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03/10/2016

La femme au temps de Scarlett (Liliane Crété)

index.jpgSous-titré « Les Américaines au XIXème siècle », cet ouvrage se propose de nous plonger dans une époque riche en évènements et en bouleversements aussi bien sociaux que politiques : Guerre de Sécession, abolition de l’esclavage, ruée vers l’Ouest, droit de vote accordé aux femmes, etc. Si la célèbre Scarlett O'Hara d’« Autant en emporte le vent » est évoquée, ce n’est pas sans raison. Liliane Crété, présentée comme une spécialiste de l’Histoire des Etats-Unis, vit une partie de l’année à La Nouvelle-Orléans. Elle ne cache pas ses sympathies sudistes et sait parfaitement rendre l’ambiance qui régnait dans les plantations avant que tout soit ravagé par la guerre civile.

Le lecteur apprendra beaucoup de choses à la lecture de ce livre foisonnant qui donne la part belle à de nombreux portraits tels ceux de ces femmes ou filles de planteurs, de ces quakeresses toujours prêtes à se dévouer pour de justes causes comme celle de l’éducation des Noirs, de ces pionnières brinquebalées dans leurs chariots pendant des mois à la merci des rigueurs du climat ou des attaques des Indiens, de ces militantes des droits de la femme dans leurs luttes interminables et même de ces futiles femmes ou filles de milliardaires de New-York du dernier chapitre. Autant d’histoires passionnantes qui donnent un certain intérêt à cet ouvrage très documenté et enrichi par un glossaire de théologie (le fait religieux est particulièrement important à cette époque), une quinzaine de pages de notes, une importante bibliographie et une chronologie permettant de s’y retrouver, de remettre la petite histoire dans la grande, en un mot de replacer toutes ces anecdotes dans leur contexte. Ouvrage intéressant mais très dense. Donc à lire à petites doses.

3,5/5

 

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01/10/2016

Esoterre / Le village (David Forrest)

esoterre.jpgCharles Dyer débarque à Arcames, petit village perdu de la France profonde. Il se fait héberger dans une pension de famille tenue par une certaine Sarah Philippe. Il raconte à son hôtesse qu’il est venu faire des photos de paysages, car il trouve la région intéressante et pittoresque. Pourtant, très vite tout lui semble bizarre dans le coin. Dès sa première visite à l’épicerie du village, il est pris à partie par un ivrogne particulièrement agressif. De plus, quelque temps auparavant, une jeune femme, Marie Dormes, a disparu mystérieusement dans ce même village. Une section de lutte contre les mouvements sectaires mène d’ailleurs une enquête parallèle.

Ce premier épisode n’est en fait qu’un préquel plutôt conséquent (23 chapitres) proposé gracieusement par l’éditeur Bragelonne. Un cadeau qui n’en est pas un car cet épisode se contente de présenter quelques personnages et de lancer tout juste l’action. Le lecteur restera sur sa faim. Ce thriller relativement bien mené semble s’orienter vers l’épouvante et l’horreur d’après ce qu’il est possible d’en juger. Le style de David Forrest est fluide, agréable et efficace. L’intrigue semble assez intéressante. Mais il faudra mettre la main à la poche, et peut-être plus d’une fois, pour tout savoir sur ce village étrange rempli de gens bizarres et inquiétants. Inutile de dire que ce procédé commercial est contestable pour ne pas dire désagréable voire détestable. Personnellement, je ne reviendrai explorer ces lieux que si une intégrale est proposée, ce genre de saucissonnage ne me convenant pas du tout.

3,5/5

 

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27/09/2016

Abécédaire mal pensant (Jean François Kahn)

 

abécédaire.jpgPrésenté sous forme d’articles courts ou longs selon les sujets, ce livre un peu à part présente l’opinion de l’auteur sur des sujets aussi variés que la politique, l’économie, la religion ou la philosophie. Même si l’on n’est pas toujours d’accord avec les positions prises, on ne peut que célébrer l’intelligence, la finesse ou le bon sens de l’un de nos plus brillants éditorialistes actuels, rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Marianne ».

Reste la question placée en sous-titre : « A-t-on encore le droit d’écrire ça ? » qui sous-entendrait que l’auteur serait un terrible dissident, un révolutionnaire enragé ou un combattant engagé contre la pensée unique… Et là, grosse déception. L’auteur ne risquera ni le bûcher ni le lynchage médiatique pour ces quelques articles, car il n’est que taquin, impertinent voire très légèrement insolent avec un système dont il fait partie d’ailleurs d'une certaine manière et même d'une manière certaine. À côté de mini-biographies de philosophes ou de grands hommes d’hier ou d’aujourd’hui, après de grandes envolées vers les hautes sphères de la philosophie ou de la politique, le voilà qui ne peut s’empêcher le calembour à deux sous ou le jeu de mots facile… Mais on lui pardonne. Personne n’est parfait et une petite blague de temps en temps peut détendre l’atmosphère.

Souvent, ça sent la poudre, ça tire, ça défouraille dans tous les azimuts. Rares sont ceux qui ne ressortent pas rhabillés pour l’hiver après être passé entre les griffes de l’auteur. Un en particulier en prend pour son grade : Nicolas Sarkozy décrit comme nombriliste, narcissique, agité, instable et surtout tenté par le césarisme bonapartiste…

On passe de bons moments au détour de ces pages.

Morceaux choisis :

Frimer : s’affirmer capable, dans le même élan, de redresser les comptes de la Sécu, les voyous des cités et la tour de Pise.

Frite : valeur autour de laquelle, en cas d’éclatement de la Belgique, peut se faire l’union de la Wallonie et de la France.

Distributeur automatique : notre interlocuteur principal, désormais, dans la vie de tous les jours.

Apéritif : sorte de vin doux que l’on boit en prélude à un repas ou banquet consistant : en apéritif donc. Par extension : vous faîtes voter des douceurs fiscales en apéritif et vous avez droit, ensuite, à un déficit budgétaire très consistant.

Omelette : le problème du centre mou, c’est sa propension à vouloir faire une omelette sans casser des œufs. Mais celle de la droite et de la gauche dure, c’est qu’elles ont tendance à casser des œufs sans réussir à faire l’omelette.

Camping : ressemble à un camp de réfugiés, sauf que l’accès y est volontaire et même payant.

Aubry, Martine : Absinthe femme. Partagea le travail, ce qui appauvrit évidemment les travailleurs, mais pour la bonne cause. Martine Aubry pense toujours bien, mais méchamment.

Argent sale : Paradoxalement, il s’agit d’argent qui a été blanchi et, en plus, quand on a découvert son origine louche, on s’exclame : « C’est du propre ! » De toute façon, comme la guerre enrichit infiniment plus que l’humanitaire et la spéculation immobilière beaucoup plus que la création poétique, on ne voit pas comment l’argent pourrait être immaculé.

4/5

 

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23/09/2016

American Gods (Neil Gaiman)

american gods.jpgÀ peine sorti de prison, Ombre rencontre un étrange personnage, Voyageur, aussi sarcastique que malhonnête. Il s’agirait de Wotan, le roi des anciens dieux germaniques qui en serait réduit à de petites truanderies et à profiter de son statut pour séduire de pauvres gamines. Voyageur charge Ombre d’une mission un peu particulière, lui servir de garde du corps, de factotum et d’envoyé spécial. Mais en l’acceptant, il se retrouve au cœur d’un conflit qui le dépasse et qui oppose les anciens dieux de l’ancien monde (Odin, Thor, pour les nordiques, mais également les dieux de la mythologie grecque, hindoue ou égyptienne) à ceux du nouveau : la télévision, l’informatique, l’argent, la carte de crédit etc… Qui va l’emporter ? Et qui tire vraiment les ficelles de cette improbable histoire ?

American Gods est un roman-fleuve (604 pages) où l’on ne s’ennuie pas une seconde à la condition absolue de laisser cartésianisme et rationalisme au vestiaire. On nage dans la fantaisie et la loufoquerie la plus complète. En véritable disciple de Pratchett, Gaiman nous entraine dans un délire sans queue ni tête. Sa théologie est assez étrange. L’homme crée ses propres dieux et ne peut pas vivre sans eux. Au fur et à mesure que ceux-ci sont négligés, ils ne disparaissent pas, mais continuent à errer à la surface de la terre en ne réalisant pas grand-chose de bon d’ailleurs… En Amérique, les dieux « classiques » sont très malheureux, car les habitants leur préfèrent d’autres dieux plus techniques ou plus pragmatiques. Œuvre complètement inclassable, pris au second degré, ce livre peut se lire comme une sorte de conte ou de fable philosophique. Gaiman a cru bon d’introduire des « interludes » qui n’apportent pas grand-chose à l’intrigue et alourdissent l’ensemble. Le style est agréable, mais le livre m’a semblé légèrement inférieur à celui qu’il a écrit après, « Anansi Boys », plus réussi, moins brouillon, car plus détaché de l’influence de Pratchett.

4/5

 

08:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/09/2016

Allez-y, Jeeves (P.G.Wodehouse)

 

Jeeves.jpgBertie Wooster n’a qu’à se féliciter d’avoir engagé le meilleur valet de chambre possible, une perle rare nommée Jeeves qui, non content d’être aux petits soins pour son maître et de lui choisir ses tenues, le tire de situations difficiles voire inextricables. Il lui évite des unions catastrophiques et jusqu’à la prison. Il faut dire que Bertie est d’une grande naïveté, qu’il n’a pas son pareil pour attirer sur sa tête moult ennuis et qu’il est entouré d’amis et de connaissances assez particuliers.

Enormément d’humour, de légèreté et de situations cocasses dans ce tome des aventures impayables du maître et du valet. Un vrai régal d’esprit et de férocité bâti sur un principe bien rôdé : une saynète par chapitre autour d’un personnage, généralement un fâcheux qui se met dans une mauvaise affaire (cette fois Wodehouse pousse l’audace jusqu’à faire rosser un flic un soir d’ébriété pour redonner le moral à un ami !), un Bertie qui, en voulant arranger les choses, ne fait qu’aggraver la situation et un Jeeves qui, agissant en coulisses, tire les ficelles et arrange tout. Aux limites de la comédie, de la farce et de la commedia del arte… Du Wodehouse. Unique, amusant, indémodable. Un pur régal !

4,5/5

 

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19/09/2016

Le retour du petit homme (Chapitres 1 à 14)

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17/09/2016

Absurdistan (Gary Shteyngart)

index.jpgMicha Vainberg est un jeune juif, fils d’un grand ponte milliardaire de la mafia russe. Alors qu’il sortait à peine de l’Université américaine de Hasard, il doit rejoindre son père à Saint Petersbourg et quitter son amie Rouenna, une prostituée new-yorkaise qu’il continue d’entretenir alors qu’elle le trompe avec un prof pédant. Totalement oisif, son occupation principale consiste à s’enivrer en compagnie de son ami Aliocha-Bob au cours de soirées branchées. Pour pouvoir repasser à l’Ouest qui lui est interdit en raison de l’assassinat d’un américain par son père, il décide de partir pour l’Absurdistan où il espère récupérer un passeport belge et où il se retrouve embarqué dans une guerre civile totalement imbécile.
Livre aussi désenchanté que déjanté. Beaucoup d’humour grinçant dans cette histoire aussi improbable que fortement caricaturale. Le jeune héros n’est pas particulièrement sympathique. Obèse, faible, lâche, jouisseur et profiteur, il attire toutes les catastrophes sur lui. Au début, le lecteur trouve cela fort amusant. Mais petit à petit, il rit de plus en plus jaune car ce roman picaresque, cette fable ou ce conte politico-philosophique cache sous ses dehors loufoques la monstrueuse réalité d’un monde cruel, cynique et totalement inféodé aux puissances de l’économie et de l’argent.

4/5

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14/09/2016

Poupounette (Maryse Kiss)

cover225x225.jpegA Marseille, Madame Naudary, surnommée « Poupounette », est une personne haute en couleurs avec un grand cœur et pas mal de naïveté. Pour preuve, elle a acheté avec l’argent de sa fille Pauline une horrible croute à trois anciens détenus des Baumettes récemment repentis. Elle a pioché dans la cagnotte de son mari pour s’entendre raconter des prévisions d’hypothétiques gains par une diseuse de bonne aventure plus ou moins honnête. Quant au mari, conducteur de bus irréprochable, pour la première fois de sa carrière, il vient d’être responsable d’un accident de la circulation qui le désole.

« Poupounette » est le livret d’une comédie en deux actes se voulant le reflet bienveillant de deux scènes de famille marseillaise avec son franc parler, ses outrances méditerranéennes et ses odeurs d’aïolis. L’ennui c’est que cette bouillabaisse littéraire ne passe pas trop bien la rampe. On est plus dans le cliché et la parodie sans grande finesse que dans le véritable style Pagnol ou Giono. L’intrigue est maigrelette et les personnages un peu caricaturaux avec deux adultes moins adultes que leurs deux enfants. Problème pour une comédie, on rit un peu mais pas suffisamment à notre goût. Seul point positif, ce texte est proposé en accès gratuit sur toutes les plateformes par l’éditeur Bookélis.

2,5/5

 

20:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

10/09/2016

Manzoni Strip (Nouvelle)

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08:46 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

01/09/2016

Les plus célèbres affaires d'espionnage (John Mac)

Affaires d'espionnage.jpgDans cet important recueil, le lecteur trouvera rassemblées toutes sortes d’histoires d’espions plus ou moins connues. Certaines remontent à fort longtemps comme l’affaire de la malheureuse Matha-Hari ou celle du couple Ethel et Julius Rosenberg. Certaines provoquèrent un véritable scandale comme celle qui fut peut-être la plus extraordinaire, l’affaire de Cambridge avec Philby, Burgess, Blunt et McLean, intellectuels britanniques qui travaillèrent environ 30 ans pour le KGB et jusqu’à 50 années pour Philby, sans jamais avoir été pris. On mesure en lisant ces histoires combien âpre fut la lutte entre le FBI, le MI6, le Mossad et le KGB. On découvre comment l’Occident fut délesté de la plupart de ses découvertes et avancées technologiques (bombe atomique, plan d’avions ou de fusées, etc.) et combien fut difficile la traque des espions, tous traitres à leur pays pour quelques dollars de plus ou pour quelques faveurs sexuelles de charmantes espionnes soviétiques.

Intéressant surtout d’un point de vue historique, ce livre permet de remettre en perspective la rivalité est-ouest et de relativiser les avancées techniques du monde soviétique. Il ne fait pas l’impasse sur les erreurs, les ratés et même les injustices de cette guerre secrète. Toutes ces histoires datent au moins de plusieurs décennies. Le lecteur averti comprendra que rien n’a dû s’améliorer avec le temps, que l’espionnage a certainement dû redoubler d’ampleur, devenir plus technique, plus économique et plus scientifique encore. Mais il faudra attendre qu’il y ait prescription pour que les dossiers s’ouvrent et qu’un autre livre du même genre raconte ce qui se passe aujourd’hui dans les coulisses. Ouvrage intéressant pour tous ceux que l’Histoire secrète passionne. Disponible en audio chez Audible.

4/5

 

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