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13/06/2017

Sables mouvants à Bénodet (Serge Le Gall)

Sables mouvants.jpgÀ Sainte Marine, non loin de Bénodet, une jeune femme est violée puis mutilée sauvagement avant d’être achevée à l’aide d’un pied de parasol planté sous le sternum. Stéphanie Rannou et Lorraine Boucher, future magistrate, qui se promènent dans le coin, assistent à la fin de ce supplice barbare. Stéphanie tente d’intervenir, mais le tueur parvient à s’échapper grâce à un petit canot caché non loin de là. Un peu plus tard, elles s’invitent dans l’enquête menée par le commissaire Landowski qui les connait pour les avoir déjà rencontrées lors d’une précédente affaire…

« Sables mouvants à Bénodet » est un thriller à la française assez bien mené avec son habituelle kyrielle de cadavres, son serial killer psychopathe torturé et ses scènes gore répugnantes à souhait. Le style est agréable et efficace. Tous les ingrédients du genre sont réunis pour une narration plutôt distrayante. Le lecteur ne pourra faire qu’un seul et unique reproche : un certain manque de vraisemblance. Les évènements s’enchainent trop bien, les coïncidences sont trop parfaites. Dans la vraie vie des vrais gens, jamais rien ne se goupille comme ça. Ceci dit, le cadre est bien décrit, les personnages sont intéressants bien qu’un peu stéréotypés et l’intrigue permet un bon moment de divertissement, rien de plus. Les amateurs du genre apprécieront.

3/5

 

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11/06/2017

Mon chemin mène au Tibet (Sabriye Tenberken)

mon chemin.jpgSabriye Tenberken est une jeune Allemande aveugle de 26 ans passionnée par la vie des Tibétains. Elle met au point un alphabet en braille pour leur langue et décide de partir au Tibet pour y monter une école spécialisée pour jeunes aveugles nécessiteux. À Lhassa, un directeur d’école pour jeunes orphelins lui prête un local où elle peut commencer à accueillir ses six premiers élèves. Mais très vite, l’argent manque. Il lui faut trouver des subventions, ainsi que des collaborateurs honnêtes et dévoués sans parler d’autres locaux plus indépendants. Sur son chemin, les obstacles ne vont pas manquer…

« Mon chemin mène au Tibet » est un magnifique témoignage de courage et de dévouement. Le lecteur ne peut être qu’admiratif de voir cette jeune femme parvenir à dépasser son propre handicap (elle monte à cheval, est capable de prendre seule l’avion, etc.) pour venir en aide aux autres. Il découvrira également la triste condition des aveugles tibétains, les croyances obscurantistes répandues autour de ce handicap sans parler de toutes les difficultés qui lui sont faites aussi bien du côté allemand que du côté tibétain. Le style est vivant, fluide et agréable. Un ouvrage intéressant qui permet une plongée étonnante dans le monde assez peu connu des mal-voyants.

4,5/5

 

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09/06/2017

Les moulins de glace (Janot Lamberton)

lamberton.jpgOriginaire du Vercors, Janot Lamberton passa une enfance aventureuse à explorer grottes et cavernes de son massif. Il retrouva toutes sortes de traces et de souvenirs (plus ou moins macabres) du Maquis. Il fut un temps ouvrier dans la chaussure à Romans (Isère), puis électricien avant de faire de la spéléologie son unique métier. Il s’illustra comme sauveteur d’expéditions en danger et comme découvreur de nouvelles grottes jusqu’au jour où Haroun Tazieff lui suggéra d’aller explorer sous l’Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland. Il y organisa une douzaine d’expéditions et battit le record du monde de descente sous la glace (plus de 200 mètres de profondeur).

« Les moulins de glace » est un témoignage de vie d’aventurier tout à fait intéressant. Le lecteur y découvre la réalité du monde souterrain, les dangers des fameux moulins de glace qui évoluent sans cesse et peuvent se transformer très vite en étaux ou en cercueils sous l’effet d’une bédière (rivière de glace). Le plus étonnant est peut-être le fait que l’exploit sportif débouche à la fois sur des découvertes scientifiques inattendues (étude des trous de cryoconite et des tartigrades, micro-organismes capables de résister aux froids extrêmes, de se mettre en hibernation et de « ressusciter » des années plus tard) et sur des applications commerciales étonnantes comme la récupération d’icebergs pour les transformer en glaçons pour émirs du désert ou en eau ultra-pure pour brassage de bières de luxe. Au total, un livre aussi vivifiant qu’émouvant (décès de la fille de l’auteur, accident mortel de Marc Boivin, son fidèle compagnon d’exploration, et disparition du grand Haroun Tazieff).

4,5/5

 

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07/06/2017

Madame la commissaire (Mireille Ballestrazzi)

Madame la commissaire.jpgEn février 1976, Mireille Ballestrazzi, étudiante, se présente au concours d’admission à l’école nationale de police de Saint Cyr au Mont d’or. Deux années plus tard, elle devient une des premières femmes commissaire de police. Elle exercera dans divers lieux : Roubaix, Bordeaux, Creil, Argenteuil, Ajaccio comme directrice du SRJP. Elle s’illustrera dans différentes affaires, hold-up, démantèlement des divers réseaux de trafic de drogue et même récupération au Japon d’œuvres d’art dérobées en France.

« Madame la commissaire » est un témoignage sur le métier de policier en général et sur celui de commissaire féminin en particulier. Mireille Ballestrazzi ne cherche pas à décrire par le menu les enquêtes menées par ses services ni à apporter de révélations particulières sur telle ou telle affaire. Elle en reste en permanence aux allusions et un peu trop à la surface des choses. Elle dévoile fort peu de détails sur sa vie personnelle sinon qu’elle est d’origine eurasienne, mariée et mère de deux enfants. Au fil de ses diverses affectations, son mari a dû plus ou moins sacrifier sa propre carrière professionnelle et ses fils s’adapter à tous leurs changements d’école et de camarades. Même si elle déplore que des voyous qu’il lui a été si difficile d’arrêter sont très vite relâchés par la justice, elle refuse de jeter la pierre à cette dernière, arguant que les juges sont des fonctionnaires intègres et qu’ils doivent avoir de bonnes raisons dont elle n’a pas à juger. Ces prises de position toujours très « correctes » relativisent un peu l’intérêt de cet ouvrage.

3/5

 

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05/06/2017

La saga des Bettencourt (Bruno Abescat)

la saga des bettencourt.jpgEugène Schueller, engagé volontaire pendant la guerre de 14, issu d’une modeste famille alsacienne, est un chimiste réputé pour avoir inventé une nouvelle teinture pour les cheveux. Grand travailleur, il multiplie les découvertes et les produits, rachète la société Monsavon et fonde l’Oréal, petite entreprise qui très vite deviendra grande au point de devenir une puissante multinationale et atteindre les sommets que l’on connait aujourd’hui. Un géant des cosmétiques au chiffre d’affaires de près de 14 milliards d’euros et au bénéfice net de 1229 millions d’euros en 2001. Sa fille et unique héritière, Liliane Bettencourt en est l’actionnaire majoritaire. Trois managers, François Dalle, Charles Zviak et Lindsay Owen-Jones se sont succédés à sa tête depuis le décès du fondateur. Depuis l’introduction en bourse des années 80, le géant Nestlé entré au capital, attend son heure pour pouvoir devenir actionnaire majoritaire…

« La saga des Bettencourt » est une enquête sérieuse, fouillée et menée dans la difficulté par un journaliste de l’Express qui ne fut même pas autorisé à interviewer Liliane Bettencourt. Paru en 2002, elle commence à dater un peu, car elle ne tient pas compte des récents développements : affaire Sarkozy, procès Banier, etc. L’auteur s’attarde sur les côtés sombres de Schueller, tout à la fois collaborateur à des journaux vichyssois et opposant ayant caché des Juifs et financé des réseaux de résistance. Ceux de Bettencourt, aussi à l’aise à gauche qu’à droite, tout autant ami de François Mitterrand que de Georges Pompidou. Le style littéraire de l’auteur est vif, fluide et enlevé, un brin journalistique. L’ensemble demeure passionnant car l’histoire de cette dynastie hors du commun ne manque pas d’intriguer.

4/5

 

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04/06/2017

Poèmes pour petits et grands (7)

laboureur.jpgChanson du grand vent

 

Le pauvre laboureur

Il a bien du malheur

Du jour de sa naissance

L’est déjà malheureux.

Qu’il pleuve, tonne, ou vente,

Qu’il fasse mauvais temps,

L’on voit toujours, sans cesse,

Le laboureur aux champs.

 

Le pauvre laboureur

Il n’est qu’un partisan ;

Il est vêtu de toile

Comme un moulin à vent ;

Il met des arselettes,

C’est l’état d’son métier

Pour empêcher la terre

D’entrer dans ses souliers.

 

Le pauvre laboureur

A de petits enfants ;

Les envoie à la charrue

À l’âge de quinze ans.

Il a perdu sa femme

À l’âge de trente ans ;

Elle le laisse tout seul

Avecque ses enfants.

 

Le pauvre laboureur,

Il est toujours content ;

Quand l’est à la charrue,

Il est toujours chantant.

Il n’est ni roi ni prince,

Ni duc, ni seigneur

Qui ne vive de la peine

Du pauvre laboureur.

 

(Anonyme – XVIᵉ siècle)

 

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03/06/2017

Arlette Arlington et autres nouvelles (Brigitte Lecuyer)

arlette l.jpgLe 6 juin 1944, naît à Arles, dans des conditions difficiles, une petite Arlette. Son jardinier de père aurait préféré avoir un fils… Sous le regard de sa mère, un enfant qui jouait sur la plage est emporté par une vague… Deux tribus se disputent la suprématie d’une île. Pour en finir, les deux chefs se lancent le défi de descendre le plus profondément possible dans le cratère d’un volcan. Le perdant devra quitter l’île avec tout son clan… Employées dans un ministère, Alice et Bertille se mettent à voler des vêtements dans un magasin, histoire de mettre un peu de piment dans leurs vies… Ouvrière dans une usine de Berlin-Est, Emma rentre chez elle complètement épuisée de sa journée de travail… Dimitri retrouve une photo d’autrefois qui l’amène à poser toutes sortes de questions et à découvrir un secret de famille. Une planche à repasser, vieux témoin de la vie d’un couple finit un jour par être remerciée de ses bons et loyaux services…

« Arlette Arlington » est un recueil de nouvelles de qualité relevant de plusieurs registres : naturalisme, intimisme, mais aussi étrange et fantastique. L’écriture de Brigitte Lecuyer est de belle facture. Elle sait se montrer poétique et impressionniste et ne manque ni d’humour ni d’ironie. Même si toutes ces nouvelles sont agréables à lire, certaines sortent particulièrement du lot. Ainsi, « Conte patriotique » ressemble-t-il à une fable allégorique empreint de charmante naïveté. « Une planche à repasser » reste un véritable régal d’originalité humoristique. « Un petit clic » est glaçante par son côté « vaudou ». Quant à « Fragments de mur », ce n’est rien moins qu’un roman complet qui tient sur six pages ! Une mention spéciale pour « Un départ à la neige », une histoire d’installation dans un village de montagne qui tourne au cauchemar pour son humour d’ailleurs inspiré d’une blague bien connue au Québec sur la beauté de la neige et sur un certain conducteur de chasse-neige qui finit par la faire détester ! Seul reproche à faire à cet ouvrage réussi, l’absence de rebondissement final, de chute surprenante et totalement inattendue.

4/5

 

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30/05/2017

Opération Baucent

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29/05/2017

L'aube du désert (Waris Dirie)

aube du désert.jpgNée dans le désert somalien, la petite Waris a partagé la vie d'une tribu nomade particulièrement pauvre avant de s’enfuir pour ne pas être mariée de force avec un vieillard. Auparavant, elle avait dû subir une excision avec ablation des petites lèvres et d'une partie des grandes ainsi qu'une infibulation pour être rendue plus « pure » et pour respecter un précepte du Coran. Mère d'un jeune garçon et devenue un célèbre top-model à New-York, elle revient en Somalie plus de vingt années plus tard pour y retrouver sa mère vivant dans une hutte misérable en compagnie de quatre chèvres et son père devenu aveugle. La condition de la femme n’a malheureusement toujours pas changé. Elle ne peut toujours pas manger dans la même pièce qu’un homme, doit porter le voile et se draper dans la longue robe traditionnelle. Ses interventions à la tribune de l’ONU pour dénoncer les mutilations sexuelles n’ont pas suffi pour faire évoluer les choses…

« L’aube du désert » est un témoignage émouvant mais partiel sur un chemin de vie particulièrement atypique. En effet, si Waris raconte par le menu sa vie de petite fille et son retour au pays vingt ans plus tard, elle occulte complètement les circonstances de son arrivée aux Etats-Unis et ses débuts dans le métier. Elle préfère se focaliser sur la condition féminine, les humiliations subies par les femmes, la vie tribale traditionnelle, la situation économique et politique catastrophique de son pays, la misère endémique (ni eau courante, ni électricité, ni services de santé minimum dans les villages). Et pourtant, elle constate que les gens de sa tribu vivent dans la joie, le partage et l’entraide. Même si les faits sont présentés de façon un peu désordonnée, le lecteur se retrouve dans ce parcours et dévore ce livre honnête et rare qui lui permet de découvrir un monde à des années-lumière du sien.

4/5

 

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25/05/2017

Il n'y a pas que le vélo dans la vie (Lance Armstrong)

index.jpgTout le monde connait Lance Armstrong, le champion cycliste américain sept fois vainqueur du Tour de France entre 1999 et 2005. Ses victoires lui seront retirées en 2012 pour cause de dopage. Moins connue est sa lutte contre le cancer qui commença par le testicule et s’étendit avec des métastases aux poumons et au cerveau. Ses chances de survie étant très faibles, il décide de se battre comme un beau diable, subi une ablation, une trépanation et trois chimiothérapies particulièrement destructrices. Il fut un véritable miraculé. Tout aussi extraordinaire furent sa remise en forme et son retour en compétition qui se passèrent dans la souffrance, la douleur et la peine. Même si la fin de l’histoire, qui n’est d’ailleurs pas racontée dans ce livre qui s’arrête à la victoire de 1999, est moins glorieuse, cette descente aux enfers et cette résurrection hors norme mérite tout notre intérêt.

« Il n’y a pas que le vélo dans la vie » est un témoignage émouvant, écrit en collaboration avec Sally Jenkins, dans lequel le champion se livre avec sincérité, raconte son enfance, sa mère aimante, l’absence d’un père et sa rage de gagner des courses dès son plus jeune âge. Mais le côté sportif n’est sans doute pas le plus intéressant dans ce livre d’autant plus qu’il y jure ses grands dieux ne s’être jamais dopé. Cela sonne d’autant plus faux quand on lit ce texte aujourd’hui ! Le parcours pour échapper au cancer reste la principale raison de lire cet ouvrage aujourd’hui. Une leçon de courage, de ténacité et de patience. Un diable d’homme au bout du compte.

3/5

 

08:30 Publié dans Livre, Sport | Lien permanent | Commentaires (0)