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06/03/2020

Histoire de la conquête de l'Espagne par les Arabes (Jules Lacroix de Marles)

Histoire de la conquête de l'Espagne.jpgAu VIIIème siècle, l’Espagne, précédemment conquise par les Goths, n’est plus la prospère province romaine qu’elle fut au temps de l’Empire. Divisés entre tribus rivales, ces conquérants sont perpétuellement en lutte les uns contre les autres. Fiers de leur race, ils ne se mélangent pas avec les autochtones. Ils les réduisent même souvent en esclavage et ne leur reconnaissent aucun droit. Sentant le contexte favorable, Tarik organise une première expédition sur ce territoire bon à prendre. Il débarque près d'Algésiras et remonte jusqu’à la hauteur de Calpe sans rencontrer la moindre résistance, ce qui l’encourage à rassembler un plus important corps expéditionnaire pour démarrer la conquête. Le roi Roderick tente de barrer la route à cette invasion arabe, mais, sans le moindre soutien populaire, il n’y parvient pas. Tarik s’empare de Séville. Roderick rassemble une armée de 90 000 hommes. La bataille de Guadalete représente trois longs jours de combats acharnés. Les Arabes ne sont plus très loin de perdre pied quand Tarik les exhorte à reprendre courage et à repartir à l'assaut. Montrant l’exemple, il s’élance en avant de ses troupes, se précipite sur Roderick et lui transperce la poitrine d’un coup de lance. La mort du roi est le signal d’un horrible massacre. Le champ de bataille est bientôt couvert de milliers de cadavres de Goths…

« Histoire de la conquête de l’Espagne par les Arabes » est un essai historique de référence basé sur un travail de recherche remarquable. Pas de fantaisie, rien de romancé, rien de fantasmé. Les faits, rien que les faits. La réalité d’une conquête, d’une occupation, d’une colonisation qui fut loin d’être une longue période de bonheur, luxe, calme et volupté dans les délices d’un idyllique « vivre ensemble » sous la houlette bienveillante du croissant et de l’étoile. Ce ne fut qu’une longue suite de combats, de tueries, de sièges de villes, de barbaries en tous genres. Fiefs, provinces, et petits royaumes passant d’une faction à une autre, d’une tribu à une autre. En effet, si les Goths et plus tard les Chrétiens mirent très longtemps à s’unir et à faire front commun contre l’envahisseur, du côté opposé, de par les ambitions des uns et des autres et surtout des origines ethniques (Egyptiens, Syriens, Berbères, Arabes, Turcs, etc.), les colonisateurs n’étaient pas en reste. De telle sorte qu’une période de paix de deux ou trois ans après des années de guerre était aussi rare que bienvenue. On comprend que le peuple espagnol, éternel sacrifié de cette affaire, ait fini par soutenir ses princes et enclencher une « Reconquista » qui fut aussi longue que douloureuse. Un livre un peu aride d’abord, mais fort utile, ne serait-ce que pour remettre les pendules à l’heure sur cette période particulière de l’histoire de l’Espagne.

3/5

18:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/03/2020

Pensées plus ou moins correctes (186)

baudelaire.jpgPUBLIC

« Le public est, relativement au génie, une horloge qui retarde. »

(Charles Baudelaire)

« Le public ne croit point à la pureté de certaines vertus et de certains sentiments : en général, le public ne peut guère s’élever qu’à des idées basses. »

(Chamfort)

« Le public est prodigieusement tolérant, il pardonne tout sauf le génie. »

(Oscar Wilde)

« Le public n’a le droit de savoir que ce qu’on lui raconte »

(Jean Dutourd)

PUBLICITE

« La publicité, c’est l’art de proposer des mensonges intégraux à partir de demi-vérités. »

(E.A. Shoaf)

PUBLIER

« Publier un livre, c’est parler à table devant les domestiques. »

(Henry de Montherlant)

PUISSANTS

« Autrefois les puissants s’efforçaient de tromper l'ennemi. Aujourd’hui, ils trompent leur propre population. »

(Pierre Scholl-Latour)

« Il est de l’intérêt des puissants que de faire croire au peuple qu’il est en démocratie. »

(Hervé Kempf)

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04/03/2020

Les Templiers et l'agriculture (Laurent Dailliez)

Les templiers.jpgÀ l’entrée du village de Montmeyan, se trouve un panneau indiquant que la mairie, la poste et l’école sont chauffées selon les méthodes de Jean Pin, lequel se déclara dans les années soixante de l’autre siècle inventeur d’une méthode révolutionnaire de compostage et de chauffage à l’aide de branchages et d’aiguilles de pin. En réalité, ce procédé est presque vieux comme le monde. L’auteur a découvert des documents prouvant qu’en leur temps, les Templiers l’utilisaient déjà pour améliorer les terres souvent très pauvres dont ils héritaient. Ils disposaient même d’une dizaine de méthodes différentes de compostage…

« Les Templiers » et l’agriculture est un court essai historique parfaitement technique et sourcé qui fera découvrir bien des choses au lecteur. Ainsi apprendra-t-il que les Bill Mollison et autres permaculteurs, grands novateurs en agriculture, ne font que remettre au goût du jour des techniques pluri-centenaires. Un simple retour aux sources. Les paillages, les amendements par fumier animal uniquement, le respect de la terre, des cycles lunaires, le refus des labours profonds et même le non travail du sol sur un rythme tri-annuel, tout cela et bien d’autres choses encore était déjà théorisé et pratiqué à cette époque. Ouvrage intéressant pour qui s’intéresse aux pauvres chevaliers du Temple et à la permaculture…

3/5

09:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

02/03/2020

Les Faux As (Roman)

09:04 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

01/03/2020

Qu'est devenu l'homme coincé dans l'ascenseur ? (Kim Young-ha)

Qu'est devenu l'homme.jpgUn matin, Jeong Sugwan se lève en ayant la pénible impression que toute sa journée ne va être qu’une suite de galères. Et ça ne manque pas d’arriver ! En pleine séance de rasage, son beau rasoir Gillette tout neuf tombe en panne, lui laissant la moitié du visage non rasé. Quand il veut prendre l’ascenseur, celui-ci est en dérangement avec un homme bloqué à l’intérieur. Au moment de monter dans le bus, il s’aperçoit qu’il a oublié sa carte chez lui. Pendant qu’il parlemente avec le chauffeur, le conducteur d’un poids lourd perd le contrôle de son véhicule qui finit sa course en percutant le bus. Et quand enfin Jeong arrive fort en retard à son bureau, voilà qu’il se retrouve bloqué à son tour dans un ascenseur en compagnie d’une jeune collègue… Une jeune femme se marie avec un drôle de prétendant. Il n’a que peu d’intérêt pour les choses du sexe. Il ne la pénètre jamais. D’ailleurs, il déclare ne pas vouloir d’enfant. Sa jeune épouse le soupçonne d’être un immortel ou un vampire qui aurait renoncé à se sustenter de sang frais…

Cet ouvrage venu de Corée est un recueil de quatre nouvelles bien écrites et agréables à lire, toutes dans un registre étrange et fantastique, mâtiné d’une certaine dose d’humour. La première, celle de l’homme dans l’ascenseur est sans conteste, la plus réussie et la plus drôle. La deuxième, « Vampires » est la plus fantastique, mais d’un intérêt moindre. La troisième, « L’amour à haute tension » avec cette histoire d’homme devenant de plus en plus invisible à mesure qu’il tombe de plus en plus amoureux, est tout aussi réussie que la première et atteint même le niveau du conte philosophique. La dernière « L’homme qui n’avait pas d’ombre » présente pas mal de similitudes avec la précédente. L’ensemble est divertissant sans plus. N’en déplaise au commentaire dithyrambique de la quatrième de couverture, (« Entre Kafka et Buster Keaton, des nouvelles scintillantes d’humour noir. Un régal !), le lecteur restera plus réservé. Non, Kim Young-ha, charmant tâcheron du fantastique, n’est en aucun cas à placer au niveau de Kafka, Poe, Ionesco ou Marcel Aymé, mais plusieurs étages en dessous !

3/5

08:22 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

29/02/2020

Un nouveau départ (Nouvelle)

Nouvelle extraite du recueil "Lollyblog" Ouvrage disponible version papier et e-book

https://www.amazon.fr/Lollyblog-Nouvelles-Bernard-Viallet...

08:39 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

28/02/2020

Mon autopsie (Jean-Louis Fournier)

Mon autopsie.jpgJean-Louis Fournier a passé le cap des 80 ans. Il imagine comment va se dérouler sa mort. Il ne croit plus trop à une vie dans l’au-delà. Comme il a fait don de son corps à la science, il sait qu’il va se retrouver dans un des tiroirs de la morgue, totalement nu, dans l’attente qu’un étudiant en médecine veuille bien s’intéresser à son sort. Il est choisi par une jeune et jolie étudiante qu’il prénomme Egoïne, car elle a vite fait de s’emparer d’une de ses mains et de la détailler en osselets. Ce séjour dans l’antichambre de la mort sert de prétexte à Fournier pour faire le point sur sa vie, ses amours, ses emmerdes. Sa femme morte brutalement. Ses deux fils handicapés. Sa fille perdue de vue depuis qu’elle est devenue membre d’une secte vaguement christique. Seules consolations, ses succès littéraires, entamés dès son premier ouvrage, sa « Grammaire française et impertinente ».

Dans « Mon autopsie », l’auteur poursuit son auto-fiction jusqu’au-delà de la mort. Bien que le thème soit sinistre au possible, il parvient une fois encore à faire entendre sa petite musique impertinente et décalée. Humour et auto-dérision encore et toujours. Mais cette fois peut-être avec nettement moins de légèreté qu’à l'ordinaire. Il revient sur nombre d’épisodes déjà racontés dans ses précédents ouvrages. Seule nouveauté : une allusion à sa collaboration avec Desproges. Le style est toujours aussi magnifique, dépouillé, minimaliste et efficace. Et le lecteur retrouve cette fois encore, au fil des pages et au détour des paragraphes, nombre de pépites qui font de cette lecture un régal. « Grâce à Dieu, des mauvaises pensées, j’en aurai eu toute ma vie, elles auront été le meilleur remède à mes angoisses, elles m’auront aidé à vivre. »

« Notre société prône la modération, elle interdit déjà le sel, bientôt la vie n'aura plus de goût. Je suis parti au bon moment. »

Même s’il peut agacer avec son narcissisme ou avec sa manie de vouloir faire rire de bien tristes choses, il faut absolument lire Fournier, l’un des derniers représentants de l’esprit français.

4,5/5

08:53 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

27/02/2020

Poèmes pour petits et grands (104)

Labé.jpgBaise m'encor'

 

Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;

Donne-m’en un de tes plus savoureux,

Donne-m’en un de tes plus amoureux :

Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

 

Las ! te plains-tu ? Ça, que ce mal j’apaise,

En t’en donnant dix autres doucereux.

Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,

Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

 

Lors double vie à chacun en suivra.

Chacun en soi et son ami vivra.

Permets m’Amour penser quelque folie :

 

Toujours suis mal, vivant discrètement,

Et ne me puis donner contentement

Si hors de moi ne fais quelque saillie.

 

Louise Labé

09:14 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

25/02/2020

Pensées plus ou moins correctes (185)

PROVERBE

« Les proverbes ressemblent aux papillons. On en attrape quelques-uns et les autres s’envolent. »

(W.Wander)

« Un proverbe est l’esprit d’un seul et la sagesse de tous. »

(John Russell)

Montesquieu.jpgPROUVER

« Quand il s’agit de prouver des choses si claires, on est sûr de ne pas convaincre. »

(Montesquieu)

PROVISOIRE

« Je me suis installé définitivement dans le provisoire. »

(Paul Léautaud)

PRUDENCE

« Prudence est mère de sûreté. »

(Jean de La Fontaine)

PSYCHIATRE

« Un névrosé c’est quelqu’un qui construit un château dans les nuages. Le psychotique, c’est celui qui vit dedans. Le psychiatre, c’est la personne qui touche le loyer. »

(Jérôme Lawrence)

« Le psychiatre, c’est l’homme qui va aux Folies-Bergère et qui regarde le public. »

(Dr. Merwyn Stockwood)

08:57 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

24/02/2020

Que manger pour être en bonne santé (Grégoire Jauvais)

Que manger.jpgToute la problématique du livre est résumée dans son titre lequel précise d’ailleurs qu’il propose également de rester mince et jeune. Tout un programme ! Pour Grégoire Jauvais, pionnier de la naturopathie française et disciple du célèbre Marchesseau, il faut tout d’abord se poser la question du soit disant régime omnivore. Notre organisme est-il programmé pour nous permettre de manger tout et n’importe quoi, viande, fruits, légumes, céréales, produits laitiers, préparations industrielles diverses et variées qui ne méritent même plus le nom de nutriment ? Si l’on s’en réfère à l’architecture de notre système digestif (longueur de l’intestin, configuration de l’estomac, mâchoire, etc.), notre régime devrait se rapprocher de celui des singes, c’est-à-dire principalement frugivore avec une grosse partie de légumes crus et une très petite portion de viande également crue. L’homme n’ayant ni la panse du bovidé ni son interminable intestin n’est en aucun cas un herbivore. Il n’est pas non plus un granivore, car il ne dispose pas de jabot-gésier des oiseaux. Et pas non plus un carnivore, car son intestin est beaucoup plus long que celui des félins…

« Que manger pour être en bonne santé, mince et rester jeune » est un essai de présentation plutôt fouillé de la naturopathie d’un point de vue théorique et pratique. Le lecteur apprend énormément de choses non seulement sur la diététique ou plutôt la nutrition, sur les maladies et sur la somatisation sous tous ses aspects. S’inspirant de Claude Bernard qui, le premier s’opposa au pasteurisme en proclamant que le terrain était tout et le microbe rien, Jauvais démontre avec brio que la voie allopathique avec ses médicaments chimiques traite en masquant plus ou moins les symptômes sans réellement soigner. Le but étant de reconquérir la bonne santé ou de s’y maintenir, ce n’est pas en ingérant toutes ces drogues qui rapportent une fortune aux groupes pharmaceutiques que l’on va y parvenir, mais en réformant ses pratiques dans tous les domaines : nourriture, sommeil, exercice et état d’esprit général. La partie théorique est intéressante, accessible et difficilement réfutable. La partie pratique présente de manière claire et concise toutes les mesures à prendre ainsi que toutes sortes de recettes pour parvenir à une nourriture végétale, vivante et variée. Un seul bémol, Jauvais est un peu difficile à suivre quand il part sur la piste de la lumière, des corps éthérés et autres énergies subtiles (prana?). Le lecteur aurait eu besoin qu’on éclaire un peu plus sa lanterne !

4/5

08:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)