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09/10/2020

Deux siècles ensemble (tome 1) (Alexandre Soljénitsyne)

Deux siècles ensemble (1).jpgAu XVIIème et XVIIIème siècle, les tsars se préoccupèrent constamment de la condition des Juifs en Russie. En effet, ceux-ci y ont émigré de manière plutôt anarchique principalement dans les villes et les bourgs et assez peu à la campagne. Au fil des siècles, ils forment même la communauté la plus importante d’Europe. Le pouvoir préfèrerait que ceux-ci se lancent dans l’agriculture et acceptent de coloniser des terres vierges. Il leur réserve 70 000 hectares de nouvelles terres, les dispensent du service militaire et d’impôts pendant dix ans bientôt rallongés de cinq années supplémentaires. Propose des prêts à taux avantageux permettant d’acquérir des propriétés d’une cinquantaine d’hectares alors que le paysan russe, encore soumis au servage, dispose rarement de plus de 10 hectares. Mais après l’effet d’aubaine, l’expérience tourne à la catastrophe. Les champs ne donnent rien, le bétail est tué ou revendu. Les Juifs préfèrent continuer à pratiquer le commerce, la contrebande dans les zones frontalières, la distillation d’alcool et la vente à crédit. Jouant sur l’ivrognerie de la paysannerie russe, ils en arrivent à se faire payer sur les récoltes à venir et, à terme, à ruiner les moujiks. Devant un tel échec, le gouvernement cesse toutes les aides en 1810, et, en 1811, rétablit leur fermage sur l’alcool et la collecte interne des taxes, un temps interrompu. En 1827, Nicolas Ier revient aussi sur l’exemption de service militaire, tout en la maintenant pour les rabbins, les marchands, les financiers et les lettrés…

« Deux siècles ensemble » est un énorme essai historique de près de 1200 pages réparties en deux tomes. Alexandre Soljénitsyne y a accompli un travail de bénédictin en disséquant ces deux siècles (1795-1995) de co-existence tumultueuse entre les Russes et les Juifs. Le premier tome s’achève avec la Révolution de Février. Nul doute que cet ouvrage est une référence sur le sujet tant tous les évènements sont analysés, disséqués avec une minutie hors norme. Tout est sourcé, étayé de citations et de documents indiscutables. Il en ressort que dans cette période tout ne fut ni blanc d’un côté ni noir de l’autre comme voudrait nous le faire croire une certaine doxa un brin trop simpliste. L’auteur remet les pendules à l’heure sur un grand nombre de sujets dont les fameux « pogroms » dont il ne nie pas la réalité, mais qui ne furent pas exactement ce qu’on en raconte. Le lecteur apprendra pas mal de choses comme le fait qu’il y eut des pogroms inversés quand les Juifs s’organisèrent en milices armées ou comme le fait que l’assassin de Stolypine, seul homme d’Etat qui aurait peut-être pu empêcher la catastrophe de la révolution bolchevique, était un Juif. Au total, un livre majeur sur le sujet, mais d’une lecture un peu laborieuse.

4/5

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03/10/2020

Personne (Sam Pink)

couv-pink-1-pdf.jpgÀ Chicago, le narrateur vit dans un appartement crasseux et mal chauffé en compagnie de son colocataire. Il passe ses journées à trainer son ennui, vautré sur un canapé qui pue. Son plus grand plaisir est de prendre le métro sans but particulier et sans aller chercher le moindre travail. Il veille bien à ne jamais regarder les gens, à fuir au maximum tous les contacts. De temps à autre, quand il fait trop froid chez lui, il va coucher avec la fille du rez-de-chaussée. Parfois, il demande aussi à son coloc de lui faire un câlin. Quand quelqu’un lui demande : « Cela ne vous dérange pas de temps en temps d’être inutile à ce point, peu importe où vous êtes ? », il répond : « Oui. ». Quand une femme lui demande : « Est-ce que vous éprouvez ne serait-ce qu’un peu de bonheur ? », il répond : « Pas vraiment. »…

« Personne » se présente comme une sorte de courte autofiction (122 pages) entièrement rédigées à la première personne. On ne cherchera pas d’intrigue vu qu’il ne se passe quasiment rien d’autre que la longue auto-analyse d’un dépressif hypochondriaque, paranoïaque, asocial et un brin psychopathe. Tout l’inverse d’un personnage sympathique. Souffrant de complexes d’infériorité et de persécution, il passe son temps à gémir en décrivant des états d’âme finalement assez peu intéressants. Si le fond est plus que léger, voire insipide et insignifiant, la forme rachète-t-elle l’ensemble ? Pas le moins du monde. Un style quelconque, proche du langage parlé, rempli de dialogues sans consistance avec abus d’expressions comme « genre ceci, genre cela » ou de grossièretés comme « j’encule untel ou untel ». Sans oublier les chapitres doublés au prétexte de « versions » différentes ! Au bout du compte, une œuvrette sans grand intérêt qui sera aussi vite lue qu’oubliée. On se demande quelle mouche a piquée l’éditeur américain et le repreneur français pour publier pareille daube !

2/5

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01/10/2020

La prophétie de la cathédrale (Christophe Ferré)

La prophétie de la cathédrale.jpgÀ Chartres, Mary Kennedy, jeune archéologue américaine travaillant sur les fouilles du parvis de la cathédrale, se retrouve à une heure du matin en train d’explorer l’église souterraine, Notre-Dame-de-sous-terre, la plus grande crypte de France, en compagnie d’un vieil érudit, Charles de Saint Germain. Il lui annonce faire partie d’une confrérie, « Les légionnaires de Dieu ». Mais au moment de lui faire une importante révélation, il est abattu d’une balle en pleine poitrine. Il a à peine le temps de prononcer quelques paroles sibyllines. Mary se retrouve face au tueur cagoulé qui lui fait constater que son révolver est vide avant de s’enfuir en prononçant une menace à peine voilée. Traumatisée, la jeune archéologue reste dans la crypte. Au matin, elle se retrouve unique suspecte aux yeux de la police car ses empreintes digitales sont les seules présentes sur l’arme du crime…

« La prophétie de la cathédrale » se présente comme un thriller à consonance historico mystique assez dans l’esprit d’un certain Dan Brown. L’aspect thriller se voit à l’accumulation de cadavres et à la fuite haletante d’une pauvre héroïne injustement traquée de tous côtés. Cet ouvrage est à la fois distrayant et instructif. Distrayant par son aspect romanesque plein de rebondissements et de quelques naïvetés. S’il suffisait de retrouver une relique aussi sainte et authentique qu’elle puisse être pour faire régner une paix universelle, nous nous jetterions tous sur nos pelles et nos pioches ! Nettement plus passionnant reste le côté historique de l’affaire. On sent que l’auteur en connait un rayon sur la cathédrale. Ainsi, le lecteur découvrira entre autres qu’il n’y eut pas qu’un seul monument, mais plusieurs qui furent édifiés sur le site au fil des siècles et des aléas historiques (destruction par les Vikings, incendies, etc.) Si on y ajoute un style fluide et efficace, une intrigue bien ficelée, on se retrouve avec un page-turner fort difficile à lâcher. À conseiller aux amateurs.

4/5

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26/09/2020

Les coulisses de l'anarchie (Flor O'Squarr)

Les coulisses de l'anarchie.jpgL’anarchiste est ainsi fait qu’il ne peut s’empêcher de prêcher l’anarchie partout où il se trouve. Très vite, il se retrouve renvoyé, rejeté. Il ne lui reste plus qu’à trouver un autre emploi, un autre atelier qui veuille bien l’embaucher et où il recommence exactement la même chose. Quand plus personne ne veut de lui dans une ville, il prend la route et tente sa chance dans une autre où tout se reproduit à l’identique. Ses ennemis sont la banque, le bourgeois, le curé, le Juif, le militaire gradé. Mais comment s’y prendre pour se débarrasser de tout ces nuisibles ? En fait, l’anarchiste rêve, c’est un poète, un naïf, pas très cultivé, ni très formé politiquement. Il imagine un monde où il n’y aurait plus de pauvres, plus de prisons, plus de guerres, plus de religion, plus de propriété privée. Le bonheur du peuple, la paix, l’amour libre, l’abondance, la fraternité universelle sont ses objectifs, même s’ils semblent impossibles à atteindre.

« Les coulisses de l’anarchie » est un vaste essai politico-social qui aborde tous les aspects d’un mouvement qui fit beaucoup parler de lui à la fin du 19e siècle et au début du vingtième. L’auteur fait ici vraiment œuvre de journaliste d’investigation. Il présente avec précision les théories, les tendances, les évènements, les protagonistes (Michel Bakounine, le prince Kropotkine, Elisée Reclus). Il aborde le cas de Ravachol, de son véritable nom Koenigstein, qui, pour l’auteur, fut surtout une dupe et une victime. On sent une certaine empathie pour le mouvement dans la mesure où il fait une distinction entre une anarchie pacifiste et non violente et une autre qui n’hésite pas à virer au terrorisme le plus sanglant. Le chapitre consacré à la compilation des attentats, assassinats et autres dynamitages, est particulièrement bien fourni. Pour l’auteur, l’anarchiste véritable n’est ni tueur, ni dynamiteur, ni partisan de l’action violente isolée. Il ne faut pas le confondre avec le nihiliste qui, en général n’est pas un prolétaire, mais un bourgeois ou un noble, parfois très riche et toujours un homme instruit. Le lecteur apprendra beaucoup de choses en lisant cet ouvrage, comme cette étrange collaboration avortée entre des anarchistes et le marquis de Mores, placé à l’autre extrémité de l’échiquier politique ou comme les sympathies de l’écrivain Octave Mirbeau qui fit l’apologie de Ravachol. Bien que paru en 1892, cet ouvrage est toujours intéressant et agréable à lire à titre de document historique.

4/5

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21/09/2020

Les secrets de la réserve fédérale (Eustace Mullins)

Les-secrets-de-la-Reserve-Federale_1858.jpegÀ l’automne 1910, six hommes arrivent dans le plus grand secret à la gare d’Hoboken, montent dans un train privatisé avant d’aller séjourner une dizaine de jours dans un palace sur la discrète île de Jekyll Island. Tous sont d’importants financiers regroupés autour du sénateur Aldrich et tous sont les représentants des plus importantes banques américaines comme la First National City Bank, J.P. Morgan, Kuhn, Loeb and co, ou européennes comme Lazard ou Rothschild. Leur mission, définie par le président Wilson, établir un système monétaire solide et indépendant pour les Etats-Unis qui venaient de subir plusieurs crises de défiance envers les banques (faillites, krachs boursiers). Paul Warburg, récent immigré venu d’Allemagne, en fut le principal inspirateur. Ainsi fut créée la Banque Centrale Américaine, qui fut appelée « Réserve Fédérale » alors qu’elle n’avait rien de fédéral et tout de privé. Ainsi une dizaine de banquiers obtinrent le droit exorbitant de battre monnaie, c’est-à-dire de la créer à partir de rien et de transformer les Etats-Unis de débiteurs en créditeurs à l’échelle mondiale. Une formidable machine pour enrichir les riches et pour endetter à jamais les pauvres. En effet, à cette époque, la dette publique américaine était pratiquement nulle. En 1991, elle s’élevait à 1000 milliards de dollars. En 2007, à 9000. En 2008, à 10 000. Et en 2009, à 12 000. Depuis, elle augmente de 1,4 milliard de dollars par jour !!!

« Les secrets de la Réserve Fédéral » est un essai économique essentiel pour qui veut comprendre quelque chose au monde actuel. Un livre si dérangeant pour le pouvoir qu’il fut refusé par 19 éditeurs avant de paraître sur fonds personnels. Ce fut le seul et unique ouvrage brûlé en Allemagne depuis la seconde guerre mondiale suite à une saisie de tous les exemplaires à la demande du FBI. Il faut dire qu’on y apprend des choses incroyables et totalement cachées au grand public. Exemples : par une vente d’or massive à l’Europe, la Fed fut totalement responsable du krach de 1929-31. Alors qu’elle aurait pu injecter de l’argent pour atténuer les effets de la crise, elle n’en fit rien. Des milliers de petites banques firent faillite. Des gens se suicidèrent, d’autres furent ruinés alors que les oligarques devinrent encore plus riches et plus puissants. Encore plus grave : la Fed fut le principal financier de la première guerre mondiale. Si Wilson n’avait pas été placé à la présidence grâce à la candidature parasitaire de Théodore Roosevelt, il n’y aurait peut-être pas eu de Réserve Fédérale et la guerre aurait pu être évitée. La seconde, conséquence de la première, également. D’autant plus que ces banques financèrent largement Lénine, Hitler et Staline. Autre révélation : c’est Max Warburg, frère de Paul, chef des services secrets allemands, qui donna l’autorisation pour le passage du wagon plombé de Lénine ! Un livre de référence, étayé par de nombreuses sources, un brin laborieux à lire mais qui vaut l’effort. Le lecteur y trouvera en fin de volume des notes, documents, addenda, une bibliographie et surtout une importante série de biographies de ces dynasties de financiers, certaines particulièrement fournies comme celles des trois poids lourds de cette affaire, Rockefeller, Rothschild et Morgan.

4/5

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16/09/2020

Les enfants d'Icare (Arthur C. Clarke)

Les enfants d'Icare.jpgSoixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la Terre est envahie par des extra-terrestres invisibles appelés « Suzerains ». Leurs énormes vaisseaux spatiaux restent en vol stationnaire silencieux au-dessus de toutes les principales capitales du monde. De temps à autre, leur chef, le Superviseur Karellen, convoque Stormgren, le secrétaire général des Nations Unies. Il le reçoit sans se montrer dans une cabine de son vaisseau et il lui communique ses instructions. Dans l’ensemble, les humains acceptent assez bien la domination des Suzerains qui semblent disposer de pouvoirs illimités grâce à une technologie très avancée. Grâce à eux, la paix, la sécurité et la prospérité sont garanties sur l’ensemble de la planète. Quelques opposants regroupés dans une « Ligue de la Liberté » peinent à se faire entendre. Un jour, Stormgren est kidnappé par un certain Joe, colosse d’origine polonaise, au service du chef de l’opposition, un Gallois aveugle. Cette affaire ratée permet à Karellen de démasquer les dissidents. Mais quel est le but véritable de cette colonisation ?

« Les enfants d’Icare » est un roman de science-fiction avec un certain côté conte philosophique initiatique. L’intrigue est à la fois simple et complexe. Que sont venus faire ces « Suzerains » invisibles et bénéfiques qui ont mis fin à toutes les guerres, qui ont protégé les animaux et qui ont apporté la prospérité aux hommes au point de combler tous leurs besoins essentiels au-delà de toute espérance. Le lecteur ne découvrira qu’en fin de volume quel était le véritable but de cette mission. Il n’est pas question ici de le révéler, cela ôterait toute envie de lire ce livre un peu étrange, un peu dérangeant. Pas le meilleur du grand Arthur C. Clarke, mais quand même une histoire qui donne beaucoup à faire réfléchir sur la suite des générations, la descendance, l’avenir entre les mains des plus jeunes et l’ingratitude de l’enfance. Intéressant sans plus. Manque un peu de rythme, de spectaculaire et de rebondissements.

3/5

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14/09/2020

Les géants et l'Atlantide (Laurent Glauzy)

Les géants et l'atlantide.jpgLa présence de géants sur notre planète tout comme la réalité de l’Atlantide ont été attestés par la Bible, le Critias de Platon et les traditions ancestrales de nombreux peuples des quatre continents. Les archéologues découvrirent en Chine, aux Etats-Unis et ailleurs des fossiles de squelettes humains de 2,50 à 3,50 m. Ils n’ont toujours pas trouvé d’explication technique valable pour la construction des Moaïs de l'île de Pâques qui pèsent une trentaine de tonnes, ou pour celle des colonnes de grès de Stonehenge (40 tonnes), pas plus que pour les constructions mégalithiques des pyramides d’Egypte ou de Cuzco avec leurs blocs de 50 à 100 tonnes si bien ajustés qu’il est impossible de glisser une feuille de papier entre deux ! De même l’implantation de la plupart de ces monuments correspond à une orientation précise en fonction des solstices, du nord magnétique, ce qui laisse supposer des connaissances importantes en astronomie. De plus, ces géants ont laissé des traces partout sur la planète, en Europe (avec des pyramides bosniaques plus hautes que les égyptiennes), en Amérique, en Asie et jusqu’en Polynésie…

« Les géants et l’Atlantide » est un essai archéologique particulièrement coruscant dans la mesure où toutes ces découvertes souvent difficilement explicables, comme ces empreintes de géant sur la même roche que celles d’un dinosaure, mettent en pièce toute la doxa, tout le récit de la préhistoire enseigné de l’école à l’Université, et même la datation de l’univers lequel serait moins âgé qu’on croit. Sans parler du darwinisme qui se retrouve en PLS, de la théorie du « Big Bang », des conséquences du déluge, de l’effondrement de l’Atlantide et du continent de Mu. Plus que dérangeant car tous ces faits vont dans le sens du créationnisme et non de l’évolutionnisme. Le lecteur découvre un nombre incalculable de choses à la lecture de cet ouvrage. L’empereur Charlemagne portait bien son nom avec ses 2,43 mètres ! Les énormes blocs de basalte intransportable n’auraient pas été posés, mais coulés et moulé à partir d’un béton d’une qualité très supérieure aux nôtres. À moins que ces géants n’aient disposé d’une force magnétique hors norme leur permettant de s’affranchir de la gravité. À noter que la seconde partie de l’ouvrage qui présente une importante série de photographies et de documents, n’est de loin pas la moins intéressante. Livre passionnant qui pose plus de questions qu’il n’en résout.

4,5/5

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11/09/2020

L'américanisme et la conjuration anti-chrétienne (Henri Delassus)

La conjuration anti-chrétienne.jpgQuels sont les tenants et aboutissants de l’américanisme ? Que doit-on entendre par ce terme ? La doctrine chrétienne doit-elle s’adapter aux réalités modernes, aux « avances » sociétales ? Le catholicisme doit-il suivre l’exemple du protestantisme jusqu’à en devenir une sorte de variante ? Le Christ lui, ne change pas, il ne suit pas le « progrès » des temps. Il reste immuable, hier, aujourd’hui et demain et dans les siècles des siècles. Le catholicisme n’est ni américain, ni français, ni italien, il est universel. Il s’étend à toutes les époques, à tous les lieux, toujours et partout semblable à lui-même. Peu d’hommes sont capables d’athéisme intégral. Mais beaucoup sont tentés par l’indifférence, la tiédeur. Toutes les religions seraient également bonnes. Tel est le piège du modernisme…

Cet ouvrage se présente comme une thèse sans compromis de défense et illustration d’un catholicisme traditionnel et intégral. L’auteur trouve les origines du mal en remontant à la Renaissance, puis à la montée en puissance du Protestantisme et enfin à la Révolution française qui fut fondamentalement un rejet du divin sous la forme d’un parricide avec l’exécution du roi Louis XVI. Mais pourquoi s’intéresser à un texte paru en 1899 ? Tout simplement parce qu’il est étonnant de découvrir que ce livre de référence aurait pu être écrit de nos jours. Il suffirait de remplacer le mot « américanisme » par « mondialisme » ou « globalisme ». Les parties en présence sont exactement les mêmes. Les enjeux également. Rien n’a changé depuis plus d’un siècle si ce n’est une dégradation accélérée de la situation qui n’a fait qu’empirer encore et toujours. La vérité restera toujours une et éternelle. Le mensonge, la tromperie, toutes les déviances, même sous les oripeaux chatoyants du progrès, de l’hédonisme ou de la facilité immédiate n’auront toujours qu’un temps. Malgré une seconde partie intitulée « Documents et éclaircissements » nettement plus datée et donc moins convaincante, cet ouvrage constitue un véritable arsenal bourré de munitions pour la Tradition.

4/5

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09/09/2020

Autopsie d'un viol (S.A. Steeman)

Autopsie d'un viol.jpgDans la petite ville américaine de Vale Heights, George Lamont rentre chez lui dans son pavillon de banlieue appelé « Dolce Vita ». Après une journée de travail, au volant de sa Chevrolet, il pense retrouver à la maison Barbara, son épouse avec qui il s’est marié cinq ans plus tôt. Mais à son arrivée, quelque chose lui semble étrange : il y a deux verres et une bouteille de Tim Collins sur la table du séjour. Il appelle sa femme. Personne ne répond. Il grimpe quatre à quatre à l’étage et la découvre morte, étendue sur son lit. Il surprend un inconnu qui lui tire dessus avec un révolver avant de s’enfuir à toutes jambes. Blessé, Lamont a la force de téléphoner à la police. L’enquête s’annonce d’autant plus difficile qu’à un premier suspect s’en ajoutent deux autres qui viennent spontanément se dénoncer au shérif.

« Autopsie d’un viol » est un roman policier original et fort bien conçu. De bout en bout, le suspens est parfaitement ménagé. Le lecteur est minutieusement « promené » du début à la fin, tout au long d’une intrigue si bien ficelée qu’il faut attendre les toutes dernières pages pour découvrir une fin tout à fait surprenante et quasi improbable. Déjà pas mal ancien (1964), ce titre est encore aujourd’hui fort agréable à découvrir. Style fluide, personnages intéressants, rebondissements divers et variés. Le parfait cocktail pour une lecture addictive. On ne s’étonnera pas de noter qu’un bon nombre d’ouvrages de cet auteur furent adaptés au cinéma. Il n’y a jamais de fumée sans feu !

4/5

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06/09/2020

Héros oubliés (Eric Vieux de Morzadec)

Héros oubliés.jpgQui se souvient ou a simplement entendu parler de « l’intrépide » Girardey, du « talentueux » Lagnel, du « fougueux » Paul-Octave Hébert, du « Yankee confédéré » Blanchard, du « Murat confédéré » Debray, du « Vieux » Buisson, de Villepigue « le guerrier », de Colston « le Parisien », de Manigault « le Huguenot », de Mouton « l’Acadien », de Polignac « le La Fayette du Sud » et de Beauregard, « le Napoléon en gris » ? Peu de gens sans doute, tant ce furent des héros oubliés de la guerre civile américaine. Tous étaient français ou francophones. Tous se montrèrent braves, résolus et mus par l’honneur et la fidélité. Tous se dressèrent pour défendre le Sud contre l’agression du Nord…

« Héros oubliés » est un ouvrage historique qui fera référence, car il aborde un pan de l’histoire américaine totalement occulté en France. L’histoire de chacun de ces généraux ou chefs de guerre est racontée séparément dans un des 13 chapitres de cet ouvrage. Les descriptions des batailles et évènements sont particulièrement précises et documentées (présence de nombreuses cartes). Le lecteur découvrira certains aspects méconnus de cette guerre dite de sécession qui fut particulièrement cruelle, causa un million de victimes, ravagea et laissa dans la misère pour de longues années les états du sud. Nombre de villes furent détruites comme la Nouvelle-Orléans (par Butler dit « la Bête ») ou Atlanta par Sherman. Les Bleus pratiquaient systématiquement la terre brûlée, l’assassinat des prisonniers de guerre, le pillage des récoltes, les incendies, les tueries de civils et le viol des femmes. Mais l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Ces criminels de guerre ne furent jamais traduits devant la moindre cours pénale. On en fit des héros à l’instar de ceux qui « pacifièrent » la Vendée et eurent leur nom gravé sur l’Arc de Triomphe. Aucun des héros confédérés français n’a perpétré d’atrocités, ni sur les populations, ni sur les troupes ennemies, mais tous ont au contraire acquis l’admiration et le respect des combattants des deux camps. On découvrira également que l’abolition de l’esclavage ne fut pas le motif principal de cette guerre (des Noirs se retrouvèrent engagés dans les deux camps et il y avait des esclaves aussi bien au Sud qu’au Nord). Le Nord mercantile, expansionniste, majoritairement protestant et anglophone voulait surtout faire main basse sur le Sud, plus traditionnel, plus rural, plus enraciné, relativement prospère, majoritairement catholique et encore assez francophone. Ne pas oublier que l’ancienne colonie de Louisiane était en fait un immense territoire allant du golfe du Mexique aux grands lacs ce qui gênait la triomphale marche en avant des « Yankees ». (Le terme signifiant lui-même « voleur, prédateur »). Un ouvrage passionnant et bien écrit qui remet les pendules à l’heure à une époque où certains déboulonnent et profanent des statues !

4/5

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