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09/06/2020

L'Amérique fantôme (Gilles Havard)

L'Amérique fantôme.jpgQuand on évoque la conquête de l’Ouest américain, quelques noms et évènements viennent immédiatement à l’esprit, mais jamais ceux de Pierre Gambie, Etienne Brûlé, Pierre-Esprit Radisson, Nicolas Perrot, les frères La Vérendrye, Jean-Baptiste Truteau, Toussaint Charbonneau, Etienne Prévost ou Pierre Beauchamp. Et pourtant ces hommes, oubliés de l’historiographie officielle, tous français ou francophones, eurent une part non négligeable dans cette aventure. Trappeurs, coureurs des bois, aventuriers, traducteurs ou guides, ils furent les premiers sur les lieux. Ils vécurent parmi les tribus indiennes, y prirent femmes (une ou plusieurs), eurent une descendance métisse et participèrent comme guides à de grandes explorations telle la fameuse traversée du continent de Lewis et Clark ou aux découvertes du peintre naturaliste Audubon. Ils remontèrent le Mississipi, le Missouri, traversèrent les Rocheuses, furent les tout premiers habitants de la ville de Saint-Louis. Dès 1565, Pierre Gambie commerçait avec les Indiens avant de connaître un destin tragique. Le 30 mars 1743, le chevalier de La Vérendrye enterrait une tablette de plomb symbolisant la découverte et la souveraineté française sur les immensités du Dakota. Au total, pas moins de trois siècles d’histoire des Français d’Amérique submergés par la colonisation anglo-saxonne triomphante.

« L’Amérique fantôme » est un véritable essai historique de très grande qualité. L’auteur, directeur de recherche au CNRS, a exhumé une dizaine de biographies de héros oubliés, soit parce qu’ils furent illettrés et ne laissèrent que peu de traces, soit qu’ils vécurent dans l’ombre de personnages plus illustres comme Champlain, Audubon ou Lewis et Clark et surtout parce que cette façon de vivre en symbiose avec les tribus indiennes, cette francophonie ne correspondait pas à l’image classique anglo-saxonne d’une colonisation avec cow-boys, tuniques bleues, chariots, petites maisons dans la prairie et autres colons à qui le gouvernement attribuaient des parcelles de terre prises sur les territoires peaux-rouges. Nos dix héros furent témoins des guerres indiennes (les tribus étaient en conflit incessant les unes avec les autres), des épidémies (la variole) qui les décimèrent et pour finir du parcage dans de désespérantes réserves. Un livre fondamental pour qui s’intéresse à ce pan particulier de l’histoire américaine. Le style, un peu aride, n’est pas désagréable, même s’il ne comporte aucune fioriture ou digression romanesque. En bonus, plus de 150 pages de notes, index, bibliographie et même de glossaire de tous les peuples autochtones de la région. Ouvrage de référence à conseiller.

4/5

08:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2020

Des cons finis déconfinés (5)

Meme-humour-moutons-masques-covid-19-de95a-f43ac.jpg

08:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

07/06/2020

Poèmes pour petits et grands (114)

Gounin.jpgLe vieux chemin

 

Voici le vieux chemin

Où roule le carrosse

Des dames en hennin

Et des fées Carabosse…

 

Il te conduit tout droit

Vers ces lointaines terres

Où chevauche le roi

Des pays de mystère…

 

Nous y rencontrerons

Si l’heure est opportune

Ceux qui dansent en rond

Le soir au clair de lune.

 

Les lutins plus légers

Qu’une feuille, une plume,

Qui semblent voltiger

Dans l’écharpe des brumes.

 

(Marie Gounin)

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06/06/2020

L'indomptée (Donna Cross)

L'indomptée.jpgEn 814, peu après la mort de Charlemagne, Jeanne nait à Ingelheim sur le Rhin. Elle est la fille d’un prêtre d’origine saxonne qui dirige sa famille d’une main de fer. Dès son enfance Jeanne se révèle très curieuse et très éloquente. Elle convainc Matthias, son frère aîné, de lui apprendre à lire et à écrire. Après la mort subite de Matthias, son père veut envoyer Jean, son deuxième fils, à Dorstadt à l’école de la cathédrale, mais, Jeanne se montre intellectuellement beaucoup plus douée que son frère. Contre la volonté de son père, Esculape, lettré d’origine grecque, donne des cours à la jeune fille et lui fait découvrir des œuvres littéraires autres que religieuses comme l’Odyssée ou les philosophes classiques. Lorsqu’arrive un envoyé de l’évêque pour amener Jeanne à l’école de la cathédrale, son père prétend qu’il y a eu une erreur et y fait aller Jean à sa place. Pendant la nuit Jeanne s’enfuit de chez elle et rejoint son frère, dont entretemps le compagnon a été assassiné. À Dorstadt, Jeanne impressionne l’évêque par l’étendue de ses connaissances. Le prélat fait en sorte que le frère et la sœur soient acceptés dans sa classe par le moine Odon, bien que ce dernier soit très hostile envers la fille. Celle-ci reçoit le soutien du comte Gerold, qui l’emmène chez lui et tombe amoureux d’elle. Quelque temps plus tard, le comte doit partir en guerre aux côtés de l’empereur Lothaire Ier. Son épouse Richilde en profite pour tenter de se débarrasser de sa rivale en la mariant. Au moment précis de la cérémonie, les Normands envahissent la ville et font un immense carnage au cours duquel sont tués Jean ainsi que la femme de Gerold et leurs enfants. Johanna ne survit que parce qu’on l’a crue morte…

Ainsi débute « L’indomptée », roman historique à l’américaine dans la lignée de célèbres ouvrages d’un certain Dan Brown. Le lecteur friand de vérité historique en sera une fois encore pour ses frais, car dans cette œuvrette, c’est le roman qui se taille la part belle avec cette histoire rocambolesque pleine de violence (le carnage de Dorstadt par les Normands puis la prise de Rome par les Sarrasins, les deux moments forts sont à déconseiller aux âmes sensibles !), d’intrigues, de turpitudes en tous genres, d’obscurantisme (tout phénomène naturel, toute maladie, tout incident climatique est incriminé au divin) et l’historique qui n’a que la portion congrue. Si vous voulez apprendre quelque chose de sérieux sur ce personnage légendaire, passez votre chemin ! En quatrième de couverture, l’éditeur précise que « L’indomptée » aurait demandé sept années de recherches et d’écriture à Donna Cross. Cela ne se remarque que dans le contexte, les décors et l’ambiance mais malheureusement pas pour les deux années de règne de cette incroyable et improbable papesse ! À classer dans le romanesque et presque dans la romance plutôt que dans l’Histoire sérieuse.

3/5

08:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/06/2020

Pensées plus ou moins correctes (195)

REMARIAGE

« Le remariage est le triomphe de l’espérance sur l’expérience. »

Bouddha.jpgRENAISSANCE

« Pourquoi faut-il aimer tous les homme sans distinction ? Parce que, au cours de renaissances innombrables, chacun d’eux vous a été cher à un moment donné. »

(Bouddha)

RENARD

« Le renard est bien rusé, mais la femme est plus rusée que le renard. »

(Proverbe espagnol)

RENDEZ-VOUS

« Si on pratique cette volonté de vivre pleinement que ces 24 heures en se foutant totalement de hier et se fichant éperdument de demain, on peut attendre avec un maximum de paix l’ultime rendez-vous dont le Seigneur sait, seul, la date et l’heure. Ce rendez-vous m’a toujours fasciné. »

(Guy Gilbert)

RENFORCER

« Ce qui ne tue pas renforce. »

(F. Nietzsche)

08:46 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

04/06/2020

Les morts ont tous la même peau (Morvan- Erramouspe- Vargas)

Les morts ont tous la même peau.jpgDan Parker est marié à Sheila. Ils sont parents d’un bébé. Un petit couple blanc bien ordinaire. Si ce n’est que Dan est videur dans une boite de nuit et qu’il prenait plaisir à castagner trublions et pochards surtout s’ils étaient blancs de peau. Lui-même est blanc extérieurement, mais se sent noir intérieurement. Il a un quart de sang donné par un de ses grands-parents. Il déteste les Noirs, ne les fréquente pas. Sa plus grande crainte est que l’on découvre sa part de négritude. Et voilà qu’apparaît un Noir du plus bel ébène qui se prétend son frère et vient le taper de 100 dollars à ce titre. La réaction du violent Dan ne va pas se faire attendre !

« Les morts ont tous la même peau » est une bande dessinée fidèlement adaptée du roman éponyme que Boris Vian fit paraître en 1947 sous son pseudo de Vernon Sullivan. Cette nouvelle mouture a nécessité le travail d’une équipe de cinq personnes, un scénariste, deux dessinateurs, un coloriste et un lettriste. Le résultat est là : un magnifique album avec une belle couverture rigide, un agréable papier glacé et des vignettes couleur sépia évoquant très bien l’ambiance de la première moitié de l’autre siècle. Le lecteur se trouve propulsé dans l’univers plutôt glauque des bas-fonds avec son lot de boîtes plus ou moins louches, de bars borgnes et de bordels crasseux le tout en pleine ségrégation raciale. Toute l’intrigue bascule d’ailleurs lorsque se dévoile la véritable origine de Dan. Selon que vous serez noir ou blanc votre sort sera différent quand vous passerez devant le juge. Un examen attentif des dessins permet aisément d’attribuer la paternité de chacune des pages aux deux dessinateurs. En effet, bien que proches, leurs styles sont légèrement différents. L’un dispose d’un trait de très grande finesse et précision et présente pages 8 et 9 un plan général du décor tout à fait extraordinaire. L’autre a le crayon moins léger. Malheureusement, c’est lui qui se taille la part du lion pour le nombre de pages. Ce léger inconvénient mis à part, au total, un album de grande qualité, comme la plupart des productions Glénat, que l’on ne peut que conseiller aux amateurs de romans noirs.

4,5/5

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02/06/2020

Opération Baucent (Roman)

09:18 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

31/05/2020

Tant qu'il y aura des hommes (James Jones)

Tant qu'il y aura des hommes.jpgEn 1941, sur la base de Scofield à Hawaï, quelques soldats vivent l’ordinaire d’une existence militaire rythmée par les corvées, les exercices et les virées en ville dans les bars et les bordels les jours de permission. Originaire d’une petite ville minière du Kentucky, Robert Lee Prewitt naquit presque avec une guitare entre les mains. Mais il s’en désintéressa vite au profit de la boxe où il obtint de beaux succès avant d’en être complètement dégoûté, puis du clairon, sa nouvelle passion qui le mena jusqu’à la gloire, interpréter une sonnerie aux morts au cimetière d’Arlington. Son grand-père étant décédé de mort violente, son père en prison et sa mère morte de la tuberculose, il n’a eu d’autre opportunité en dehors d’une descente dans la mine que de s’engager dans l’armée américaine à l’age de 17 ans et trois jours. Il y a bien réussi comme clairon. Puis au moment de rempiler, il opte pour Hawaï. Suite à une altercation, il finit par se faire muter dans une section où il doit repartir à zéro. Il se retrouve face à Milton Warden lequel tentera en vain de lui éviter toutes les corvées et humiliations qu’il se voit infliger pour l’obliger à enfiler à nouveau les gants de boxe…

« Tant qu’il y aura des hommes » est un récit militaire d’un réalisme saisissant. Ce pavé de plus de 600 pages en petits caractères se lit encore agréablement, car le style de l’auteur est très vivant. Il repose en grande partie sur des dialogues tout à fait percutants et qui sentent le vécu. La vie de cette brochette de pauvres gars qui n’ont pour dérivatifs que l’alcool, le jeu et les prostituées et pour horizon qu’une attaque japonaise imminente est parfaitement rendue dans toute sa dimension dramatique et misérable. Le lecteur s’attache au destin des deux héros principaux, Prewitt dans son interminable descente aux enfers (la description des châtiments de la colonie pénitentiaire est à déconseiller aux âmes sensibles) et Warden, le meneur d’hommes en dépit d’un grade peu élevé, dans ses amours illicites avec Karen, l’épouse infidèle du terrible commandant « Dynamite Holmes ». L’intrigue un peu lente à démarrer au début, prend vite de l’ampleur, monte en puissance et s’achève en véritable drame digne de l’antique. Attention, chef-d’œuvre indémodable !

4,5/5

08:51 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2020

Florence (Nouvelle)

Nouvelle extraite du recueil "Lollyblog", ouvrage disponible version papier et e-book

https://www.amazon.fr/Lollyblog-Nouvelles-Bernard-Viallet...

 

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29/05/2020

Des cons finis déconfinés (4)

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08:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)