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23/04/2017

Un prisonnier de guerre nommé Jeanne d'Arc (Pierre Rocolle)

 

jeanne d'arc.jpgLe 23 mai 1430, suite à une tentative de sortie pour dégager la ville de Compiègne assiégée, Jeanne d’Arc est capturée en compagnie de son frère, de son écuyer et de quelques fidèles par les soldats de Lionel de Wandomme. La « Pucelle » se retrouve donc aux mains de leur chef Jean de Luxembourg lui-même vassal de Jean le Bon, duc de Bourgogne. C’est une prise de choix : son armure est évaluée à 200 livres, son cheval à autant et la captive à dix fois plus. Elle connaîtra quinze lieux de détention différents (châteaux, maisons fortes) de Margny à Rouen (dans la tour-prison du château de Bouvreuil) en passant par Le Crotoy et Saint Valéry en Caux.

« Un prisonnier de guerre nommé Jeanne d’Arc » se présente comme un essai historique d’excellente qualité s’attachant à ne traiter que l’année de captivité, les tractations de l’évêque Cauchon avec les Anglais, les procès et bien sûr le supplice final sur la place du Vieux Marché de Rouen. Il laisse de côté les faits d’armes de l’héroïne, les victoires militaires (prise d’Orléans) et les succès politiques comme le sacre de Charles VII à Reims. Le texte est illustré de nombreux croquis, cartes et schémas permettant de bien comprendre les évènements. Il est également terminé par un important index de notes. Au total, un ouvrage de qualité, reposant sur un travail d’enquête minutieux et ceci en dépit d’un manque de documents. Par exemple, nous ne disposons d’aucun portrait de Jeanne exécuté de son vivant.

4/5

 

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16/11/2016

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

 

ce que le jour.jpgDans les années 30, le jeune Younès, fils d’un paysan ruiné, est confié à son oncle, pharmacien aisé d’Oran pour qu’il l’élève à l’européenne et lui permette d’échapper au sort misérable du reste de sa famille. Partisan du nationaliste Messali Hadj, le pharmacien est arrêté et soupçonné d’agissements indépendantistes. Il quitte la ville et se réfugie dans une petite bourgade, Rio Salado, où il pense trouver une vie plus calme. Les grands évènements de l’époque y parviendront atténués : la seconde guerre mondiale, les émeutes de 1945, la Toussaint rouge de 1954, la guerre d’Indépendance et l’exode des Pieds-Noirs. Au milieu de ce grand tourbillon, Younès grandira dans une ambiance d’abord fraternelle entre chrétiens, juifs et musulmans avant que tout ne se délite et qu’il ne reste seul à Rio avec au cœur son amour impossible pour Emilie, la petite française qu’il a connue enfant et dont le souvenir l’obsède.

Un roman d’amour impossible sur fond de drame historique avec des personnages attachants comme Younès ou Emilie ou hauts en couleurs comme les colons espagnols fiers de l’œuvre accomplie et sûrs de leur bon droit. Un style toujours aussi agréable, mais une histoire assez légère dans cette Algérie torrentielle, excessive, passionnée et douloureuse. Le plus intéressant est sans nul doute la description de la vie avant guerre. Les « évènements » sont traités de manière édulcorée. La description des histoires d’amour constituant l’essentiel d’un livre qui ne m’a pas semblé le meilleur de l’auteur.

3,5/5

 

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17/10/2016

Bastard Battle (Céline Minard)

bastard battle.jpgEn 1437, la ville de Chaumont est prise d’assaut et sauvagement pillée par le Bastard de Bourbon. Mais, au milieu des combats, apparaît un étrange adversaire, une femme-samouraï qui manie le sabre à la perfection et maîtrise au mieux le kung-fu et les techniques d’arts martiaux de l’Orient. Profitant de l’intervention d’un autre routier, Enguerrand, une poignée de combattants, las des exactions sanglantes du Bastard, réussit à reprendre la ville, à organiser sa défense et à repousser les assaillants. Cet échec ne portera pas chance au ravageur des campagnes…

Ce livre ne peut pas être considéré comme un véritable roman historique. Ce « bastard de Bourbon » semble n’être qu’un pur produit de l’imagination de l’auteur. Les seuls bâtards ayant laissé une trace dans l’histoire de l’époque, étant Jean II dit « le connétable de Bourbon », né en 1426 et Hector, archevêque de Toulouse, n’ont rien à voir avec ce monstre sanguinaire assez improbable au demeurant. Ce n’est pas non plus un roman fantastique, car on ne trouve aucune fantaisie, aucune féérie et aucune poésie là-dedans. Juste un bouquin d’horreurs, très gore. Le sang coule à flot, les sévices les plus sadiques s’accumulent et Céline Minard semble s’y complaire. Une longue suite de combats, tueries et tortures qui finit par lasser alors que le livre ne comporte qu’une centaine de pages. Seul intérêt : la langue utilisée. En apparence moyenâgeuse, truculente et exotique, mais en réalité un simple trompe l’œil, sorte de canada-dry langagier. De plus, Minard truffe ses phrases de mots et expressions anglaises modernes aussi anachroniques et incongrues que la femme-samouraï de son histoire dont on se demande ce qu’ils viennent faire sous la plume d’un clerc de l’époque. L’écrivaine croit sans doute inaugurer un nouveau genre : le « Gore Pseudo-historique ». Les vrais amateurs d’Histoire n’y trouveront pas leur compte, seuls peut-être les lecteurs de bouquins d’horreur… et encore…

2/5

 

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11/10/2016

L'aéronaute embourbé

01/09/2016

Les plus célèbres affaires d'espionnage (John Mac)

Affaires d'espionnage.jpgDans cet important recueil, le lecteur trouvera rassemblées toutes sortes d’histoires d’espions plus ou moins connues. Certaines remontent à fort longtemps comme l’affaire de la malheureuse Matha-Hari ou celle du couple Ethel et Julius Rosenberg. Certaines provoquèrent un véritable scandale comme celle qui fut peut-être la plus extraordinaire, l’affaire de Cambridge avec Philby, Burgess, Blunt et McLean, intellectuels britanniques qui travaillèrent environ 30 ans pour le KGB et jusqu’à 50 années pour Philby, sans jamais avoir été pris. On mesure en lisant ces histoires combien âpre fut la lutte entre le FBI, le MI6, le Mossad et le KGB. On découvre comment l’Occident fut délesté de la plupart de ses découvertes et avancées technologiques (bombe atomique, plan d’avions ou de fusées, etc.) et combien fut difficile la traque des espions, tous traitres à leur pays pour quelques dollars de plus ou pour quelques faveurs sexuelles de charmantes espionnes soviétiques.

Intéressant surtout d’un point de vue historique, ce livre permet de remettre en perspective la rivalité est-ouest et de relativiser les avancées techniques du monde soviétique. Il ne fait pas l’impasse sur les erreurs, les ratés et même les injustices de cette guerre secrète. Toutes ces histoires datent au moins de plusieurs décennies. Le lecteur averti comprendra que rien n’a dû s’améliorer avec le temps, que l’espionnage a certainement dû redoubler d’ampleur, devenir plus technique, plus économique et plus scientifique encore. Mais il faudra attendre qu’il y ait prescription pour que les dossiers s’ouvrent et qu’un autre livre du même genre raconte ce qui se passe aujourd’hui dans les coulisses. Ouvrage intéressant pour tous ceux que l’Histoire secrète passionne. Disponible en audio chez Audible.

4/5

 

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19/07/2016

L'aéronaute embourbé (Prologue)

08:52 Publié dans Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

17/07/2016

Le mystère Otto Rahn (Christian Bernadac)

rahn.jpgDans les années 30, un jeune écrivain et journaliste allemand, Otto Rahn, séjourne à Ussat, dans le Sabarthès, région un peu reculée de l’Ariège. Il y rencontre un certain Antonin Gadal qui l’initie au catharisme et le fait participer à ses recherches dans les nombreuses grottes de la vallée. Pour les deux hommes, Montségur est le château du Graal. Il a même inspiré Wagner qui, en réalité, n’y est jamais venu. Quant aux grottes, sur les parois desquelles Rahn va jusqu’à dessiner de fausses inscriptions pour étayer sa thèse, elles n’ont jamais servi de refuges ou de temples secrets aux « Parfaits ». Rahn prend un petit hôtel en une gérance qui se révèle calamiteuse avant de disparaître mystérieusement pour échapper aux foudres de la justice…

Le livre du journaliste-écrivain spécialiste des histoires de nazis Christian Bernadac est un ouvrage historique de grande qualité. Disposant dans sa propre famille de personnes ayant côtoyé Otto Rahn, il a pu avoir accès à une très importante documentation sur son séjour en France. Sa disparition, sa mort sur un glacier des Alpes autrichiennes et sa réapparition dans la peau d’un diplomate restent problématiques. Qui fut réellement Otto Rahn ? Un simple hurluberlu influencé par Gadal, le « pape » du catharisme, en réalité simple responsable du syndicat d’initiative de la petite commune d'Ussat et donc en quête d’un peu de publicité, fut-elle au prix d’entorses à la vérité historique ? Fut-il un espion, un agent de la fameuse cinquième colonne surtout intéressé par les infrastructures techniques (centrales hydroélectriques) ou militaires de la région ? Quels furent ses rapports réels avec les nazis ? Cette somme très technique et très documentée, d’où une lecture un peu laborieuse, tente d’y répondre avec honnêteté, même si de grands pans de la vie du personnage restent dans l’ombre. Elle permet également de tordre le cou à toutes sortes d’idées reçues et de contre-vérités plus fumeuses les unes que les autres sur l’histoire des Cathares. Et cet aspect des choses est certainement le volet le plus intéressant de cet ouvrage.

3,5/5

 

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08/01/2016

Belle-Rose (Amédée Achard)

index.jpgAu début du règne de Louis XIV, Guillaume Grinedal, dit « le père Guillaume », fauconnier de son état et ancien militaire, s'est retiré avec ses trois enfants, Jacques, Claudine et Pierre, à la campagne non loin de Saint Omer, dans une petite maison léguée par son ancien maître. Un jour de 1658, un homme qui se dit commerçant confie une mission délicate à Jacques qui s'en acquitte avec un brio remarquable. A son retour, Jacques demande en mariage Suzanne, fille d'un nobliau des environs lequel refuse car le prétendant est pauvre et sans nom. Complètement dégoûté, Jacques quitte la région pour aller tenter sa chance à Paris. Détroussé en chemin par des brigands et se retrouvant sans un sou, il ne lui reste plus d'autre alternative que de s'enrôler dans l'armée...

« Belle-Rose » est un roman populaire de style « cape et épée » comme on savait si bien en écrire au XIXème siècle. Tous les ingrédients du genre sont présents : multiples rebondissements, duels, batailles, coups tordus, machinations diverses et variées, méchants très répugnants (Louvois a un très vilain rôle dans cette histoire foisonnante), bons particulièrement courageux et chevaleresques, amours contrariés. Au long de ce gros pavé de 691 pages, le héros passera son temps à faire contre mauvaise fortune bon cœur, à se battre contre une destinée contraire et n'arrivera à ses fins qu'avec une dose de constance et de courage hors du commun. Avec ce héros, ce chevalier prolétarien sans peur et sans reproche, on se retrouve à mille lieues des personnages de la littérature actuelle. Mais quel plaisir de goûter la langue magnifique, le style élégant et le panache d'un auteur sachant mener son histoire tambour battant. Selon le principe du roman feuilleton, l'intérêt est relancé systématiquement à chaque chapitre. Contemporain de Ponson du Terrail, de Paul Féval et d'Alexandre Dumas, Amédée Achard, auteur prolifique et estimé en son temps même par Dumas est injustement oublié de nos jours et c'est bien dommage. Espérons que le libre accès de ce texte permettra aux amateurs de bons romans historiques de le découvrir (ou de le redécouvrir).

4/5

 

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28/12/2015

Services spéciaux 1935 - 1945 (Paul Paillole)

index.jpgEn 1935, alors que tout commence à mal tourner en Europe (Nuit des longs couteaux, Incendie du Reichstag, plébiscite d'Hitler, entrainement en URSS de la Luftwaffe et scandales financiers en France), le jeune lieutenant Paillole, frais émoulu de Saint-Cyr et sortant d'un stage dans la Gendarmerie, se retrouve nommé au 2ème Bureau, sous les ordres du commandant de Robien. Très vite, il découvre les agissements de l'Abwehr, service secret militaire allemand dirigé par l'amiral Canaris. Des agents infiltrés lui apprennent le projet d'Hitler de réoccuper la rive gauche du Rhin. Et ce n'est que le tout début d'une carrière de dix années qui le mènera de Paris à Marseille en zone non occupée, puis à Alger en passant par Madrid et Londres.

Que de découvertes ne fait-on pas en lisant ce gros livre aussi touffu que passionnant. Souvent l'histoire officielle ignore l'autre, l'histoire secrète, celle que se livrent les services secrets, qui n'est pas moins cruelle et moins importante que l'autre. Le contre-espionnage français de l'époque, sans grands moyens et avec des directions aussi chaotiques que celles de Darlan puis de Giraud puis de de Gaulle, ne déméritera jamais et portera même de très rudes coups à l'ennemi. Lequel parviendra d'ailleurs à craquer tous les codes secrets de la Marine de Toulon alors que de notre côté la machine « Enigma » des nazis n'avait plus de secret. L'Abwehr sera également en possession des plans de la ligne Maginot alors que nos services connaissaient le plan de contournement mis au point par la Wehrmacht. Que d'erreurs auraient pu être évitées, que de vies auraient pu être sauvées si les responsables politiques et militaires avaient mieux tenu compte des rapports de leurs services spéciaux ! Lesquels durent payer un lourd tribut (300 morts) pour la libération du territoire. De notre côté, les exécutions, condamnations à mort pour trahison et autres opérations de liquidation de collabos furent fort nombreuses. La force de ce livre, outre sa grande précision, est sa totale honnêteté. Paillole balance tout, même l'arrivisme de de Gaulle, c'est dire. Livre indispensable à qui veut découvrir la réalité des services secrets de cette époque terrible.

4/5

Citations :

« J'ai vu la guerre se faire sans être déclarée ; la subversion, produit perfide de la propagande, violer sans violence ; le sabotage négliger le plastic pour attaquer le moral ; l'espionnage se faire sans espion ; la politique masquer la trahison ; les nations maîtrisées sans combat. »

« – Je vous l'ai dit. Il sera bien difficile de nous entendre. Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. Ici : "Un seul but : la victoire !" Là-bas : "Un seul but : le pouvoir !" »

 

 

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21/12/2015

Noël à l'Elysée

Cinquante ans séparent ces deux photos...

Noël à l'Elysée.jpeg