28.01.2012

Démocratie représentative ?

Sénat.jpegLes Etats-Unis = 300 millions d’habitants, n’ont besoin pour les diriger que de 435 députés et 100 sénateurs. 
La France = 63 millions d’habitants, a besoin de 577 députés et 350 sénateurs pour la conduire au bord de la faillite. L’Europe, aujourd’hui à deux doigts de l’implosion, s’est dotée de 735 députés qui se roulent les pouces et nous ruinent.
N’y a-t-il pas comme une contradiction dans ces exemples ?
Qui a décidé qu’il fallait un nombre aussi important de « politiques » pour que la démocratie fonctionne ? Et Pourquoi Donc ?

27.01.2012

La gauche régressive de Monsieur Hollande

 
Hollande caricat.jpegFranchement la comparaison avec Mitterrand relève de la dérision. Le brillant discours du Bourget prononcé ce 22 janvier par Monsieur Hollande pour sa campagne ne saurait impressionner que les tout jeunes gens et les maquettistes du Figaro. Ces derniers titrent fort abusivement à la Une de leur édition papier du 23 : "Hollande flatte sa gauche".

 

Mais de quelle gauche s'agit-il ?

Sur de nombreux thèmes de société, pour complaire aux amis de M. Delanoë ou de M. Bergé, et pour déplaire à ceux de Mme Boutin, on a habilement brodé pour donner un peu de lustre aux programmes les plus éculés. Adoption, mariage, théorie du "genre", contre-culture, tout cela ne coûte pas cher, pourquoi se le refuser quand cela rapporte des voix ? Doublement du plafond du livret A, blocage des loyers, toujours l'illusion, toujours la poudre aux yeux, toujours des slogans aguicheurs qui ne résolvent aucun problème mais qui au contraire les aggravent tous ! 

Comme on va le voir, la seule idée un peu évolutive porte en fait sur la laïcité. Pas vraiment novatrice dira-t-on. Certains pourraient y voir un retour au point de départ, c'est-à-dire à l'époque de la victoire du parti radical en 1902. Le nouveau laïcisme est arrivé.

Le candidat de la gauche sait se faire applaudir de salles acquises d'avance, celles qui attendaient depuis les primaires que leur champion entre en lice. Mais il peine, de toute évidence, à racoler auprès de ce qu'on appelait autrefois dans la rhétorique du PCF les "larges masses prolétariennes". L'électorat ouvrier ne semble guère non plus s'intéresser à la campagne Mélenchon qui, certes, pose un problème à l'aile gauche du PS, un problème philosophique, un problème de positionnement, un problème d'état d'âme. Mais celle-ci semble, pour l'instant, voué à ne recueillir que 2 % des intentions de vote au premier tour dans la catégorie sociale autrefois préférée des marxistes. Faible apport en vue du second tour.

Pour complaire à la petite extrême gauche, pour se ménager au second tour les suffrages et les ralliements de la nuée des structures militantes et de leurs réseaux, le président du Conseil général de la Corrèze n'a pas hésité à s'afficher en compagnie de Hessel. (1)⇓ Ça ne mange pas de pain. Et cela en distribue encore moins aux affamés. Le vieil exhibitionniste de l'indignation gratuite prend ici une dimension disproportionnée. On la jugera hélas à la mesure exacte des 4,5 millions d'acheteurs mondiaux de son livre creux mais d'excellente vente.

Tel ce "chef qui ne s'est jamais trompé" désignant en 1943 le "marché noir" comme l'homme à abattre, là où on s'attendait à le voir citer Pierre Laval, le Hollande 2012 nomme son ennemi : "la finance". Celle-ci doit trembler, pour sûr. Demain, en effet, il empruntera de force à la banque de Chine, aux fonds de pensions californiens et à l'émir du Qatar de quoi boucler les fins de mois de l'État républicain. Il persiste à voir dans la suppression des "cadeaux faits aux riches" et dans le maintien des dépenses publiques la voie du redressement budgétaire. Et le public applaudit. On ne réduit pas les gaspillages : il n'en existe aucune sorte dans les comptes de la république. On "maîtrise", on "gère", à l'instar sans doute de ce qui s'accomplit dans le département qu'il préside, le plus endetté de l'Hexagone.

Toute cette petite cuisine, à dire vrai, ne surprend que par le vague des promesses et la modestie des propositions. La cote du doctrinaire fiscaliste Piketty et de son camarade égalitaire Chavagneux n'apparaît pas en hausse : on utilisera peut-être une ou deux recettes de leurs petits livres rouges ou blancs, mais on en a rabattu sur la révolution fiscale, tout en jetant encore les bases de hausses très probables des impôts. Mais de ce point de vue il faut reconnaître, aussi, que la partie adverse ne garantit pas de vraies réjouissances, elle qui, au cours de l'année 2010, a pris 130 mesures de hausses des impôts. (2)⇓

La vraie novation par conséquent consiste à revenir à un discours qui reprend la laïcité de 1905 comme socle indépassable de l'identité française. Ceux qui ont pris la peine d'étudier cette période comprendront aisément qu'aucun des problèmes de l'époque ne correspond à la nôtre. Le gouvernement Émile Combes, celui de "l'union des gauches", telle qu'on la pensait alors, ne ressemble en rien à ce que se propose de faire Monsieur Hollande. Les fameuses "fiches" (3)⇓ , œuvres répugnantes et persécutrices de la franc-maçonnerie de gauche, étaient confectionnées au secrétariat du grand orient de France. Elles visaient les officiers catholiques, royalistes ou nationalistes. Elles n'ont sans doute jamais été abolies, ni d'ailleurs sanctionnées. Le système est bien rodé, on le trouve presque naturel au soi-disant "pays des Droits de l'Homme". Ça fonctionne tout seul : pas besoin d'en rajouter pour Monsieur Hollande qui "aime les gens", et qui probablement n'ambitionne pas de couper beaucoup de têtes.

Il propose simplement aujourd'hui d'inscrire la loi de 1905 dans la constitution. Mais au fait, à quoi cela servira-t-il, puisque la laïcité a déjà été ajoutée par le texte de 1958 qui renvoie au préambule de la Quatrième république ? Dire que celle-ci se veut "laïque" revient exactement au même.

S'il s'agit de figer cette législation, votée pour "séparer l'Église de l'État", cela veut dire simplement que l'on rendrait intangible ses dispositions concrètes. Ainsi l'on interdirait, définitivement, aux maires de subventionner la construction de mosquées, ou même indirectement de leur en fournir les terrains, non plus au nom d’une simple loi, mais en vertu des dispositions supposées inoxydables de la constitution. Ainsi les maires socialistes qui cherchent les voix "communautaires", comme le fait Mme Aubry à Lille ne pourraient plus le faire. Ou bien cela leur donnera un alibi pour ne plus y succomber. Cela ne nous fera certes pas trop pleurer, mais on ne saurait dire qu'il s'agit de "flatter la gauche". Tout au plus console-t-on, discrètement, d'autres fraternités.

On prétend qu'il rompt, de la sorte avec le multiculturalisme. Il ne fait que chercher à donner des gages qui se révéleront bien illusoires.

Cette gauche régressive retourne au radicalisme de ses arrière-grands-parents. Certes elle flatte beaucoup les penchants égalitaires de l'idéologie jacobine, tout en évitant d'aller au fond des problèmes. Édouard Herriot le faisait encore mieux. On n'arrête pas le progrès.

JG Malliarakis
        

Apostilles

  1. cf. leur [faux] débat de Nantes du 20 janvier.
  2. cf. article de Jean-Philippe Delsol in "Valeurs actuelles" du 15 décembre 2011.
  3. cf. "L'Affaire des fiches" par Jean Bidegain.

26.01.2012

La Saga du Petit Homme continue... (Chapitre 20)

Psychologie des foules (Gustave Le Bon)

La psychologie des foules.jpgPourquoi une foule fanatisée est-elle capable de tout, du pire comme du meilleur ? Comment une foule psychologique se forme-t-elle ? En quoi n'a-t-elle que peu à voir avec un agrégat d'humains rassemblés au hasard ? De qui et de quoi est-elle composée ? Comment réagit-elle aux sollicitations ? Qui sont ses meneurs ? Comment parviennent-ils à leurs fins ?

Paru en 1921, ce livre majeur de psychologie et de sociologie devenu une référence et un classique, répond brillamment à toutes ces questions et à bien d'autres en démontant nombre de mécanismes de manipulation, d'embrigadement et de propagande. Le Bon illustre son propos par de nombreux exemples tirés de l'Histoire (apogée et chute de l'Empire Romain, Révolution Française, Napoléon, Boulanger, Lesseps et quelques autres...) Le lecteur contemporain pourra y ajouter quelques dictateurs comme Hitler, Staline, Mao, Pol Pot et autre Kim Il Jong en se disant que tous ces phénomènes n'ont fait que croître et embellir ! En dépit d'un sujet relativement ardu, « La Psychologie des Foules » demeure un livre passionnant où le lecteur apprendra encore beaucoup tout en restant admiratif devant la finesse de l'analyse, la clarté du propos et l'élégance du style.

Citations : « Les foules ont des opinions imposées, jamais des opinions raisonnées. »

« La puissance des foules est la seule force que rien ne menace et dont le prestige ne fasse que grandir. L'âge où nous rentrons sera véritablement l'ère des foules. »

« Le droit divin des foules va remplacer le droit divin des rois. »

« Les foules n'ont de puissance que pour détruire. »

« Les foules sont incapables d'avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont imposées. »

« On conduit les foules en cherchant ce qui peut les impressionner et les séduire. »

« Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit qui s'accumule. »

« La foule ne peut qu'être d'une crédulité excessive. »

« Les Jacobins de la Terreur étaient aussi foncièrement religieux que les Catholiques de l'Inquisition et leur cruelle ardeur dérivait de la même source. »

« Les foules ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître. »

« La foule est toujours intellectuellement inférieure à l'homme isolé. »

« C'est l'intelligence qui guide le monde, mais elle le guide de fort loin.»

« L'homme moderne est de plus en plus envahi par l'indifférence. »

 

5/5

25.01.2012

Pensée Inique (Video)

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24.01.2012

Le gala des enfoirés

Emmanuelle Béart.jpegLe cas Emmanuelle Béart est intéressant:  elle  manifeste en France pour encourager les Français à accueillir et   nourrir les "sans papiers", puis retourne en Suisse, tranquillement.   Belle enfoirée !

L’affreux Florent Pagny vit en  Argentine,  refuse de payer ses impôts en France, est connu par tous  ses amis  pour être un joyeux fêtard et un panier percé, mais il vient  donner  des leçons de générosité aux français avec le Concert des  Enfoirés.  Bel enfoiré, en effet.

Le cas Noah est  passionnant, il vit  aux USA, vient en France faire la promotion de son  dernier album,  encaisse ses royalties grâce à ses admirateurs béats  qui l'élisent  régulièrement " Français le plus populaire de l'année ",  et ne  repart jamais aux USA sans vomir sa haine. Et refuse de payer un   redressement de plus de 500 000 euros ............

 «Depuis  quinze  ans, les services de Bercy reprochent à Yannick Noah d'avoir   continué à résider majoritairement en France en 1993 et 1994 où,   selon le Canard enchaîné, il possédait 17 comptes bancaires, alors   qu'il s'était fait domicilier en Suisse. Le fisc l'a condamné à   verser 1.037.827 euros d'amendes, une somme finalement ramenée   quelques années suivantes à 500.000 euros, après déductions fiscales   et retrait d'une amende pour mauvaise foi», rappelle Le Journal   l'Expansion.

Pourquoi osent-il donner des leçons ? Se  montrer  en public ? Parce que cela continue de leur rapporter de  l’argent !  Profiter du  socialisme et des pauvres gens naïfs non  informés,  leur permet de se faire de l’argent sur leur dos. De beaux  enfoirés  ! A la veille d'une grande période d'austérité et un plan de  rigueur  pour la France, on peut trouver utile de connaître la liste,  très  incomplète,  fournie par le Nouvel Observateur, (n° 2359 du  21  Janvier 2010), des personnalités qui ont choisi de fuir fiscalement   leur pays pour s'installer soit en Suisse, soit dans un autre   paradis fiscal.

S'ils l'ont fait en toute  légalité:  achat dune résidence en Suisse, séjour inférieur à 6 mois  sur le sol  français, etc, pourquoi certains d'entre eux continuent-ils  à  s'immiscer dans la vie politique française, participant activement   aux campagnes électorales, soutenant tel ou tel candidat, pire   encore, officiellement investis par l'État pour représenter la   France à l'étranger, comme c'est le cas d'Alain Delon, parrain   officiel du pavillon français à l'Exposition Universelle de   Shanghai. Pour faire croire qu’ils sont toujours   français.

 Parmi les plus actifs dans ce  domaine, citons  :

 - Alain Delon, à Genève depuis 1999

 - Johnny Hallyday à  Gstaad depuis 2006 : son concert du 14 juillet  2009 à coûté 500 000€  aux contribuables français.

 - Charles  Aznavour - Patricia Kaas -  Daniel Auteuil - Emmanuelle Béart - Marc  Levy - Michel Houellebecq -  Alain Prost - Jean Alesi - Richard  Virenque - Guy Forget - Richard  Gasquet - Henri Leconte - Amélie  Mauresmo - Gaël Monfils - Cédric  Pioline - Jo-Wilfried Tsonga

Ils payent tous leurs impôts  réduits en Suisse. Là-bas, ils  ne contribuent pas au CMU et aux  allocations sociales pour les  immigrés, ils ne risquent même pas de  les côtoyer !

Encore plus grave, des personnalités connues  qui exercent  actuellement, ou ont exercé récemment, un pouvoir  politique économique  ou financier en France, parmi eux :

-  Antoine Zacharias  (Vinci). - Claude Berda (AB groupe, TF1) - Daniel  Hechter (couturier)  - Jean-Louis David (salons de coiffure,  cosmétiques).

 Enfin,  les rentiers et les héritiers dont les  fortunes ont été créées en  France, avec le soutien de centaines de  milliers d'ouvriers français  :

 - Eric Peugeot - Jean Taittinger,  PDG de la société du  Louvre, ancien ministre de la justice et député  de la Marne - Philippe  Hersant (patron de presse du Groupe Hersant)  - Corinne Bouygues  (héritière de la fortune Bouygues).

Les  familles : Defforey  (Carrefour). - Halley (Promodès).

Tous  résident à Genève ou  dans ses environs. Les Mulliez ( Auchan ) eux,  en Belgique.

Que tous ces gens qui n'aiment pas fiscalement  la France, la  quittent et l'oublient définitivement, qu'ils n'en  profitent plus pour  venir s'y faire soigner, à nos frais  !

Nous les  Français qui allons nous serrer la ceinture, nous  proposons de  boycotter les concerts, les disques, les livres de tous  ceux qui ne  participeront pas à l'effort de solidarité nationale.  Aux médias, nous  demandons de ne plus offrir de tribunes pour la  promotion des films,  des disques, de cesser le sponsoring aux  sportifs exilés.

Aux députés nous demandons d'étudier un  projet loi pour qu'il  ne soit plus possible à un évadé fiscal, de  venir se faire soigner  dans un hôpital public français, ni  représenter officiellement la  France à l'étranger.

Si vous  pensez que ce message  est légitime, faites-le circuler, en espérant  qu'il encouragera  quelques uns de ces égarés fiscaux à revoir leur  position, à présent,  reste à trouver le député qui aura le temps ou  le courage de présenter  ce  texte...

23.01.2012

Nulco et les vilaines agences noteuses

sarko caric2.jpgSon entourage eut beau faire, il fut impossible de cacher bien longtemps la triste nouvelle au petit gouverneur nerveux. Elle s'étalait comme un crachat à la une des gazettes et feuilles de chou comtoises, s'aboyait à longueur de temps sur les ondes au coin des rues et finissait par gicler de toutes les étranges lucarnes bleutées. Le pays effondré apprenait qu'il venait de perdre son si bénéfique triple wouah, la distinction qui lui permettait de se faire entendre haut et fort dans le concert des nations et accessoirement de « lever » du dolro comme on dit en partant des deux principes fondamentaux : on ne prête qu'aux riches et celui qui aboie le plus fort a toujours raison. Fendard & Bourre, une de ces néfastes agences noteuses de l'Empire du Soda Sucré avait osé abaisser la pauvre Comté au niveau d'un minable wouah-wouah+ de pauvre caniche à sa mémère avec menaces d'aller encore plus loin dans le déclassement si la situation ne s'améliorait pas...

Depuis 48 heures, Nulco ne décolérait pas. Sa fureur était tellement intense qu'il donnait des coups de poings ou de pieds dans les portes et les murs de son Palais Balisé qui n'y était pour rien, démolissait à grand renfort de hache et de masse le beau mobilier Louis Caisse, brisait de rage vases de Chine et porcelaines de Saxe et allait jusqu'à lancer des fléchettes sur les malheureux huissiers à chaîne qui devaient s'estimer heureux qu'elles ne soient pas empoisonnées. Après avoir longtemps rasé les murs, ses deux Con-seillers privés avaient fini par carrément se faire porter pâles. Quant au pauvre Franc Fion, il ne se présentait plus qu'en tenue capitonnée de maître-chien avec casque en kevlar et gilet pare-balles tant il avait reçu de coups dans les premières heures de la crise d'hystérie du gouverneur. Seule, la belle Bianca pouvait encore se permettre de lui parler : « Mais quel bazar dans ce bureau ! Remarqua-t-elle en enjambant les morceaux de bois, de plâtre, de verre et de porcelaine qui jonchaient le sol. Qu'est-ce qui s'est passé ici, mon amoureux ? Tes techniciennes de surface se seraient-elles soudain mises en grève ?

- Ca va très mal, Bianchita chiara... La Comté a perdu son triple wouah !

- Et alors ? Tu n'aurais pas dû tant t'acharner à en faire un point d'honneur...

- Wouah-wouah-wouah et wouah-wouah, c'est quand même pas la même chose ! C'est comme si tu me racontais qu'un rottweiller ça vaut un caniche ou qu'un chihuaha impressionne autant qu'un doberman !

- Allez, calme-toi... Et console-toi en te disant que plein de pays du Dolroland ont aussi été dégradés et certains bien plus que nous. Tiens, les Ibères, par exemple...

- Bof... Ils en sont réduit à un petit wouah minable de bichon à sa mémère... Pas étonnant ! Ca joue des castagnettes, ça danse en tapant du talon toute la journée et ça s'étonne de se retrouver dans la cour des roquets...

- Ne dis pas de mal des Ibères, corrigea Bianca. Ils sont gentils. Ils veulent te décerner la médaille de la Foison d'Argent, leur plus haute distinction. Tu devrais leur en être reconnaissant...

- Rien à secouer ! Fit un Nulco boudeur. Cette vieille quincaillerie ne me rendra pas mon honneur perdu !

- Tu devrais le placer plus haut, ton honneur, chiaro mio, et ne plus t'inquiéter de toutes ces histoires de cabots.

- N'empêche que François de Nullande, qui se voit déjà à ma place, ne se contente plus d'aboyer, lui. Maintenant, il mord comme un sale petit dogue...

- Je sais. Mais il reste dans son rôle d'opposant, tenta de le consoler Bianca.

- Tu te rends compte que ce cochon gratté a osé dire que cette dégradation n'était pas due au pays mais uniquement à ma politique. Avec tout le mal que je me donne à essayer d'amadouer la mère Kermel, c'est quand même injuste !

- Allez, ce n'est pas si grave que cela, je suis sûre que tu vas finir par rebondir...

- Pas facile ! Soupira Nulco. Et d'autant moins que la Teutonne, elle l'a gardé son tripe wouah. Je vais me sentir comme un yorkshire devant un doberman la prochaine fois que je vais la rencontrer... Ah ! Ces salopards d'espions planqués, j'aimerais bien savoir comment ils s'y sont pris pour passer à travers les mailles du filet qu'on leur avait tendu !

Et d'un grand coup de corne à brume, il fit rappliquer ventre à terre son Premier Sinistre...

- Fion, expliquez-moi comment une pareille catastrophe a pu se produire sans qu'on puisse rien faire pour l'éviter ! J'avais pourtant donné des instructions très précises. Mes services secrets devaient les filer, les suivre à la trace et leur tenir la bride bien courte. Pour quoi on les paie, ces arsouilles incapables ?

Vu les circonstances, Fion préféra botter en touche et détourner la foudre vers un autre paratonnerre que lui-même. « Le plus simple, Majesté, serait de convoquer Montaigu pour qu'il vous présente lui-même son rapport...

- Qui c'est ce « Montaigu » ? demanda Magypolka.

- Charles-Alexandre de Montaigu, le nouveau patron des Services Discrets... Un joli gandin, très distingué... Vieille Comté rancie... Aristo, quoi... C'est vous qui l'avez nommé le trimestre dernier...

Et comme le Gouverneur ne voyait toujours pas de qui l'autre parlait, Fion poursuivit : « Mais si, souvenez-vous... Quand vous avez passé à la trappe le pauvre Rocco Pipaldi un peu trop mouillé dans les affaires de DTP l'obsédé...



Trois minutes chrono plus tard, entrait dans le bureau du Gouverneur un grand flandrin à la crinière ondulant au vent, encore en train de rajuster son lorgnon, de brosser son costume pied de poule et de fouiller dans les poches de sa houppelande à la recherche de sa pipe d'écume courbe. Pour ne pas perdre une seconde, le sang bleu n'y était pas allé par quatre chemins : il s'était carrément fait catapulter dans les jardins du Palais Balisé. « Tradition et Modernisme », telle était sa ronflante devise.

- Quelle promptitude, Montaigu, apprécia Fion.

- L'exactitude est la délicatesse des Princes, répondit l'autre en esquissant une courbette assez élégante.

- Il ne vous manque plus que la casquette à oreillettes et la fiole d'éther pour être complètement dans la peau du Shylock Oms, grinça Nulco, agacé devant tant d'éducation, de distinction et de bonnes manières. A la place de ces guignoleries puériles, j'aimerais entendre un rapport sérieux sur le fiasco « Fendard & Bourre »...

- Immense et éminente Majesté rayonnante, moi qui m'honore de porter le noble et pluri-séculaire patronyme de mes ancêtres les Montaigu de Montmirail et autres dépendances découvertes à marée basse, en d'autres temps moins décadents que ceux-ci, me traiter de Guignol aurait immédiatement demandé une explication sur le pré, rapière au poing. Et je ne doute pas une seconde que je vous eusse embroché en deux coups les gros comme vulgaire poulet de grain sur la rôtissoire du traiteur de la rue de la reine Pédauque !

Pareille tirade déclamée sur le ton hautain qui convenait riva son clou à Nulco. Etait-ce en raison de l'image mentale terrifiante qui envahit son esprit déjà perturbé ou à cause de l'emploi du passé du subjonctif que lui-même maitrisait assez difficilement. Fion vola à son secours : « Venons-en aux faits, Montaigu... Son Eminence aimerait savoir comment des agents étrangers ont pu échapper à la vigilance de ses services, donc à la vôtre... »

- C'est assez simple, admit Montaigu. Nous manquons de moyens et de personnel. Il devient difficile voire impossible d'être partout à la fois et de surveiller tout le monde, toujours et partout, dans les gares, les aéroports, les ports, les routes...

- Allons, allons, deux espions du Soda Sucré, c'est quand même facile à repérer, fit Nulco que la rage avait remis en selle vite fait. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure. C'est gros, gras, ventripotent, ça porte des chemises bariolées, des bermudas et un appareil photo sur le ventre. Et surtout, ça mastique tout le temps de la gomme à mâcher ! Ca boit de la bière, du caco calo ou du wouiski, ça se goinfre d'hommeburgueurs et ça parle du nez dans une langue globale un peu bizarre...

- Evidemment, vu comme ça, c'est simple, reconnut Montaigu. Mais sur ce coup-là, ils ont triché. Ils ne nous ont pas envoyé deux gros rouquins plein de taches de rousseur, mais deux types qui faisaient tellement couleur locale que personne ne les a repérés. Des qui se sont fondus dans le paysage urbain. Ainsi, ont-ils pu réaliser leur sale travail et filer avant que mes hommes n'arrivent à les coincer. L'un s'appelait Abou Plouf (passeport bénégalais) et l'autre Osman Oglou (passeport tottoman). Vous vous rendez compte jusqu'où peut aller la perfidie de ces impériaux, Majesté ?

- Mais... Comment pouvez-vous savoir tout ça ? Lui demanda Nulco.

- Nous l'avons appris trop tard, expliqua l'aristo en lançant quelques ronds de fumée dans les narines de Fion qui se mit à tousser comme un malheureux. Les deux Pendard & Bourre ne sont restés que 48 heures chez nous. Ils ont visité deux ou trois sites sensibles, interrogés quatre ou cinq Comtois en colère et balancé leur rapport par transmission télépathique inversée. Au passage, je me permets de vous signaler qu'avec nos pigeons voyageurs et nos télégraphes Chiasse, notre belle technologie comtoise est totalement dépassée... Enfin, si nous n'avons pas beaucoup d'idées, il nous reste les pierres radiantes et surtout les grandes oreilles de notre programme ultra-secret « Echelle de Yagoub » !

- Seriez-vous en train de faire allusion à notre homme à la tête de chou-fleur ?

- Lui-même, le Verge Yagoug Coincebarre, en effet... C'est par son truchement que nous savons tout cela.

- Mais je croyais qu'il était mort et enterré ? S'étonna Nulco.

- Et alors ? Répliqua vertement le maître-espion. Certains font bien voter les morts ! C'est quand même plus simple et moins malhonnête de leur faire capter les émissions secrètes de nos ennemis... Les défunts ont tout leur temps. Ils vivent au calme, dans un silence propice et quand ils sont dotés d'aussi belles paraboles que l'ami Verge, ce serait idiot d'en priver les Services de sa Majesté...

- Mais, dîtes-moi, comment entrez-vous en contact avec votre zombi-récepteur ? Vous faîtes tourner les tables de loi ? Vous faîtes chanter les sorcières de la Carak ? Ou vous sous-traitez avec la célèbre Zizabeth Tixie ?

- Sur ce sujet sensible, Votre très Haute Excellence, lança l'aristo de son air le plus distingué, vous me permettrez de rester d'une discrétion de violette impériale. Secret défense. Sachez seulement que nous savons pourquoi la note de la Comté a autant baissé. Je vous ai amené une copie du rapport que ces affreux ont envoyé à leur siège de Nueva Orca. Et du geste auguste du semeur de vent, il tendit à son teigneux de maître quelques feuillets dactylographiés. Nulco s'en empara d'un geste rageur et découvrit ceci :

« Rapport N°1234567890 – Classifié brûlant, ultra confidentiel+++

Emetteurs : Agent ID 0965421 – Alias Abou Plouf

Agent ID 6784231 – Alias Osman Oglou

Date : 1,19,12012

9 h 54,12 (CMT)

Lieu : Comté occidentale – District de Farfouillis en Bière

Carrefour D 124/ Chemin de la mare aux canards

La Comté ? Un pays si pauvre que les habitants en sont réduits à manger des escargots, des grenouilles et de drôles de fromages qui ne sentent pas bon du tout. Un pays qui a tellement de problèmes d'approvisionnement énergétique que les gens en sont réduits à manger CRUS leurs huitres, leurs légumes et leurs laitages !!!

Un pays de Hobbitts vivants dans de petites maisons de nains et passant leurs après-midis à jouer à la pétanque (un jeu idiot où il n'y a pas un dolro à gagner...), béret vissé sur le crâne et baguette de pain sous le bras...

Avant notre départ, l'image que nous en avions, mon collègue et moi-même, était loin d'être bonne. Mais en bons inspecteurs de l'économie mondiale, nous ne voulions pas nous laisser influencer par des a-priori ou par des idées reçues. Les Comtois, réputés grandes gueules, hâbleurs, jouisseurs et fainéants avaient peut-être évolué dans le bon sens de la globalisation radieuse ? Nous nous devions donc de juger uniquement sur pièces. C'est ce à quoi nous nous sommes attachés et nous n'avons pas été déçus du voyage ! En attendant le dirigeable de l'armée impériale qui devrait venir nous exfiltrer de cette cambrousse glaiseuse (Air Comté est une fois de plus en grève...), voici le rapport, heure par heure et presque minute par minute, de nos deux jours d'enquête au coeur l'exception comtoise.

1,17,12012

8h 12,10 (CMT)

Atterrissage à Boissy-Charlton Heston, le caravansérail qui leur sert d'aéroport. Grève des agents de surveillance. Echappons de peu à la prise d'otages par un piquet de grève très énervé. Le meneur, un grand bénégalais, nous laisse passercar Abou peut prouver qu'il parle le plouloff aussi bien que lui. L'ambiance passe à la franche cordialité quand tous deux découvrent que leurs familles respectives viennent de deux villages de brousse tout proches. Le meneur, enfin Mamadou de son petit nom, nous propose un grand bock de vin chaud, sorte de mixture bizarre à base de gros rouge frelaté bouilli dans des herbes de Province ou d'ailleurs. Pour qu'il accepte de nous oublier, nous en serons quand même d'un petit billet de 100...

Notation N°1 : Grève = - 1

Piquet de grève entravant la circulation = - 1

Communautarisme (tous les vigiles viennent du même village) = - 1

Corruption (backchich de 100 dolros) = - 1

11h 51,07 (CMT)

Impossible de prendre le RER (Réseau Externe Ralenti), un colis suspect ayant été découvert, le trafic est interrompu...

Notation N°2 Velléités d'attentat = - 1

Droit de retrait des agents = - 1

12h 47,04 (CMT)

Repas au MacOrlan de l'aérogare 2. Cher. Hamburgers ridiculement petits. Soda pas assez sucré. Sauces trop épicées. Café payant. Gâteau trop sec, manquant de couleur et de crème.

Notation N°3 Gastronomie comtoise en baisse = - 1

Hygiène, propreté, aspect général (sale, présence de détritus sous les tables et un peu partout) = - 1

14h 10,04 (CMT)

Petit véhicule de remplacement loué chez Mertz. Charrette à huile noire vilaine, et surtout minuscule, juste bonne pour un Lilliputien ! Marque Statoo. Avons eu bien de la peine à nous y caser, même pliés en quatre.

Notation N°4 Transport = -1

18h 27,12 (CMT)

Arrêtés en pleine double voie romaine par deux gens d'armes pas commodes. Notre petite charrette roulait à 52 km/h paraît-il. Abou doit souffler dans une sorte de ballon de baudruche qui vire aussitôt au bleu de Prusse sans doute à cause du vin chaud offert par son cousin bénégalais. Embarqués. Garde à vue. Demandons un deuxième essai. Cette fois, avec une sorte de préservatif goût framboise, le truc tourne au rose. Excuses des hommes des forces de l'ordre. Libérés, mais non dispensés d'une amende de 300 dolros qui tombent à 200 si on accepte de payer en liquide.

Notation N°5 Arrestation arbitraire = - 1

Séquestration intempestive = - 1

Mauvaise qualité du matériel de détection = - 1

Corruption (les billets ont disparu dans la poche du fonctionnaire) = - 1

23h 45,15 (CMT)

Cité sensible des Asphodèles, quartier de la Grandterre.

Sommes arrêtés à un feu, attendant qu'il passe au vert. Plusieurs individus cagoulés encerclent notre véhicule, tapent aux vitres et finissent par nous en éjecter avec violence en répétant une sorte de slogan qui ne veut rien dire : « Ziva, ziva, ziva... »

Mon collègue Oglou proteste. Sans doute le sang tottoman ? Mauvaise initiative. Il est jeté à terre et roué de coups. Suis bon pour un grand coup de batte de base-ball derrière les oreilles.

Notation N°6 Insécurité = - 1

Agression caractérisée = - 1

1, 18, 12012

7h 08,54 (CMT)

Une ambulance nous récupère inconscients dans un caniveau. Très piteux état. Papiers, argent et matériels divers volés. La Startoo, carbonisée à 100 pas de là, fume encore. Pas une grosse perte, mais quand même...

Notation N°7 Vol = - 1

Incendie volontaire = - 1

8h 12,14 (CMT)

Arrivés à l'hôpital régional, mais non pris en charge. Service des urgences saturé. Personnel débordé. Prenons notre mal en patience. Nos plaies et bosses ne sont pas mortelles. Il faudra quand même neuf heures avant d'avoir un bilan complet des dégâts : nombreux hématomes. Deux yeux pochés. Un chacun, pas de jaloux. Une côte fêlée pour Oglou. Trois estafilades à recoudre pour moi.

Notation N°8 Temps d'attente honteusement long = - 1

Hygiène et propreté douteuse = - 1

Manque criant de personnel = - 1

Saturation du service pour cause d'afflux de miséreux et autres assistés = - 1

17h 25,54 (CMT)

Enfin dehors, direction l'hôtel de Police pour dépôt de plainte.

Très mal reçus. Plainte refusée par le planton. Remplacée par un griffonnage sur la Main Courante, un grand cahier qui sert à oublier les doléances. Sûr qu'ils feront rien pour sécuriser ce coin. On nous minimise l'affaire avec : « Ca aurait pu être pire... Estimez-vous heureux d'être encore en vie ! Et puis fallait pas trainer si tard aux Faux As... L'incendie de la charrette ? Pas bien grave, l'assurance paiera... »

Notation N°9 Refus de prendre en compte plainte légitime = - 1

Non assistance à personne en danger = - 1

Manque de compassion = - 1

Manque de personnel musclé et motivé = - 1

Manque de matériel = - 1

19h 07,12 (CMT)

Visite atelier Le Gaby. Condamné à fermer ses portes incessamment sous peu. Dernière entreprise de lingerie fine du pays qui disparaît sous nos yeux. Soutifs et strings de dentelle seront confectionnés entièrement chez les Carthaginois. 80 ouvrières comtoises sans emploi.

Notation N°10 Délocalisation sauvage = - 1

Démembrement de l'outil industriel = - 1

Plan social dispendieux = - 1

19h 51,47 (CMT)

Débarquons sur site Raffinerie huile noire occupée. Société helvète en faillite. Plus de 800 ouvriers ont perdu leur travail. Dorénavant, l'huile consommée dans la Comté sera traitée chez les lointains Tottomans.

Notation N°11 cf Notation N°10

21h 02,54 (CMT)

Dîner auberge des Trois grenouilles et deux canards. Champoigny le bas.

Soupe à la grimace

Pieds de cochon sauce vinaigrette

Fromage de tête

Tripes à la mode d'on ne sait plus quand

Marouilles chaud sur canapé gluant

Pâtisserie maison

Pour fêter dignement la fin de nos souffrances, avons commandé un magnum de Dom Patignon qui ne valait même pas un mousseux calédonien. Résultat : Oglou malade comme un chien et moi rendant mes tripes dans les toilettes...

Notation N°12 Gastro = - 1

Hôtellerie (chambre et lits pour nains) = - 1

BILAN GENERAL et DEFINITIF :

Avec un total de – 34/20, le triple wouah devient une note honteusement surévaluée. Nous, soussignés Plouf et Oglou, proposons de redescendre la Comté à son niveau réel, c'est à dire un wouah -, sous réserve de la pondération finale de la commission hadock. Client pourrait être traumatisé par chute trop brutale.»



La lecture de ce document accablant laissa le petit Gouverneur effondré dans son fauteuil.

  • C'est un fiasco, une véritable catastrophe ! Le wouah-woauh ne serait que le tout premier pas d'une longue descente aux enfers...

    - Si je peux me permettre, Monseigneur notre Gouverneur Général et Particulier, intervint Montaigu, cette affaire est loin d'être terminée... Ce matin même, mes informateurs viennent de me signaler l'arrivée imminente des gens de Bounties, l'autre agence noteuse...

    - Alors, là, mon gars Montaigu, s'écria Nulco soudain plein d'allant, il va falloir mettre le paquet. Vous me les chopez et hop là ! La tournée des Grands Ducs ! Budget no limit. Moulin Noir. Jolies Bergères. Crazy Morse. Petites Comtoises cuisses légères. Et n'oubliez pas le Donjon d'Argent, l'hôtel du Grillon. Les Suites Royale et Impériale ! Le grand jeu ! Ca devrait être dans les cordes d'un grand aristocrate tel que vous mon petit Montaigu ?

    - Ne vous faîtes aucun souci, Majesté. Je vais mettre sur le coup deux de mes meilleurs éléments : Luigi Boccherini et Tino Rotti...

    - Ils sont vraiment fiables ces deux-là ?

    - Y a pas mieux, affirma le patron des Services. Ils ont largement fait leurs preuves à Chigaco aux côtés du grand Al Carbone après des débuts prometteurs en Sybille.

    - Dans ce cas...

    Deux heures plus tard, la douane violente interceptait un petit couple de Gentillais fort strictement vêtus. Robe longue et sombre, fichu modeste et cachant une chevelure crêpue pour la femme. Costume noir, chaussures cirées et cravate bleu avec triangles pour l'homme. La lecture de leurs passeports respectifs montra que Maria Rosa Carioca était native du Nurisame et que son compagnon qui répondait au doux nom d'Arthème Fuyard sortait tout droit des Gentilles Comtoises. Le couple se déclara en mission religieuse à titre de témoins de Jédial. Dans leurs bagages, on trouva un tas de livres plus ou moins sacrés et de petites brochures de propagande. Cette mission qui devait leur servir de couverture à leur activité d'espionnage ne fit pas illusion et ne les protégea pas. Rotti et Boccherini prirent le relais des douaniers et embarquèrent deux oiseaux des îles éberlués dans une magnifique limousine blanche d'une longueur impressionnante...

En bons exécutants, les deux macaronis suivirent à la lettre les consignes et crurent même pouvoir se permettre un brin de zèle en ajoutant leur touche personnelle au programme des réjouissances. Ils firent appel à un de leurs oncles qui officiait sur le pavé de Mygalle. Et c'est ainsi que Madame Carioca vit débarquer dans sa suite impériale un magnifique Pipendale polymusclé avec une faveur sur son string panthère et que Monsieur Fuyard, déjà bien titillé par la performance des danseuses du Crazy Morse, reçut la visite surprise d'une bimbo hobbitt spécialisée dans les accompagnements et autres débordements de notables. Cette charmante personne se vantait d'avoir été déniaisée toute jeune par rien moins que le Denis Trousse-Poulettes (DTP) en personne. Cette rencontre un peu brutale lui avait immédiatement ouvert les portes du meilleur monde possible...

L'intervention intempestive et non programmée de ces deux professionnels du plaisir tarifé fut le grain de sable qui enraya toute cette belle mécanique. A la vue de ce grand mâle blanc à moitié nu qui riait en exhibant toutes sortes de muscles luisants, Carioca poussa des hurlements de frayeur. Elle n'était pas venue dans la Comté pour permettre au diable de lui voler son âme. Comme une folle, elle se mit à tambouriner sur la porte de la suite de son collègue qui mit un fort long moment à ouvrir en se rajustant d'une façon qui ne laissait guère d'équivoque sur ce qui venait de se passer juste avant. Devant les démonstrations de folie furieuse de la témoin de Jédial, la cool girl comtoise en fut réduite à filer à demi nue dans les couloirs feutrés du Palace...

Le lendemain, Rotti et Boccherini voulurent reprendre les choses en main. Plus de suite royale ou impériale, mais une cave bien glauque au 3ème sous sol de la Patinoire (nom officieux de l'immeuble secret des services discrets). Plus de festins de nababs au Donjon d'Argent, mais régime pain sec et eau. Plus de spectacles raffinés et de bon goût, mais silence, peur et ennui.

- Comment allons-nous pouvoir mener à bien notre enquête pour l'agence Bounties maintenant ? Demanda Fuyard qui en voulait un peu à sa collègue.

- On en a bien assez vu ! Trancha Carioca. Les Comtois ont eu beau nous montrer tout ce qu'ils avaient de mieux, ce ne sont quand même que de grands mécréants et de gros vicieux décadents et lubriques...

- Oui, mais c'est néanmoins un pays agréable et accueillant. Je suis sûr qu'avec le temps, les gens finiront par dire : Heureux comme Jédial dans une roue de Comté !

- Vous n'êtes pas drôle avec vos blagues à deux ronds, mon pauvre ami, soupira la missionnaire de la sacro-économie. Pour ma part, je suis décidée à demander la dégradation pure et simple de ce pays malsain.

- Pas moi, objecta Fuyard. Je n'ai rien trouvé à reprocher à ces gens. Le pays est beau, les filles pas farouches, on y mange bien et on boit de bons coups. Les Comtois sont gens chaleureux qui savent s'amuser et profiter de la vie.

- C'est loin de suffire... Regardez où ils nous ont enfermés maintenant...

Mettant fin à leur discussion, la porte de leur cellule s'ouvrit en grinçant affreusement. Les deux nervis de Montaigu se montrèrent tout de suite menaçants : « Voilà le deal, les deux blaireaux, fit Rotti de son ton le plus mauvais, vous laissez son triple wouah à Nulco ou vous allez avoir affaire à nous... »

- Mais , rétorqua la Carioca qui ne voulait pas s'en laisser conter, vous venez de nous faire le coup archi usé de Protopkine qui promenait gentiment ses stars dans des villages russes en carton pâte ! Vous ne nous avez montré que de beaux monuments, des palaces, des restaurants de luxe... Vous nous avez fait vivre dans le strass et les paillettes pour mieux nous amadouer...

- Sans aucun doute, admit Boccherini. Et cette méthode douce n'a pas eu l'air de produire les effets escomptés, si j'ai bien compris. Vous voulez baisser votre foutue note, c'est cela ?

- Certainement, s'entêta Carioca. Ce pays est permissif, décadent, sans morale et, pire que tout, sans religion. Il ne peut plus avoir droit à un statut aussi favorable que celui du triple wouah.

- Et vous, Monsieur Arthème Fuyard ? Demanda Rotti.

- Moi, je proposerai le maintien... si vous me libérez immédiatement, cela va de soi...

- Bon, eh bien on va passer à d'autres méthodes qui, j'en suis sûr, vont convaincre la petite madame, fit l'espion qui venait du chaud en sortant un pistolet sur le canon duquel il vissa un long silencieux.

- Vous n'allez pas nous tirer dessus ? S'inquiéta une Carioca au comble de l'angoisse.

- Si, si, je ne vais pas me gêner...

Et il appuya sur la détente de son arme. Deux fois. Plop, plop. Logeant une balle de 22 LR dans chacun des genoux de la prisonnière qui se mit à hurler : « Mais vous êtes dingue ! Ca fait mal ! » Elle n'en revenait pas de pareilles manières de gangsters des années 30 d'un siècle révolu.

- Et ça, ce n'est qu'un petit acompte. Si vous ne votez pas comme votre petit camarade qui est plus raisonnable que vous, sachez qu'on vous retrouvera n'importe où, même au fin fond de l'Univers... Les gars que nous vous enverrons ne viseront pas les genoux, mais là, entre les deux yeux...

- Quels gars ? Pinailla Arthème Fuyard. Vous ne vous chargez pas du sale boulot vous-même ?

- Jamais. Le Service sous traite toujours ce genre d'opération mouillée. Pour l'instant, nous faisons travailler deux tueurs attitrés. On les utilise en fonction de l'effet de sidération désiré. Par exemple, on a le cheik Omar Ben Mansour, un islamiste bien vert et bien fanatique...

- Ah ah ah ! Se mit à ricaner Boccherini. Lui, c'est le cheik sans prévision. Il travaille à la ceinture d'explosifs. Redoutablement efficace mais terriblement dégueulasse. Ce salopard n'a pas son pareil pour te retapisser une pièce à l'hémoglobine !

- Arrête, tu vas rendre malade la petite Madame, fit son compère. Juste pour votre information, notre second élément, c'est un barjot scandinave nommé Bjorn Akvavit qu'est capable de flinguer jusqu'à 50 bonshommes en une heure avec deux bâtons de dynamite et un simple fusil à lunettes. Bien sûr ce gros suprématiste avec son tablier en peau de porc, tout comme le gars Omar seront classés irresponsables s'il se font prendre et s'ils passent en jugement...

Fuyard n'était pas plus rassuré que ça. Carioca toute tremblante se sentait sur le point de défaillir...

Et c'est ainsi que l'agence Bounties maintint le triple wouah de la Comté et que Nulco put recommencer de parader sur les tribunes...

A SUIVRE

(Ce texte sera le 19ème chapitre de la Saga d'un petit homme Tome 2)

(Tous droits réservés)

22.01.2012

COREE DU NORD

Kim il jong.jpegDans mon pays, toute personne soupçonnée d'être chrétienne est emprisonnée ou exécutée. Oui, dans mon pays, les chrétiens doivent tous être tués jusqu'à la troisième génération. Dans mon pays, il est interdit aux chrétiennes de donner naissance. C'est pour cela que dans les camps, on injecte un poison aux femmes enceintes. Après vingt quatre heures de souffrances atroces, l'enfant meurt dans leur ventre. Si elles accouchent d'un enfant vivant, les gardes le tuent immédiatement sous leur yeux.

Dans mon pays, on envoie des familles entières dans des camps. Les chrétiens ont un traitement spécial, ils travaillent davantage, dix huit heures par jour, et on leur réserve les travaux les plus pénibles. Ils n'ont pas le droit de lever la tête ou de regarder le ciel. Ils ne reçoivent pratiquement pas de nourriture et ont de l'eau sale à boire. Contrairement aux prisonniers politiques, ils n'ont aucun espoir de libération.

Mon pays, c'est la Corée du Nord. »

(Témoignage de Lee Ok Soon, prisonnière politique, qui a été libérée après sept années de détention et qui a réussi à fuir en Corée du Sud où elle vit actuellement. Profondément athée en arrivant au camp, elle s'est converti au christianisme au contact des chrétiens, impressionnée par leur bonté et leur espérance au coeur de l'horreur.)

(Via AED)

21.01.2012

Le Renard et le loup (Video)

Acheter Dorian Evergreen

20.01.2012

A VOTRE BON COEUR, CON-TRIBUABLE...

SOS racisme.jpegJuste quelques chiffres qui viennent d'être rendus publics et qui concernent le financement de quelques associations. L'ensemble de la liste des subventions représente quand même la modique somme de 1,5 Milliards d'euros...

Maison des cultures du Monde : 1 968 023 euros

Maison de la Culture de la Seine Saint Denis : 1 951 250 euros

Licra : 412 500 euros

Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme : 2 000 000 euros

SOS-Racisme : 490 000 euros

Ni Putes, ni Soumises : 276 000 euros...

Et la liste continue ainsi sur des pages et des pages...

(Source Rivarol N°3028 – Page 3)