20.05.2012
Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 4/3ème partie)
08:50 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, anticipation, création
19.05.2012
La Grèce va-t-elle sortir de la zone euro ?
08:45 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.05.2012
Une occasion manquée...
Au lendemain de ce 6 mai 2012, deux sentiments dominent mon esprit : l’inquiétude et l’amertume.
L’inquiétude, d’abord : confier les destinées de la France à un « capitaine de pédalo », associé à des panégyristes des assassins communistes et à des propagandistes du retour à l’âge des cavernes, me paraît singulièrement dangereux en temps « normal ». Et carrément suicidaire en temps de crise !
L’amertume, ensuite. Car ce n’est pas la gauche qui a gagné ; c’est la droite qui a perdu, alors qu’elle était majoritaire. Pour le dire brutalement, j’ai le sentiment que le « peuple de droite » et, plus généralement, le peuple de France avaient été trahis par les états-majors partisans.
Certes, cette impression vient de loin. L’ouverture à gauche ou la signature du traité de Lisbonne malgré le vote populaire, me semblaient déjà des trahisons.
Mais la campagne a déchaîné les intérêts partisans contre l’intérêt national.
Pourquoi les cadres de l’UMP n’ont-ils pas dit que, si le PS s’alliait avec Mélenchon, a fortiori (je dis a fortiori, car, enfin, le FN ne se revendique pas, que je sache, d’une idéologie d’assassins) Nicolas Sarkozy pouvait s’allier avec Marine Le Pen ?
Au lieu de quoi, nous entendîmes les Kosciusko-Morizet, les Juppé ou les Jouanno faire la fine bouche devant la « droitisation » de la campagne et dire qu’ils préféraient voter PS que FN. Alors que, sans cette droitisation, Nicolas Sarkozy n’aurait même pas été au second tour !
Et pourquoi les cadres du FN ont-ils fait comme s’il était équivalent d’avoir le droit de vote des étrangers dans son programme et de ne pas l’avoir ? Quand on note que l’écart de voix entre Hollande et Sarkozy est de l’ordre du million de voix, on ne peut que mesurer le poids des 2,1 millions de bulletins blancs et nuls, souvent issus des électeurs FN.
Le pire est que ces calculs n’auront servi à rien. Le plus vraisemblable, c’est que les législatives consacrent l’hégémonie de la gauche et le fait que l’UMP soit le « seul » parti d’opposition. Le FN pourra certes empêcher de nombreux députés UMP d’être réélus, mais il est peu probable qu’il parvienne à faire élire plus d’une poignée de députés sous ses couleurs.
Malgré le rejet de Nicolas Sarkozy, nous sommes passés à deux doigts de la victoire et de l’entente à droite. À la place, nous avons la division et la défaite, quand la droite est majoritaire en France, et quand les électeurs des deux partis sont majoritairement favorables à l’alliance. Brillant résultat !
08:30 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.05.2012
Et la fête continue (Alan Riding)
En 1940, Paris, ayant été déclarée ville ouverte, se retrouva occupée par les Allemands sans qu'un seul coup de feu ait été tiré. Passé la stupeur et l'affolement des premiers jours, une vie culturelle très importante reprit peu à peu. Cinémas, théâtres, boîtes de nuit et galeries connurent une activité importante dans la mesure où les occupants eux-mêmes étaient souvent friands de culture française et où les Parisiens eurent envie d'oublier tristesse, souci et restrictions. Une partie des intellectuels s'exila alors que la majorité resta sur place et continua à exercer son art. Certains écrivains poussèrent l'esprit collaborationniste jusqu'à accepter de faire des voyages en Allemagne (Brasillach, Drieu La Rochelle) alors que d'autres résistèrent à leur manière (Guéhenno, Vercors). Que penser de ces heures les plus sombres de notre Histoire ? Etait-ce collaborer que de se produire devant un public en grande partie allemand comme le firent Edith Piaf, Maurice Chevalier et tant d'autres ? Etait-ce manquer de patriotisme que de publier des romans, réaliser des films ou monter des pièces de théâtre comme le firent Camus, Sartre, Guitry ou Pagnol ? Que penser de l'attitude de gens aussi célèbres et aussi admirés que Picasso, Cocteau, Montherlant, Chevalier ou Marais ?
Cette étude fouillée et très exhaustive de 4 années de vie culturelle sous occupation allemande est particulièrement instructive. Alan Riding a travaillé avec une minutie exemplaire, n'oubliant aucun domaine de l'art, aucun personnage même d'importance relative, ce qui donne une véritable « somme », compacte, dense, parfois légèrement indigeste tant les faits et les références sont nombreux. L'ouvrage est extrêmement bien documenté, rien n'est avancé sans preuve. Un corpus de plus de vingt pages de notes et de bibliographie placé en fin de volume en atteste. Un ouvrage majeur et sans doute indispensable pour qui s'intéresse à l'Histoire en général et cette période particulière de la seconde guerre mondiale en particulier.
4/5
Citations : « Dans de nombreux endroits, on s'en prit également aux femmes, accusées de « collaboration horizontale », c'est à dire d'avoir couché avec l'ennemi. Des milliers d'entre elles furent tondues en public, d'autres furent déshabillées et promenées nues au milieu de foules en furie. Ce n'était pas beau à voir. « J'ai vu un groupe de voyous qui bousculaient et frappaient une femme à qui on avait rasé le crâne, se rappelait Michel Francini. Elle était nue et on lui avait peint une croix gammée sur la poitrine. Ils étaient saoûls. » Certaines de ces femmes étaient des prostituées mais d'autres avaient eu des relations plus durables. »
« Galtier-Boissière n'était pas convaincu du nouvel engagement de Picasso. Dans « Mon journal depuis la Libération », il écrit : « La vérité que tous les artistes connaissaient, c'était que Picasso avait très peur de perdre son immense fortune. En rejoignant le parti communiste, il obtenait une garantie, et certains avancent même le montant exact de la récompense. »
« Que penser d'écrivains français qui, pour être sûrs de ne pas déplaire à l'autorité occupante, décident d'écrire de tout sauf de la seule chose à quoi les Français pensent, bien mieux, par leur lâcheté, favorisent le plan de cette autorité selon lequel tout doit paraître en France continuer comme auparavant ? »
« De la même façon, quand beaucoup d'écrivains recevaient des aides financières de l'Institut allemand, Céline n'accepta jamais d'argent des nazis. Il refusa aussi de vendre des articles aux journaux, préférant exprimer son point de vue dans des lettres enragées. En bref, en tant que franc-tireur aussi bien dans le domaine politique que littéraire, il se sentait libre de dire et d'écrire ce qu'il voulait. Ainsi, même s'il partageait en grande partie leurs vues, il détestait les journalistes de « Je suis partout » qu'il traitait de « club enfiévré d'ambitieux petits pédérastes. » Il prenait aussi grand plaisir à donner spontanément des conseils aux Allemands. »
08:38 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.05.2012
Bonheur des dames et conditionnement moderne
A partir de 1780, l’humanité est entrée dans un cycle nouveau, dont on peut bien penser qu’il sera le dernier, avant la disparition ou la transformation définitive des privilégiés de notre espèce (le trans-humanisme). La révolution française marque l’apparition de l’homme métronome, du libre citoyen aveugle et dominé par les forces de l’idée et des constitutions. Comme l’écrit Augustin Cochin, le plus grand observateur de l’histoire du phénomène révolutionnaire :
Avec le régime nouveau les hommes disparaissent, et s'ouvre en morale même l'ère des forces inconscientes et de la mécanique humaine.
Cochin explique aussi pourquoi nous partons toujours perdants, nous gens de droite, face à la gauche mobilisée et ses imprécations :
L'anarchie donne des leçons de discipline au parti de l'ordre en déroute. En devenant patriote, la masse des Français semble s'être donné un unique et invisible système nerveux, que le moindre incident fait tressaillir à l'unisson et qui fait d'elle un seul grand corps.
La destruction du système nerveux, c’est bien la clé. La destruction créatrice… Aux forces de l’idée correspondent les forces du marché renforcées par une autre révolution irrésistible, l’industrielle. Le marché repose sur la vente aux masses. Comment faire pour nous faire acheter ? Un auteur finalement assez peu connu,Emile Zola, décrit dans son roman sur le développement darwinien des grands magasins l’émergence de la nouvelle puissante totalitaire du grand commerce, ce chancre du monde, comme dira Céline à New York.
Avec son lyrisme d’accumulation et ses métaphores filées, Zola décrit ainsi l’imparable puissance du Bonheur des Dames et de la machinerie commerciale :
Il y avait là le ronflement continu de la machine à l’œuvre, un enfournement de clientes, entassées devant les rayons, étourdies sous les marchandises, puis jetées à la caisse. Et cela réglé, organisé avec une rigueur mécanique, tout un peuple de femmes passant dans la force et la logique des engrenages.
Le but est d’attirer, de faire vendre, de briser les résistances de l’individu : Zola n’a pas attendu les centres commerciaux du Qatar et de Shanghai, et le cours en bourse d’Apple ou LVMH pour écrire :
En décuplant la vente, en démocratisant le luxe, ils devenaient un terrible agent de dépense, ravageaient les ménages, travaillaient au coup de folie de la mode, toujours plus chère.
La femme ? Zola compare la conquête de la cliente à la séduction sexuelle. Même la modeste héroïne Denise est conquise par la luisante toute-puissance du magasin et de ses marchandises… le Bonheur des Dames achevait de la prendre tout entière. Elle en tombe amoureuse du patron !
Bouret, le maître de céans, est d’ailleurs comparé à un cavaleur.
Et, quand il lui avait vidé la poche et détraqué les nerfs, il était plein du secret mépris de l’homme auquel une maîtresse vient de faire la bêtise de se donner… On la connaissait pour sa rage de dépense, sans force devant la tentation, d’une honnêteté stricte, incapable de céder à un amant, mais tout de suite lâche et la chair vaincue, devant le moindre bout de chiffon.
Cinquante ans plus tard, le théoricien de la propagande soviétique Tchakhotine parla de viol des foules. A la même époque, dans les années 20, le neveu de Freud Bernays encourage les femmes à fumer en public avec le succès que l’on sait (au nom bien sûr de leur libération : aujourd’hui pourtant on les somme de ne plus fumer au bureau ou ailleurs…). Mais Zola, excellent observateur de son temps, décrit déjà de bonnes recettes pour le conditionnement de la bonne clientèle.
La grande puissance était surtout la publicité. Mouret en arrivait à dépenser par an trois cent mille francs de catalogues, d’annonces et d’affiches… Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit.
On sait bien maintenant que l’abrutissement du troupeau viendra par la musique de fond, par le bruit, par la noise, comme on disait en vieux français. Donc Bouret veut du bruit en bon expérimentateur de la psychologie des foules chère à Le Bon.
Partout, il exigeait du bruit, de la foule, de la vie ; car la vie, disait-il, attire la vie, enfante et pullule. De cette loi, il tirait toutes sortes d’applications. D’abord, on devait s’écraser pour entrer, il fallait que, de la rue, on crût à une émeute.
Zola joue encore sur une autre métaphore, celle de la religion, que l’on file à propos du sport omniprésent dans nos médias achetés et nos cerveaux conditionnés, mais il l’applique plus subtilement au commerce – comme on le fera plus tard à la politique, qui est une autre forme du commerce.
Sous la grâce même de sa galanterie, Mouret vendait de la femme à la livre : il lui élevait un temple, la faisait encenser par une légion de commis, créait le rite d’un culte nouveau ; il ne pensait qu’à elle, cherchait sans relâche à imaginer des séductions plus grande…
Zola en écrivant cela ne pense pas au serpent de la Bible. Dans sa cervelle laïque, le conditionnement du cerveau est le même pour la religion ou pour l’achat de chiffons – ce n’est d’ailleurs pas faux quand on pense au succès planétaire des évangélistes. La « cathédrale du commerce » a simplement pris la place de l’ancienne ! Il va, parlant toujours de Mouret, jusqu’à conclure dans cette envolée presque épique :
Sa création apportait une religion nouvelle, les églises que désertait peu à peu la foi chancelante étaient remplacées par son bazar, dans les âmes inoccupées désormais. La femme venait passer chez lui les heures vides, les heures frissonnantes et inquiètes qu’elle vivait jadis au fond des chapelles : dépense nécessaire de passion nerveuse, lutte renaissante d’un dieu contre le mari, culte sans cesse renouvelé du corps, avec l’au-delà divin de la beauté.
Lutte d’un nouveau dieu contre le mari ? Avec son génie tranquille, l’auteur deJ’accuse voit que le divorce viendra avec le commerce. La famille détruite ou recomposée est plus rentable, tout simplement. Et la femme libérée, disait un célèbre homme d’affaires américain, paiera enfin des impôts !
On se consolera avec Virgile évoquant la vierge guerrière Camilla :
Elle brûlait d’un désir bien féminin pour la proie et le butin.
(Enéide, 11, 780)
C’est juste avant d’être tuée.
Nicolas Bonnal
08:57 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.05.2012
Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 4/2ème partie)
08:49 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, anticipation, création
12.05.2012
Responsabilités... (Ou la droite la plus bête du monde)
La majorité des Français sont à droite et pourtant la gauche aura bientôt tous les pouvoirs dans notre pays – faute d’un accord bien improbable passé entre les droites avant les élections législatives.
Qui en est responsable ? Marine Le Pen, coupable d’avoir fait savoir qu’elle voterait blanc, à en croire Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais celle-ci a récemment publié un livre dans lequel elle affirme qu’en cas de duel entre un candidat socialiste et un candidat Front national aux législatives, elle votera socialiste. Chantal Jouanno a fait une déclaration dans le même sens. Nicolas Sarkozy lui-même a déclaré que les électeurs du Front national étaient de pauvres gens qui souffraient et qu’il fallait écouter pour les consoler, sans trop les prendre au sérieux cependant : leurs vote n’était pas un vote d’adhésion, juste un cri de douleur.
Voilà 30 ans que l’on entend ce discours, venant d’une droite qui est tombée dans le panneau que lui avait à l’époque tenu Mitterrand, et qui n’a jamais voulu se tirer de ce piège. Historiquement, chronologiquement, c’est cette droite parlementaire qui porte, la première, la responsabilité de la division – et par conséquent celle de la défaite. Ses caciques continuent sur la même voie, sans en démordre. D’autres défaites sont donc à prévoir.
Quant à Marine Le Pen, elle a gauchi son discours, jusqu’à se retrouver sur les positions de Jean-pierre Chevènement, voire de Jean-Luc Mélenchon, pour élargir une base électorale qu’elle élargirait de toutes manières en s’en tenant au discours traditionnel de son parti contre l’immigration de peuplement. On peut par ailleurs se demander si, tout en professant le plus ardent patriotisme, elle ne fait pas passer en fin de compte son appétit de revanche avant les intérêts de la France. Il est vrai que l’attitude de la droite parlementaire lui laisse peu d’autres choix que l’appel au « ni Hollande, ni Sarkozy», mais à quoi rime-t-il, quand Gérard Longuet tend la main dans un entretien donné à « Minute », de répondre qu’il n’est « pas l’arbitre des élégances » et qu’elle ne savait pas « si on peut parler aux gens d’extrême droite ». Cela dénote un maque de sens politique déplorable.
Les responsabilité de ce qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une défaite des droites provoquée par leur désunion, est donc partagée entre la droite parlementaire et le Front national. Tant que la droite ne se sera pas débarrassée à la fois de la pusillanimité héritée du chiraquisme, et des rancœurs lepénistes, la gauche aura de beaux jours devant elle.
Pierre Menou (in Les 4 Vérités)
08:49 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.05.2012
La séquence de l'énergumène (Gabriel Matzneff)
Dans les années soixante, le jeune Gabriel Matzneff se voit confier par le journal « Combat » une chronique sur la télévision qui ne propose qu'une seule chaîne en noir et blanc. Pour lui, ce n'est qu'un boulot alimentaire car c'est à peine s'il survit de sa plume et ce nouveau média ne l'intéresse nullement. Il ne dispose même pas d'un appareil à domicile. Le livre qu'il en tire aujourd'hui n'est en réalité que la compilation de ses articles intitulés « La Séquence de Gabriel Matzneff » et parus du 30 octobre 1963 au 15 février 1966. Pendant cette période, il y redira à longueur de colonnes tout ce qui lui déplait à la télévision (l'omniprésence du pouvoir gaulliste sous la forme d'apparitions, trop fréquentes à ses yeux, de ses ministres, Frey, Pompidou, Giscard et autres, les émissions de variétés débiles de Guy Lux ou d'Albert Reisner ou celles de divertissements comme la Piste aux Etoiles ou Intervilles) et ne tarira pas d'éloges pour Averty et ses fameux « Raisins verts » qui agacèrent tant les gencives des bien-pensants de l'époque.
Que penser d'un livre aussi peu d'actualité ? Tout d'abord qu'il ne peut intéresser que ceux qui ont vécu l'époque des pionniers du petit écran. Les autres, c'est à dire les plus jeunes, ne pourront comprendre la raison des louanges ou des diatribes de Matzneff qu'au prix de longues séances de rattrapage dans les archives vidéos de l'INA. Pour les anciens, c'est à dire ceux qui savent de quoi l'auteur parle, cela leur rappellera des souvenirs pas forcément mauvais. Et leur fera découvrir quelques anecdotes passées inaperçues comme la candidature « fantaisiste » de Jean Dutourd aux élections de 1958 (il n'avait même pas le commencement du début d'un programme) ou la mise en place par Alain Peyrefitte d'un comité de Sages de l'ORTF, ancêtre de notre CSA, histoire de faire pièce aux accusations de main mise du pouvoir sur les médias. On quitte ce livre bien écrit et parsemé de notations brillantes et intéressantes avec une certaine nostalgie. Oui, la télé de papa portait en germe tous les défauts et toutes les tares dont l'accable Matzneff, mais aujourd'hui, c'est mille fois pire. On en serait presque à regretter le temps où l'on programmait des oeuvres de Shakespeare, Racine ou Molière à une heure de grande écoute et où les feuilletons s'appelaient « Rocambole », « Belphégor » ou « Thierry la Fronde ». Un document pour l'histoire de l'audiovisuel...
4/5
Citations : « La fascination exercée par une mauvaise émission de télévision est du même ordre. Il est en apparence facile de tourner le bouton, d'éteindre le poste. Mais non, on reste là, planté devant son écran, animé par la curiosité malsaine de savoir jusqu'où ça ira, quelles sont les limites de la bêtise. De temps en temps, on s'exclame : « Par les moustaches de Staline, ce que ça peut être idiot ! », mais on n'éteint pas. »
« Autrefois, on vivait une petite vie, mais c'était la sienne. Aujourd'hui, le premier pauvre type venu peut s'offrir des sensations inouïes, mais ce sont celles des autres. L'homme moderne vit toute la passion, toute l'aventure et toute la beauté du monde, mais il les vit par procuration. »
« Les politiciens parlent volontiers du redressement de la France, mais toute révolution sera vaine tant que le Pouvoir ne mettra pas fin à l'entreprise de crétinisation du peuple français, de décervelage de la nation qui tend à transformer nos compatriotes en un troupeau d'ilotes imbéciles. La vulgarité, la bêtise, la bassesse de la plupart des émissions dites « de variétés » sont la pierre de touche qui nous permet de juger un régime et, par-delà ce régime, une civilisation. A voir la France livrée aux chienneries des prétendus amuseurs de la télévision, on en vient à vomir une certaine forme de démocratie occidentale; on se sent devenir communiste ou fasciste, ce qui, hélas ! n'est pas une solution satisfaisante.»
« Age tendre et tête de bois ». Tout est faux dans cette émission, et en premier lieu, l'animateur, M.Albert Raisner, avec sa tête de Charles Trenet mâtiné de Luis Mariano, ses grimaces de vieux cabot, son sourire forcé, ses clins d'oeil à la caméra, sa démagogie, sa vulgarité, ses efforts grotesques pour paraître dans le vent. »
« Vous êtes un esprit libre et vous vous étonnez d'être en butte aux persécutions de l'Etat ? Vous devriez pourtant, à votre âge, savoir que l'Etat, en qui Nietzsche voyait avec raison le plus froid des monstres froids, ne veut que des esclaves. Dans notre monde, qu'il soit capitaliste ou socialiste, l'indépendance d'esprit est le seul crime irrémissible. »
08:57 Publié dans Livre, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.05.2012
La fin de la Saga d'un petit homme (Mieux vaut en rire qu'en pleurer !)
09:39 Publié dans Concept, Humour, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.05.2012
Encore et toujours l'A-Justice !!!

Le policier qui a neutralisé dimanche dernier le braqueur en cavale Amine Bentounsi a été MIS EN EXAMEN POUR HOMICIDE VOLONTAIRE. Ce père de famille a été suspendu de ses fonctions, et son salaire risque d'être divisé par deux. C'est ce que nous redoutions. Mais jusqu'au bout, nous avons voulu croire que la Justice n'allait pas oser le faire. Et voilà que si !! Mais savez-vous exactement qui était Amine Bentounsi ??? Voici son portrait, publié dans le journal Le Parisien le 27 avril 2012: « A 13 ans, Amine Bentounsi était le plus jeune incarcéré de France, après avoir multiplié des vols avec violence. Sa vie n'aura été qu'une succession d'allers-retours en prison. En septembre 1994, notre édition Seine et-Marne du Parisien titrait « La terreur du quartier n'a que 12 ans ». Il avait alors déjà cambriolé les locaux de l'Opac - l'office HLM -, volé des voitures, agressé deux employées d'un centre social, battu une voisine avec un cric pour lui voler son magnétoscope. (...) « Il était ingérable, se souvient un animateur. (...) Une fois, il a volé le scooter d'un collègue et a tourné en furie quand on est venu le récupérer. » Une enseignante du quartier se rappelle qu'Amine avait été renvoyé en Algérie, chez sa grand-mère, pour calmer sa dérive : « Il était revenu après avoir brûlé sa maison, ses parents n'ont jamais pu le remettre sur le droit chemin. » « A 19 ans, Amine escalade à la corde la façade du bâtiment Bleuet, à Collinet, pour braquer le siège de l'Opac.(...) La cour d'assises lui inflige dix ans d'interdiction de séjour à Meaux et quatre mois de prison. Quelques mois plus tard, en octobre 2001, il participe au spectaculaire braquage de la poste de Collinet, qui s'est soldé par une fusillade sur des policiers, au milieu des passants. (...) « En août 2005, il a braqué avec deux complices le magasin Champion de Saint-Pathus, avec séquestration d'employés. Ce sera sa plus lourde condamnation : dix ans de réclusion, prononcés en 2007. (« Amine était une tête brûlée, un manipulateur », Le Parisien du 27 avril 2012).
C'est donc cet individu ultra-dangereux qui s'est retrouvé face à des policiers, un revolver chargé à la main, dimanche dernier. Le journal Ouest-France raconte : « Amine Bentounsi, se serait retranché entre deux voitures avant de braquer un revolver à 6 coups de calibre 35 en direction du policier à pied. Ce dernier aurait fait usage de son arme à quatre reprises en situation de légitime défense, selon lui. L'arme de la victime a été retrouvée avec le barillet plein. » Et pourtant, un juge a décidé de le poursuivre pour HOMICIDE VOLONTAIRE. Alors que les premières enquêtes indiquent que la balle a ricoché, et que c'est donc la raison pour laquelle le voyou a été touché dans le dos. Le policier ne lui aurait jamais tiré dans le dos ; selon son avocat. Cette décision de Justice vous vise personnellement, ainsi que moi-même, et tous nos concitoyens. En effet, poursuivre les policiers qui ne font que leur travail et se défendent en essayant d'arrêter les délinquants dangereux, est une atteinte directe à notre droit le plus fondamental : Celui de vivre sans être menacé par des malfaiteurs, et d'être protégé par les forces de l'ordre !! Mais ce que beaucoup de Français ignorent, c'est qu'une minorité active de magistrats a décidé de prendre parti pour les criminels contre les forces de l'ordre chaque fois que cela leur est possible. Ils multiplient les remises en liberté de récidivistes, au point d'exaspérer la police et de faire peser une terrible menace sur tous les citoyens. En revanche, ces mêmes magistrats poursuivent impitoyablement les gendarmes et policiers qui s'avisent de faire leur travail !
• le 30 septembre 2009, un magistrat met en examen un policier qui avait tiré au flash ball sur un manifestant qui lui lançait des pavés, à Montreuil (Seine-Saint-Denis) ;
• le 4 mai 2010, un magistrat met en examen et incarcère un policier qui avait assommé un délinquant en essayant de faire cesser une bagarre entre deux bandes de jeunes d'une cité de Chambéry. Et comme ce délinquant avait 3,57 grammes d'alcool dans le sang, le policier est poursuivi pour « violence volontaire sur personne vulnérable », ce qui lui fait encourir 10 ans de prison !
• le 19 septembre 2010, un magistrat de Montpellier a mis en examen un policier de la brigade anti-criminalité pour violence avec arme. Le policier s'était défendu contre un homme qui l'avait sauvagement agressé dans un parking souterrain, après avoir été surpris en train de crever les pneus d'une voiture. L'individu « de forte corpulence, a sorti un couteau et tenté d'atteindre mon collègue au thorax » a précisé un autre policier présent sur les lieux. Mais pour le juge, pas de doute, c'est le policier qui était dans son tort !! C'est d'autant plus intolérable que, à l'inverse, les criminels qui agressent les policiers bénéficient souvent d'une scandaleuse impunité :
• le 13 août 2010, des repris de justice essayent de tuer un policier à coups de marteau sur la tête, aux Tarterêts. Par chance, ils sont arrêtés. Mais le tribunal décide de les remettre en liberté, sans avoir passé un seul jour en prison ;
• le 27 août, des policiers frappent à la porte d'un délinquant notoire, Samir Démiri. Celui-ci les laisse entrer, puis sort soudain un couteau de cuisine qu'il applique sous la gorge d'une policière. Ses collègues parviennent à la protéger et à neutraliser Samir. « Rien ne prouve qu'il a utilisé son couteau avec l'intention de porter un coup », plaide son avocat au tribunal. Un argument qui suffira pour convaincre le tribunal de ne l'envoyer en prison que quelques mois !!
• Le 12 août, à Perpignan, trois jeunes ont tabassé des policiers. Le juge les a libérés sans amende, ni dommages intérêts, et sans passer une seule minute en prison ! Résultat, les délinquants hésitent de moins en moins à agresser physiquement les forces de l'ordre : En 2011, 14 policiers et gendarmes sont morts dans l'exercice de leurs fonctions. Dans le même temps, plus de 10.000 ont été blessés !! Alors vraiment, j'espère que vous n'allez pas hésiter une seconde pour transmettre ce message partout autour de vous. Tous les jours, certains magistrats remettent en liberté des délinquants et des criminels dangereux sous prétexte que ceux-ci présenteraient « toutes les garanties de réinsertion». Et tous les jours, ces mêmes délinquants et criminels récidivent !
• Le 28 février 2012, un homme a été condamné pour la 48e fois, pour vol. Son avocate a demandé la non-application de la peine plancher prévue pour les récidivistes. Une demande immédiatement accordée par le juge ;
• Le 30 mars 2012, un homme qui avait été condamné à la perpétuité pour meurtre, et qui était sorti au bout de 17 ans (comme c'est en général le cas), a été arrêté après avoir dévalisé une maison. Le procureur a requis 4 mois de prison ferme. Le tribunal a jugé que c'était encore trop, et l'a condamné à 4 mois de bracelet électronique ! L'assassin de Laetitia Perrais, à Nantes, était un récidiviste qui avait été condamné 15 fois par la Justice, dont deux fois en Cour d'assises, mais qui était totalement libre à 31 ans. Mais bien entendu, ce n'est jamais la faute de la Justice. Et la minorité active de magistrats laxistes n'est jamais inquiétée.
Dans le cas d'Amine Bentounsi, personne n'a eu l'idée de demander des comptes au juge qui avait laissé sortir un voyou aussi dangereux, pourtant condamné à dix ans de prison en 2007. En revanche, les syndicats de magistrat trouvent parfaitement normal de mettre en examen le policier qui a risqué sa vie pour le rattraper !! Vraiment, la coupe est pleine. C'est pourquoi j'espère que vous allez faire circuler ce message dans tout le pays. Il est urgent de faire cesser cette dérive perpétrée par une minorité active de magistrats qui appartiennent au « syndicat de la magistrature » (syndicat minoritaire mais très influent). Au tribunal de Bobigny, où le syndicat de la magistrature est notoirement puissant, le taux de peines plancher fermes pour les récidivistes est de... 2 %, dix fois moins que dans le reste de la France !!! Et vendredi, la dérive des militants du syndicat de la magistrature vient de franchir un cap intolérable. Dans un communiqué de presse, le syndicat de la magistrature a appelé officiellement à soutenir un candidat contre un autre (en l'occurrence François Hollande contre Nicolas Sarkozy). Cette prise de position politique de juges censés être « indépendants » est inouïe. Du jamais vu en démocratie. Tout cela parce que François Hollande a promis de supprimer deux lois auxquelles le syndicat de la magistrature s'était violemment opposé (parlant de loi « ignominieuses »):
• La loi sur les peines plancher, qui imposait des peines minimales aux multi-récidivistes, votée en 2007
• La loi sur la rétention de sûreté, qui visait à neutraliser après leur peine les criminels sexuels les plus dangereux, votée en 2008
Tout cela, aussi, parce que Nicolas Sarkozy a fait des engagements que le syndicat de la magistrature juge « populistes » : la construction de 24 000 nouvelles places dans les prisons, et la possibilité pour les victimes de faire appel des jugements (un droit réservé aujourd'hui aux condamnés et au parquet). Mais peut-on accepter qu'un syndicat de magistrats politisés essaie aujourd'hui de peser sur l'élection présidentielle ? Le pire, c'est que le nom de « syndicat de la magistrature » risque d'induire en erreur les citoyens qui pourraient penser de bonne foi que c'est le syndicat modéré et majoritaire !
Laurence Havel
Institut pour la Justice
09:22 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note














