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<title>ET POURQUOI DONC ? - politique</title>
<description>Billets d'humeur sur tout et n'importe quoi</description>
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<lastBuildDate>Mon, 28 Dec 2009 21:19:13 +0100</lastBuildDate>
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<title>NOËL</title>
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<author>noreply@ (Steppenwolf)</author>
<category>politique</category>
<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 08:57:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2128476&quot; src=&quot;http://etpourquoidonc.hautetfort.com/media/01/01/537022143.jpg&quot; id=&quot;media-2128476&quot; alt=&quot;noel.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;De nos jours, Noël sert de prétexte à une indécente débauche de consommation. Fort de ses étrennes ou de son treizième mois, chacun dépense sans compter pour offrir festins et cadeaux aux proches et particulièrement aux enfants qui sont devenus tellement blasés qu'ils ne s'émerveillent plus devant grand-chose et certainement pas devant l'orange traditionnelle ou le petit train de bois garé au pied du sapin.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dans le moindre supermarché, le consommateur se voit proposer vin, champagne, venaison, saumon, foie gras et même caviar. Tous ces symboles de luxe et de richesse, autrefois uniquement réservés aux nantis, peuvent aujourd'hui se retrouver sur la table du moindre prolo pour un prix presque raisonnable. L'égalitarisme et la vulgarisation jusque dans les arts de la table, pourquoi pas&amp;nbsp;? Que Rothschild dans son château et Dupont-la-joie dans son HLM se tartinent le même foie gras au même moment ne me dérange nullement. Mais toute vulgarisation s'accompagne inéluctablement d'une dévaluation du produit en question. Les bains de mer des élégantes du début de l'autre siècle et les séjours en camping bondé de maintenant n'ont en commun que le fait que riches et pauvres se retrouvent à tremper leur derrière en bord de mer. Tout comme des vacances de neiges à Gstaad restent à des années lumière d'un séjour au VVF de Trifouillis sur Neige... Même chose pour les œufs de lump et le caviar ou le saumon industriel plein d'eau et de sel et le sauvage tranché à la main et fumé artisanalement.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le riche, tout comme le snob, se doivent de se singulariser dans tous les domaines de l'existence et quoi qu'il en leur coûte. Toujours être différent, faire autre chose, vivre et voyager ailleurs. Ne jamais se retrouver à faire comme Monsieur Tout le monde. Dupont passe son temps et gaspille son bon argent à essayer d'accéder aux privilèges de Rockfeller. En général, il finit par y arriver, mais de façon souvent cocasse ou pitoyable. Le Palais d'été se transforme en bungalow sur terrain de loisirs, la Ferrari en Fiat&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Barchetta&amp;nbsp;» et le yacht de 20 mètres se réduit à une barcasse pour pêcheur à la ligne. Dans cette compétition inégale, l'élite a toujours une longueur d'avance puisque c'est elle qui montre l'exemple, donne le la et arbitre les élégances. Travaillé par son envie et sa concupiscence, le peuple ne fait que suivre et même singer avec de ridicules moyens.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Revenons sur cette immense conquête du front populaire que furent les bains de mer. C'est à la lointaine époque de l'impératrice Eugénie qu'en fut lancée la mode avec les premières stations comme Deauville, Biarritz et Cannes. Il était d'ailleurs de bon ton de ne fréquenter la Côte d'Azur que l'hiver, la fournaise de l'été semblait insupportable aux élégantes de ce temps-là. On s'exposait le moins possible au soleil de peur de perdre le charme d'une peau parfaitement blanche. Les temps ont bien changé. Il ne nous en reste maintenant que quelques grands palaces, jolies villas et magnifiques hôtels particuliers construits pour accueillir les très rares heureux qui découvraient l'étrange plaisir de s'immerger quelques minutes dans l'eau de mer alors que personne n'y avait encore trouvé le moindre agrément.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les riches ne profitèrent pas longtemps de ce privilège. Ils durent le partager avec les premiers «&amp;nbsp;congés payés&amp;nbsp;» qui débarquaient du train ou descendaient du tandem pour s'entasser dans de spartiates campings pour les plus pauvres ou dans de sordides petits hôtels pour ceux qui étaient un peu plus aisés. En quelques dizaines d'années, tout le littoral français se retrouva bondé en été, tout le monde accédant à un ex-privilège de riches, mais au rabais. Pendant ce temps, les riches avaient trouvé la parade. Pour se singulariser et ne pas être gênés par la populace, ils commencèrent par privilégier des destinations de plus en plus lointaines, de plus en plus exotiques...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Jusqu'à ce que les pauvres, par la magie des charters et des compagnies low-coast leur tombent sur le paletot jusque dans leurs derniers refuges des Antilles, des Maldives ou de l'île Maurice. Ne sachant plus où vaquer, les malheureux privilégiés en sont réduits à se terrer dans de discrètes propriétés du Luberon ou sur des îles privées réservées aux milliardaires... Il est même du dernier chic de s'offrir un voyage dans l'espace et on se demande jusqu'où le besoin de se singulariser et d'échapper à la masse pourrait mener encore...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Quoiqu'il en soit, si ces braves gens se retrouvent un jour à cours d'idées, je leur suggère amicalement ceci. Pour être vraiment différent, n'ayez pas de voiture, ne prenez pas l'avion et abandonnez jusqu'à l'idée de tourisme (initié par Stendhal et Lord Byron). Tout cela est devenu d'un commun, ma chère... Ne mangez ni caviar, ni saumon, ni foie gras&amp;nbsp;; on en trouve partout... A la rigueur, régalez-vous encore de quelques truffes juste le temps que leurs homologues chinoises n'envahissent les supermarchés. Voyagez à pied, à cheval, en cyclo-pousse, en ULM ou sur un cargo. Nourrissez-vous uniquement de fruits bio et de yaourts artisanaux. Vêtez-vous de tissé, tricoté et cousu main. Ainsi, vous ne serez pas comme tout le monde et il y a peu de chance que les prolos vous imitent. Soyez heureux et vivez cachés, même si c'est dans des palaces. Et surtout estimez-vous très satisfaits de ne connaître ni la promiscuité ni les fins de mois difficiles et surtout qu'il ne vienne jamais au bon peuple toujours frustré l'idée de vous pendre un jour à la lanterne de leur frustration...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Afghans...</title>
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<author>noreply@ (Steppenwolf)</author>
<category>politique</category>
<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 09:20:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;général salvan.jpg&quot; id=&quot;media-2074908&quot; src=&quot;http://etpourquoidonc.hautetfort.com/media/01/00/1452986225.jpg&quot; name=&quot;media-2074908&quot; /&gt;LE GENERAL SALVAN (*) A DIT...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;«&amp;nbsp;J'étais révolté en regardant les informations. A Calais et dans diverses villes de France, de jeunes Afghans, en pleine forme, venus chercher fortune en Europe, sont contrôlés par la police et remis en liberté par la justice française. Tous les jours, de jeunes militaires américains, britanniques, français, etc. se font tuer pour défendre en Afghanistan les droits de l'homme et de la femme. Pendant ce temps, des Français, dont la générosité dépasse le bon sens, entretiennent ces jeunes Afghans qui ont refusé de participer au combat que nous menons. Cela porte un nom : ils sont insoumis ou déserteurs.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Si notre gouvernement croit sérieusement à l'engagement occidental en Afghanistan, pourquoi ne pas avoir embarqué ces jeunes gens dans des avions pour Kaboul et les avoir confiés aux centres de formations des polices et des armées afghanes ? Si au nom des droits de l'homme, de jeunes Afghans doivent rester paisiblement en Europe pendant que nos soldats se font tuer à leur place, il vaudrait mieux rapatrier nos troupes, et vite.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;*Ancien officier de parachutistes, devenu général de corps d'armée et comandant de la IVème Région Militaire, le général Salvan démissionna en septembre 1991 suite à un désaccord avec le ministre Pierre Joxe sur la réduction du budget des armées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Soljenitsyne a dit...</title>
<link>http://etpourquoidonc.hautetfort.com/archive/2009/09/25/soljenitsyne-a-dit.html</link>
<author>noreply@ (Steppenwolf)</author>
<category>politique</category>
<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 08:28:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://etpourquoidonc.hautetfort.com/media/00/01/1838087571.jpg&quot; alt=&quot;soljenitsyne.jpg&quot; id=&quot;media-1974370&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Texte intégral du discours prononcé par Alexandre Soljenitsyne, le samedi 25 septembre 1993 (16 ans déjà…), aux Lucs-sur-Boulogne, pour l'inauguration de l'Historial de Vendée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;« &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;M. le président du Conseil général de la Vendée, chers Vendéens,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Il&amp;nbsp; y a deux tiers de siècle, l'enfant que j’étais lisait déjà avec admiration dans les livres les récits évoquant le soulèvement de la Vendée, si courageux, si désespéré. Mais jamais je n'aurais pu imaginer, fût-ce en rêve, que, sur mes vieux jours, j'aurais l'honneur d’inaugurer le monument en l'honneur des héros des victimes de ce soulèvement.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Vingt décennies se sont écoulées depuis : des décennies diverses selon les divers pays. Et non seulement en France, mais aussi ailleurs, le soulèvement vendéen et sa répression sanglante ont reçu des éclairages constamment renouvelés. Car les événements historiques ne sont jamais compris pleinement dans l'incandescence des passions qui les accompagnent, mais à bonne distance, une fois refroidis par le temps.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Longtemps, on a refusé d'entendre et d'accepter ce qui avait été crié par la bouche de ceux qui périssaient, de ceux que l'on brûlait vifs, des paysans d'une contrée laborieuse pour lesquels la Révolution semblait avoir été faite et que cette même révolution opprima et humilia jusqu'à la dernière extrémité.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Eh bien oui, ces paysans se révoltèrent contre la Révolution. C’est que toute révolution déchaîne chez les hommes, les instincts de la plus élémentaire barbarie, les forces opaques de l'envie, de la rapacité et de la haine, cela, les contemporains l'avaient trop bien perçu. Ils payèrent un lourd tribut à la psychose générale lorsque le fait de se comporter en homme politiquement modéré - ou même seulement de le paraître - passait déjà pour un crime.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;C'est le XXe siècle qui a considérablement terni, aux yeux de l'humanité, l'auréole romantique qui entourait la révolution au XVIIIe. De demi-siècles en siècles, les hommes ont fini par se convaincre, à partir de leur propre malheur, de ce que les révolutions détruisent le caractère organique de la société, qu'elles ruinent le cours naturel de la vie, qu'elles annihilent les meilleurs éléments de la population, en donnant libre champ aux pires. Aucune révolution ne peut enrichir un pays, tout juste quelques débrouillards sans scrupules sont causes de mort innombrables, d'une paupérisation étendue et, dans les cas les plus graves, d'une dégradation durable de la population.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Le mot révolution lui-même, du latin revolvere, signifie rouler en arrière, revenir, éprouver à nouveau, rallumer. Dans le meilleur des cas, mettre sens dessus dessous. Bref, une kyrielle de significations peu enviables. De nos jours, si de par le monde on accole au mot révolution l'épithète de «grande», on ne le fait plus qu'avec circonspection et, bien souvent, avec beaucoup d'amertume.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Désormais, nous comprenons toujours mieux que l'effet social que nous désirons si ardemment peut être obtenu par le biais d'un développement évolutif normal, avec infiniment moins de pertes, sans sauvagerie généralisée. II faut savoir améliorer avec patience ce que nous offre chaque aujourd'hui. II serait bien vain d'espérer que la révolution puisse régénérer la nature humaine. C'est ce que votre révolution, et plus particulièrement la nôtre, la révolution russe, avaient tellement espéré.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;La Révolution&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;française s'est déroulée au nom d'un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s'exclure mutuellement, sont antagoniques l'une de l'autre! La liberté détruit l'égalité sociale - c'est même là un des rôles de la liberté -, tandis que l'égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n'est pas de leur famille. Ce n'est qu'un aventureux ajout au slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d'ordre spirituel.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;Au surplus, à ce slogan ternaire, on ajoutait sur le ton de la menace : « ou la mort», ce qui en détruisait toute la signification. Jamais, à aucun pays, je ne pourrais souhaiter de grande révolution. Si la révolution du XVIIIe siècle n'a pas entraîné la ruine de la France, c'est uniquement parce qu'eut lieu Thermidor.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;La révolution russe, elle, n'a pas connu de Thermidor qui ait su l'arrêter. Elle a entraîné notre peuple jusqu'au bout, jusqu'au gouffre, jusqu'à l'abîme de la perdition. Je regrette qu'il n'y ait pas ici d'orateurs qui puissent ajouter ce que l'expérience leur a appris, au fin fond de la Chine, du Cambodge, du Vietnam, nous dire quel prix ils ont payé, eux, pour la révolution. L'expérience de la Révolution française aurait dû suffire pour que nos organisateurs rationalistes du bonheur du peuple en tirent les leçons. Mais non ! En Russie, tout s'est déroulé d'une façon pire encore et à une échelle incomparable.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;De nombreux procédés cruels de la Révolution française ont été docilement appliqués sur le corps de la Russie par les communistes léniniens et par les socialistes internationalistes. Seul leur degré d'organisation et leur caractère systématique ont largement dépassé ceux des jacobins. Nous n'avons pas eu de Thermidor, mais - et nous pouvons en être fiers, en notre âme et conscience - nous avons eu notre Vendée. Et même plus d'une. Ce sont les grands soulèvements paysans, en 1920-21. J'évoquerai seulement un épisode bien connu : ces foules de paysans, armés de bâtons et de fourches, qui ont marché sur Tanbow, au son des cloches des églises avoisinantes, pour être fauchés par des mitrailleuses. Le soulèvement de Tanbow s'est maintenu pendant onze mois, bien que les communistes, en le réprimant, aient employé des chars d'assaut, des trains blindés, des avions, aient pris en otages les familles des révoltés et aient été à deux doigts d'utiliser des gaz toxiques. Nous avons connu aussi une résistance farouche au bolchévisme chez les Cosaques de l'Oural, du Don, étouffés dans les torrents de sang. Un véritable génocide.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;En inaugurant aujourd'hui le mémorial de votre héroïque Vendée, ma vue se dédouble. Je vois en pensée les monuments qui vont être érigés un jour en Russie, témoins de notre résistance russe aux déferlements de la horde communiste. Nous avons traversé ensemble avec vous le XXe siècle. De part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, je le pense, les Français seront de plus en plus nombreux à mieux comprendre, à mieux estimer, à garder avec fierté dans leur mémoire la résistance et le sacrifice de la Vendée&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: 13.5pt; background: white;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Alexandre SOLJÉNITSYNE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman; font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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