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09/07/2019

Les chaînes de l'esclavage (Jean-Paul Marat)

Les chaînes de l'esclavage.jpgEn 1774, voulant profiter de l’occasion donnée par le renouvellement du Parlement anglais, Marat publie à l’attention des électeurs britanniques un ouvrage appelé à réveiller leur conscience civique qu’il juge assoupie. Le livre paru, il s’aperçoit qu’il n’est distribué nulle part et que personne n’en parle. Journalistes, éditeurs, distributeurs semblent tous s’être donné le mot pour le boycotter. Marat serait-il trop véhément à l’égard du pouvoir ? Il se rend d’urgence en Angleterre où il a déjà séjourné une dizaine d’années pour faire la promotion de son ouvrage auprès de sociétés qu’il appelle « patriotiques ». Il rencontre un certain succès, mais celui-ci arrive bien trop tard. Les élections sont passées et son intervention n’a rien changé aux résultats. Marat découvrira par la suite que le pouvoir avait dépensé la bagatelle de 8000 guinées pour retarder et même empêcher toute diffusion de son livre…

« Les chaînes de l’esclavage » est une étude soignée, argumentée, illustrée de nombreux exemples historiques principalement tirés de l’Histoire d’Angleterre mais aussi de celle de Rome, ainsi que d’évènements divers survenus en France, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe. Ce n’est en aucun cas un pamphlet comme on pourrait s’attendre de la part d’un révolutionnaire dont on n’a retenu que le côté imprécateur et surtout la mort tragique dans sa baignoire sous le couteau de Charlotte Corday. Tout au long d’une brillante démonstration, il analyse les ressorts et mécanismes plus ou moins vicieux de l’absolutisme, du totalitarisme, en un mot de toutes les formes de tyrannie. Il met en parallèle richesse et servitude. Tant que le peuple a du pain et des jeux, il ne se révolte pas. Il montre aussi comment un prince au départ éclairé et sensible aux problèmes de son peuple peut insidieusement basculer dans l’arbitraire avec toutes sortes de complicités extérieures (rôle des juges, des politiques, des notables, des militaires) et même grâce à un quasi goût du peuple pour sa propre servitude. Pour lui, un vrai citoyen doit pouvoir être armé comme en Suisse ou aux Etats-Unis. C’est l’unique et définitive garantie pour assurer une véritable démocratie. Un ouvrage majeur qui mériterait plus grande diffusion tant le discours et l’analyse restent modernes et même toujours d’actualité. À chaque page, le lecteur ne peut que se dire « Mais, rien n’a changé. Tout ce que dénonce Marat quelques années avant la Révolution, il pourrait le redire aujourd’hui. Et même en pire. » Au passage, on notera avec amusement quelques naïvetés sur l’extension du suffrage, l’abolition des privilèges ou la vérification des comptes de la nation, toutes choses que nous pouvons aujourd’hui évaluer avec le recul historique dont nous disposons. Une belle pensée de sociologue, d’homme politique et de moraliste mais aussi une très belle plume, agréable à lire, même de nos jours.

4,5/5

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07/07/2019

Poèmes pour petits et grands (81)

rousselot.jpgL’ordinateur et l’éléphant



Parce qu’il perdait la mémoire

Un ordinateur alla voir

Un éléphant de ses amis :

— C’est sûr, je vais perdre ma place,

Lui dit-il, viens donc avec moi.

Puisque jamais ceux de ta race

N’oublient rien, tu me souffleras.

Pour la paie, on s’arrangera.

 

Ainsi firent les deux compères.

Mais l’éléphant était vantard :

Voilà qu’il raconte ses guerres,

Le passage du Saint-Bernard,

Hannibal et Jules César…

 

Les ingénieurs en font un drame :

Ça n’était pas dans le programme !

Et l’éléphant, l’ordinateur,

Tous les deux, les voilà chômeurs.

 

De morale je ne vois guère

À cette histoire, je l’avoue.

Si vous en trouvez une, vous,

Portez-la chez le commissaire ;

Au bout d’un an, elle est à vous

Si personne ne la réclame.

 

(Jean Rousselot)

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05/07/2019

Pensées plus ou moins correctes (162)

PETIT

« Beaucoup de petites gens dans beaucoup de petits lieux, faisant beaucoup de petites actions, peuvent changer la face du monde. »

(Proverbe écossais)

la fontaine.jpg« De tous temps, les petits ont pâti des sottises des grands. »

(Jean de La Fontaine)

« Si vous avez l’impression d’être trop petit pour changer quelque chose, essayer donc de dormir avec un moustique : vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir. »

(Dalaï-Lama)

PEU

« Se contenter de peu, c’est parer à la disgrâce. »

(Tao Te King)

« Tous les hommes viennent de peu et il s’en faut de peu pour qu’ils ne viennent de rien. »

(Joseph Joubert)

PEUPLE

« J’appartiens à ce peuple qu’on a souvent appelé « élu »… Elu ? Enfin, disons : en ballotage. »

(Tristan Bernard)

« Nous ne luttons pas pour que le peuple devienne heureux. Nous luttons pour lui imposer un destin.)

(Ernst von Salomon)

« Quand un peuple ne peut pas se souvenir de son passé, il est condamné à le revivre. »

(Goethe)

« Quand le peuple n’a plus de crainte du pouvoir, c’est qu’un plus grand pouvoir s’en vient. »

(Tao Te King)

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04/07/2019

Guide de la retraite heureuse (Bernard Bellec)

Le-guide-de-la-retraite-heureuse.jpgQu’est-ce qu’une donation-partage ? Comment s’y reconnaître dans la foule d’acronymes tous plus sibyllins les uns que les autres (de AAH à USLD) ? Comment organiser des obsèques ? Comment protéger ses proches et transmettre son patrimoine ? De quelles aides peut-on disposer pour mieux vieillir ? Comment devenir acteur de son vieillissement ? Peut-on bien vieillir en restant chez soi ? Comment améliorer sa retraite ? Toutes ces questions et bien d’autres trouvent leurs réponses dans cet ouvrage.

« Guide de la retraite heureuse » est un bel ouvrage assez difficile à répertorier. En effet, ce livre agréable et joliment illustré est à la fois un almanach un peu dans l’esprit du Vermot avec ses anecdotes, ses petits faits historiques, méconnus ou oubliés, ses sites à découvrir, ses recettes pas toujours connues, ses conseils de jardinage, ses bandes dessinées, ses blagues, énigmes et historiettes. Une sorte de fourre-tout sympathique et fort utile pour les seniors qui souhaitent passer une retraite heureuse et qui voudraient comme l’indique le sous-titre « Bien vivre en France ». Une très belle édition grand format (almanach) qui aborde avec bonheur un grand nombre de sujets souvent intéressants Il est évident que la partie mémento avec ses index et son lexique sera la plus consultée et la plus utile. L’autre sera plus amusante voire distrayante.

4,5/5

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02/07/2019

L'aéronaute embourbé

L'aéronaute embourbé by CCRIDER77280 on Scribd

Ouvrage disponible version papier

https://www.amazon.fr/Laeronaute-embourbe-Bernard-Viallet...

version ebook

https://www.amazon.fr/La%C3%A9ronaute-embourb%C3%A9-Berna...

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01/07/2019

L'ennemie sociale (Paul Rosen)

L'ennemie sociale.jpgEn 1890, la Franc-Maçonnerie représente 136 000 loges et 28 millions de « frères » et « sœurs ». Elle dispose d’un budget annuel de 3 milliards de francs. À l’époque, elle est déjà de première importance car à l’inspiration et à l’origine de la plupart des lois et décisions républicaines. Elle se déclare « humaniste, progressiste, amie du genre humain », mais quelle est sa véritable nature ? Dans son Encyclique « Humanum gentium », le pape Léon XIII a demandé : « Arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites-la voir telle qu’elle est. » Tel est le but de cet ouvrage qui démarre par une partie historique rappelant toute l’histoire de la maçonnerie laquelle remonte à la nuit des temps. Ainsi découvre-t-on entre autres que la première loge maçonnique créée en France fut constituée le 13 octobre 1721 à Dunkerque par Lord Montaigu, grand maître de la Grande Loge d’Angleterre sous le titre « Amitié et Fraternité » et que la seconde fut fondée à Paris par Lord Derwent-Water en 1725. Merci les Anglais. Sait-on aussi que Louis XVI, Louis XVIII et Charles X furent eux-mêmes intronisés maçons de la Loge « Les trois frères » qui siégeait à Versailles ?

« L’ennemie sociale » se présente comme un essai ou un document historique se voulant exhaustif et présentant une analyse particulièrement précise de la situation de la maçonnerie à la fin du XIXème siècle. L’ouvrage comporte trois grandes parties (la maçonnerie en France, en Belgique et en Italie). L’auteur s’efface totalement en se contentant de citer textes et déclarations de divers Grands Maîtres, lesquels sont parfaitement clairs sur les buts réels de l’organisation transnationale. Il s’agit d’appliquer leur devise, « Liberté, Egalité, Fraternité » trois préceptes ambigus qu’il faut comprendre comme applicables aux seuls maçons et non aux opposants. En effet, l’enseignement maçonnique comporte une partie avouée, une partie avouable et une partie inavouable. C’est celle-ci que l’auteur parvient magistralement à débusquer. Cette organisation secrète veut en effet la destruction de toute religion par la corruption de la conscience, la destruction de toute autorité par la corruption de l’enseignement et la destruction de toute morale par la corruption de l’Etat. Un ouvrage majeur, somme indiscutable et un tantinet indigeste (vu l’accumulation de documents) qui permettra à son lecteur de faire des parallèles avec la situation actuelle et de comprendre d’où est partie et à quoi a abouti cette entreprise que certains qualifient de « satanique ».

3/5

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30/06/2019

Le mammouth m'a tué (Témoignage)

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29/06/2019

Un fiasco maçonnique (Emile Flourens)

Un fiasco maçonnique.jpgEn 1899 puis en 1907, à l’initiative de sommités de la maçonnerie, furent organisées deux conférences internationales à La Haye. Ces hauts dignitaires souvent d’origine juive voulaient lancer une initiative en faveur de la paix mondiale. Pour y parvenir, ils voulaient créer une cour d’arbitrage internationale permanente à laquelle tous les états auraient dû se soumettre en cas de litige. Président de l’Alliance Israélite Universelle et Grand maître du Rite Ecossais, Adolphe Crémieux avait quelques années auparavant entrepris un lobbying intense auprès de l’empereur Napoléon III et du Tsar Alexandre II. Le président américain Roosevelt et le tsar Nicolas II furent officiellement à l’origine du projet qui se solda par un échec apparent, car elles n’empêchèrent pas la guerre de 1914. Après un peu plus de deux mois de travaux, le texte de l’Acte final de la Convention de la Haye fut signé le 29 juillet 1899 par les représentants de vingt-sept États, dont vingt-et-un européens. Ces deux Conventions de la paix représentent aujourd’hui les règles de droit coutumier de première importance, même si entre-temps les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels de 1977 les ont considérablement élargies.

Cet ouvrage écrit par un ancien ministre des Affaires étrangères et publié en 1912, est aujourd’hui un important document historique analysant de façon objective l’ébauche avortée selon l’auteur des premières instances internationales, en réalité l’acte de naissance de la Cour pénale internationale de La Haye. Suivront ensuite la SDN puis l’ONU et toutes ses annexes. Les arguments contre cette « nouveauté » ne manquaient pourtant pas. « Tout ce mouvement pour la paix, si beau à n’en considérer que l’apparence, n’est au fond que la preuve d’une sotte bonhomie », écrivit à l’époque Robert von Mohl. « Le but de tous ces projets de paix c’est de faire régner la paix ; or ce n’est pas la paix qui est le but, c’est le droit ; or toutes les garanties imaginables ne préviennent pas la violation du droit », ajoutait F. Laurent. Le plus amusant est de s’apercevoir que le véritable objectif de toutes ces grandes manœuvres était la création d’un Etat mondial sur le modèle des Etats-Unis d’Amérique, une fédération universelle, un gouvernement mondial. Ceci il y a plus d’un siècle. Ces gens-là ont de la patience, de la suite dans les idées. Document très intéressant pour les amateurs d’Histoire ou pour quiconque s’intéresse à la géopolitique actuelle.

3/5

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27/06/2019

Poèmes pour petits et grands (80)

Richepin.jpgLe vagabond

 

Ce vieux, poilu comme un lapin,

Qui s’en va mendiant son pain,

Clopin-clopant, clopant-clopin.

 

Où va-t-il ? D’où vient-il ? Qu’importe !

Suivant le hasard qui l’emporte

Il chemine de porte en porte.

 

Un pied nu, l’autre sans soulier,

Sur son bâton de cornouiller,

Il fait plus de pas qu’un roulier.

 

Il dévore en rêvant les lieues

Sur les routes à longues queues,

Qui vont vers les collines bleues.

 

(Jean Richepin)

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26/06/2019

Le Rhin se jette dans le Tibre (Ralph Wiltgen)

Le rhin se jette dans le tibre.jpgLes travaux préparatoires du Concile Vatican II consistèrent d’abord en une vaste collecte des réponses données par les prélats à un questionnaire envoyé par le pape Jean XXIII. Soit un total de seize gros volumes représentant près de 10 000 pages de lecture ! Lesquelles allaient d’ailleurs servir de bases aux travaux des diverses commissions. À l’appel du souverain pontife, 2200 prélats se retrouvèrent à Rome pour ce Concile qui se voulait œcuménique. Mais dès l’ouverture ce fut la foire d’empoigne pour obtenir les présidences des dites commissions. L’Allemagne, l’Autriche, la Hollande et pour une moindre part la France se taillèrent la part du lion au grand dam des prélats d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. La Curie romaine se retrouva sur la sellette. Le Pape lui-même vit son autorité remise en question. On abandonna le latin et on systématisa la concélébration des messes. On aborda la question du statut des religieux, des laïcs, on chercha à mettre une sourdine sur le culte marial, etc. Les plus actifs partisans de l’œcuménisme furent les Jésuites et les Dominicains.

« Le Rhin se jette dans le Tibre » est un compte-rendu précis, presque heure par heure ou intervention après intervention ,d’un Concile qui fut lourd de conséquences surtout pour le catholicisme. Le lecteur remarquera que tous les efforts déployés pour séduire les « frères séparés », orthodoxes, protestants et même juifs ne furent guère payés de retour. Ces « minutes » illustrent parfaitement les difficultés qu’eurent les prélats à trouver des accords sur quasiment tout. Le bras de fer entre conservateurs et libéraux fut aisément gagné par ces derniers qui surent placer suffisamment de propositions floues ou ambiguës permettant la plupart des dérives qui se produisirent par la suite. Un document historique majeur, précis, référencé qui pourra être fort profitable au chercheur ou à l’amateur voulant en savoir plus sur cet événement capital. On passera sur la lecture un peu aride de ce texte.

3/5

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