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24/01/2017

Vous n'êtes pas obligés de me croire (Jean Amadou)

Vous n'êtes pas obligés.jpgLe charabia européen est le jargon employé par les technocrates de tous poils pour assurer solidement leur pouvoir sur le brave pékin de contribuable-citoyen qui n’y comprend goutte… Noyé sous les productions anglo-saxonnes, le cinéma X français peine à remplir l’obligation du quota de 30% d’œuvres françaises sur les chaînes de télévision du pays… Les « publicités distribuées par courrier » (mailings) envahissent nos boîtes aux lettres au point que certains assurés ont balancé à la poubelle leur carnet de santé de la Sécurité Sociale, croyant avoir encore affaire à de la réclame… La France est le pays où l’on trouve le plus d’animaux domestiques en pourcentage de sa population…

« Vous n’êtes pas obligés de me croire » est un recueil de 180 chroniques sur mille et un sujets. Celles qui relèvent de l’actualité immédiate (faits divers, politiques) sont, bien entendu, devenues un peu obsolètes, mais ce sont les moins nombreuses. Toutes les autres, plus sociétales, plus anecdotiques, plus historiques voire philosophiques n’ont pas pris une ride et représentent un véritable régal pour l’esprit. Le chansonnier et humoriste bien connu, sous son air de ne pas vouloir y toucher, porte des jugements amusés, acidulés et bienveillants sur ses contemporains et sur tous les travers de notre société de consommation. Tout y passe, de la taille des préservatifs décidée par un comité de normalisation européenne aux amnésies sélectives des hommes politiques en passant par les baisses d’impôts toujours promises et jamais tenues, par les plaisirs de la bande dessinée ou par un sondage sur le temps de prière chez les Français. Même si parfois l’observation peut sembler être pratiquée par le petit bout de la lorgnette, le résultat est toujours amusant et roboratif. Quel plaisir de lire un auteur aussi intelligent et facétieux que le regretté Jean Amadou !

4,5/5

 

08:19 Publié dans Humour, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

22/01/2017

Le déjeuner du lundi (Jean Dutourd)

517G34R00HL._AC_US200_.jpgTous les lundis midi, le père de Jean Dutourd, dentiste de son état, invite son fils Jean et l’oncle Alfred à déjeuner. Veuf joyeux et épicurien sans complexe, il met les petits plats dans les grands pour régaler ses deux hôtes, ce qui n’est pas un mince exploit, car dans les années d’après guerre, les tickets de rationnement sont encore en vigueur et il faut souvent recourir au marché noir pour élaborer un menu. Ces sympathiques agapes familiales sont l’occasion de discussions à bâtons rompus sur mille sujets des plus triviaux aux plus relevés dans une ambiance charmante et détendue.

Paru en 1947, « Le déjeuner du lundi » est le deuxième livre et le premier roman de Jean Dutourd. Il le présente comme étant le prototype du « nouveau roman », style qu’il dit avoir inventé avec dix ans d’avance. En effet, les cinquante premières pages donnent tout à fait cette impression avec des descriptions pointilleuses mais jamais ennuyeuses du décor de cette charmante pièce en trois actes (entrée, plat, dessert). Passé cette introduction à la Robbe-Grillet, le lecteur bascule dans le vif du sujet, les dialogues et la comédie de ce déjeuner de brillants esprits. Ça ne se lit pas. Ça se dévore. Tant c’est intelligent, amusant, plein d’humour et finement raconté. Le personnage du père, un peu vantard, heureux de vivre et toujours le cœur sur la main, celui de l’oncle, plus introverti, grand amateur de calembours, de paradoxes et d’énigmes plus ou moins scientifiques et bien sûr celui du jeune Dutourd, ancien évadé de camp de prisonnier, grand résistant, anticlérical, libre penseur et très à gauche, tous trois sont d’excellente compagnie. Les idées politiques de l’auteur peuvent surprendre. Il faut dire qu’il était très jeune à l’époque et qu’il a évolué au fil du temps et de sa réflexion personnelle. Seuls les idiots ne changent jamais d’avis ! Un bel ouvrage qui n’a pas pris une seule ride !

4,5/5

 

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18/01/2017

Rouge Liban (Gérard de Villiers)

Rouge Liban.jpgAu Liban sud, l’armée israélienne a subi plusieurs revers humiliants face au Hezbollah. Depuis des années, leur chef, Hassan Nasrallah, se cache quelque part dans Beyrouth. Toutes les tentatives pour s’emparer de sa personne ou pour le liquider ont échoué lamentablement. Cette fois, les Saoudiens, la CIA et le Mossad se sont mis d’accord pour confier cette mission impossible à Malko Linge. Le super-espion compte beaucoup sur son charme auprès des dames chiites et autres pour parvenir à ses fins : localiser le leader et signaler sa position à l’aviation israélienne chargée du coup de grâce.

« Rouge Liban » est un roman d’espionnage basé sur des faits réels soigneusement documentés dans une ambiance fort bien rendue. Mais on s’arrêtera là pour les compliments tant les facilités de « fabrication » sont évidentes. L’intrigue est sans grande consistance, les rebondissements convenus ou téléphonés et toute la narration est entrelardée de scènes de sexe plus torrides les unes que les autres, mais au bout du compte répétitives et lassantes car ne dépassant jamais le niveau du porno. Ensemble moins que divertissant. Même pas la pointe d’humour qui fait passer la pilule ! Dommage.

2,5/5

 

08:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

16/01/2017

2024 (Jean Dutourd)

2024.jpgEn 2024, Paris est devenue une ville fantôme, décrépie, dépeuplée et quasi en ruines. La raison de cette catastrophe ? La dépopulation. En effet, depuis plusieurs décennies, les femmes se sont refusées à avoir la moindre progéniture et les hommes n’ont rien pu ou voulu faire pour contrer ce mouvement. Résultat : l’humanité, composée principalement de vieillards cacochymes et de rombières acariâtres et flétries, chemine lentement vers sa fin programmée. Et voilà qu’un jour, le narrateur fait une rencontre extraordinaire dans un jardin public : un jeune père d’une trentaine d’années accompagné par un petit gamin de six ans prénommé Jean-Pierre…

« 2024 » est une dystopie écrite dans les années 70 sur le principe que l’humanité ne court pas vers la surpopulation, mais vers son contraire, la dépopulation générale due à un excès de progrès, de science, d’efficacité et à un manque de spiritualité, de charme, de magie. « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas », prête-t-on à André Malraux. Jean Dutourd en a tiré cette histoire en forme de conte philosophique. L’intrigue est simple et le recul du temps nous montre que cette hypothèse ne tenait pas la route. Cependant, elle sert à de magnifiques développements sociologiques ou philosophiques sur les conséquences des idées de Mai 68. Résultat : on a encore beaucoup de plaisir à découvrir ce texte tant la pertinence du propos reste flamboyante d’intelligence. Il faut lire Dutourd, même aujourd’hui. Il y a tout à gagner de profiter de la sagesse d’un grand esprit et de la plume alerte d’un merveilleux écrivain.

4,5/5

 

09:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2017

SAS, le dossier K (Gérard de Villiers)

 

SAS dossier K.jpgPlus de huit années après la fin de la guerre en Bosnie, Radovan Karadzic, président de l’éphémère République Serbe de Bosnie et criminel de guerre recherché par le tribunal international de La Haye, est toujours en cavale. Seul Sulejman Brancevo, un agent des services secrets bosniaques cherche encore à le capturer alors que toutes les tentatives précédentes ont échoué. Lui, comme tant d’autres, échouera dans des conditions dramatiques. Finalement, sur ordre direct du président américain, ce sera au prince Malko Linge, le célèbre SAS, de reprendre cette traque impossible dans un pays toujours hanté par ses vieux démons.

« Le dossier K » est le 165ème tome des aventures de l’espion aristocratique doublé d’un authentique playboy. L’intrigue laisse un peu à désirer, émaillée qu’elle est d’une longue suite d’échecs un peu lassants dans cette chasse à l’homme interminable. En superhéros récurrent, Malko échappe à toutes les embûches et à tous les pièges placés sur son chemin par les méchants nationalistes serbes et trouve quand même le temps d’une belle série de rapports sexuels minutieusement décrits. Ce côté racoleur mis de côté, le principal intérêt de cet ouvrage de grande consommation reste une documentation impeccable autant sur les faits historiques que sur le contexte géo-politique. La fin romanesque et les diverses péripéties amoureuses restent du domaine du simple divertissement.

3/5

 

09:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2017

Ma jeunesse se fera sans vous (Louis Asnar)

ma jeunesse se fera sans vous.jpgDepuis que ses parents ont divorcé, le jeune Louis vit avec sa sœur Anne et sa mère. Il voit rarement son père qui voyage souvent à l’étranger. Il supporte difficilement l’alcoolisme de sa mère et encore plus mal la présence du prétentieux Philippe Chasseur, le nouveau compagnon de celle-ci. Elève difficile, il est placé en internat où il ne se plait pas. Il reconnaît ne pas avoir de meilleur ami et cherche à se rattraper auprès de la gent féminine. Il se remémore ses différentes rencontres : Madeleine, Solène, Julie, Diane, Sarah et même Fatou l’Africaine, violée dans son enfance, et qu’il voudrait bien protéger.

« Ma jeunesse se fera sans vous » est une autofiction dont l’intrigue se résume à une suite d’apparitions de personnages le temps d’une courte anecdote ou d’une brève aventure. Le style de Louis Asnar est impressionniste, vif, agréable et facile à lire. L’auteur joue souvent avec l’humour, l’ironie et le paradoxe, ce qui donne pas mal de piquant à cette narration tenant beaucoup du journal intime. « C’est un coup à se suicider, voire pire, à se marier », « il était mythomane, cleptomane, alcoolique, drogué, lâche et présomptueux », « il se demandait si le monde entier ne conspirait pas à ce qu’il devienne homosexuel », pour ne citer que quelques exemples ! Malheureusement, le plaisir de lire est un peu gâché par la brièveté du propos (112 pages seulement : est-ce un roman, une longue nouvelle ou le début d’un feuilleton ?). Au bout du compte, le lecteur reste donc sur sa faim. Il aimerait en savoir plus sur ce Louis qui lui semble sympathique malgré tous ses défauts et toutes ses faiblesses. Et la frustration se termine en apothéose avec une fin abrupte, complètement ouverte et donnant l’impression que l’histoire reste toujours à raconter. Dernière phrase : « Alors que Louis remontait chez lui, il pensa à Malo et il renonça pour de bon à tuer sa gardienne. » Il ne manque que : « Suite au prochain épisode ». Dommage.

3/5

 

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10/01/2017

Expresso Love (Chapitres 1 à 3)

Un extrait de mon roman publié sur Bookless et Amazon…

 

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08/01/2017

Le séminaire de Bordeaux (Jean Dutourd)

le séminaire de Bordeaux.jpgAlors que les évènements de Mai 68 battent leur plein au Quartier Latin, Brigitte met au monde son bébé en regrettant de ne pas pouvoir participer à cette révolution. Avec Jean-Claude, chercheur au CNRS, ils forment un couple d’intellectuels modernes et complètement libérés. Ils ne se cachent rien de leurs aventures extra-conjugales. Tout va bien quand il s’agit de Brigitte, mais quand Jean-Claude s’offre un petit retour de flamme avec Adeline, sociologue dans le même organisme que lui, Brigitte le prend très mal et, paradoxalement, ne lui pardonne qu’en échange d’une promesse de mariage en bonne et due forme.

« Le séminaire de Bordeaux » est un roman comme on n’en écrit plus. Parfaitement construit, merveilleusement écrit dans une langue riche et détaillée, débordant d’intelligence et d’humour (l’analyse des expressions branchées et leur traduction est déjà un régal à lui tout seul). Les longs développements ne manquent pas, mais jamais ils ne sont verbeux ou pompeux. Le confort de lecture est total en dépit d’une sophistication évidente du style. Le regretté Jean Dutourd était un maître de la littérature qui méritait amplement son habit et son épée d’académicien. Tous les titulaires actuels de la vénérable institution ne peuvent pas en dire autant. En ce qui concerne le fond, nous sommes dans la droite ligne des « Horreurs de l’amour », mais cette fois dans le cadre bien particulier de la révolution sexuelle de Mai 68. Observateur perspicace et un tantinet caustique de la société, Dutourd analyse tout ce chambardement avec une grande finesse, beaucoup d’humour et pas mal de philosophie. Avec le recul que nous avons aujourd’hui, nous pouvons mieux nous apercevoir à quel point il avait raison et quel extraordinaire visionnaire il était. Lisez Dutourd, vous ne serez jamais déçus.

4,5/5

 

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06/01/2017

Tout reste à faire (Emmanuel Bodin)

Tout reste à faire.jpgSvetlana, jeune actrice russe, revient à Paris, ville qu’elle a quitté quelques années plus tôt pour revenir dans sa ville d’Irkoutsk en Russie. Elle revient exercer le métier de traductrice. Elle espère retrouver Franck, réalisateur français, avec qui elle a eu une aventure qui, par sa faute, ne s’est pas très bien terminée. Mais maintenant, tout est clair de son côté : Franck est vraiment l’homme de sa vie. Mais tout reste à faire car celui-ci est en ménage avec Sylwia. Ressentira-t-il encore quelque chose pour Svetlana si celle-ci vient à le rencontrer ?

« Tout reste à faire » est un roman sentimental très classique dans son intrigue, laquelle ne brille d’ailleurs pas par son originalité. Le lecteur suit Svetlana dans ses errances sexuelles alors que celle-ci passe de bras en bras sans jamais trouver partenaire à son goût. Et pour cause, son cœur est occupé par le souvenir de Franck. Rien de bien nouveau sous le soleil avec ce genre d’histoire qui a été racontée des milliers de fois. Le lecteur pouvait espérer qu’un style génial aurait transcendé ce handicap. Il n’en est rien. L’auteur qui, entre autres approximations de construction de phrases, use et abuse du passé du subjonctif, s’est interdit de proposer le moindre dialogue. Le résultat est une narration très introspective, manquant de rythme, peu vivante et même un tantinet monotone. On est très loin de chef-d’œuvre. Les habituées de la collection Harlequin s’intéresseront peut-être à cet ouvrage proposé gratuitement par les Editions Millésimées. Les autres pourront faire l’impasse sans problème.

2,5/5

 

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02/01/2017

Un bouleversement majeur à venir dans le monde du travail (Divers auteurs)

Un bouleversement à venir.jpgChez Walkyrie, entreprise à la pointe de la technologie, Judith travaille quinze jours d’affilée, soit trois semaines ouvrées en environ quinze minutes de temps réel. Ce rythme lui permet de toujours conserver une longueur d’avance sur la concurrence… Cervelette a vingt ans de bons et loyaux services dans sa société informatique. Mais son rendement synaptique est en baisse. Elle met en danger tout le réseau sophistiqué de la Synapsium. Donc, elle est virée… Un terroriste réussit à pénétrer dans une enceinte industrielle ultra-secrète, hyper-protégée et hors Bios… Dans un monde totalement robotisé, l’humain n’a plus rien d’autre à faire qu’appuyer sur le bon Bouton…

Ce recueil de dix nouvelles d’anticipation et de science-fiction, proposé en lecture libre sur la plate-forme Atramenta, a pour fil conducteur la thématique du travail. Tous les textes ont donc un rapport plus ou moins lointain avec le thème proposé. Il ressort de leur lecture que pratiquement tous les auteurs, quel que soit leur style ou leur registre, ne lui voient pas un avenir très brillant. Certains vont même jusqu’à envisager sa disparition complète (comme dans « Nescience universelle ») et son remplacement par… le bénévolat obligatoire, autant dire une nouvelle forme d’esclavage particulièrement inhumaine. Un peu partout, que de sinistres perspectives : totalitarisme accru, robotisation de l’homme, perte de liberté, dictature du confortable, du futile et de l’inutile, et son cortège d’ennui et de dépression. Comme toujours dans ce genre d’ouvrage, l’excellent côtoie le bon et le passable. Trois nouvelles méritent largement le détour : « Les aiguilles du coma électrique », « Le bouton » et « Dans une mer de noir ». Certains sont de véritables contes philosophiques comme « La route du futur ». Tous présentent un certain intérêt, même si beaucoup se contentent de simples projections dans l’avenir en se basant sur la réalité actuelle.

3,5/5

 

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