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17/08/2017

Poèmes pour petits et grands (14)

cendrars.jpgFAR-WEST



Quand on a franchi la porte vermoulue faite de planches

arrachées à des caisses d’emballage et à laquelle des

morceaux de cuir servent de gonds

On se trouve dans une salle basse

Enfumée

Odeur de poisson pourri

Relents de graisse rance avec affectation

 

Panoplies barbares

Couronnes de plumes d’aigle colliers de dents de puma ou de griffes d’ours

Arcs flèches tomahawks

Mocassins

Bracelets de graines et verroteries

On voit encore

Des couteaux à scalper, une ou deux carabines d’ancien modèle un pistolet à pierre des bois d’élan et de renne et toute une collection de petits sacs brodés pour mettre le tabac

Plus trois calumets très anciens formés d’une pierre tendre emmanchée d’un roseau.

 

(Blaise Cendrars)

08:36 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

16/08/2017

Une huître (Denis Willems/LeSio)

une huitre.jpg« Une fois morts, les vrais abrutis sont-ils réincarnés en faux cons ? »

« L’homme est accro à l’argent et, pour soigner son addiction, a pris la mauvaise habitude de travailler. »

« Quand l’homme part à la guerre, sa femme rentre alarmée. »

« À l’heure de pointe, l’autoroute est un vrai bal musette ; les voitures jouent de l’accordéon, le trafic dense et la police fait sauter les bouchons… »

« Le monde moderne est si peu sûr que même le béton est armé… »

« L’école est une prison… D’ailleurs on y étudie déjà la cellule… »

« La cigarette tue et le bar-tabac… »

Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, quelques exemples des 500 perles que renferme cette huître si bien nommée et si bien ciselée par Denis Willems, alias LeSio, parolier et humoriste aussi talentueux que belge !

« Une huître » est un recueil d’anagrammes, de jeux de mots et autres contrepèteries souvent écrite pour le plaisir du paradoxe ou de l’étrangeté et qui atteignent parfois la sagesse de l’aphorisme et le plus souvent l’humour aussi farfelu que décalé qui est souvent une spécialité de nos amis d’outre-Quiévrain. Le lecteur rira beaucoup à la lecture de ces brèves de comptoir et de ces maximes toujours amusantes, parfois poétiques bien que quelquefois un peu faciles si ce n’est même (rarement) « capillotractées ». Le lecteur ne boudera pas son plaisir d’autant plus que l’auteur les propose gracieusement à qui les demande. Votre serviteur peut même vous les transmettre en son nom. Bonne lecture garantie. C’est vif, net, pétillant, moqueur, taquin, paradoxal. Presque du Bobby Lapointe ! Autant dire un régal pour connaisseurs ! Profitez-en vite…

4,5/5

08:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

15/08/2017

Pensées plus ou moins correctes (96)

cueni.jpgLE GRAND JEU

« Car tout bonheur ou malheur dans le destin des hommes dépend de ta présence ou de ton absence. De quoi l’homme n’est-il pas capable pour accéder à toi ? Quels dangers n’est-il pas prêt à affronter, quelles turpitudes le font reculer quand il s’agit de te posséder ? C’est pour toi que les rois se font tyrans, que les sujets sont opprimés, les peuples exterminés, les pères assassinés, les enfants rejetés, les amis trahis. Pour toi, la jeune fille pure perd sa vertu, l’homme d’honneur se déshonore, le sage commet des folies, le juste des infamies, pour toi, l’ami trahit son ami, le frère devient un ennemi pour le frère, pour toi, les chrétiens retombent dans l’idolâtrie, les hommes se vendent au diable. Tu es le grand gouvernail qui oriente la course du monde, le grand axe autour duquel tourne notre planète. »

(Claude Cueni)

LEVRE

« Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté. »

(Audrey Hepburn)

 

LEZARD

« À la différence de l’homme, le lézard est prêt à sacrifier sa queue pour sauver sa vie. »

LIBERALISME

« Le libéralisme de 1789, 1814, 1830 et 1848 n’a profité qu’aux étrangers. Qu’importe aux étrangers le despotisme gouvernemental ? Ils ne sont pas du pays ; ils n’y entrent que pour l’exploiter ; ainsi le gouvernement a intérêt à favoriser les étrangers, dont la race chasse insensiblement la nôtre. »

(Proudhon)

13/08/2017

Au beau temps de la butte (Roland Dorgelès)

Dorgelès.jpgAu tout début de l’autre siècle, le jeune Roland Dorgelès, plus saute-ruisseau que véritable journaliste, passe le plus clair de son temps avec les artistes de la Butte Montmartre. Ainsi fréquente-t-il les peintres du Bateau-Lavoir dont le plus célèbre est déjà Picasso, mais également Utrillo, Suzanne Valadon, Marie Laurencin dont il trace un portrait assez peu flatteur, sans oublier les écrivains comme Paul Mac Orlan, Francis Carco, Paul Léautaud, Henri Béraud et tant d’autres. La vie est aussi dure qu’insouciante pour ces grands noms de la bohème. Mais soudain, un jour d’août 14, toute cette jeunesse est emportée dans le malstrom de la guerre. Un grand nombre n’en reviendront pas… Et l’auteur y laissera bien des illusions sur la fidélité des femmes…

« Au beau temps de la butte » est à la fois un recueil de souvenirs et un témoignage charmant sur une époque disparue, sur un monde oublié. Une époque où Paris était encore la capitale mondiale des arts et des lettres. Un tel rassemblement de talents laisse rêveur. La plume de Dorgelès est magnifique, cela va sans dire. Il sait comme personne traduire une ambiance, faire revivre un peintre ou un écrivain. C’est un observateur intelligent et perspicace au regard acéré, compatissant et plein d’humanité. Sa description du retour à la vie civile en 1918 avec sa suite de déceptions, ses pertes d’illusions et son désespoir poussant un grand nombre de ses compagnons jusqu’au suicide est particulièrement émouvante.

4,5/5

08:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/08/2017

Bienvenue sur Déliciosa

08:08 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

11/08/2017

SOS-Machos

09:02 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

09/08/2017

J'ai choisi la liberté (Nadia Volf)

volf.jpgPourquoi la jeune et brillante Nadia Volf, docteur en médecine, agrégée en neuro-pharmacologie et directrice d’un centre de recherche se retrouve-t-elle obligée de fuir l’URSS de Brejnev en compagnie de son mari Leonid et en cachant son fils Artyom dans le coffre de leur voiture ? Tout simplement parce qu’ils sont juifs et victimes de l’antisémitisme rabique qui règne à cette époque dans le pays. Dès son enfance, elle eut à subir les rebuffades, insultes et humiliations des autres élèves et finalement le rejet, les menaces, les pressions incessantes du KGB. Il était impensable qu’une juive puisse monter si haut ! Arrivée en France, elle découvre que les promesses faites par ses homologues français ne reposent sur rien de sérieux. Heureusement pour elle, toute la communauté juive de Nîmes se mobilise pour accueillir cette famille persécutée de manière plus qu’exemplaire.

« J’ai choisi la liberté » est un magnifique témoignage de courage, de solidarité et de générosité. Il peut redonner confiance dans l’être humain et même prouver qu’à condition d’être honnête, sérieux et de bonne foi, l’intégration de réfugiés « politiques » de ce style peut être une formidable réussite, bénéfique pour ceux qui en profitent comme pour le pays d’accueil. Il faut dire que le docteur Volf n’est pas n’importe qui, mais une des meilleures spécialistes de l’acupuncture, toute dévouée à son art, un « cerveau » qui fut même championne d’échecs dans sa jeunesse. Le genre de « migrante » qu’on accueille avec plaisir (ce qui ne fut pas tout à fait le cas) et qu’on souhaiterait même plus nombreuses. Elle sait reconnaître ce qu’elle doit à notre pays. « Oui, la France fut pour nous la Terre promise. », conclut-elle. À lire, ne serait-ce que pour se rappeler les horreurs du communisme soviétique…

4,5/5

09:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

07/08/2017

Poèmes pour petits et grands (13)

clavel.jpgLES BATEAUX



Les bateaux sont des animaux

Qui ne vont jamais en voyage

Ce sont des animaux sauvages

Qui n’aiment pas marcher dans l’eau.

 

Sur les bateaux de sauvetage

On voit fleurir des cerisiers

Quand s’embarquent les menuisiers

Les matelots vont à la nage.

 

La gondole descend la Tamise

Le paquebot vogue au ruisseau

Le batelier sur son chameau

Navigue droit sur la banquise.

 

Me voici parvenu au port

Où jettent l’ancre les navires

Et c’est vous qui devez me dire

Si j’ai raison ou tort.

 

(Bernard Clavel)

08:28 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

05/08/2017

Pensées plus ou moins correctes (95)

LARRON

« L’occasion fait le larron. »

jean rostand.jpgLECTEUR

« L’écrivain souhaite des lecteurs qui lui ressemblent et lui soient tout juste inférieurs : à son image, mais plus naïfs. »

(Jean Rostand)

LECTURE

« Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégouts de la vie ».

(Montesquieu)

« Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même. »

(Daniel Pennac)

LEGALITE

« Moi aussi, je veux la légalité (ou je la veux bien) mais je commence par le bon droit et la justice. »

(Vinoba)

04/08/2017

Jill, une femme raconte son combat contre le cancer (Jill Ireland)

jill.jpgNée en 1936, Jill Ireland est une actrice britannique d’abord mariée avec l’acteur écossais David McCallum avec qui elle a eu trois fils dont un adopté, Jason, mort d’une overdose en 1989. Sur le tournage de « La grande évasion », elle rencontre Charles Bronson, lui-même marié avec des enfants. Le couple aura une fille Zuleika, qui s’illustrera dans des concours hippiques. La famille possède une magnifique propriété à Bel-Air. Passe l’été au bord de l’océan dans une belle résidence de Malibu et l’hiver à faire du ski dans le Vermont. Leur bonheur serait complet si Jill ne s’était pas vue détecter un cancer du sein qui nécessita une ablation totale suivie d’une longue série de sept sessions de chimiothérapie particulièrement douloureuses. Dans ce livre, surtout centré sur les années 83 à 85, l’actrice relate par le menu son long combat contre cette terrible maladie.

« Jill, une femme raconte son combat contre le cancer » est le témoignage émouvant d’une femme qui décide de prendre les choses en main et de mettre toutes les chances de son côté. Elle ne se contente pas de mettre en œuvre les thérapies classiques. Elle se lance parallèlement dans la médecine holistique, dans l’électrothérapie et la méditation. Elle change sa façon de vivre, son alimentation (plus de laitages, de farineux, de sucre et de protéines animales) et jusqu’à son regard sur ses contemporains. Une leçon de courage et de dignité qui se termine sur des pages d’espoir et ne peut qu’être profitable au lecteur même si celui-ci sait que la triste réalité a rattrapé l’auteure cinq années plus tard et a eu le dernier mot…

4/5

08:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)