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21/08/2019

Boy Diola (Yancouba Diémé)

Boy Diola.jpgEn juillet 2001, Aperaw, immigré sénégalais de première génération, revient au pays accompagné de ses fils dont l'auteur, Yancouba alors âgé de onze ans. Il veut leur faire découvrir leur terre d’origine, la Casamance. Ils séjournent dans le village natal du père, Kagnarou, en plein pays diola. Ils y restent le temps de découvrir un autre monde, bien différent de celui de la Seine- Saint-Denis où Aperaw est venu s’installer dans les années soixante. Ceci au terme d’un long parcours pendant lequel le jeune homme tenta d’abord sa chance à Dakar où il exerça quelques petits métiers peu lucratifs avant de réussir non sans peine à se faire embaucher sur un cargo en partance pour Marseille. Un membre de sa famille lui trouva finalement une place sur les chaînes de l’usine Citroën d'Aulnay sous Bois. Il y resta une dizaine d’années avant d’être renvoyé pour participation trop active à diverses grèves. Il tenta de rebondir comme marchand de bimbeloterie sur les marchés et termina sa carrière à l’entretien des avions sur l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Polygame, il était père de neuf enfants. Ses épouses travaillaient comme techniciennes de surface dans les hôtels de l’aéroport.

« Boy Diola » se présente comme le récit intimiste d’une vie d’immigré africain en banlieue parisienne, d’une lutte permanente pour la survie, la dignité et un avenir meilleur pour les enfants. Quelque chose au bout du compte d’assez banal car vécu par quelques millions d’autres subsahariens. Le lecteur ne peut qu’être rempli de compassion envers ce vieil homme qui, à la fin de sa « carrière », ne trouve plus de contrats d’intérim car trop vieux. Mais personne n’ose le lui dire ouvertement. Il découvrira aussi l’ambiance si exotique de la vie dans un village africain, et, entre autres, les méthodes « musclées » d’éducation des enfants. On use de la trique sans aucun complexe, la fameuse « chicote » ! Le récit n’est pas chronologique. L’auteur saute sans transition d’une période à une autre, raconte diverses anecdotes pas vraiment reliées les unes aux autres, le tout dans un style très parlé, très familier, sans recherche aucune. Un ouvrage qui pourra faire découvrir toute une communauté à celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, mais n’apprendra pas grand-chose à celles et ceux qui vivent avec.

3/5

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19/08/2019

L'éloge du cru (Dominique Guyaux)

L'Eloge du cru.jpgDominique Guyaux pratique le crudivorisme sensoriel, manière de s’alimenter consistant à ne se nourrir que d’aliments crus et non transformés, donc tels qu’ils se présentent dans la nature, en ne se fiant qu’aux signaux sensoriels et gustatifs que la prise de ces aliments déclenche spontanément. C’est ainsi qu’il a pu lui-même guérir d’une sclérose en plaques lors d’un long voyage en bateau autour du monde. Pour approfondir le sujet et donner une caution plus scientifique à sa pratique, il décide quelques années plus tard de reprendre ses études interrompues trente années plus tôt. À leur issue, il présente un mémoire pour l’EPHE (l’école pratique des hautes études) intitulé « Physiologie du comportement alimentaire ». Il anime des stages et donne des conférences. Il est un peu (beaucoup) l’héritier du pionnier de l'intinctothérapie, Guy-Claude Burger, tout en ne rejetant pas complètement les positions du Docteur Seignalet.

« L’éloge du cru » est un essai de diététique assez intéressant dans la mesure où il apporte les preuves scientifiques des bienfaits d’une alimentation crue et par voie de conséquence des inconvénients des artifices culinaires et surtout industriels. L’ennui reste quand même, dans une société basée sur la cuisine, la difficulté à pratiquer une discipline visant à ne consommer qu’un seul produit par ingestion et seulement après avoir ressenti par l’odorat ou la vue une véritable appétence pour lui. L’auteur reconnaît lui-même la difficulté. Et comme il ne défend pas un point de vue sectaire, il admet que l’on puisse manger comme un cueilleur du paléolithique quand on est seul chez soi, « empiler » quand on est en société et même accepter un menu cuisiné quand on est invité au restaurant. L’ouvrage s’achève par un glossaire permettant au lecteur lambda de découvrir le sens de termes comme « cinésthésie, macrosmatique, microsmatique ou palatabilité », entre autres et par une bibliographie particulièrement riche. Livre intéressant et qui donne à réfléchir sur nos comportements alimentaires et leurs conséquences sur la santé et l’environnement.

4,5/5

09:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

16/08/2019

L'alimentation crue, 400 recettes (Christian Pauthe & Jean-Marie Ozanne)

L'alimentation crue 400 recettes.jpg« Que l’aliment soit ta seule médecine », disait Hippocrate. Depuis ces temps lointains, tout le monde s’accorde donc à reconnaître que l’alimentation est avec l’activité physique, le sommeil et la mentalité positive l’un des quatre piliers de la santé humaine. D’après les lois de Darwin, il semblerait que les enzymes aussi bien digestives que cellulaires, seraient adaptées aux molécules originelles, consommées par nos ancêtres préhistoriques pendant des millions d'années. Ces enzymes ne sont pas adaptées à certaines molécules nouvelles abondantes dans les laits animaux, les céréales mutées (le gluten du blé entre autres) et tous les sous-produits issus de la cuisson sans parler des techniques industrielles (cracking, lyophilisation, etc.). De très nombreuses pathologies, comme la sclérose en plaque, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’arthrose, l’arthrite, l’asthme ou l’eczéma, pour n’en citer que quelques-unes peuvent en être la conséquence. D’où la nécessité de consommer un maximum d’aliments crus, d’exclure les laits animaux et leurs dérivés, les céréales (principalement le blé) à l’exception du riz.

« L’alimentation crue en quatre cents recettes » se présente en premier lieu comme un livre de recettes de « cruisine » permettant à l’apprenti(e) crudivore de varier un peu ses menus, de ne pas se contenter des sempiternelles salades vertes, carottes râpées ou céleri rémoulade. Toutes sont variées, originales et donnent envie de se lancer. Elles ont été imaginées par Jean-Marie Ozanne, chef cuisinier professionnel. Le lecteur découvrira qu’il peut tout cuisiner de cette façon aussi bien les légumes que les fruits, les viandes que les poissons. Après une introduction magistrale du Docteur Seignalet, le docteur Pauthe présente en une soixantaine de page un « Plaidoyer pour le cru », excellent résumé des grands principes de la diététique à la lumière des dernières découvertes scientifiques. Chaque groupe d’aliments est présenté en début de chapitre. Les recettes sont claires et précises. Seul regret : une absence totale de photos. L’ensemble s’achève sur une bibliographie conséquente qui peut permettre d’approfondir le sujet et sur un glossaire de grande utilité pour s’y retrouver dans le maquis de la diététique. Une somme à consulter aussi souvent que nécessaire.

4,5/5

08:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/08/2019

Les chemins de l'espace (Colin Greenland)

Les chemins de l'espace.jpgÀ Londres, sur la vieille Terre, un étrange gentleman dépourvu de chapeau, descend d’un fiacre, disperse quelques mendiants en leur jetant une poignée de piécettes et va frapper à la porte d'une taverne assez borgne. Il demande à voir une certaine Molly. C’est une prostituée qui semble ne pas lui être inconnue. Après un bref rapport, l’homme sort un poignard laser et fait passer la pauvre Molly de vie à trépas. En fait, le tueur est un Hrad, un exécuteur des basses œuvres, venu de Jupiter ou d’une de ses lunes… À Fort de Haut, sur les hauts de Hanovre, la jeune Sophie Farthing se présente au lecteur. Elle n’a jamais connu sa mère et vit avec son père, alcoolique notoire et Kappi, un Ophiq massif, de quatre pieds de haut, venu d'Arcturus IV. Comme il lui a appris à lire et à écrire, elle sert de scribe aux marins du port. Un jour, elle rencontre un certain Cox, dignitaire de la Guilde, qui prétend avoir connu sa mère. Pour le retrouver et en avoir le cœur net, elle se glisse par erreur à bord de l'Halcyon Dorothy qui quitte le quai et file dans l’espace avant qu’elle ait pu réagir…

« Les chemins de l’espace » est un roman de science-fiction plutôt atypique car très mâtiné steampunk. L’histoire se passe dans un univers à la Dickens avec machines à vapeur, fiacres, diligences et surtout vaisseaux spatiaux dignes de la marine en bois bien pourvus de voiles ! Toute l’intrigue tourne autour de Sophie, jeune orpheline, à la recherche de son identité au quatre coins de la galaxie. Le versant space-opera à la Silverberg (clin d’œil évident par rapport au titre) semble moins crédible. Il est d’ailleurs presque complètement occulté par le versant « Olivier Twist » ou « Mystères de Londres » qui reste néanmoins très passionnant. Comme le lecteur est touché par le destin de cette gentille héroïne à qui arrivent toutes sortes de malheurs et de tribulations, il ne peut que maintenir son intérêt tout au long d’une narration pourtant particulièrement minutieuse et descriptive. Un ensemble assez surprenant mais relativement agréable à lire.

3,5/5

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11/08/2019

Demain la Terre (Jean-Pierre Andrevon et autres auteurs)

Demain-la-Terre_756.jpgEn raison d’un dérèglement climatique accéléré, depuis des semaines et des mois, il pleut tout le temps sur Terre. Les eaux montent, les champs se transforment en lacs et des pays entiers disparaissent sous les eaux. Le père de Sébastien a l’idée de construire une nouvelle version technologique de l’arche de Noé… En 2040, au Japon, Shu Kishida vit dans une atmosphère tellement polluée qu’il ne peut sortir de chez lui sans son masque à air fabriqué par la société Yi-Yendi pour laquelle il travaille… En mer d’Arabie, un aqualier, tanker géant transportant 500 000 tonnes d’eau récupérée sous la mer est attaqué par des pirates. Le capitaine et son équipage sont promptement trucidés et jetés à la mer… Miror est un « spid ». Son espérance de vie est d’autant réduite que celle de ses parents, suite à un traitement biologique particulier, a été rallongée jusqu’à égaler celle des tortues des Galapagos… Dans une station spatiale en orbite autour de la Terre, Fershid et Milena, deux scientifiques, procèdent à des mesures et relevés climatiques pour le compte de l’Agence Spatiale Européenne. Et ce qu’ils observent est rien moins qu’inquiétant : l’Arctique se morcelle, l’Europe est grignotée par la montée des eaux, (plus de Pays-Bas, plus de Camargue) et le Bengla-Desh, entre autres est en voie de submersion…

« Demain, la Terre » est un recueil composé de cinq nouvelles relevant toutes du registre science-fiction écolo-catastrophiste. Chacune illustre une des catastrophes promises à notre malheureuse planète : dérèglement climatique avec son lot de fonte des glaces, ses cyclones et autres tsunamis, pollution aggravée au point de rendre l’air irrespirable, bataille autour des dernières réserves en eau potable et même fin du monde avec milliards d’humains disparus dans toutes sortes de catastrophes (« Marée descendante » de Jean-Pierre Andrevon). Cet ouvrage, plutôt destiné aux adolescents, mais pouvant parfaitement être apprécié par les adultes, se lit ou plutôt se dévore en quelques heures tant le style des auteurs est de qualité et leurs histoires fort bien tournées. Le lecteur les trouvera plus ou moins originales, plus ou moins pertinentes avec un « like » tout particulier pour la nouvelle de Christophe Lambert, « La compagnie de l’Air », qui se révèle comme la meilleure des cinq à tous points de vue. À noter la préface explicative de Joël de Rosnay ainsi qu’une présentation de chaque auteur et une autre de citations pour chaque texte. De l’écolo- pédagogie de qualité, en quelque sorte !

4,5/5

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08/08/2019

White (Bret Easton Ellis)

White.jpgNostalgique du cinéma des années 70, Bret se souvient avec délices et nostalgie de tous les films d’horreur dont il se délectait pendant son adolescence, tels « La maison des damnés », « Théâtre de sang » ou « Pantom of the paradise » de Brian de Palma. Alors qu’il n’est encore qu’un étudiant d’une vingtaine d'années, Bret est contacté par « Vanity Fair » pour qu’il écrive son premier article. Contre toute attente, son premier roman (« Moins que zéro ») paru alors qu’il n’a que 23 ans est tout de suite un énorme succès. Et pourtant cet opus ne comporte pas vraiment d’intrigue et ses personnages ne sont ni positifs ni sympathiques, mais parfaitement dans l’air du temps, c’est-à-dire nihilistes, cyniques et désenchantés. Un film en est tiré. Mais peu fidèle à l’esprit du livre, il est loin de rencontrer le succès escompté. Bret aura moins de réussite avec son deuxième opus « Les lois de l’abstraction » mais retrouvera à nouveau la réussite avec le troisième, le fameux « American Psycho » dont on tira un film qu’il trouve assez médiocre et même une comédie musicale…

Il est bien difficile de classer « White » dans une catégorie particulière. Ce n’est pas vraiment un roman, pas vraiment une biographie (encore que Bret Easton Ellis parle énormément de lui-même de son homosexualité qui semble l’alpha et l’oméga de son existence, de sa carrière et de ses fréquentations hollywoodiennes) et pas tout à fait un témoignage sur le monde de l’édition et du cinéma (quoi que les potins, ragots et historiettes sur toutes sortes de stars ne manquent pas). Certains passages raviront le lecteur curieux : par exemple tous ceux consacrés à l’élection de Donald Trump avec la stupeur et l’effroi des milieux bobos américains, choqués au point de le rejeter pour un tweet dans lequel il s’étonne de leurs réactions aussi idiotes que sectaires. Et également les portraits de Charlie Sheen, alcoolique et drogué, de Tom Cruise, dépressif avant de basculer dans la scientologie, et de Kanye West, ostracisé et considéré comme dément pour avoir déclaré que Trump pouvait être considéré comme un président acceptable. Dans l’ensemble, un bouquin agréable à lire pour qui n’est pas révulsé par les potins type Voici-Gala et le nombrilisme homo, mais pas vraiment du niveau de ses deux meilleurs, « Glamorama » et surtout « American psycho ».

3/5

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04/08/2019

Au gré de la tourmente (Karl May)

Au gré de la tourmente.jpgPris dans une terrible tempête du Pacifique, le « Poséidon », trois-mâts américain commandé par le capitaine Roberts, est venu s’écraser sur la barrière de corail de l’île Pomatau. L’équipage a pu sauver la cargaison, mais n’a guère de moyen de reprendre la mer. Un peu plus tard, les naufragés voient une quinzaine de pirogues se diriger vers leur île. La première arrivée est celle de Patomba, un prince polynésien qui s’avère être pourchassé par les autres. Les marins se mettent à son côté et repoussent les assaillants. Le narrateur, Charley repart avec Patomba pour chercher du secours à Papeete. Sur place, il est pris en charge par le capitaine Turnestick, ami de longue date de Charley. Le beau-père de Patomba veut lui reprendre sa fille pour la remarier avec un Polynésien animiste. Avec l’aide de Charley et de Turnestick, Patomba arrive à récupérer son épouse après s'être débarrassé du père, du rival et de quelques acolytes…

« Au gré de la tourmente » est un roman d’aventures maritimes datant du début de l’autre siècle. Personne n’écrit plus ce genre d’histoire pleine de rebondissements et de bons sentiments. Les héros sont positifs et ne s’encombrent pas de fausse culpabilité pour sanctionner les coupables ou se débarrasser des méchants. Le style est vif et enlevé. L’ensemble est très agréable à lire, même aujourd’hui. C’est revigorant et même particulièrement dépaysant. Les descriptions des mondes polynésien et chinois sont tout à fait surprenantes. Le lecteur pourra se rendre compte à quel point le monde a changé en un siècle ! (Plus de costumes traditionnels, plus de nattes obligatoires, plus de femmes aux pieds bandés). La plongée dans l’univers de la mafia chinoise mérite à elle seule le détour Auteur oublié aujourd’hui, Karl May, qui fut une sorte de Jules Verne allemand, rencontra un immense succès de son vivant surtout avec ses romans sur le Far-West qu’il décrivit sans y être allé. Et pourtant, sans doute grâce à un travail de recherche et de documentation soigné, l’ensemble est tout ce qu’il y a d’intéressant à bien des points de vue. À noter : de belles illustrations sous forme de dessins en noir et blanc.

4/5

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01/08/2019

Vies de chat / Prélude à l'élu de Milnor (Sophie Moulay)

Vies de chat.jpgDans les rues d’Hoggu, capitale de l’Empire, Calus et Linea, sept ans, sont pourchassés par une patrouille de soldats. Calus réussit à lui échapper mais juste pour se retrouver capturé par des sbires travaillant pour le compte du mage Cruzac. Placés dans une geôle humide et sombre, il est rejoint par une autre captive, Maëlia, une petite fille des rues. Quelque temps plus tard, Malus est installé dans une étrange machine qui lui fait subir une transformation surprenante : ses yeux changent de forme et de couleur et du poil commence à lui pousser sur tout le corps. Même chose pour Maëlia. Les deux enfants sont transformés en chats ou plutôt en hybrides félins, mi-humains, mi-animaux. Des animains. Ils apprécient finalement beaucoup leurs nouvelles caractéristiques et en particulier leur meilleure vision nocturne et leur plus grande souplesse et agilité. Calus s’apprête à chasser un oiseau quand un autre animain de type panthère, Deri ot Sertius, l'arrête dans son élan, histoire de l’empêcher de se rompre les os. Après un assez long entrainement aux arts martiaux, les deux enfants se voient confier une toute première mission auprès du gouverneur Kiho, menacé par un complot inquiétant.

« Vies de chat » est un roman de fantaisie plutôt destiné aux adolescents. La narration est de bonne qualité, rythmée, sans temps mort. Le lecteur se laisse facilement emporter par cette histoire basée sur une idée amusante et pleine d’action et de rebondissements. Il semble que ce titre annonce une suite sous forme de saga, car il s’achève sur une fin ouverte. Sa mission réussie de main de maître, Calus s’en voit attribuer une autre qui sera sans doute racontée par la suite. L’ensemble est agréable à lire, sans prétention. Rien que du plaisir et du divertissement. Inutile de chercher autre chose !

4/5

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28/07/2019

La terre invisible (Hubert Mingarelli)

La terre invisible.jpgÀ Dinslaken, dans l’Allemagne vaincue de juillet 1945, un photographe de guerre n’arrive pas à se décider à rembarquer et à retourner chez lui. Quelque chose le retient sur place. Le hasard de ses promenades lui fait rencontrer de pauvres gens partis sur les routes à la recherche d’un abri. Quand il reçoit l’ordre de pendre un procureur, son supérieur, le colonel Collins, refuse d’obtempérer en prenant le prétexte que son unité ne dispose d’aucun charpentier. Le photographe est obsédé par un rêve récurrent : il voit des bâches recouvrant des morts se soulever toutes seules. Un jour, profitant de la voiture réquisitionnée du procureur, il part en voyage vers le Nord en compagnie du seconde classe O'Leary qui lui servira de chauffeur. Dans les fermes et dans les villages, il prend en photo les gens qu’il rencontre, souvent des femmes, des enfants et des vieillards mutiques. Il leur demande parfois de l’eau et des œufs pour améliorer l’ordinaire…

« La terre invisible » est un roman intimiste comme sait si bien en écrire Hubert Mingarelli avec son style minimaliste inimitable. L’auteur ne semble s’attacher qu’aux détails insignifiants de la vie de tous les jours. Ses personnages ressemblent un peu à des ombres, tant il leur donne peu de consistance. Ce voyage quasi inutile et peut-être sans retour donne surtout une impression de poésie mélancolique. Pas de théories, peu de descriptions, pas de grandes déclarations ou explications psychologique, juste l’essentiel pour que le lecteur puisse se faire son film tout seul dans sa tête. De livres en livres, Mingarelli continue donc imperturbablement sur ce même sillon. Ça finit par faire un peu procédé « breveté », d’autant qu’on retrouve presque les mêmes personnages, les mêmes situations et les mêmes décors (ou de similaires comme dans « Quatre soldats »). Le lecteur pourrait finir par se lasser, mais il n’en est rien. La petite musique si particulière de l’auteur garde encore pas mal de sa magie…

3,5/5

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24/07/2019

Le prince des étoiles (Jack Vance)

Le prince des étoiles.jpgEn juillet 1524, Kirth Gersen se présente à la taverne de Smade, établissement fréquenté par les pirates et les flibustiers les plus notoires de l’Au-delà. Il faut dire que Smade est le seul propriétaire de la planète qui porte son nom. Il s’y est établi avec ses trois femmes et ses onze enfants et y fait régner sa loi. Gersen y rencontre un autre explorateur de l’espace, Lugo Teehalt, lequel a travaillé pour le compte d'Attel Malagate, dit « Le Monstre ». Teehalt a fait la découverte d’une planète aussi magnifique qu’hospitalière, habitée par des créatures fascinantes telles les dryades. Pour la préserver, il veut garder secret son emplacement. Mais, dans la nuit, il est assassiné par trois individus, au grand dam de Smade qui n’admet aucun désordre sur sa planète. Gersen repart avec le moniteur de la fusée de Teehalt. Il espère réussir à l’ouvrir et à le faire parler, car il contient de précieux renseignements et en particulier la position de la fameuse planète.

« Le prince des étoiles » est un roman de science-fiction, catégorie space-opera, consacré à une chasse à l’homme et à une vengeance à travers la galaxie. C’est le premier de cinq tomes d’une saga intitulée « La geste des princes-démons ». Chacun retrace la traque d’un grand criminel et peut se lire indépendamment des autres. Après Attel Malagate, suivront Kokor Hekkus, Viole Falushe, Lens Larque et Howard Alan Treesong. Présentée comme un grand classique de la science-fiction (si l’on en croit la quatrième de couverture), cette série est plutôt une œuvre de divertissement sans grande prétention ni profondeur. L’intrigue est assez basique, les personnages peu travaillés et les méchants très caricaturaux. Reste le style de qualité du grand Jack Vance dont la production assez énorme comporte des titres de bien meilleur niveau que celui-ci.

3,5/5

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