05.12.2009
Das System
Das System (titre allemand, mais texte français), thriller catastrophe de belle qualité devrait être le nouveau « coup d'édition » d'Actes Sud et mériterait un succès voisin des trois « Millénium » dans un genre différent. Ici, nous abordons aux rives de l'anticipation et de la science-fiction. L'intelligence artificielle est en passe de prendre l'avantage sur l'humaine et révéler toutes ses capacités de nuisance. Un livre intelligent, qui fait réfléchir sur la dépendance dans laquelle se trouvent nos sociétés (« Aujourd'hui qu'est-ce qui ne dépend pas de l'informatique ? »). Un livre original et formidablement bien documenté sans être inabordable pour le profane qui fait découvrir le monde des geeks, hackers et crackers tel qu'il est. Ajouter à cela un style agréable, quelques meurtres, pas mal de suspens et des héros sympathiques et cela devrait donner un best-seller !
4/5
09:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thriller
03.12.2009
La peste noire - Le roi chiffonnier (Gilbert Bordes)
Les tribulations d'Eugénie continuent de plus belle : elle doit sans cesse se cacher dans un pays ravagé par la peste et dévasté par la guerre. Les espions du roi sont à ses trousses et de nombreux grands personnages ne lui veulent pas que du bien. Si elle est prise, elle sera brûlée comme une sorcière car les rats et la peste l'accompagnent pendant tous ses voyages sans qu'elle soit contaminée. La conjuration des Lys manque également de lui être fatale. Plusieurs de ses amis conspirateurs tombent sous la hache du bureau. Elle-même tâte des geôles à plusieurs reprises, parvient à s'en échapper à chaque fois alors que son mari est capturé par Charles le Mauvais, qu'un de ses fils meurt et que l'autre, grièvement blessé à la tête, devient amnésique. Elle doit même se cacher parmi les lépreux. Réfugiée en Italie, elle s'aperçoit que son ennemi le plus féroce n'est autre que son propre demi-frère, Jean, l'héritier « légitime » de la couronne de France, celui pour qui elle s'est toujours battue et pour qui elle a sacrifié sa vie, sa famille et son honneur. Arrivera-t-elle à arrêter l'engrenage ?
Ce deuxième tome montre encore plus que le premier combien nous nous trouvons dans le cadre d'un roman d'aventures et assez peu dans un véritable roman historique. La fin de Jean Ier le Posthume est complètement romancée et n'a rien à voir avec la réalité. On peut relever nombre d'erreurs, d'approximations ou de libertés prises avec les faits. Cela ne serait pas gênant si le côté aventures l'emportait franchement. Mais là, une certaine lassitude saisit le lecteur. Les répétitions se multiplient au niveau de l'intrigue. Le schéma capture-internement-délivrance se reproduit quatre fois de suite, c'est beaucoup. Seul le séjour chez les lépreux est un peu original. La fin est assez décevante. Finalement, n'est pas Alexandre Dumas qui veut. Gilbert Bordes est quand même meilleur dans son style habituel : le roman de terroir.
3/5
08:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman historique
01.12.2009
La peste noire - La conjuration des Lys (G. Bordes)
En 1384, une terrible maladie ravage le royaume de France déjà accablé par la Guerre de Cent ans : la peste noire. Annoncé par d'énormes rats noirs, ce fléau n'épargne personne, tuant dans d'atroces souffrances même les plus robustes. En Gascogne, une jeune femme, Eugénie d'Eauze, découvre la vérité sur sa naissance : elle est la fille cachée d'une reine de France qui a fauté avec un troubadour. Abandonnant mari et enfants, elle se lance sur les routes pour aller reconquérir son rang social usurpé et rallier les rangs d'une conspiration qui voudrait placer sur le trône le véritable héritier de la couronne qui se cache en Italie où il vit comme un marchand drapier. Mais la peste et nombre de mésaventures vont contrarier ses plans.
Un roman historique bien différent des romans de terroir auxquels Gilbert Bordes nous a habitué. Que de tribulations dans cette histoire ! Que d'allées et venues pour notre héroïne entre Avignon où elle cherche en vain le soutien de la papauté, Paris, celle du roi usurpateur, la Normandie, la protection des conjurés et la Gascogne. Ca bouge beaucoup, il y a du rythme, des aléas, des trahisons, des ruptures et des rebondissements. Nous nous trouvons dans la droite ligne de l'illustre A. Dumas. L'auteur part d'un fait historique controversé : la survie improbable de Jean 1er le posthume, place aux côtés de personnages historiques réels un certains nombre d'autres totalement inventés et brode une histoire des plus rocambolesques. « Un roman époustouflant, où l'aventure se mêle à l'Histoire à un rythme effréné », précise la 4ème de couverture. Ce qui est parfaitement exact et présuppose pas mal d'agrément à sa lecture, ce qui serait vrai s'il y avait un peu moins de répétitions (les descriptions de la peste reviennent de façon récurrente, presque mot pour mot, comme un leitmotiv) et un peu plus d'Histoire (avec un grand H).
3/5
08:57 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman historique
29.11.2009
Une reine de trop (Jean Paul Malaval)
Dans le Luberon, Victor Martinien, ancien architecte reconverti en apiculteur, vient aider Françoise, aquarelliste parisienne célèbre, à se débarrasser d'un essaim d'abeilles qui a envahi la maison qu'elle loue. Très vite un tendre sentiment les réunit, mais, si Françoise, récemment divorcée, est libre comme l'air, ce n'est pas le cas de Victor qui est marié avec Véronique. Laquelle tient beaucoup à lui. Un bras de fer s'engage entre les deux femmes. Laquelle va l'emporter ?
Dans le monde complexe et impitoyable des abeilles, il ne peut y avoir deux reines dans la même ruche. La première-née tue systématiquement ses rivales et règne sans partage sur les ouvrières et les faux bourdons durant cinq années. Malaval joue donc habilement sur cette mise en parallèle et arrive presque à démontrer que les passions humaines obéissent à des règles aussi mystérieuses et fascinantes que celles du monde des essaims. Dans la nature, c'est toujours le plus fort, le plus tenace et le plus déterminé qui l'emporte. Dans le duel terrible qui s'engage entre ces deux femmes, il en sera de même... Le style est fluide et agréable. On apprend pas mal de choses sur l'apiculture, ce qui rend ce roman de terroir intéressant alors qu'il n'est basé que sur une situation vaudevillesque rebattue.
3,5/5
09:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : terroir
27.11.2009
L'homme qui m'aimait tout bas (Eric Fottorino)
Le 11 mars 2008, Michel Fottorino, kinésithérapeute d'origine tunisienne et beau-père de l'auteur, se suicide en se tirant un coup de fusil dans la bouche sur un parking proche de La Rochelle. Il a plus de soixante-dix ans et se débat dans de grandes difficultés financières et existentielles. Sans doute ne veut-il pas vivre une longue déchéance, un accident vasculaire lui ayant déjà fait tâter des risques du grand âge. L'auteur lui sera éternellement reconnaissant de l'avoir officiellement adopté alors qu'il avait dix ans et qu'il était issu d'une liaison que sa mère avait entretenue avec un étudiant juif marocain. Il revient sur les lieux du drame et se pose bien des questions et en particulier celle-ci : s'il s'était comporté différemment, aurait-il pu empêcher ce drame ?
Ce livre n'est pas un roman, mais une sorte de notice nécrologique, une longue déclaration d'amour filial qui aurait pu ne jamais quitter le cercle de famille si l'auteur n'avait été un écrivain reconnu, à l'oeuvre couronnée par de nombreux prix littéraires et surtout le directeur du prestigieux journal « Le Monde ». Interrogation sur l'amour qui transcende les liens du sang, la vie, la mort et le temps, ce texte peut, à travers cette histoire très personnelle, atteindre à une certaine forme d'universalité. Son père préférait toujours le silence aux paroles, lui est l'exact contraire. Nul doute que jeter cette tragédie humaine sur papier dut lui servir de thérapie...
« Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil », écrivit Montherlant.
3/5
08:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : autobiographie
23.11.2009
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (M.A.Shaffer & A.Barrows)
Un roman charmant, tendre et attachant. Sans doute l'intérêt du lecteur est-il dû à l'oeil malicieux des deux auteures qui ont su exprimer toute une palette de sentiments en s'attachant à nombre de petits détails et faits de vie pleins de réalisme. Mais également à l'utilisation de l'unique transcription d'échange de lettres et de télégrammes entre les personnages ce qui donne un style particulièrement vivant à l'ouvrage en se passant de descriptions endormantes ou de dialogues creux. Une authentique réussite. Un livre humaniste et sentimental, mais sans eau de rose.
4,5/5
08:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, humanisme
21.11.2009
Nouvelles, tome 2 (Richard Matheson)
Quel recueil ! Une histoire de maison hantée... Une femme engrossée par un Martien... Un jeune marié tellement superstitieux qu'il transforme la vie de sa femme en enfer, un veuf dont la femme empoisonnée revient se venger... Un homme qui ne se souvient plus où il a garé sa voiture et qui perd la mémoire bribe par bribe... Une famille entière contrainte de s'enfermer dans un abri anti-atomique... Un appariteur qui se met à parler espagnol et à accumuler des connaissances sans jamais les avoir apprises... Un professeur d'université qui voyage dans le temps pour affermir sa foi vacillante... Un zoo dont les pensionnaires servent de garde-manger à une créature terrifiante...
Au total une trentaine d'histoires étranges, macabres, horribles ou fantastiques proposés par le grand Richard Matheson que Stephen King présente dans sa préface comme son inspirateur et son père spirituel. Toutes merveilleusement écrites, agréables à lire, passionnantes ou surprenantes. Le lecteur a l'impression qu'il peut partir de n'importe quel fait banal de la vie courante, de n'importe quelle époque (une des nouvelles se passe au Far-West de la grande époque) pour faire basculer son histoire par rebondissements successifs dans le bizarre quand ce n'est pas dans la monstruosité la plus absolue. Il reste aux frontières du fantastique et de la science-fiction bien que cette dernière soit assez minoritaire et jamais traitée sous un aspect technique. Ces nouvelles, presque toutes d'excellente qualité, sont présentées dans l'ordre chronologique de parution, entre 1953 et 1959 et n'ont quasiment pas pris une ride.
4,5/5
08:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fantastique, horreur
19.11.2009
Deepsix (Jack McDevitt)
En 2223, la planète Deepsix est menacée de destruction totale par un collision cosmique avec une géante rouge. Du coup, l'intérêt pour ce monde oublié et maudit se réveille. Vingt ans plus tôt, une première mission y avait été décimée alors qu'elle découvrait un monde étrange, hostile mais porteur de traces d'une civilisation brillante. Une course contre la montre s'engage pour tenter de résoudre une énigme archéologique avant qu'il se soit trop tard. Toute l'autorité et la virtuosité de Priscilla Hutchins, dite « Hutch » qui s'était déjà illustrée dans « Les machines de Dieu » seront nécessaires pour mener à bien cette difficile mission et ramener en lieu sûr son équipage...
Un vrai « space opera » proche du style de Jack Vance c'est à dire plein d'aventures passionnantes dans un monde hostile, rempli d'animaux étranges et souvent dangereux (oiseaux et insectes carnivores mais félins doux comme des agneaux) et en proie aux affres d'une sorte de fin du monde cataclysmique. Dommage que le livre soit si long (635 pages) et que le rythme ralentisse parfois (longueurs) laissant se relâcher l'intérêt du lecteur qui constate également une certaine faiblesse dans l'intrigue. En effet, celle-ci démarre sur les chapeaux de roues, dans un registre « film-catastrophe », amène à la découverte de vestiges étranges (tour, observatoire astronomique et étrange ascenseur céleste), développe les péripéties d'une histoire très SF (beaucoup de boulons) et laisse sur sa faim car jamais rien ne sera dévoilé ou expliqué au sujet de ces extra-terrestres disparus. On sort frustré (et las) de ce livre.
3/5
08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sf
15.11.2009
Deloria ou la légende des Frahmabores (Richard Canal)
Un roman de science-fiction riche d'un monde foisonnant un peu dans le registre « space opera » de Jack Vance (« Le cycle de Tschaï »), mais la comparaison s'arrêtera à l'imaginaire et au décor car pour tout le reste, cela laisse grandement à désirer. L'intrigue est d'une consternante faiblesse. On s'ennuie ferme. Il ne se passe quasiment rien, mis à part une destruction de ville qui s'éternise et quand cela pourrait devenir intéressant (le renvoi au pays pour les terriens), l'affaire est traitée en trois lignes et on se retrouve à la fin, fort lassé de sa lecture. Il faut dire que le style de l'auteur est lourd, répétitif et ampoulé, qu'il se complait dans des descriptions plus ou moins inutiles et abuse de termes abscons qu'il ne prend pas la peine d'expliquer ou dont on ne peut deviner le sens même en y mettant de la bonne volonté comme « le dhymeyn, les frahms, les ostrichs, les syns, les drashkas, eyren, les leings, les rasters, etc... » Dans une interview, l'auteur présente son livre comme « le roman de l'incompréhension ». On pourra lui répondre que son but est parfaitement atteint : on n'y comprend strictement rien et peut-être n'y avait-il rien à comprendre. On lui suggère d'ailleurs de proposer cette « oeuvre » filandreuse et indigeste accompagnée d'un bon décodeur et d'une petite plaquette d'aspirine !
2/5
23:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sf
13.11.2009
La maison du passé (Bernard Duporge)
Ce livre qui pourrait sembler un roman de terroir vu qu'il a pour cadre la région des Landes et qu'il s'attarde un peu sur la chasse à la palombe, explore plutôt l'étrange et le paranormal, mais sans abuser des clichés habituels du genre. Il est cependant beaucoup question d'EMI, de fantômes, de réincarnation et d'âmes en peine ne trouvant pas le repos éternel. Le style est un peu laborieux (redîtes, résumés et rappels systématiques de l'épisode précédent), sans originalité particulière (on se demande pourquoi le premier chapitre a été écrit à la première personne du singulier alors que tout le reste l'est à la troisième...) mais facile à lire. Un ouvrage honnête et sans grand intérêt.
2,5/5
09:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : étrange











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