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06/02/2026

La chaussée des géants (Pierre Benoit)

La chaussée des géants.jpgEn 1916, blessé de la Guerre des Tranchées, Gérard une fois remis sur pieds est affecté comme secrétaire au ministère de la guerre à Paris. Il s'adonne à des recherches linguistiques sur le mingrélien et devient ami avec Vincent Laboulbène, fils d'un célèbre constructeur automobile de l'époque. Celui-ci lui fait rencontrer un certain Térence, homme un peu mystérieux, revenu lui aussi du front et qui semble se cacher. En effet, il a combattu dans les troupes irlandaises aux côtés des Français. Mais maintenant, il estime qu'il est grand temps de quitter la lutte contre les Allemands pour se retourner contre les Anglais qui occupent injustement l'Irlande depuis tant d'années. Terence s'est intéressé à Gérard car il l'a confondu avec le Professeur Gérard du Collège de France, grand spécialiste des langues gaéliques. Gérard n'ose pas démentir et le voilà embarqué vers la verte Erin où il devra jouer le rôle d'observateur international en compagnie de quelques autres scientifiques venus de plusieurs pays, Suisse, Etats-Unis, Espagne et même Japon…

« La chaussée des géants » est un roman à contexte historique fort bien écrit et fort agréable à lire, même s'il date de 1922. L'histoire bien construite démarre un peu comme un roman sentimental et se poursuit avec des rebondissements et des quiproquos. Gérard n'est pas le vrai, mais il n'est pas le seul ! La clé de l'intrigue et son fil rouge est une légende gaélique qui prédit la fin de la domination anglaise et la libération de l'Irlande. Elle serait liée à la naissance de l'héroïne, la belle Antiope d'Antrim dont Gérard est plus ou moins amoureux depuis l'enfance et dont le père, aristocrate handicapé, est le chef secret de la résistance. L'action est un peu lente à démarrer, mais le lecteur s'attache très vite aux personnages d'autant plus qu'il devine que tous sont condamnés à finir tués ou blessés dans les affrontements à venir, voire, pendus, fusillés ou déportés s'ils sont capturés. Le dernier quart de l'ouvrage est passionnant et mérite à lui seul le détour. Il décrit les combats désespérés à Dublin et dans toute l'Irlande qui s'achevèrent dans un bain de sang, l'armée britannique n'hésitant pas à tirer au canon sur la foule ! Et en prime, le lecteur aura droit à une fin surprenante avec un dernier quiproquo sous forme d'usurpation d'identité pour la bonne cause bien sûr. Pierre Benoit est un peu oublié de nos jours et c'est bien dommage.

4,5/5

09:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/02/2026

Pensées plus ou moins correctes (399)

D'ormesson.jpg« Ecrire est difficile, parce qu’on est toujours dépassé par son livre. »

(Jean d’Ormesson)

« J’écris ce que j’ai envie de lire. Gros risque : si je suis un lecteur sans goût, je serai un écrivain sans talent. »

(Philippe Bouvard)

« N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,

Et, modeste, d’ailleurs, se dire : « Mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,

Si c’est dans ton jardin que tu les cueilles ! »

Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,

Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,

Vis-à-vis de toi-même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,

Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,

Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul. »

(Edmond Rostand)

« Les écrivains écrivent peut-être pour cautériser à l’aide de mots les silences inconcevables et insupportables de l’enfance. »

(Rosa Montero)

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04/02/2026

Mougeons, moutruches et muselières (571)

Liberté.jpg

08:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

03/02/2026

Griffu (Manchette & Tardi)

Griffu.jpgUne certaine Luce Minetta demande à Griffu qui n'est que conseiller juridique de l'aider à aller récupérer des dossiers importants. Mais au moment où celui-ci arrive à mettre la main dessus, elle les récupère et file avec alors que Griffu se retrouve piégé dans la maison dont il a forcé la porte. Trois marlous lui tombent dessus. Il parvient à s'en débarrasser à coups de poings et rentre chez lui un peu amoché et le visage agrémenté d'un magnifique œil au beurre noir. Pour en avoir le cœur net, il passe au domicile de Luce où il ne trouve qu'Evangéline sa co-locataire étudiante avec qui il sympathise immédiatement. Ils sont au lit quand les trois voyous du début les surprennent en pleine action. Ceux-ci se trouvent également sur la piste de Luce et veulent aussi récupérer les dossiers en question. Ils offrent même de verser de l'argent à Griffu s'il parvient à mettre la main sur la fille et sur les papiers avant eux…

« Griffu » se présente comme une bande dessinée illustrant une histoire bien dans le style sombre et désabusé de Jean-Patrick Manchette. L'histoire est un brin simpliste avec son contexte politico-social assez classique. Griffu se retrouve dans une sombre affaire de scandale immobilier comme il y en eut tant dans les années 70/80. Il y avait pas mal de fric à se faire dans la réhabilitation de certains quartiers complètement délabrés de la capitale et de ses alentours. Le graphisme de Tardi est original, sombre et grisâtre à souhait. Il rend bien l'atmosphère de certains coins de banlieue parisienne déjà à la dérive. Le passage du purement littéraire à l'univers plus visuel de la BD ne nous semble pas apporter grand-chose à l'esprit et à l'ambiance des œuvres de Manchette. Il en souligne juste le côté simpliste, la violence presque gratuite et les idées reçues et déjà datées. Les personnages sont encore plus caricaturaux que dans les romans. C'est noir et manichéen. Et comme la BD fait ressortir encore plus les faiblesses du propos, cela semble sans grand intérêt pour nous au bout du compte.

3/5

08:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

02/02/2026

Le 36e satellite (Roman)

08:29 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2026

Mougeons, moutruches et muselières (570)

Bardot Macron.jpg

09:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2026

La princesse du sang (Jean-Patrick Manchette)

La princesse du sang.jpgIvory, jeune photographe animalière, a décidé de camper dans la Sierra Maestra, partie désertique de Cuba. Elle compte y séjourner le plus longtemps possible. Elle passe son temps à photographier animaux et plantes jusqu'au jour où elle rencontre un homme à demi-nu, accompagné d'une gamine de treize ans plutôt crasseuse qui eux aussi survivent dans ce milieu hostile. Ivory découvre que celui qu'elle prenait pour un autochtone s'appelle en réalité Victor Maurer et que la petite Negra n'est pas sa fille, mais une enfant qu'il a adoptée… Un milliardaire juif proche de la mafia, Samuel Farakhan, ami et protecteur d'Ivory, apprend qu'elle est en danger. Il décide de partir la rejoindre… En effet, des barbouzes et autres agents secrets se sont lancés sur la trace des « campeurs » de la sierra cubaine. La poudre va parler. Les deux filles vont prendre la poudre d'escampette et tenter de sauver leur peau…

« La princesse du sang » est un roman inachevé de Manchette, auteur disparu prématurément. Ayant obtenu un vif succès avec ses précédents ouvrages, Manchette souhaitait se renouveler complètement autant au niveau du fond que de la forme. Il envisageait de produire des romans plus politiques, sous forme de fresques ou de sagas s'étendant sur plusieurs décennies avec pour arrière-plan de grands évènements mondiaux comme la révolte de Budapest écrasée par les chars russes ou la guerre d'Algérie avec des personnages récurrents que l'on suivrait sur de nombreuses années. Au niveau du style, il cherchait à en finir avec le côté percutant, décharné, « close-to-the-bone » de ses débuts. Il se voulait plus descriptif, quasi balzacien. Malheureusement, ce texte sans doute à retravailler est marqué par une grande lourdeur. Le descriptif qui se veut hyper méticuleux plombe tout. Le pauvre lecteur a droit à la température du jour, au chemisage des armes, au nom des marques et à mille détails qui ne font que plomber le rythme de la narration. Il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire qui n'a ni queue ni tête et aucune fin. Le bouquin finit même par tomber des mains et il faut se faire violence pour aller jusqu'au bout, en se demandant même s'il n'aurait pas mieux valu laisser ce « brouillon » dormir pour toujours dans un fond de tiroir… À fuir !

2/5

09:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

30/01/2026

Massimo Corti (Nouvelle)

Nouvelle extraite du recueil "Ulla Sundström"

Ouvrage disponible version ebook

https://www.amazon.fr/ULLA-SUNDSTR%C3%96M-Bernard-VIALLET...

version papier

http://www.thebookedition.com/fr/ulla-sundstrom-p-4562.html

09:03 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

29/01/2026

Mougeons, moutruches et muselières (569)

Manipulation.jpg

09:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

28/01/2026

Le chouan du Tyrol (Jean Sévillia)

Le chouan du Tyrol.jpgEn 1809, après plusieurs défaites militaires, le Tyrol a été détaché de l'Autriche et placé sous la coupe de la Bavière alors alliée de Napoléon. Il se retrouve écrasé d'impôts, avec toutes ses anciennes institutions anéanties, son clergé persécuté (fermeture des couvents et des monastères, saisie des biens de l'Eglise catholique, prêtres exilés ou jureurs) et mise en place de la conscription obligatoire inconnue jusque là. Depuis fort longtemps, sous l'égide des Habsbourg, le peuple pouvait disposer d'armes pour se défendre, il avait aussi le droit de se constituer en milices paysannes chargées de défendre le territoire mais sans jamais devoir se retrouver engagé à l'étranger. Tout est donc réuni pour une insurrection de type vendéen. Un homme prend la tête du mouvement, un simple aubergiste, Andréas Hofer qui réussit à rassembler suffisamment d'hommes armés pour faire subir plusieurs revers aux soldats bavarois et français chargés de la répression. Hofer se retrouve un temps régent du Tyrol. Il siège même au palais d'Innsbrück et tente d'organiser le pays. Mais Napoléon qui ne supporte pas qu'une poignée de montagnards en culotte de peau résiste aussi vaillamment et le tienne aussi longtemps en échec va mettre les moyens pour écraser dans le sang cette révolte paysanne…

« Le chouan du Tyrol » est un essai historique très intéressant autour de la personnalité d'un héros de l'indépendance du peuple autrichien. Sévillia consacre plus du tiers de son ouvrage à analyser la situation militaire et politique du moment. Il montre ensuite les causes de l'affrontement qui sont les mêmes que celles qui ensanglantèrent la Vendée, la Bretagne, l'Anjou et certains territoires du Midi pendant la Terreur. Il précise que dans le cas français, il s'agissait plus de guerre civile, des Français se battant entre eux, alors que dans le cas du Tyrol, les Franco-Bavarois étaient des envahisseurs et des usurpateurs pour les habitants du Tyrol. Malheureusement pour Hofer, simple montagnard franc et honnête, il finit par se retrouver victime de la double trahison des Habsbourg qui signèrent la paix et l'abandonnèrent à son triste sort alors qu'ils auraient pu lui sauver la mise. Eternelle ingratitude des puissants vis à vis des petites gens… Ouvrage à lire pour découvrir ce pan peu connu et finalement peu reluisant de l'épopée napoléonienne qui se fit dans le sang et la souffrance, et dans le mépris total du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes…

4,5/5

08:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)