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09/10/2026

Nouvelles misogynes (Claude Marion)

Nouvelles misogynes.jpgUn homme couche avec une femme de rencontre. Après l'amour, il avale un scotch accompagné de deux cachets de somnifère. Il s'endort immédiatement. À son réveil, il retrouve la femme morte avec un coussin sur la figure. Pourtant, il n'y a personne d'autre que lui dans l'appartement et la porte est fermée à clé. Et la scène va se reproduire jusqu'à 16 fois… Quand il doit se rendre à Paris en covoiturage, l'auteur s'invente toutes sortes de vies et de raisons de monter à la capitale juste pour satisfaire la curiosité des conducteurs qu'il trouve tous plus crétins et indiscrets les uns que les autres… Pourquoi cela revient-il moins cher pour un homme d'avoir des rapports sexuels avec une professionnelle qu'avec une épouse légitime ?… Saint Kévin est un ancien dealer de crack qui, après une expérience surprenante avec une pucelle un peu trop délurée, est entré dans les ordres, définitivement dégoûté de la gent féminine… André, tueur en série, sait allier humour, crime conceptuel et gastronomie. En effet, il aime tellement les femmes qu'il finit par les déguster sous la forme de saucisses…

« Nouvelles misogynes » est un mince recueil rassemblant 17 très courtes nouvelles (de quatre à cinq pages maximum) ayant pour fil rouge les rapports sexuels pour ne pas dire la pornographie. Elles portent bien leur titre, il n'y a pas tromperie sur la marchandise. Les femmes y ont quasiment tous les défauts. Elles sont menteuses, tricheuses, vénales, pleines de vices, de rouerie et de duplicité. Les féministes pourront faire un détour horrifié devant tant de mauvaise foi machiste. Les autres, qui ne doivent pas être très nombreux, apprécieront l'humour, l'ironie vacharde, le style émaillé de fulgurances et surtout la concision et la brièveté d'un propos volontairement outrancier. Ces nouvelles ou plutôt cette série d'anecdotes loufoques se lisent très vite et avec plaisir, tant le rythme et le minimalisme littéraire y est aussi présent qu'élégant. « Quelle rigolade que ces Nouvelles Misogynes, acides et paillardes et revigorantes comme l'humour très rabelaisien d'un Emmanuel Kant, tout en maniant à la fois la légèreté que l'on aime, festive et coruscante, celle du livre de Job, bien sûr, et celle des Nombres. », précise d'ailleurs la quatrième de couverture, maniant allégrement l'oxymore. On ne saurait mieux dire.

4,5/5

08:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)