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14/09/2017

La passion des Chrétiens du Liban (Dominique Baudis)

la passion des chrétiens.jpgToute l’histoire du Liban a été marquée par les affrontements confessionnels entre Musulmans et Chrétiens depuis l’expansion de l’Islam au VIIIème siècle jusqu’à nos jours où, sur une même terre, cohabitent difficilement Chrétiens maronites et Musulmans sunnites, chiites ou druzes. Les périodes de paix et d’harmonie ont malheureusement bien souvent été entrecoupées d’intermèdes de persécutions barbares frisant le génocide. Ainsi, en 1860, les Druzes se lancèrent-ils dans de terribles massacres de Chrétiens à Beyrouth, sur le Mont Liban et jusqu’en Syrie. Les Turcs sensés faire régner l’ordre se rendirent d’ailleurs complices de toutes ces atrocités. À Damas, où d'autres tueries religieuses eurent lieu, seul l’émir Abd-el-Kader sut se montrer charitable. Et il fallut que Napoléon III se décide enfin à intervenir par l’envoi d’un corps expéditionnaire pour faire cesser cette folie sanguinaire. Le calvaire se reproduisit en 1914-18 sous forme d’une monstrueuse famine cyniquement organisée qui fit périr à nouveau des milliers de Maronites. D’autres troubles eurent encore lieu en 1943, période qui vit la fin du protectorat français. Et en 1975, éclata une très longue guerre civile qui ravagea à nouveau la pauvre petite « Suisse » du Moyen-Orient.

« La passion des Chrétiens du Liban » est un ouvrage historique de belle facture qui nous rappelle quelques épisodes de l’histoire douloureuse d’une communauté multi-culturelle et multi-religieuse qui eut toujours les pires difficultés à maintenir un équilibre précaire entre les diverses forces en présence. On transigea avec un président maronite et un premier ministre sunnite, principe démocratique reposant sur l’importance numérique de chaque religion. On sait ce qu’il en est devenu. Livre souvent dur à lire en raison de la description par des témoins oculaires de véritables pogroms d’une cruauté féroce. La populace druze égorgeant à tout-va, n’épargnant ni femme, ni enfant, ni vieillard. Incendies, vols, viols et pillages furent à chaque fois systématiquement pratiqués. Mais livre indispensable pour qui veut garder un regard lucide sur des réalités religieuses et ethniques qu’on aimerait relever d’un autre temps.

4,5/5

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14/05/2017

Piégés par Staline (Nicolas Jallot)

piégés par Staline.jpgEn juin 1946, le secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique, le camarade Staline, propose aux Russes exilés en France de rentrer au pays, de récupérer la jouissance de leurs droits civiques et de participer à la reconstruction du pays ravagé par la guerre. Pris par la nostalgie, trompés par une propagande efficace suite à la victoire sur le nazisme et convaincus de la sincérité de ce geste inattendu de réconciliation nationale, une grande partie de la diaspora russe blanche organisa son retour dans sa patrie originelle. Sur les 65 000 Russes d’origine que comptait la France des années 30, plus de 5000 (dont des femmes françaises et des enfants nés dans l’Hexagone) prirent la route du retour. Mal leur en prit. À leur arrivée, après un voyage dantesque, ils n’eurent droit qu’à la relégation dans des villages perdus de Sibérie, au démembrement des familles quand ce ne fut pas carrément à l’internement dans les camps de concentration du Goulag. Plus du tiers mourut dès les premiers mois de séjour (exécutions, suicides, déportations au-delà du cercle polaire, travaux forcés dans les mines, famines, relégations). Et ceci dans l’indifférence la plus complète.

« Piégés par Staline » est un ouvrage historique basé sur un certain nombre de témoignages de survivants qui dans leur immense majorité sont maintenant trop pauvres ou trop âgés pour pouvoir rentrer en France. Cet épisode des relations franco-soviétique, qui vit Charles de Gaulle abandonner ces pauvres hères à leur triste sort au nom de la politique, représente une pièce de plus à ajouter au procès du communisme soviétique lequel est toujours à faire. Très bien écrit et très bien documenté (il est basé sur une enquête de télévision menée sur place), ce livre passionnant à lire pour son importante charge d’humanité ne manquera pas d’intéresser les passionnés d’Histoire et les chercheurs de vérité.

4,5/5

 

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23/04/2017

Un prisonnier de guerre nommé Jeanne d'Arc (Pierre Rocolle)

 

jeanne d'arc.jpgLe 23 mai 1430, suite à une tentative de sortie pour dégager la ville de Compiègne assiégée, Jeanne d’Arc est capturée en compagnie de son frère, de son écuyer et de quelques fidèles par les soldats de Lionel de Wandomme. La « Pucelle » se retrouve donc aux mains de leur chef Jean de Luxembourg lui-même vassal de Jean le Bon, duc de Bourgogne. C’est une prise de choix : son armure est évaluée à 200 livres, son cheval à autant et la captive à dix fois plus. Elle connaîtra quinze lieux de détention différents (châteaux, maisons fortes) de Margny à Rouen (dans la tour-prison du château de Bouvreuil) en passant par Le Crotoy et Saint Valéry en Caux.

« Un prisonnier de guerre nommé Jeanne d’Arc » se présente comme un essai historique d’excellente qualité s’attachant à ne traiter que l’année de captivité, les tractations de l’évêque Cauchon avec les Anglais, les procès et bien sûr le supplice final sur la place du Vieux Marché de Rouen. Il laisse de côté les faits d’armes de l’héroïne, les victoires militaires (prise d’Orléans) et les succès politiques comme le sacre de Charles VII à Reims. Le texte est illustré de nombreux croquis, cartes et schémas permettant de bien comprendre les évènements. Il est également terminé par un important index de notes. Au total, un ouvrage de qualité, reposant sur un travail d’enquête minutieux et ceci en dépit d’un manque de documents. Par exemple, nous ne disposons d’aucun portrait de Jeanne exécuté de son vivant.

4/5

 

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16/11/2016

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

 

ce que le jour.jpgDans les années 30, le jeune Younès, fils d’un paysan ruiné, est confié à son oncle, pharmacien aisé d’Oran pour qu’il l’élève à l’européenne et lui permette d’échapper au sort misérable du reste de sa famille. Partisan du nationaliste Messali Hadj, le pharmacien est arrêté et soupçonné d’agissements indépendantistes. Il quitte la ville et se réfugie dans une petite bourgade, Rio Salado, où il pense trouver une vie plus calme. Les grands évènements de l’époque y parviendront atténués : la seconde guerre mondiale, les émeutes de 1945, la Toussaint rouge de 1954, la guerre d’Indépendance et l’exode des Pieds-Noirs. Au milieu de ce grand tourbillon, Younès grandira dans une ambiance d’abord fraternelle entre chrétiens, juifs et musulmans avant que tout ne se délite et qu’il ne reste seul à Rio avec au cœur son amour impossible pour Emilie, la petite française qu’il a connue enfant et dont le souvenir l’obsède.

Un roman d’amour impossible sur fond de drame historique avec des personnages attachants comme Younès ou Emilie ou hauts en couleurs comme les colons espagnols fiers de l’œuvre accomplie et sûrs de leur bon droit. Un style toujours aussi agréable, mais une histoire assez légère dans cette Algérie torrentielle, excessive, passionnée et douloureuse. Le plus intéressant est sans nul doute la description de la vie avant guerre. Les « évènements » sont traités de manière édulcorée. La description des histoires d’amour constituant l’essentiel d’un livre qui ne m’a pas semblé le meilleur de l’auteur.

3,5/5

 

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17/10/2016

Bastard Battle (Céline Minard)

bastard battle.jpgEn 1437, la ville de Chaumont est prise d’assaut et sauvagement pillée par le Bastard de Bourbon. Mais, au milieu des combats, apparaît un étrange adversaire, une femme-samouraï qui manie le sabre à la perfection et maîtrise au mieux le kung-fu et les techniques d’arts martiaux de l’Orient. Profitant de l’intervention d’un autre routier, Enguerrand, une poignée de combattants, las des exactions sanglantes du Bastard, réussit à reprendre la ville, à organiser sa défense et à repousser les assaillants. Cet échec ne portera pas chance au ravageur des campagnes…

Ce livre ne peut pas être considéré comme un véritable roman historique. Ce « bastard de Bourbon » semble n’être qu’un pur produit de l’imagination de l’auteur. Les seuls bâtards ayant laissé une trace dans l’histoire de l’époque, étant Jean II dit « le connétable de Bourbon », né en 1426 et Hector, archevêque de Toulouse, n’ont rien à voir avec ce monstre sanguinaire assez improbable au demeurant. Ce n’est pas non plus un roman fantastique, car on ne trouve aucune fantaisie, aucune féérie et aucune poésie là-dedans. Juste un bouquin d’horreurs, très gore. Le sang coule à flot, les sévices les plus sadiques s’accumulent et Céline Minard semble s’y complaire. Une longue suite de combats, tueries et tortures qui finit par lasser alors que le livre ne comporte qu’une centaine de pages. Seul intérêt : la langue utilisée. En apparence moyenâgeuse, truculente et exotique, mais en réalité un simple trompe l’œil, sorte de canada-dry langagier. De plus, Minard truffe ses phrases de mots et expressions anglaises modernes aussi anachroniques et incongrues que la femme-samouraï de son histoire dont on se demande ce qu’ils viennent faire sous la plume d’un clerc de l’époque. L’écrivaine croit sans doute inaugurer un nouveau genre : le « Gore Pseudo-historique ». Les vrais amateurs d’Histoire n’y trouveront pas leur compte, seuls peut-être les lecteurs de bouquins d’horreur… et encore…

2/5

 

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11/10/2016

L'aéronaute embourbé

01/09/2016

Les plus célèbres affaires d'espionnage (John Mac)

Affaires d'espionnage.jpgDans cet important recueil, le lecteur trouvera rassemblées toutes sortes d’histoires d’espions plus ou moins connues. Certaines remontent à fort longtemps comme l’affaire de la malheureuse Matha-Hari ou celle du couple Ethel et Julius Rosenberg. Certaines provoquèrent un véritable scandale comme celle qui fut peut-être la plus extraordinaire, l’affaire de Cambridge avec Philby, Burgess, Blunt et McLean, intellectuels britanniques qui travaillèrent environ 30 ans pour le KGB et jusqu’à 50 années pour Philby, sans jamais avoir été pris. On mesure en lisant ces histoires combien âpre fut la lutte entre le FBI, le MI6, le Mossad et le KGB. On découvre comment l’Occident fut délesté de la plupart de ses découvertes et avancées technologiques (bombe atomique, plan d’avions ou de fusées, etc.) et combien fut difficile la traque des espions, tous traitres à leur pays pour quelques dollars de plus ou pour quelques faveurs sexuelles de charmantes espionnes soviétiques.

Intéressant surtout d’un point de vue historique, ce livre permet de remettre en perspective la rivalité est-ouest et de relativiser les avancées techniques du monde soviétique. Il ne fait pas l’impasse sur les erreurs, les ratés et même les injustices de cette guerre secrète. Toutes ces histoires datent au moins de plusieurs décennies. Le lecteur averti comprendra que rien n’a dû s’améliorer avec le temps, que l’espionnage a certainement dû redoubler d’ampleur, devenir plus technique, plus économique et plus scientifique encore. Mais il faudra attendre qu’il y ait prescription pour que les dossiers s’ouvrent et qu’un autre livre du même genre raconte ce qui se passe aujourd’hui dans les coulisses. Ouvrage intéressant pour tous ceux que l’Histoire secrète passionne. Disponible en audio chez Audible.

4/5

 

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19/07/2016

L'aéronaute embourbé (Prologue)

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17/07/2016

Le mystère Otto Rahn (Christian Bernadac)

rahn.jpgDans les années 30, un jeune écrivain et journaliste allemand, Otto Rahn, séjourne à Ussat, dans le Sabarthès, région un peu reculée de l’Ariège. Il y rencontre un certain Antonin Gadal qui l’initie au catharisme et le fait participer à ses recherches dans les nombreuses grottes de la vallée. Pour les deux hommes, Montségur est le château du Graal. Il a même inspiré Wagner qui, en réalité, n’y est jamais venu. Quant aux grottes, sur les parois desquelles Rahn va jusqu’à dessiner de fausses inscriptions pour étayer sa thèse, elles n’ont jamais servi de refuges ou de temples secrets aux « Parfaits ». Rahn prend un petit hôtel en une gérance qui se révèle calamiteuse avant de disparaître mystérieusement pour échapper aux foudres de la justice…

Le livre du journaliste-écrivain spécialiste des histoires de nazis Christian Bernadac est un ouvrage historique de grande qualité. Disposant dans sa propre famille de personnes ayant côtoyé Otto Rahn, il a pu avoir accès à une très importante documentation sur son séjour en France. Sa disparition, sa mort sur un glacier des Alpes autrichiennes et sa réapparition dans la peau d’un diplomate restent problématiques. Qui fut réellement Otto Rahn ? Un simple hurluberlu influencé par Gadal, le « pape » du catharisme, en réalité simple responsable du syndicat d’initiative de la petite commune d'Ussat et donc en quête d’un peu de publicité, fut-elle au prix d’entorses à la vérité historique ? Fut-il un espion, un agent de la fameuse cinquième colonne surtout intéressé par les infrastructures techniques (centrales hydroélectriques) ou militaires de la région ? Quels furent ses rapports réels avec les nazis ? Cette somme très technique et très documentée, d’où une lecture un peu laborieuse, tente d’y répondre avec honnêteté, même si de grands pans de la vie du personnage restent dans l’ombre. Elle permet également de tordre le cou à toutes sortes d’idées reçues et de contre-vérités plus fumeuses les unes que les autres sur l’histoire des Cathares. Et cet aspect des choses est certainement le volet le plus intéressant de cet ouvrage.

3,5/5

 

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08/01/2016

Belle-Rose (Amédée Achard)

index.jpgAu début du règne de Louis XIV, Guillaume Grinedal, dit « le père Guillaume », fauconnier de son état et ancien militaire, s'est retiré avec ses trois enfants, Jacques, Claudine et Pierre, à la campagne non loin de Saint Omer, dans une petite maison léguée par son ancien maître. Un jour de 1658, un homme qui se dit commerçant confie une mission délicate à Jacques qui s'en acquitte avec un brio remarquable. A son retour, Jacques demande en mariage Suzanne, fille d'un nobliau des environs lequel refuse car le prétendant est pauvre et sans nom. Complètement dégoûté, Jacques quitte la région pour aller tenter sa chance à Paris. Détroussé en chemin par des brigands et se retrouvant sans un sou, il ne lui reste plus d'autre alternative que de s'enrôler dans l'armée...

« Belle-Rose » est un roman populaire de style « cape et épée » comme on savait si bien en écrire au XIXème siècle. Tous les ingrédients du genre sont présents : multiples rebondissements, duels, batailles, coups tordus, machinations diverses et variées, méchants très répugnants (Louvois a un très vilain rôle dans cette histoire foisonnante), bons particulièrement courageux et chevaleresques, amours contrariés. Au long de ce gros pavé de 691 pages, le héros passera son temps à faire contre mauvaise fortune bon cœur, à se battre contre une destinée contraire et n'arrivera à ses fins qu'avec une dose de constance et de courage hors du commun. Avec ce héros, ce chevalier prolétarien sans peur et sans reproche, on se retrouve à mille lieues des personnages de la littérature actuelle. Mais quel plaisir de goûter la langue magnifique, le style élégant et le panache d'un auteur sachant mener son histoire tambour battant. Selon le principe du roman feuilleton, l'intérêt est relancé systématiquement à chaque chapitre. Contemporain de Ponson du Terrail, de Paul Féval et d'Alexandre Dumas, Amédée Achard, auteur prolifique et estimé en son temps même par Dumas est injustement oublié de nos jours et c'est bien dommage. Espérons que le libre accès de ce texte permettra aux amateurs de bons romans historiques de le découvrir (ou de le redécouvrir).

4/5

 

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