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28/06/2017

Poèmes pour petits et grands (9)

antonin artaud.jpgAmour

 

Et l’amour ? Il faut nous laver

De cette crasse héréditaire

Où notre vermine stellaire

Continue à se prélasser

 

L’orgue, l’orgue qui moud le vent

Le ressac de la mer furieuse

Sont comme la mélodie creuse

De ce rêve déconcertant

 

D’elle, de nous, ou de cette âme

Que nous assîmes au banquet

Dites-nous quel est le trompé

Ô inspirateur des infâmes

 

Celle qui couche dans mon lit

Et partage l’air de ma chambre

Peut jouer aux dés sur la table

Le ciel même de mon esprit

 

(Antonin Arthaud)

 

09:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2017

Comprendre l'argent (Rémy Mathieu)

comprendre l'argent.pngSeul 5% de l’argent sur terre circule sous forme de pièces et de billets. 95% est informatique donc virtuel. Les banques peuvent prêter beaucoup plus d’argent qu’elles n’en possèdent réellement en dépôt (jusqu’à 98%). Elles créent « ex nihilo » de l’argent en accordant un crédit. Les banquiers prêtent donc de l’argent qu’ils n’ont pas et demandent des intérêts dessus ! Les Etats pourraient emprunter à leurs propres banques sans aucun intérêt, mais ils ont voté des lois (en 1973 en France) pour se l’interdire et s’obliger à passer par des banques privées pour se financer. Résultat : une augmentation exponentielle de la dette qui ne fera que croître et embellir tant que l’Etat signera des budgets en déficit et empruntera de cette manière…

« Comprendre l'argent » est un court essai économique clair et assez facile d’accès ce qui est plutôt rare dans ce genre d’ouvrage. L’auteur met l’accent sur un scandale encore mal perçu par le public et même par certains journalistes ou hommes politiques. Ce système qui enrichit moins de 1% de l’humanité est source de souffrances et de misères de toutes sortes (chômage, pauvreté, désordres de toute nature) pour les 99% restant. Il serait temps que l’opinion publique prenne conscience de cette réalité et que des gens courageux se lèvent pour siffler la fin des réjouissances pour les ploutocrates qui tirent les ficelles de cette sinistre comédie. Ce serait le seul moyen d’en finir avec les crises économiques à répétition, les krachs boursiers et d’arriver à une meilleure répartition des fruits du travail humain. Jusqu’à présent seuls les Islandais ont eu ce courage. Ils ont nationalisé les banques, mis les banquiers en prison et ne s’en portent que mieux. Leur économie est florissante ! Un petit livre à ne pas manquer pour bien comprendre la problématique de l'argent et de la dette, disponible gracieusement sur la plateforme éponyme, ce qui ne gâte rien.

4,5/5

 

08:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

25/06/2017

Propos de ville et propos de théâtre (Henry Murger)

propos de ville.jpgUn journaliste n’ayant rien à proposer à son chef a l’idée de jeter dans la Seine un chapeau trouvé sur un banc et de hurler à la noyade. Les passants s’attroupent, croient à une noyade et alertent les autorités. Pour le plumitif en manque de matière, ce sera un de ses meilleurs « papiers »… Savez-vous ce que Montaigne disait des hommes qui épousent leur maîtresse ? « Ce sont des gens qui crachent dans leur verre avant que de boire »… Le Français sait le mieux faire l’amour ; l'Italien le fait mieux agir ; le Russe le fait agir et parler également bien ; l’Allemand l’endort ; le Polonais le ruine…

« Propos de ville et propos de théâtre » est un recueil de petits articles, d’anecdotes, d’historiettes, de traits d’esprit et de chroniques de pièces de théâtre. Une sorte de fourre-tout pétri d’humour et d’ironie plus ou moins grinçante. Une sorte de concentré de l’esprit français et même parisien. Bien que datant de 1853, cet ouvrage reste d’une lecture agréable. C’est pétillant, corrosif, parfois poétique, philosophique, même si certaines références sont perdues et même si l’auteur a des femmes une vision désenchantée et frôlant la misogynie. Certains textes ont plus d’intérêt que d’autres. Ainsi sort du lot celui sur le temps trop doux du mois de janvier qui permet toutes sortes d’extravagances et une incursion dans le fantastique désopilant très proche du surréalisme. Idem pour la série de portraits archétypaux de toutes sortes de piètres personnages gravitant autour du théâtre et de la littérature. Il y a du Saint-Simon chez Murger, auteur qui ne mérite le détour.

4,5/5

 

08:21 Publié dans Humour, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2017

L'homme au stylo (Marcel Idiers)

L'homme au stylo.jpgLe commissaire Poupart est appelé dans un théâtre parisien suite à l’assassinat de la comédienne Mona Stella. En réalité, celle-ci n’était qu’évanouie. Un individu lui a fait livrer une corbeille de roses, a soudoyé son habilleuse et s’est présenté sous le nom de Maxime Fontani, imprésario voulant lui proposer un contrat mirifique. Il en a profité pour lui injecter un somnifère et lui dérober ses bijoux. Les méthodes employées amènent Poupart à penser qu’il a affaire à l’insaisissable « homme au stylo ». Peu après, un jeune journaliste et un détective privé nommé Furet se lancent à leur tour sur la piste du voleur…

« L’homme au stylo » se présente comme un roman populaire et feuilletonesque dans l’esprit du célébrissime Arsène Lupin. En effet, le héros vole aux riches pour donner aux pauvres, ridiculise ses poursuivants et, tel un véritable Frégoli, change en permanence d’aspect et de déguisement, se rendant ainsi quasiment impossible à capturer. La trentaine, joli garçon, grand, mince et élégant, il habite un appartement trois pièces dans une rue calme d’un quartier chic du vieux Passy. Insaisissable et mystérieux, ce voleur gentleman, ne tue jamais et choisit ses victimes parmi les individus qui ont acquis leur richesse de façon peu recommandable. Adepte du déguisement, mais uniquement lorsqu’il n’est pas sur un coup, il a l’habitude d’opérer avec un stylo dissimulant une seringue Pravas qui lui permet d’injecter un liquide opiacé capable de provoquer un sommeil immédiat chez la personne qu’il a choisie de neutraliser. Datant de 1945, ce roman, bien écrit et qui n’a pas pris une ride, reste un agréable divertissement sans autre prétention.

4/5

 

08:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/06/2017

L'homme sans bras (Paul Féval)

l'homme sans bras.jpgVingt années plus tard, Tanneguy de Tréguern, fils de Filhol le revenant breton, débarque à Paris au Palais-Royal pour être introduit parmi les personnalités importantes de la capitale. Il prend toujours la douairière Le Brec pour sa grand-mère et ne sait que peu de choses sur ses origines hormis le fait qu’il soit orphelin. Il retrouve Stéphane, son ami et quasi frère de lait. Un étrange avocat se présente chez la marquise du Castellat, richissime veuve qui doit bientôt épouser Gabriel de Feuillans, autre parvenu de fortune aussi récente que peu méritée. L’homme dit s’appeler Privat, être breton et natif de la région de Tréguern. Depuis le début, il prétend avoir suivi l’affaire des revenants et avoir accumulé preuves et témoignages accablants. Sera-t-il en mesure de faire éclater la vérité et cesser la malédiction qui frappe cette famille ?

« L’homme sans bras » est le second et dernier tome d’une « Histoire de revenants », roman fantastique et social assez noir, bien dans le style des romans feuilletons populaires de l’époque. Les rebondissements ne manquent pas dans cette intrigue à la fois compliquée et un tantinet cousue de fil blanc. En effet, dès le début, le lecteur a un doute et il lui vient même une explication qui est confirmée par la fin en happy end, autre passage obligé du genre. Les personnages ne déçoivent pas. Le méchant l’est énormément, à la fois assassin, voleur, menteur, faussaire, prêtre défroqué et usurpateur. Les nobles dans la débine ne font que descendre un à un les échelons de la société. L’argent corrompt tout sur son passage et finit par ravager complètement l’ordre ancien. Les femmes se partagent entre les cupides et les victimes. Seul surnage le personnage d’Etienne, l’homme sans bras, qui ne vit que pour aider son maître et fait preuve d’un tel dévouement qu’il va jusqu’à se sacrifier totalement pour lui. Finalement, le lecteur se demande si le côté historique et ethnologique de ce livre parfaitement écrit et toujours agréable à lire même aujourd’hui n’est pas plus intéressant que son versant fantastique avec ses revenants, sa sorcière, ses esprits frappeurs et autres ectoplasmes.

3,5/5

 

08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/06/2017

Une histoire de revenants (Paul Féval)

une histoire de revenants.jpgEn Bretagne, à la fin du XVIIIème siècle, Filhol de Tréguern, aristocrate désargenté, est censé jouer les revenants quelque part sur la lande déserte non loin du Trou de la Dette. La douairière Françoise Le Brec et Marianne, la sœur du disparu viennent la nuit sur les lieux dans l’espoir de voir apparaître son fantôme. Mais rien ne se produit, aucune voix ne s’élève dans les ajoncs… Et soudain, elles aperçoivent une forme humaine sortie des broussailles, c’est un spectre de femme avec un visage d’une beauté angélique encadré d’une vague de boucles blondes. Il s’agit de Geneviève de Tréguern, la veuve du revenant, qui le cherche également. Mais où donc Filhol est-il passé ? On le dit mort des fièvres depuis longtemps. Et pourquoi cette croyance selon laquelle tout Tréguern doit mourir trois fois ?

« Une histoire de revenants » est le premier tome d’un roman fantastique de Paul Féval, auteur breton qui, à son époque, rencontra un succès équivalent à ceux de Balzac ou de Dumas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et pourtant ce prolifique romancier nous gratifie ici encore d’une histoire pleine de rebondissements écrite d’une plume alerte et de descriptions minutieuses d’une Bretagne profonde, pleine de mystère et de croyances aux esprits, aux sorciers et autres korrigans. Sans doute est-ce le côté le plus passionnant de ce texte. Quelques années après la Révolution et la révolte des Chouans, le pays pauvre et arriéré est encore imprégné des us et coutumes de l’ancien régime. Les nobles bénéficient toujours du dévouement et du respect de leurs paysans. Un des personnages prend même la place de son seigneur au moment de la conscription. Il y laissera un bras et se sacrifiera même pour lui. Et pourtant, l’âge d’or des Tréguern est terminé. Ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes et le lecteur ne découvrira leur fin et la clé de l'énigme que dans le second tome intitulé « L’homme sans bras ».

3,5/5

 

08:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

17/06/2017

Comment cesser de programmer l'échec (Michel Dogna)

Comment cesser de programmer.jpgL’être humain est tout à la fois corps et esprit. Son esprit a des potentialités qu’il ne soupçonne même pas. Certains semblent accumuler les souffrances et les malheurs alors que d’autres collectionnent les joies et les réussites. Pour l’auteur, tout dépend de la pensée positive qu’il appelle « la force d’attraction ». L’univers serait une source de bonheur inépuisable. Nos pensées négatives seraient non seulement une barrière empêchant qu’il se déverse sur l’humain, mais en plus, qu’elles perpétueraient indéfiniment les catastrophes et les calamités…

« Comment cesser de programmer l’échec » est un essai de psychologie appliquée, présenté par Michel Dogna, naturopathe bien connu. Ses recherches sur la maladie l’ont amené à la conclusion que le psychologique avait toujours le dernier mot dans la plupart des cas de pathologie. Nos maux n’arrivent jamais par hasard et nous avons en nous tous les facteurs de guérison possibles. Cette méthode semble pas mal à voir avec la sophrologie ou avec la fameuse « méthode Coué ». Même si les arguments et les anecdotes présentés laissent un peu rêveur, rien n’empêche d’essayer de la pratiquer. Que risque-t-on ? Une meilleure santé ? Plus de réussite ? Un livre qui donne à réfléchir.

4/5

 

16/06/2017

Poèmes pour petits et grands (8)

antoine.jpgPourquoi ces canons ?

 

Pourquoi, pourquoi ces canons

Au bruit inquiétant

Pourquoi, pourquoi ces canons

Pour faire la guerre mon enfant.

 

Pourquoi, pourquoi plus souvent

Qu’on ne l’imagine

Faisons-nous la guerre aux gens

Pour faire tourner les usines.

 

Pourquoi, pourquoi ces usines

Qui n’ont rien qui vaille

Pourquoi, pourquoi ces usines

Pour donner aux gens du travail.

 

Pourquoi, pourquoi ce travail

Dur et fatigant

Pourquoi, pourquoi ce travail

C’est pour gagner de l’argent.

 

Pourquoi, pourquoi cet argent

Est-il donc si bon

Pourquoi, pourquoi cet argent

Pour acheter des canons.

 

(Antoine)

 

08:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/06/2017

La grande relève des hommes par la machine (Jacques Duboin)

la grande relève.jpgEn 1932, l’auteur rencontre quelque part en Haute-Savoie, un médecin en retraite, le docteur Hermodan, un industriel du Nord, un négociant parisien, un jeune ingénieur, un propriétaire terrien, un pharmacien ainsi qu’un architecte retiré des affaires et ayant longtemps milité dans un parti de gauche. Ce petit cénacle discute en toute liberté de politique et d’économie. La terrible crise économique commencée en 1929 aux Etats-Unis est là et bien là avec son lot de chômage, ses usines qui ferment et ses entreprises qui font faillite. Comment en sortir ? Y a-t-il vraiment des solutions ? L’auteur est d’autant plus intéressé par le diagnostic et les remèdes présentés par ses interlocuteurs que son éditeur lui a demandé d’écrire un livre sur la question.

« La grande relève des hommes par la machine » est un essai sur l’économie particulièrement clair et intéressant qui n’a pas pris une ride en dépit de son grand âge. Il est présenté sous forme de conversations à bâtons rompus abordant un à un tous les aspects du problème : déséquilibre entre production et consommation, automatisation (robotisation) amenant à une surproduction, réduction des effectifs, concurrence sauvage, abondance entrainant la chute des cours, chômage amenant une baisse de la consommation, déséquilibre de la balance commerciale… L’analyse des causes est tellement précise et impeccable que le lecteur se dit que si le livre avait été écrit aujourd’hui il n’aurait d’autre différence que quelques chiffres (les 300 000 chômeurs de l’époque se retrouvant nettement plus nombreux de nos jours) et qu’une belle aggravation des dérives du capitalisme. Ecrit par un industriel et homme politique de premier plan, ce livre longtemps mis sous le boisseau, a été réédité en numérique par Etienne Chouard (en libre accès sur son site). Il propose comme solution à ces crises récurrentes, endémiques et quasi-perpétuelles, un partage du travail, une économie distributive (on dirait « solidaire » ou « décroissante » de nos jours) et un revenu de base, ancêtre du « revenu universel », toutes solutions n’ayant jamais été vraiment mises en pratique et ne manquant pas d’une certaine séduction. Quiconque s’intéresse à l’économie ne devrait pas se priver de lire l’ouvrage de ce visionnaire que fut Jacques Duboin !

4,5/5

 

09:06 Publié dans Economie, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2017

Sables mouvants à Bénodet (Serge Le Gall)

Sables mouvants.jpgÀ Sainte Marine, non loin de Bénodet, une jeune femme est violée puis mutilée sauvagement avant d’être achevée à l’aide d’un pied de parasol planté sous le sternum. Stéphanie Rannou et Lorraine Boucher, future magistrate, qui se promènent dans le coin, assistent à la fin de ce supplice barbare. Stéphanie tente d’intervenir, mais le tueur parvient à s’échapper grâce à un petit canot caché non loin de là. Un peu plus tard, elles s’invitent dans l’enquête menée par le commissaire Landowski qui les connait pour les avoir déjà rencontrées lors d’une précédente affaire…

« Sables mouvants à Bénodet » est un thriller à la française assez bien mené avec son habituelle kyrielle de cadavres, son serial killer psychopathe torturé et ses scènes gore répugnantes à souhait. Le style est agréable et efficace. Tous les ingrédients du genre sont réunis pour une narration plutôt distrayante. Le lecteur ne pourra faire qu’un seul et unique reproche : un certain manque de vraisemblance. Les évènements s’enchainent trop bien, les coïncidences sont trop parfaites. Dans la vraie vie des vrais gens, jamais rien ne se goupille comme ça. Ceci dit, le cadre est bien décrit, les personnages sont intéressants bien qu’un peu stéréotypés et l’intrigue permet un bon moment de divertissement, rien de plus. Les amateurs du genre apprécieront.

3/5

 

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