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17/09/2019

Poèmes pour petits et grands (88)

michelet.jpgLe rouge-gorge

 

Je suis le compagnon

Du pauvre bûcheron.

 

Tout au long de l’automne,

Au vent des premiers froids,

C’est ma voix qui lui donne

Le dernier chant des bois.

 

Mais quand vient la gelée,

Je frappe à son carreau.

Il n’est plus de feuillée :

« Prends pitié de l’oiseau !

C’est ton ami d’automne

Qui revient près de toi.

Le ciel, tout m’abandonne !

Bûcheron ouvre-moi !

 

Qu’en ce temps de disette,

Le petit voyageur,

Régalé d’une miette,

S’endorme à la chaleur ! »

 

Je suis le compagnon

Du pauvre bûcheron.

 

(Jules Michelet)

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16/09/2019

Ungern, l'héritier blanc de Gengis Khan (Jean Mabire)

 

Ungern, l'héritier blanc de Gengis Khan.jpgNé en 1885, le jeune baron von Ungern-Steinberg, noble estonien d’origine germanique, est un enfant difficile, plus intéressé par les bagarres que par les études. Au début de la première guerre mondiale, il déserte de l’école navale où il est élève officier pour s’engager dans les armées du Tsar comme simple soldat. Il combat en Galicie et acquiert une réputation de bravoure. Étant cinq fois blessé, il obtient l’ordre de Saint-Vladimir, de Saint-Stanislas et est décoré de l’ordre de Saint-Georges. En 1917, il combat les armées rouges et remporte quelques victoires avec la division de cavalerie asiatique qu’il a créée de toutes pièces, avant d’être investi d’une fonction officielle par le Bogdo Khan, ce qui l’amène à tenter de créer un empire mongol indépendant à l’est du lac Baïkal. Mais sans base arrière, ni alliés, ni secours possible, son échec est programmé. Ses propres officiers l’abandonnent quand ils comprennent que l’aventure touche à sa fin. Capturé par les Rouges, il est jugé le 15 septembre 1921, à Novonikolaïevsk. Les chefs d’accusation retenus contre lui sont de s’être battu contre la révolution, d’avoir été un agent des Japonais et d’avoir commis des crimes. Il est reconnu coupable sur tous les points, condamné à mort et immédiatement exécuté.

« Ungern, l’héritier blanc de Gengis Khan » se présente comme la courte biographie d’un des contre-révolutionnaires les plus flamboyants et les plus sauvages de l’histoire russe. Il fut surnommé le « Baron fou » et demeura une sorte de mystère pour les historiens. Il se proclamait bouddhiste mais semblait avoir fait partie de sociétés secrètes ésotériques satanistes comme la « Golden Dawn » et avoir eu un rôle d'espion. Il détestait les Russes mais s’était vaillamment et loyalement battu à leurs côtés dans les armées du Tsar. Il était brutal et impitoyable comme seul un ascète et un sectaire peut l’être, mais comme on ne prête qu’aux riches, on lui attribua plus de massacres qu’il n’en commit réellement. Il était capable de galvaniser les foules tout comme de perdre leur confiance. On le disait supérieurement intelligent et pourtant, il commit de grossières erreurs de tactique en se lançant à l’assaut des immensités russes avec un petit millier d’hommes et en voulant se mesurer à un ennemi plus de dix fois supérieur en nombre ! Petit ouvrage intéressant et bien écrit qui donne envie de se documenter un peu plus sur ce personnage hors du commun.

4/5

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15/09/2019

Pensées plus ou moins correctes (169)

Vauvenarges.jpgPLAIRE

« L’art de plaire est l’art de tromper. »

(Vauvenargues)

« Quand on veut plaire dans le monde, il faut se résoudre à se laisser apprendre beaucoup de choses qu’on sait par des gens qui les ignorent. »

(Chamfort)

« Un homme à qui personne ne plaît est bien plus malheureux que celui qui ne plaît à personne. »

(La Rochefoucauld)

PLAISIR

« Si le plus grand plaisir des hommes est de se payer le corps des femmes, le plus grand plaisir des femmes est de se payer la tête des hommes. »

(Sacha Guitry)

« Le meilleur plaisir est celui qu’on fait aux autres. »

(Jean-Jacques Rousseau)

« Si les hommes souffrent tout aux femmes, n’est-ce pas uniquement dans la vue du plaisir qu’ils en attendent. »

(Erasme)

« En dehors du jeu et de la cigarette, il est étonnant de constater que presque tous les plaisirs d’un Anglais peuvent être… et sont généralement… partagés par son chien. »

(George-Bernard Shaw)

PLAISANTERIE

« Ce qui ne tolère pas la plaisanterie supporte mal la réflexion. »

(Sacha Guitry)

PLEBE

« Le monde de demain, c’est la plèbe. Autrement dit, une chose vile qui tend à s’avilir encore, un tas de décombres qui aspire encore à se détruire. »

(Robert Poulet)

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14/09/2019

Les pirates de la Mer Rouge (Karl May)

Les pirates de la mer rouge.jpgDans le désert tunisien, le narrateur, avatar de Karl May, voyage en compagnie d'Halef, serviteur musulman particulièrement fervent qui veut lui témoigner son affection en essayant de le convertir à l’Islam. En chemin, les deux hommes découvrent le cadavre d’un Français dévoré par les vautours… Sur les bords du Nil, une réputation de médecin exceptionnel est attribuée à l’auteur qui a pu soigner certains malades à l’aide de quelques granules d’homéopathie. Un notable lui demande de sauver son épouse atteinte de neurasthénie. Mais celle-ci n’est pas ce qu’elle paraît être… Parvenu aux bords de la Mer Rouge, Karl May est capturé par une bande de pirates avant d’être libéré par Halef et de faire la connaissance d’un autre voyageur un Autrichien rentrant de Bombay et se dirigeant vers Trieste. May veut à tout prix visiter La Mecque et Médine où il risque de trouver la mort s’il est découvert, car les deux villes saintes sont interdites aux « infidèles ».

« Les pirates de la Mer Rouge » est un roman d’aventures et de voyages en quatre parties comme on n’en écrit plus depuis bien longtemps. Le héros est une sorte de chevalier sans peur et sans reproche qui arrive toujours à se sortir des situations les plus inextricables. Presque un super-héros, il est capable de mettre au défi toute une bande de fines gâchettes de réussir à l’atteindre en usant de dons de cavalier hors pair ou de combattre et de venir à bout d’un lion qui terrorisait toute une région. On n’est pas loin de la bande dessinée. L’ouvrage, fort plaisant à lire néanmoins, reste intéressant moins par les rebondissements nombreux que par la description de tribus de bédouins passant leur temps à guerroyer les unes contre les autres, à piller, razzier, rançonner les voyageurs, mais toujours avec courage et panache. Karl May ne cache pas son admiration pour ces gens. Les rôles de méchants sont d’ailleurs toujours tenus par des non-musulmans et en particulier par un Arménien vicieux et retors et par un Grec tout aussi fourbe. Tous se déguisent en bédouins, font illusion aux Arabes, mais pas à Karl May. Si l’on en croit la biographie de Wikipédia, l’auteur n’aurait pas accompli le dixième des voyages qu’il décrit dans ses ouvrages. Si c’est le cas, il s’est bien documenté tant les détails véridiques sont nombreux !

3/5

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12/09/2019

Le dernier des Spartians (roman)

08:49 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

10/09/2019

Les godasses (Sketch)

09:01 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

09/09/2019

Dialogue de vaincus (Rebatet & Cousteau)

Dialogue de vaincus.jpgRebatet et Cousteau, condamnés à mort en 1945 pour collaboration avec l’ennemi en raison de leurs articles parus dans « Je suis partout » ont vu leur peine commuée, par grâce du président Vincent Auriol, en détention à perpétuité. D’abord détenus à Fresnes, fers aux pieds et dans des conditions dignes des bagnes de l’autre siècle, ils se retrouvent ensuite transférés à Clairvaux où leur statut s’améliore nettement en 1950, car les voilà responsables de la comptabilité et chargés de la gestion de la lingerie et de la bibliothèque de la prison, ce qui leur permet d’entamer ces dialogues remarquables par leur liberté de ton, mais aussi par leur cynisme et leur désespérance. Face à face, se retrouvent un Rebatet, pur homme de droite, formé par les Jésuites et détestant au plus haut point l’Église catholique et un Cousteau, frère du célèbre commandant écologiste de « la Calypso », homme de gauche, athée, fasciste assumé et ne se considérant vaincu que par la force des armes. À la fin de la guerre, le premier suivit Pétain, son gouvernement et Céline à Sigmaringen. Le second s’enfuit avec Doriot et ses sbires à Neustadt. Deux lieux où ils furent capturés et ramenés en France.

« Dialogue de vaincus » est un ouvrage assez original traitant de toutes sortes de sujets autant philosophiques, politiques, historiques, théologiques ou autres… Les dialogues sont au nombre de vingt, chacun sur un thème particulier. Au premier abord, le lecteur trouvera une fort longue introduction de 43 pages signée d’un certain Robert Belot, dans laquelle tout est fouillé, analysé, disséqué, décortiqué, explicité à un point tel qu’il risque de ne plus avoir envie de lire la suite. Et il aurait tort, car il raterait un véritable festival d’ironie grinçante et de mauvaise foi mêlée de lucidité désabusée. Ainsi la presse n’est que conformisme et prosternation devant la pensée dominante, même « l’Observateur », dépendant des cocos et des prolos, même « Rivarol », inféodé aux cathos. Seul « Le Crapouillot » trouve un peu grâce à leurs yeux. L’esprit de résistance avant 44 ? Une vaste blague. « Les décombres » de Rebatet s’est vendu à 65 000 exemplaires, « Je suis partout » tirait chaque semaine à 300 000 exemplaires, « la poignée de traitres était quand même assez dense », notent-ils. Cousteau intégra ce journal grâce à l’historien Pierre Gaxotte. Le premier article qu’il proposa fut pour défendre des Noirs injustement accusés du viol de femmes blanches aux USA. Quant à Rebatet, il y entra peu après grâce au coup de piston d’un Juif nommé Levinson. En réalité, on a affaire à deux anars, un de droite et un de gauche, tous deux farouchement anti-cléricaux, anti-nationalistes et européistes convaincus, pensant arriver à l’internationalisme en se plaçant sous la bannière du pire fascisme, du pire nazisme. « La démocratie est un fléau répugnant », dit Cousteau. Au fil des dialogues, un nombre impressionnant de personnages célèbres sont rhabillés pour l’hiver à commencer par « Dudule » (Hitler) qui a perdu, car il n’a même pas été fidèle à ses propres principes, en passant par Churchill, qui avoua lui-même avoir « tué le mauvais cochon » en faisant allusion à l’alliance avec Staline, sans oublier Roosevelt traité comme un boutiquier sans envergure qui abandonna la moitié de l’Europe en laissant un rideau de fer s’abattre sur elle. Seul Staline trouve grâce à leurs yeux car lui ne commit aucune erreur, ne prit jamais de demi-mesures et alla jusqu’au bout dans la liquidation de ses ennemis politiques. Un livre qui garde un certain intérêt surtout à titre de document historique et également pour quelques comparaisons affligeantes avec notre situation actuelle.

3,5/5

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07/09/2019

Poèmes pour petits et grands (87)

Jules Laforgue.jpgAquarelle en cinq minutes

 

Oh ! Oh ! Le temps se gâte,

L’orage n’est pas loin,

Voilà que l’on se hâte

De rentrer les foins…

 

L’abcès perce !

V'là l’averse !

Ô grabuges

Des déluges !…

 

Oh ! Ces ribambelles

D’ombrelles !

Oh ! Cett' Nature

En déconfiture !…

 

Sur ma fenêtre,

Un fuschia

À l’air paria

Se sent renaître…

 

(Jules Laforgue)

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06/09/2019

L'orgueil de la tribu (Yves Viollier)

l'orgueil de la tribu.jpgDe nos jours, en Vendée, se perpétue la tradition de la Petite Eglise. Une petite communauté de dissidents de l’Église catholique, de « vieux croyants », de descendants de Vendéens qui n’ont jamais accepté les « nouveautés » du Concordat imposé par Napoléon Ier. Sans prêtre ni évêque, ces irréductibles continuent à pratiquer leur religion selon les traditions et les rites qui étaient en vigueur avant la Révolution Française. L’un d’eux, le grand-père Pierre Chancelier, propriétaire d’une fabrique de cordonnerie depuis toujours dans la famille se fait du souci quand il constate l’absence de sa fille Danièle aux cérémonies de l’Ascension. Avec le mari, Xavier, et leur trois enfants, ils partent à sa recherche et finissent par trouver, caché dans une armoire, un billet où elle précise qu’elle est partie de son plein gré. En réalité, elle s’est enfuie pour rejoindre son amant, photographe de passage… Le scandale est immense pour ces gens qui n’ont pas vu le moindre divorce depuis deux siècles !

« L'orgueil de la tribu » peut être classé comme un roman de terroir avec arrière-plan historique ou comme roman psychologique et sentimental. Très bon écrivain, Yves Viollier dispose d'un style fluide et agréable à lire. Il sait montrer tous les ravages qu’une défection de la mère peut occasionner dans une famille particulièrement en ce qui concerne les enfants. L'intrigue s'achève en happy end gentillet, ce qui pourra décevoir certains lecteurs attachés au réalisme et à la vraisemblance. Ce qui m’a le plus déçu, c’est le peu d’éléments apportés sur la vie quotidienne, l'organisation sociétale de ces « Amish » français, qui, s'ils existent vraiment, ce dont je ne doute pas, doivent forcément se comporter différemment du reste de la population. Dans le même ordre d'idées, le volet historique de cette histoire me semble insuffisamment exploité. Au total, un bon livre de l’auteur, mais sans doute pas le meilleur.

3/5

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05/09/2019

Pensées plus ou moins correctes (168)

Coluche.jpgPIERRE

« Pire qu’une pierre dans la chaussure, le grain de sable dans la capote. »

(Coluche)

« La pierre précieuse ne peut être polie sans frottements, et l’homme ne s’accomplit pas sans subir d’épreuves. »

(Pensée bouddhiste)

« Pierre qui roule n’amasse pas mousse. »

« Une pierre porte l’autre. »

PILLAGE

« Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie. »

(Frédéric Bastiat)

PIRE

« Le pire n’est pas toujours certain. »

PITIE

« La pitié de soi et l’accusation d’autrui, c’est là les deux grands maux des névrosés. »

(Paul Diel)

PLACE

« Il y a de la place au soleil pour tout le monde, surtout quand tout le monde veut rester à l’ombre. »

(Jules Renard)