09.02.2010
La souille (Franz-Olivier Giesbert)
Blaise Mortemar, que tout le monde appelle Jésus, est garçon de ferme chez les Ducastel depuis plus de vingt ans. Il est un peu simple d'esprit et passe son temps à observer les gens qui l'entourent, les animaux domestiques et sauvages et en particulier un très vieux sanglier sans oublier toutes les forces de la nature. Maxime, son patron, trouve une femme par le biais d'une agence matrimoniale : Epiphanie qui sera aussi mal accueillie par sa belle-mère que par sa toute-puissante voisine qui tient les Ducastel car ceux-ci ne peuvent pas rembourser l'argent qu'elle leur a prêté...
Un roman (presque) du terroir normand particulièrement bien écrit dans un style minimaliste fort agréable où Giesbert, brillant journaliste au Point et dans nos étranges lucarnes, rivalise avec Fournier ou Mingharelli, autant dire avec les meilleurs du genre. Le personnage de Jésus est magnifique, tout à la fois ambigu et troublant. Malheureusement, à chaque paragraphe centré sur les turpitudes humaines en répond un autre sur la vie animale qui, comme chacun sait est tout aussi cruelle. Mais n'est pas Maurice Genevoix qui veut. Dans ce livre, le symbolisme et la philosophie restent en permanence en filigrane ne serait-ce que par le biais de ce valet de ferme plus penseur que rêveur qui se régale de « L'éthique » de Spinoza et par les maximes ou aphorismes qui terminent pratiquement tous les passages.
« La colère fait perdre les moyens ; la haine permet de les retrouver. »
« C'est quand on a renoncé à tout que le monde vous appartient. »
« Une société qui ne croit pas en Dieu ne croit pas en elle-même. »
« Une mère aime son enfant même quand il ne le mérite plus. »
3,5/5
09:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : terroir
08.02.2010
Nos enfants nous accuseront
Pour que ce film sorte en salle, il faut qu'un maximum de personnes regardent cette bande annonce...
09:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pollution
07.02.2010
08/15 la révolte du caporal Asch (H.H.Kirst)
Le caporal Asch de la 3ème batterie d'artillerie de la Reichwehr, se retrouve quelques années avant la deuxième guerre mondiale, dans une caserne d'une petite ville de Prusse. Il y règne une discipline de fer aussi ridicule qu'inhumaine. Hitler et ses séides y forgent l'instrument de leurs futures conquêtes en usant de méthodes d'un autre temps. Des entraînements épuisants, des vexations incessantes et des corvées injustes s'abattent sur les hommes. L'adjudant-chef Schoultz, une culotte de peau cocue et bornée, prend un malin plaisir à humilier les plus faibles. Dans un premier temps, Asch se contente de tirer le plus possible au flan en profitant de la complicité de son ami Kowalski et du garde-mites Werktreu. Mais les « instructeurs » ayant dépassé les bornes du supportable, il se révolte ouvertement. Cette attitude est tellement inimaginable pour Schoulz et les autres qu'ils le prennent pour un fou et réagissent en conséquence.
Mieux qu'aucune étude ou document sur l'armée allemande de l'avant-guerre, cette célèbre chronique révèle par quels conditionnements (le plus souvent complètement idiots) on transforme de braves gens tout à fait normaux en machines à tuer sans le moindre état d'âme. Rien que cet aspect du livre serait déjà passionnant. Mais Kirst a eu le génie d'y ajouter l'humour, la dérision dans une intrigue abracadabrantesque du plus haut comique. L'examen d'Asch par un major, plutôt chirurgien-boucher que spécialiste en psychiatrie, est un monument humoristique ridiculisant totalement la psychanalyse. On se régale en suivant les péripéties et les tribulations de ce petit homme (08/15 est le symbole du premier fusil-mitrailleur normalisé et également celui du couillon lambda, du blaireau « Dupont Lajoie », tout comme le nom de « Werktreu » qui signifie « fidèle au travail » a été attribué au plus cossard du régiment). Tel un grain de sable jeté dans les rouages d'une mécanique implacable, il arrive à la mettre en difficulté avec les seules armes dont il dispose : l'intelligence, l'ironie et le bon sens. Un régal !
5/5
09:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arméee
06.02.2010
C'est pas la fin du monde (Kate Atkinson)
Charlène et Trudi font du shopping alors que tout s'écroule autour d'elles...
Un jeune autiste rêve de devenir poisson...
Une jeune américaine, arrivée à Londres pour un tour d'Europe en a assez de sa vie monotone avec un médiocre scénariste de feuilletons télé...
Une mère bobo, ex-hippie, ne sait plus trop quoi faire de ses deux grands ados en rébellion...
Le fils d'une prostitué, jamais reconnu par son père biologique, a toutes les peines du monde à s'assumer...
Un journaliste croit avoir un double qui mène une existence beaucoup plus passionnante que la sienne...
« C'est pas la fin du monde » est un recueil de 12 nouvelles un peu étranges où l'on rencontre également un chat qui grandit démesurément et une femme qui se retrouve piégée chez elle alors qu'elle a été tuée dans un accident de voiture. Tel est le monde à la fois familier et cruel de Kate Atkinson. Les femmes y élèvent seules leurs enfants, les hommes sont tous veules, lâches ou inconsistants et les ados souvent détestables. Un style agréable, un certain humour grinçant, un esprit parfois poétique voire fantastique (Le Monde parle « d'héritière de Lewis Carroll »). Les personnages sont récurrents, ils apparaissent et disparaissent au fil de ces nouvelles où ne manquent ni dialogues ironiques ni énumérations à la Prévert...
3,5/5
08:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : étrange
05.02.2010
Un patron modèle (Seth Greenland)
Marcus, directeur commercial d'une petite entreprise de figurines de « Présidents en prière », voit son destin basculer quand son directeur lui annonce qu'il va délocaliser sa dernière usine en Chine et qu'il va lui falloir quitter son petit pavillon de banlieue et son bonheur tranquille. Il se retrouve donc au chômage avec une femme qui tient une boutique qui perd de l'argent au lieu d'en gagner, un fils qui rêve d'une bar mitsvah ruineuse et d'une belle-mère chômeuse et sans assurance-maladie à charge. La mort de son frère aîné qui a mal tourné va peut-être le tirer d'affaire car elle lui permet d'hériter d'une laverie qui va se révéler la simple couverture d'une affaire autrement lucrative.
Un roman social humoristique. Le ton est décalé. On rit beaucoup de tous les déboires du pauvre Marcus, homme intègre se retrouvant à gérer un tas de situations inhabituelles pour lui. Les style est vif, agréable, l'intrigue bien ficelée (on verrait bien une adaptation pour le cinéma) et le suspens toujours présent. Le livre peut donner à réfléchir sur notre société qui sanctionne avec la plus extrême sévérité les petits qui quittent le droit chemin alors qu'elle est pleine d'admiration et de mansuétude pour les gros truands, les délinquants en col blanc par exemple. A quoi tient la réussite d'un homme ? Petit reproche : le happy end détonne un peu.
4/5
08:37 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social
04.02.2010
L'Islam, le sexe et nous (Denis Bachelot)

Entre une société occidentale maternante et dévirilisée et une tradition musulmane fondée sur la domination absolue de l'homme sur la femme, entre les images sexy, provocatrices voire pornographiques d'européennes dénudées sur papier glacé et celles de femmes voilées, soumises et cantonnée à la sphère domestique, le choc est explosif. Face à une modernité occidentale exhibant une sexualité libérée, mouvante et indéterminée, le monde musulman réaffirme la séparation absolue des sexes et leur différentiation sans équivoque. Deux modèles radicalement opposés, antagonistes qui divergent complètement. Peuvent-ils néanmoins coexister harmonieusement ? Pour Denis Bachelot, bien plus que les problèmes sociaux, l'intégrisme religieux ou le soit-disant racisme des Français, c'est cette opposition qui est la pierre d'achoppement et la cause majeure des tensions au niveau international et jusque dans nos banlieues dites sensibles.
Un livre de sociologie politique intelligent et même passionnant qui recadre le débat en se libérant de la chape de plomb du politiquement correct. Des faits, rien que des faits. Des analyses, des statistiques, des chiffres qui dégonflent la baudruche de la thèse officielle (« le fameux malaise des jeunes de banlieue ») et nous ramènent à l'essentiel à savoir la sexualité, les rapports de force quasi-tribaux, la loi du territoire c'est à dire de la jungle et le peu d'impact des fameux « principes républicains » face aux pulsions les plus primaires de l'homme et général et du jeune mâle en particulier. Autant l'analyse est convaincante et pertinente, autant les solutions sont inexistantes et les perspectives à moyen et long terme floues et ambigües. « Rien n'est définitivement joué et le pire n'est jamais sûr », conclut l'auteur. Tout le monde ne sera pas forcément d'accord avec lui.
4/5
Citations:
« ... Dans l'étude du Pew Research Center, les musulmans perçoivent majoritairement les Occidentaux comme « égoïstes, cupides, malhonnêtes, arrogants et immoraux »... De leur côté, les Occidentaux, en majorité, jugent les fidèles du Coran « fanatiques, intolérants, violents et irrespectueux des femmes ».
« Il n'est pas acquis du tout que l'être post-moderne « narcissique, indifférent, séducteur, fluide et labile » (il faudrait ajouter sceptique et cynique) puisse s'accorder avec l'idéal du Moi d'autres groupes humains, beaucoup plus tournés vers la croyance absolue (essentiellement religieuse), l'affirmation virile, la distinction stricte des rôles sexuels et la communion identitaire ».
« Les secousses récurrentes de l'actualité montrent bien que ces comportements renvoient pour l'essentiel aux relations hommes/femmes et à leurs manifestations ou représentations sexuelles (voile, ségrégation physique, mariage forcé, excision, polygamie, crime « d'honneur »...) ».
« Il faut noter toutefois - et ce point est fondamental - que l'adhésion communautariste n'est légitime que pour les minorités : la majorité - en gros celle des « petits Blancs » - n'a aucun droit à la revendication identitaire, car elle risque, dans ce cas, d'apparaître sous le masque odieux du « beauf, raciste et réac ». »
09:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : religion, sociologie
03.02.2010
Les monades urbaines (Robert Silverberg)
En 2381, l'humanité croit avoir résolu le problème de la surpopulation : la Terre compte 75 milliards d'habitants vivants à 90% verticalement dans d'immenses tours d'un millier d'étages, hiérarchisés en fonction de la classe sociale des habitants. Le reste de la surface du globe est consacrée à une agriculture vivrière dont la responsabilité revient à une infime minorité de ruraux profitant d'une importante mécanisation. Ne sortant jamais de leurs tours et même de leur « quartier », les habitants des Monades vivent selon le principe du « Croissez et multipliez » et du « Jouissez sans entraves ». Dans ce meilleur des mondes possibles, le vagabondage sexuel est vivement encouragé. Aucune femme ne peut se refuser à un homme qui veut coucher avec elle. Les déviants, dissidents ou opposants à cette étrange pensée unique sont soignés de diverses manières (psychologie, religion, drogues). Les irrécupérables, les « anomos » sont supprimés...
« Les Monades urbaines » relèvent plus de l'anticipation et même du conte philosophique que de la science-fiction proprement dite. On sent l'extrapolation que l'auteur a tiré des années hippies avec leurs excès dus à la libération sexuelle, au féminisme et aux communautés libertaires. Poussés au paroxysme, ces théories et leurs applications pratiques amènent fatalement au pire des totalitarismes. Bien que présenté comme le « chef d'oeuvre » de Silverberg, le lecteur y trouvera néanmoins une certaine faiblesse dans une intrigue très descriptive et ressemblant à une suite de nouvelles et un manque de vraisemblance dans la construction de cette improbable société. Le pire n'est pas toujours certain et à trop vouloir prouver, on ne prouve rien...
3,5/5
09:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anticipation
02.02.2010
Le grand môme (A.D.G.)
A Blois, Serguie Djerbitskine, alias « Machin », journaliste dans une obscure feuille de chou régionale, se retrouve mêlé à une sombre affaire de racket. Se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment, c'est à dire dans un bar louche, il se retrouve bastonné par une bande de jeunes motards encagoulés, puis témoin du saccage de « L'écu », un claque de bas étage tenu par un de ses amis. Il recueille un grand type tondu au regard bleu, silencieux comme une tombe, accompagné d'un bébé et un peu plus tard, une magnifique blonde qui s'accuse d'avoir assassiné le chef de la bande. Pour ne rien arranger, le commissaire Carteret le soupçonne de non-dénonciation de malfaiteurs.
Un excellent roman noir provincial comme on n'en fait plus. Des personnages à la Audiard ou à la Boudard comme on n'en trouve plus de nos jours. Une ambiance rabelaisienne, truculente à souhait avec cette joie de vivre si particulière aux bords de Loire... A.D.G, malheureusement, nous a quitté ainsi que son modèle (S de B). Ses textes nous restent avec leur gouaille, leur humour et leur style si particulier fait d'un mélange subtil entre patois, argot, jeux de mots, calembours et trouvailles langagières. On ne lit pas A.D.G., on le dévore en se régalant à chaque page.
5/5
08:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : polar
01.02.2010
Bande à part (Jacques Perret)
Perret, le narrateur, se retrouve dans un groupe de résistants de l'O.R.A (organisation de résistance de l'armée) cantonné dans un village des Alpes et décidé à en découdre (mollement) avec l'armée allemande en pleine déroute. Sous les ordres de l'adjudant Tabaraud, ancien flic promu chef de groupe, en compagnie de l'inénarrable Ramos, l'homme aux élucubrations ésotériques, et de Lahure, le goinfre à l'appétit insatiable, ils profitent de l'hospitalité des paysans du cru sans trop savoir ni pour qui ni pour quoi ils se retrouvent les armes à la main. D'escarmouches ratées en rendez-vous manqués, l'épopée des vaillants héros tourne à la mauvaise plaisanterie et se termine par la mort inutile et ridicule du malheureux Ramos.
Suite improbable du « Caporal épinglé », le magnifique ouvrage de Jacques Perret restera le meilleur témoignage littéraire de ce que vécurent de l'intérieur les Résistants de base avec leurs petitesses et leurs grandeurs, loin de la légende dorée de l'Histoire officielle, des grandes affabulations et autres propagandes plus ou moins honnêtes. La langue est magnifique, l'esprit brillant, désenchanté et frondeur. On découvre que ces va-nu-pieds sans moyens et sans organisation sérieuse furent des héros à la petite semaine qui ne virent leurs rangs se renforcer grandement que quand les derniers fourgons de la Wehrmacht eurent disparu à l'horizon. Un livre à faire lire aux jeunes générations et aux donneurs de leçon...
4/5
09:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : résistance
31.01.2010
Les poneys sauvages
En 1937, quelques jeunes étudiants, Georges Saval, le Français, Barry, le passionné de boxe, Horace, l'aristocrate impénétrable, Cyril, le poète fantasque et l'auteur achèvent leurs études à Cambridge avant d'être happés par le tourbillon de la guerre. Dans la débâcle de Dunkerque, Cyril y perdra la vie de manière assez louche et Georges sera sauvé par Barry avant de rejoindre Horace dans les services secrets. Le lecteur suit ensuite sur une trentaine d'années le destin mouvementé de tous les protagonistes un peu partout dans le monde, au fil des errances ou des missions secrètes, en Italie, en Grèce, à Aden, Paris ou Madère, en Pologne comme en Irlande. Il croisera plusieurs femmes exceptionnelles, cruelle et ivre de vengeance comme Delia, la soeur du poète assassiné, étrange et infidèle comme Sarah, la compagne de Georges ou plus fragiles comme Claire, la Française ou Anna la Russe.
On aura compris à ce résumé succinct que ce gros pavé représente une vaste fresque historico-politique menée magistralement autour de personnages attachants quoique totalement hors normes qui traversent avec plus ou moins de bonheur toutes sortes d'évènements aussi calamiteux que l'affaire Si-Salah pendant la guerre d'Algérie (loin d'être à la gloire du grand homme de Colombey) que la révélation de la vérité sur les massacres de Katyn ou l'opération ratée du canal de Suez. Déon parvient à reconstituer toute une époque et tout un monde avec la pleine conscience d'être à un tournant décisif pour le monde occidental. Relire ce livre publié en 1970 permet de mieux apprécier encore la clairvoyance et même les dons de visionnaire de son auteur récemment « canonisé » de son vivant avec son entrée dans les Cahiers de l'Herne...
Extraits :
« On allait assister à une chose inouïe : un gouvernement dont l'armée était victorieuse allait faire cadeau de cette victoire à l'adversaire. Cela ne s'était pas produit en France depuis la rétrocession gratuite par Louis IX à l'Angleterre de l'Aunis, du Poitou et de la Saintonge. » (Affaire Si Salah)
« Quelqu'un a-t-il jamais pu écrire noir sur blanc qu'en Algérie, la rébellion était ravitaillée en armes, en munitions, en matériel de radio, par les camions des entreprises pétrolières, ces géants qui traversaient le désert ? Et pourquoi le train du pétrole n'était-il jamais saboté ? »
« Voilà dix ans que la presse occidentale brouille toutes les cartes du monde politique. Aux yeux du public, elle paraît indépendante, courageuse, frondeuse. En réalité, c'est une presse trop lâche pour mon goût. Au nom des principes sacrés, les petits gouvernements qui luttent pour la vie tremblent devant elle qui ment effrontément, par peur ou combine. Elle est noyautée par les deux internationales qui s'entendent comme larrons en foire. »
« Si j'étais Moscou, j'élèverais une statue en or à Algier Hiss, conseiller privé de Roosevelt et membre clandestin du P.C. L'influence qu'il a eue sur le Président pendant la dernière guerre, les décisions qu'il a été amené à lui faire prendre, l'abandon à Yalta des deux tiers de l'Europe aux Russes, sont des victoires qui sur le champ de bataille, auraient coûté des centaines de milliers d'hommes, peut-être des millions. J'appelle cela du bon travail. » (Les dessous de la guerre)
4,5/5
08:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman historique











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