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27/02/2018

Poèmes pour petits et grands (33)

Guillevic.jpgElégie

 

Je t’ai cherchée

Dans tous les regards

Et dans l’absence des regards,

Dans toutes les robes, dans le vent,

Dans toutes les eaux qui se sont gardées,

Dans le frôlement des mains,

Dans les couleurs des couchants,

Dans les mêmes violettes,

Dans les ombres sous les hêtres,

Dans mes moments qui ne servaient à rien,

Dans le temps possédé,

Dans l’horreur d’être là,

Dans l’espoir toujours

Que rien n’est sans toi,

Dans la terre qui monte

Pour le baiser définitif,

Dans un tremblement

Où ce n’est pas vrai que tu n’y es pas.

 

(Eugène Guillevic)

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26/02/2018

Curieuses histoires de l'Histoire (Guy Breton)

curieuses histoires.jpgÀ Jérusalem, Lazare, revenu de la mort grâce à un miracle du Christ, sa famille et ses amis chrétiens, sont détestés par les Juifs et trainés devant le grand prêtre, lequel prononce une sentence de bannissement à leur encontre. Ils sont placés sur une barcasse sans voile, ni mât, ni gouvernail et sans eau, ni vivres et poussés vers la haute mer. Un vent favorable leur fait traverser toute la Méditerranée. C’est ainsi que Lazare, Trophime, Maximin, Marie Salomé, Marie-Madeleine et leur petite servante Sara (les Saintes Maries de la mer) débarquent en Camargue… Une jeune et belle reine éthiopienne se présente à Jérusalem avec toute sa cour. Le roi Salomon, fils de David, tombe immédiatement amoureux de la belle étrangère. Après une torride nuit d’amour, Makeda, reine de Saba, rentre dans son pays où elle accouchera neuf mois plus tard d’un fils nommé Ménélik… Pendant des siècles, les professions d’apothicaires et d’épiciers furent confondues ou interchangeables…

« Curieuses histoires de l’Histoire » est un recueil comprenant 24 anecdotes amusantes et surprenantes de l’Histoire proche ou lointaine. L’ensemble est pétillant, plein d’humour et impeccablement écrit. Le lecteur apprendra énormément de choses tout en s’amusant. Par exemple qu’une jolie Anglaise aida Napoléon III à réussir son coup d’Etat avant d’être fort inélégamment remerciée… Que les maréchaux d’Empire exigeaient de grosses sommes d’argent de Napoléon 1er avant d’engager le moindre combat et que ses nombreuses maîtresses ne se gênaient pas pour en faire autant. Que Gustave Eiffel, de son vrai nom Gustave Bonikausen, dut vaincre une formidable opposition à l’édification de sa fameuse tour. Pas moins de trois cents personnalités (Sully Prudhomme, Leconte de Lisle, Coppée, Maupassant, Gounot, etc.) signèrent une pétition contre elle. Verlaine demanda même qu’on abatte cette « horreur » après qu’elle fut construite. Certains allèrent jusqu’à parler de monument anticlérical, car sa hauteur dépassait celle de la cathédrale Notre-Dame. Ouvrage intéressant et divertissant. Que demander de plus ?

4,5/5

08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

25/02/2018

Pensées plus ou moins correctes (115)

Italo calvino.jpgMENSONGE

« Le mensonge n’exclut la vérité qu’en apparence ; vous savez que, dans plusieurs cas, les mensonges – par exemple, pour le psychanalyste, ceux de son patient – sont indicatifs, autant, sinon plus, que la vérité ; et il en sera ainsi pour ceux qui devront interpréter notre message. Müller, en vous disant maintenant ce que je suis en train de vous dire, je ne vous parle plus de la part de nos supérieurs, mais sur la base de mon expérience personnelle, de collègue à collègue, d’homme à homme. Ecoutez-moi : le mensonge est la véritable information que nous avons à transmettre. C’est la raison pour laquelle je ne me suis pas interdit une utilisation discrète du mensonge dans les cas où celui-ci ne compliquait pas le message, où il le simplifiait même. »

(Italo Calvino)

« Les hommes sont les roturiers du mensonge, les femmes en sont l’aristocratie. »

(Etienne Rey)

« Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge. »

(Abraham Lincoln)

« J’aime la vérité. Je crois que l’Humanité en a besoin. Mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d’ennui. »

(Anatole France)

« La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur. »

(Albert Camus)

« Avec l’amorce d’un mensonge, on pêche une carpe de vérité. »

(William Shakespeare)

« Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits. »

(Proverbe africain)

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24/02/2018

The favorite game (Léonard Cohen)

the favorite game.jpgÀ Montréal, vit une importante communauté juive qui s’estime être la plus influente du Canada. Et, en son sein, une famille se considère comme tenant le haut du pavé, les Breavman. Le dernier descendant de la dynastie s’encanaille avec quelques amis. La liste de ses conquêtes féminines est assez impressionnante (Heather, Bertha, Lisa, Tamara, Norma, Shell…) Dans une boîte de nuit, il est à l’origine d’une bagarre générale. En s’aidant d’un livre d’hypnotisme, il parvient à prendre le contrôle mental d’une fille un peu naïve et à abuser d’elle. Il aime beaucoup fréquenter de jeunes militantes communistes et gauchistes…

« The favorite game » est un roman composé par une suite d'anecdotes non chronologiques et reliées entre elles de façon assez lâche. Le thème servant de fil rouge est la recherche de l'amour plutôt physique. Pour Léonard Cohen, c'est une quête sans grand espoir, désenchantée et quasi désespérée. À cette problématique s'ajoute celle de la condition juive. Hitler, le nazisme et les camps de concentration sont évoqués à diverses reprises. Quelques pages pour un portrait de la mère juive et un peu plus pour la musique, les débuts du folk avec Leadbelly, Pete Seeger, les Weavers par exemple. Breavman joue de la guitare. Le lecteur doit-il en déduire qu'il est plus ou moins un avatar de l'auteur. Le style littéraire est simple et sans afféteries. Cet ouvrage sans grande envergure ne laisse pas un souvenir très marquant. Nul doute que Cohen est meilleur chanteur qu'écrivain !

2,5/5

08:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/02/2018

La guerre politique (Raymond Marcellin)

La guerre politique.jpgPour Raymond Marcellin, ministre de l'intérieur en mai 1968, la guerre politique est celle que mène l’URSS à l’endroit des démocraties sans jamais avoir recours au choc des armées. Il s’agit de les subvertir, de les affaiblir par un certain nombre de procédés idéologiques utilisés par son ambassade largement pourvue en agents du KGB, par le parti communiste « français » totalement inféodé à Moscou et par des syndicats comme la CGT et avec la complicité active de divers compagnons de route : intellectuels, journalistes et artistes divers et variés. C’est une guerre froide, souterraine, diligentée par les services spéciaux, dont l’action dépasse largement le simple espionnage pour aller jusqu’à la manipulation des masses et l’instrumentalisation de groupes révolutionnaires, autonomistes et/ou terroristes. Cette subversion venue de l’étranger a pris des proportions inquiétantes, devant lesquelles toute nation libérale est pratiquement désarmée sur tous les plans, psychologique, politique, juridique, militaire et administratif. « Son caractère insidieux facilite ses entreprises et rend aléatoire les mesures prises pour les combattre par les nations qu’elle mine à la façon des termites », lit-on.

« La guerre politique » est un essai géopolitique particulièrement bien écrit et bien documenté. Son auteur fut tout à fait bien placé pour comprendre la situation, l’analyser et apporter des solutions. Sait-on que des groupuscules gauchistes avaient le projet de s’emparer des urnes à la fin de mai 68, ceci pour fausser le résultat des élections ? Marcellin, en organisant un énorme coup de filet dans ces milieux, fit avorter cette tentative peu connue. L’intérêt de ce livre, au-delà du fait qu’il est daté et plus tout à fait d’actualité, est sa parfaite analyse des rouages d’un phénomène que l’observateur a vu croitre, s’affiner et embellir même après la fin de l’URSS. Les mêmes procédés, améliorés au fil des années, amenant les mêmes résultats et minant de plus en plus une société en pleine déliquescence. L’auteur ne se contente pas de faire un diagnostic, il fournit en plus l’ordonnance pour contrer le phénomène. Il faudrait de la fermeté, du bon sens et avoir le courage de regarder la réalité en face, ne plus se payer de bons mots, de beaux sentiments et de slogans plus ou moins pipés.

4/5

08:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

22/02/2018

L'aéronaute embourbé

L'aéronaute embourbé by CCRIDER77280 on Scribd

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21/02/2018

Les chiens d'Himmler (François-Albert Viallet)

Les chiens d'Himmler.jpgEn juin 1940, dans une France battue et envahie, François-Albert Viallet est arrêté par des agents de la Gestapo en compagnie d’un camarade. Commence alors pour les deux Français un long périple, en voiture et en train, qui les mènera jusqu’à Berlin, après plusieurs étapes dans diverses prisons (Wiesbaden, Mayence et Francfort). Dans la capitale du Reich, le narrateur se retrouve dans la prison de la préfecture de Police, à l’Alexanderplatz. Pendant plus de quatre mois, il croupit dans le dépôt numéro 1, surnommé « la cuisine du diable », avec 400 autres prisonniers « politiques » dans des conditions effroyables de crasse et de promiscuité, les lieux étant prévus pour une vingtaine de détenus. Torturé par la faim et rongé par la vermine, l’auteur observe que tout le monde ou presque a été arrêté de façon arbitraire. Ainsi le doyen, Juif de 83 ans, s’est retrouvé raflé pour s’être promené dans la rue à une heure tardive. Partout, une stricte hiérarchie raciale a été décrétée par les nazis : les prisonniers allemands sont toujours les premiers et les mieux servis et font également office de kapos, souvent pires que les gardiens officiels. Tout en bas de l’échelle sociale, se retrouvent les Polonais et les Juifs.

« Les chiens d’Himmler » est à la fois le témoignage d’un homme ayant passé une vingtaine de mois dans les geôles nazies et un essai sur le système judiciaire et carcéral hitlérien. Il faut attendre la moitié de l’ouvrage pour savoir pour quelles raisons, F-A Viallet s’est retrouvé dans cette pitoyable situation. On le soupçonne d’espionnage et de complicité avec des antinazis allemands. En réalité, journaliste polyglotte (il servira d’ailleurs de traducteur aux Allemands), il lui est reproché d’avoir écrit avant guerre certains articles peu favorables au régime. La lecture de cet ouvrage publié en 1945 et donc vraisemblablement écrit « à chaud » et « à charge » est assez pénible voire laborieuse. Que de haine ! Que de souffrances ! Que d’absurdités kafkaïennes ! Quel manque d’humanité ! Tout comme le KGB d’autre sinistre mémoire, la Gestapo fonctionnait selon le principe monstrueux et totalitaire du « tous coupables », aussi extravagantes ou invraisemblables que puissent être les charges. Le tout étant de ne pas tomber entre leurs pattes, vu le peu de chances de s’en ressortir… Heureusement pour l’auteur, il parviendra à s’évader d’une façon totalement improbable et fort mal expliquée d’ailleurs. Ouvrage utile à titre de document pour la recherche historique, registre totalitarisme, propagande et manipulation des masses.

2,5/5

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20/02/2018

Le loup et le renard (Nouvelle)

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19/02/2018

Le monde est mon pays (André Brugiroux)

le monde est mon pays.jpgPerpétuel voyageur, André Brugiroux, surnommé le pape des stoppeurs ou des routards, a passé la totalité de son existence à voyager en auto, bateau ou avion-stop dans le monde entier. Il peut se targuer d’avoir visité l’ensemble des pays du monde et même des territoires aussi improbables que l’archipel des Chagos ou aussi impénétrables que l’Arabie Saoudite, le dernier trophée qu’il accrocha à son palmarès. Né en 1937, il démarra son périple en 1955 en refusant de payer pour quelque hébergement que ce soit et en se limitant à un budget d’un seul dollar par jour. Et il y parvint. Au terme de 18 années d’aventures autour de la planète, il cumula 400 000 km parcourus et pas moins de 135 pays traversés. Fort de ce premier exploit, il monta un film, donna de nombreuses conférences qui lui permirent de continuer sur sa lancée et, au fil des années, des opportunités, des hasards et des rencontres, d’ajouter de nouvelles destinations jusqu’à atteindre récemment son but ultime…

« Le monde est mon pays » n’est pas à proprement parler un récit de voyage mais plutôt une réflexion sur un retour d’expérience. Brugiroux n’ayant pas tout raconté ni dans son premier opus « La terre n’est qu’un seul pays », ni dans son précédent « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde », ajoute diverses anecdotes en les classant par thèmes : le rêve impossible, la peur de l’inconnu, les règles de l’art, le stop, la solitude, la Providence et bien sûr, la quête spirituelle. Brugiroux s’envisage avant tout comme un missionnaire, c’est-à-dire un homme chargé d’une mission, celle de propager les idées du baha'isme, religion qui prône la paix universelle par une sorte de syncrétisme général et grâce à un gouvernement mondial éclairé. Le livre est fort intéressant et très bien écrit (le globe-trotter a bénéficié de l’aide d’un journaliste, Jérôme Bourgine). Dommage qu’il y ait tant de redites. Un grand nombre d’histoires ont déjà été racontées dans les précédents ouvrages d’où une impression de radotage un peu lassante.

3/5

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17/02/2018

Poèmes pour petits et grands (32)

verhaeren.jpgLe chaland

 

Sur l’arrière de son bateau,

Le batelier promène

Sa maison naine

Par les canaux.

 

Elle est joyeuse, et nette, et lisse,

Et glisse

Tranquillement sur le chemin des eaux.

Cloisons rouges et porte verte,

Et frais et blancs rideaux

Aux fenêtres ouvertes.

 

Et, sur le pont, une cage d’oiseau

Et deux baquets et un tonneau ;

Et le roquet qui vers les gens aboie,

Et dont l’écho renvoie

La colère vaine vers le bateau.

 

Le batelier promène

Sa maison naine

Sur les canaux

Qui font le tour de la Hollande,

Et de la Flandre et du Brabant.

 

Il a touché Dordrecht, Anvers et Gand,

Il a passé par Lierre et par Malines,

Et le voici qui s’en revient des landes

Violettes de la Campine.

 

Il transporte des cargaisons,

Par tas plus hauts que sa maison :

Sacs de pommes vertes et blondes,

Fèves et pois, choux et raiforts,

Et quelquefois des seigles d’or

Qui arrivent du bout du monde.

 

Il sait par cœur tous les pays

Que traversent l’Escaut, la Lys,

La Dyle et les deux Nèthes ;

Il fredonne les petits airs de fête

Et les tatillonnes chansons

Qu’entrechoquent, en un tic-tac de sons,

Les carillons.

 

Quai du Miroir, quai du Refuge,

À Bruges ;

Quai des Bouchers et quai des Tisserands,

À Gand ;

Quai du Rempart de la Byloque,

Quai aux Sabots et quai aux Loques,

Quai des Carmes et quai des Récollets,

Il vous connaît.

 

Et Mons, Tournay, Condé et Valenciennes

L’ont vu passer, en se courbant le front,

Sous les arches anciennes

De leurs grands ponts ;

Et la Durme, à Tilrode, et la Dendre, à Termonde,

L’ont vu, la voile au clair, faire sa ronde

De l’un à l’autre bout des horizons.

 

Oh ! la mobilité des paysages,

Qui tous reflètent leurs visages

Autour de son chaland !

La pipe aux dents,

D’un coup de rein massif et lent,

Il manœuvre son gouvernail oblique ;

Il s’imbibe de pluie, il s’imbibe de vent,

Et son bateau somnambulique

S’en va, le jour, la nuit,

Où son silence le conduit.

 

(Emile Verhaeren)

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