire mieux aimer et même pour se débarrasser du futur intrus...
Adapter une bande dessinée au cinéma est toujours difficile pour ne pas dire impossible, mais là, Laurent Tirard est parvenu à produire une oeuvre agréable, fraîche et divertissante. L'esprit de Goscinny et même de Sempé est respecté. On rit beaucoup dans cet agréable divertissement. Les jeunes acteurs et principalement Maxime Godart (le petit Nicolas) sont particulièrement bien choisis et excellents. L'atmosphère bon enfant des années 50/60, si lointaines de notre triste réalité actuelle, est très bien rendue autant dans les costumes, les décors, les véhicules que la mentalité travailleuse et respectueuse de l'ordre établi de cette époque. Un petit détail (minuscule) a échappé à l'équipe : les sacs poubelles n'étaient pas encore arrivés sur le marché dans ces années-là. Si vous avez envie de passer un bon moment ou si la nostalgie de ces années d'après-guerre vous prend, n'hésitez pas à aller voir « Le petit Nicolas » !
08:49 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, années 60











<






