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19/09/2017

L'audace d'une étoile (Corine Valade)

l'audace d'une étoile.jpgAu début de l’autre siècle, Anaïs-Mauricia Bétant, jeune Thiernoise des plus casse-cous, se taille une belle réputation dans le monde du cirque et du music-hall. Elle se distingue particulièrement dans des numéros de haute voltige comme l’Auto-bolide, le saut à cheval ou le « Bilboquet humain ». Très vite, le public français puis étranger (Etats-Unis, Portugal, Russie et Allemagne) s’enthousiasme pour ses exploits. Elle connait la gloire et la fortune tout en restant une femme libérée, généreuse et très en avance sur son temps. Sa vie hors norme est jalonnée de hauts et de bas, de triomphes et d’accidents ainsi que de nombreux compagnons et soupirants…

« L'audace d'une étoile » est un roman historique et sentimental bâti autour d’un personnage extraordinaire ayant réellement existé. L’auteure, Corine Valade, après de jolis succès dans un registre plus terroir et artisanat traditionnel (« Le printemps d’Aurélien »), s’était déjà spécialisée dans les récits de vies de femmes libres comme « Victoire » ou « Léopoldine ». Elle franchit maintenant un nouveau cap avec le récit d’une partie de la vie de ce personnage des plus extraordinaires et des plus attachants. Une fois de plus, se vérifie l’adage selon lequel la réalité dépasse la fiction. Les évènements et péripéties se succédant à un rythme rapide, ce livre, agréablement écrit, ne se lit pas, il se dévore à toute vitesse ! On ne souhaite qu’une chose à l’auteure : qu’elle poursuive avec d’autres figures du féminisme comme Olympe de Gouges, Louise Michel, Ella Maillart ou Alexandra David-Neel. Les sujets ne lui manqueront pas.

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14/09/2017

La passion des Chrétiens du Liban (Dominique Baudis)

la passion des chrétiens.jpgToute l’histoire du Liban a été marquée par les affrontements confessionnels entre Musulmans et Chrétiens depuis l’expansion de l’Islam au VIIIème siècle jusqu’à nos jours où, sur une même terre, cohabitent difficilement Chrétiens maronites et Musulmans sunnites, chiites ou druzes. Les périodes de paix et d’harmonie ont malheureusement bien souvent été entrecoupées d’intermèdes de persécutions barbares frisant le génocide. Ainsi, en 1860, les Druzes se lancèrent-ils dans de terribles massacres de Chrétiens à Beyrouth, sur le Mont Liban et jusqu’en Syrie. Les Turcs sensés faire régner l’ordre se rendirent d’ailleurs complices de toutes ces atrocités. À Damas, où d'autres tueries religieuses eurent lieu, seul l’émir Abd-el-Kader sut se montrer charitable. Et il fallut que Napoléon III se décide enfin à intervenir par l’envoi d’un corps expéditionnaire pour faire cesser cette folie sanguinaire. Le calvaire se reproduisit en 1914-18 sous forme d’une monstrueuse famine cyniquement organisée qui fit périr à nouveau des milliers de Maronites. D’autres troubles eurent encore lieu en 1943, période qui vit la fin du protectorat français. Et en 1975, éclata une très longue guerre civile qui ravagea à nouveau la pauvre petite « Suisse » du Moyen-Orient.

« La passion des Chrétiens du Liban » est un ouvrage historique de belle facture qui nous rappelle quelques épisodes de l’histoire douloureuse d’une communauté multi-culturelle et multi-religieuse qui eut toujours les pires difficultés à maintenir un équilibre précaire entre les diverses forces en présence. On transigea avec un président maronite et un premier ministre sunnite, principe démocratique reposant sur l’importance numérique de chaque religion. On sait ce qu’il en est devenu. Livre souvent dur à lire en raison de la description par des témoins oculaires de véritables pogroms d’une cruauté féroce. La populace druze égorgeant à tout-va, n’épargnant ni femme, ni enfant, ni vieillard. Incendies, vols, viols et pillages furent à chaque fois systématiquement pratiqués. Mais livre indispensable pour qui veut garder un regard lucide sur des réalités religieuses et ethniques qu’on aimerait relever d’un autre temps.

4,5/5

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12/09/2017

Ulla Sundström

08:32 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

09/09/2017

La différence créatrice (Jacques de Bourbon-Busset)

la différence.jpgAimer c’est faire confiance, c’est accepter qu’un autre m’altère… Je me suis débattu contre l’amour comme on se débat contre Dieu… Chacun aime l’autre pour l’autre et non pour soi… Le mal, c’est le refus du droit à la différence et donc l’esprit de domination… Malheureusement, la société marchande n’adore qu’un dieu, le dieu fric… J’apprends que la fidélité est une création perpétuelle, que l’amour peut vaincre le temps, que l’intelligence du cœur est au cœur de l’intelligence… Ce livre étant impossible à résumer, j’ai préféré noter ses quelques pépites qui illustrent parfaitement le propos de l’auteur.

« La différence créatrice » est un double recueil philosophique : celui de sept textes personnels de Jacques de Bourbon-Busset et dans une seconde partie celui d’une vingtaine d’autres de grands auteurs, saints, poètes ou philosophes (comme Saint Jean, Saint Bernard, Charles Péguy, Paul Valéry, Rainer Maria Rilke, Descartes, Pascal, Spinoza, Rousseau, Alain, Heidegger, etc.) Tous semblent convoqués ici pour illustrer les réflexions de l’auteur sur l’amour, la mort, le divin, l’humain, l’âme, la puissance et la gloire, le respect de la nature. Les sujets ne manquent pas, les interrogations non plus. À moins de servir d’introduction voire d’initiation, l’ensemble qui a quelque chose d’hétéroclite et d’un peu superficiel. Laisse le lecteur sur sa faim Mais une authentique philosophie n’est-elle pas une perpétuelle recherche ?

3/5

06/09/2017

Les aveux infidèles (Jacques de Bourbon-Busset)

aveux.jpgUn homme, écrivain et diplomate, sorte de double de l’auteur, s’interroge sur le sens de sa vie, sur l’amour, la mort, l’amitié, la transcendance, entre autres choses. Pris dans le tourbillon de la vie, se préoccupe-t-on si l’âme meurt avec le corps ou si quelque principe supérieur la sauve de l’anéantissement ? Il faut dire que la mort rôde autour de lui. Il vient de perdre J., une amie très chère, suite à une longue et douloureuse maladie. Son frère est mort pendant une escarmouche au début de la guerre, sa mère également victime d’une rafale de mitraillette en août 44 et son père pour achever la série. Sa vie ne trouve un sens qu’auprès de sa compagne et dans le calme de la nature. Il songe même à tout quitter pour ne plus se consacrer qu’à son art.

« Les aveux infidèles » se présentent comme des confidences décousues, qu’on dirait écrites au fil de la plume dans une série de courts chapitres sans véritable lien les uns avec les autres. Une suite d’impressions introspectives, une auto-analyse et même une autobiographie spirituelle. Jacques de Bourbon-Busset, qui est loin d’être un mystique, est parti d’un rejet de la transcendance pour lentement y revenir sous l’influence de sa compagne. En chemin, il s’est interrogé sur tous les grands thèmes de la philosophie. Le lecteur y trouvera les influences d’Alain, de Kant et de quelques autres ainsi que de Paul Valéry en ce qui concerne la poésie. Ces aveux « infidèles » (au sens que les mots peuvent souvent trahir la pensée) laissent au lecteur une impression de légèreté pour ne pas dire de futilité. Ils restent la plupart du temps à la surface des choses sans jamais les approfondir vraiment. Ils posent plus de questions qu’ils ne proposent de réponses. Mais la vie n’est-elle pas ainsi ?

3/5

04/09/2017

Les innocents de Paris (Gilbert Cesbron)

les innocents.jpgEn 1923, à Paris, les anciennes fortifications avec leurs terrains vagues, leurs jardinets et autres cabanes en bois servent de terrain de jeu à une bande de gamins pauvres et plus ou moins livrés à eux-mêmes. Ces petits « Poulbots » se sont accaparés une vieille cabane dans laquelle ils se retrouvent et cachent leurs pauvres trésors, une boussole, quelques albums et diverses babioles. Il y a également un perroquet, un chat et un chien. Les enfants ne rêvent que d’aventures et d’expéditions plus ou moins risquées. Ainsi, l’un d’eux se perd dans un des souterrains de la petite Ceinture et y découvre un vieux wagon abandonné autrefois réservé aux voyages princiers. Leur soif d’aventures les pousse à se lancer à l’assaut du lointain Parc Monceau pour y affronter les gosses de riches. Mais l’aventure tourne court. Un des gamins placé un temps en garde à vue attire l’attention d’un véritable voyou…

« Les innocents de Paris » est un joli roman sur l’enfance et sur un monde disparu celui du vieux Paname, des fortifs et des titis parisiens. Nombre de personnages hauts en couleurs comme l’employé de l’octroi, le gardien du square ou l’ancien vétéran de la Commune, égayent cette histoire qui rappelle par moment la fameuse « Guerre des boutons » de Louis Pergaud. Le style de Gilbert Cesbron, finement descriptif, n’a pas pris une ride et est toujours agréable à lire. Même si cet ouvrage n’est pas le meilleur de l’auteur, il mérite néanmoins notre intérêt ne serait-ce que pour la connaissance du monde de l’enfance perdue et surtout pour la description glaçante des terribles évènements de la « Commune de Paris », page d’Histoire de France terrible au point d’être soigneusement édulcorée dans les manuels. C’est tout à l’honneur de Gilbert Cesbron de l’avoir évoquée de cette manière.

4/5

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02/09/2017

Montburgonde

08:26 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2017

La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)

la vie secrète.jpgContrairement à ce que d’aucun pourrait croire, les arbres ne sont pas des êtres presque inanimés proches des minéraux, de simples fournisseurs de bois et accessoirement d’ombre et de fraîcheur en été. Ils sont capables de communiquer par leurs racines, de s’entraider en ravitaillant en nutriments un congénère en difficulté. Ils savent également se défendre contre les prédateurs en changeant la composition de leur feuillage de manière à le rendre non comestible. Les chênes sont capables de gérer leur production de glands pour mieux assurer leur succession. Quant aux séquoias de nos régions ou de nos parcs, s’ils n’arrivent pas à devenir aussi imposants que ceux d’Amérique, c’est tout simplement parce qu’ils ont été plantés en solitaires et donc qu’ils n’ont plus le soutien du groupe. La forêt est un grand être vivant où les arbres vivent en communautés et en symbiose avec les champignons, les micro-organismes, les insectes et tous les autres animaux.

« La vie secrète des arbres » est un essai absolument passionnant basé sur les recherches d’un forestier allemand responsable d’une forêt bavaroise qu’il s’efforce de gérer comme une forêt primaire c’est-à-dire avec le minimum d’intervention humaine pour lui permettre de garder toute sa richesse et toutes ses caractéristiques naturelles. Cet ouvrage permet de découvrir un nombre incalculable de choses insoupçonnées. Quand il se promènera en forêt, le lecteur ne regardera plus jamais les arbres de la même façon. Le style est fluide et agréable. L’intérêt est soutenu du début à la fin. Laquelle se présente sous forme d’un plaidoyer en faveur de la forêt primaire auquel il est difficile de ne pas souscrire après tout ce qui vient d’être aussi magistralement exposé. Un livre essentiel pour qui veut comprendre la réalité écologique du milieu forestier.

4,5/5

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26/08/2017

Récits de Kolyma (Varlam Chalamov)

Kolyma.jpgÀ l’époque de Staline, un détenu des camps de concentration du Goulag, à l’extrême-nord de la Sibérie, se retrouve interné dans un centre de quarantaine. Pour un temps, il échappe au travail exténuant, aux coups pour un oui ou pour un non, aux vols et humiliations des droits communs. Quand son nom est appelé pour faire partie de ceux qui doivent retourner au camp de la Kolyma, il se fait tout petit et reste dans les rangs pour pouvoir faire durer plus longtemps son séjour dans cet abri relatif. Et ça marche… Un autre qui a énormément travaillé et qui n’est plus bon à grand-chose suite aux mauvais traitements est convoqué par un responsable qui lui assigne une nouvelle affectation. Quand il se retrouve avec des gardes armés dans un camion qui s’enfonce profondément dans la forêt, il réalise soudain que sa dernière heure est venue et qu’on va le liquider d’une balle dans la nuque…

« Kolyma » n’est ni un témoignage chronologique complet ni un recueil de nouvelles, mais plutôt une série de récits, d’anecdotes de portraits de pauvres bougres internés la plupart du temps sans rime ni raison dans cet effroyable enfer concentrationnaire bolchévique. Etudiant à l’Université de Moscou, l’auteur y fut condamné en 1929 et y fit deux séjours avant d’être libéré en 1953, à la mort de Staline. Ce qu’il raconte est d’autant plus glaçant et choquant que tout est fait pour détruire l’homme : travail épuisant dans les mines d’or ou au débardage de bois, nourriture insuffisante, promiscuité, parasites, maladies et persécutions par les droits communs. La plume est précise, les descriptions parfois impressionnistes, l’ambiance glauque à souhait, une impression de dernier cercle de l’enfer. Le summum de l’horreur est d’ailleurs atteint lorsque la montagne rasée et dévastée fair remonter à la surface les milliers de cadavres congelés qui se sont accumulés au fil du temps. Un témoignage accablant pour l’Histoire du communisme.

3,5/5

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23/08/2017

Être jeune à tout âge (Dr Nadia Volf)

jeune.jpgCe guide pratique illustré propose une méthode pour vivre bien et en forme le plus longtemps possible. La médecine chinoise, l’acupuncture et son dérivé, la digitopuncture, seraient-ils en mesure de tous nous maintenir dans l’éternelle jeunesse, à tout le moins, de nous permettre de vieillir à peu près confortablement et sans trop importants problèmes de santé ? Pour ce faire, il vaut mieux prévenir que guérir, renforcer les défenses, mener une vie riche et active, faire de l’exercice, manger de bons produits, exercer sa mémoire et maintenir une vie sociale épanouissante. « Dans la Chine ancienne, l’usage voulait que l’on paie son médecin quand… on allait bien. Aussitôt la maladie déclenchée, les soins devenaient gratuits. Pourquoi ? Parce qu’un bon médecin devait être capable de prévenir les maladies. »

« Etre jeune à tout âge » se présente comme un traité de vulgarisation de maintien en bonne santé surtout destiné aux femmes. Chaque grande étape de la vie, 20/30 ans, l’âge des débuts, 30/40 ans, l’âge de l’accomplissement, 40/50 ans, l’âge de l’essentiel, 50/60, la ménopause pas de panique, et 60/70, la joie de vivre, est étudié dans un chapitre particulier avec un état des lieux (difficultés particulières de chaque tranche de vie) puis avec une série de conseils pratiques de toutes sortes : points d’acupuncture, compléments alimentaires, exercices physiques, conseils diététiques, etc. Un grand nombre de dessins et croquis illustre le propos qui complète un peu les exposés des précédents ouvrages mais en reste quand même à toutes sortes de généralités que l’on peut retrouver un peu partout dans la presse féminine. Utile, mais pas génial !

3/5

08:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)