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22/11/2016

C'est pour ton bien (Cindy Costes)

 

41ZUkuct8aL._AC_US160_.jpgLaetitia est une jeune femme un peu fragile qui a déjà deux enfants et qui s’est récemment séparée de Greg, son compagnon dépressif. Sous l’influence de sa mère et de Gaby, son amie d’enfance, elle se laisse mener par le bout du nez pour la plupart des décisions de la vie de tous les jours. Ainsi, quand elle découvre qu’elle est enceinte, ses deux mentors n’hésitent-elles pas à lui conseiller fortement d’avorter. Gaby prendra même rendez-vous pour elle. Mais Laetitia a comme un doute…

« C’est pour ton bien » est une nouvelle sociale et réaliste qui aborde avec brio plusieurs thématiques comme celles du rapport dominant-dominé, de la condition de la femme, du désir de maternité et surtout le problème de la prise de décision dans le cas d’un avortement. La plume de Cindy Costes est agréable, enlevée, rythmée. Le personnage de Laetitia avec toutes ses fragilités et ses manques de volonté nous touche et son histoire nous émeut. Ce drame de notre temps futile et agité trouve heureusement une fin en forme de happy end tonique et plein d’espérance. Comme quoi il ne faut jurer de rien. Les pires velléitaires peuvent parfaitement prendre soudain des décisions courageuses. Un texte agréable à lire. Une histoire positive. C’est toujours bon à prendre surtout quand c'est en libre accès.

3/5

 

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20/11/2016

Expresso Love (Chapitres 1 à 3)

08:45 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2016

Comment échapper à sa femme et à ses quadruplées en épousant une théorie marxiste (Tom Sharpe)

comment échapper.jpgPour Wilt, les prochaines vacances s’annoncent difficiles. Eva, sa gargantuesque épouse, vient de les faire inviter avec leurs quadruplées à passer l’été en Amérique, dans la propriété du richissime oncle Wally et de la tante Joan. Wilt, en bon prof libéral, ne supporte pas les remarques racistes du vieil homme, ses souvenirs des horreurs de la guerre contre les Japonais, les Coréens et les Vietnamiens et encore moins son anticommunisme primaire, secondaire et tertiaire. Pour sortir de ce piège, il s’invente un cours de théorie marxiste qui le dispense du voyage. Pendant qu’il part en randonnée pédestre, droit devant lui, à la découverte de l’Angleterre profonde, c’est le choc des civilisations outre atlantique. Eva et ses quadruplées teigneuses sèment involontairement ou non une pagaille monstrueuse chez leurs hôtes. Quant à Wilt, il a toujours le don pour toujours se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Ce quatrième épisode des aventures de Wilt (ce sont des histoires complètes qui peuvent se lire séparément) est un petit bijou d’humour british, de loufoquerie, de cocasserie et de « non-sense » (qui n’est pas exactement notre absurde). On se surprend bien souvent à éclater de rire devant les situations abracadabrantes qui se sont créées suite à un enchaînement de circonstances et de faits d’importance minime qui finissent par amener petit à petit à de véritables catastrophes. Tout aussi génial que « Panique à Porterhouse », il faut conseiller ce livre à tous ceux qui ont envie de passer un bon moment en oubliant tous les tracas de la vie quotidienne. Seule critique : le plaisir ne dure pas assez longtemps, car le livre peut se dévorer en une journée tellement il est passionnant et bien écrit. Un régal à ne pas manquer !

5/5

 

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16/11/2016

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

 

ce que le jour.jpgDans les années 30, le jeune Younès, fils d’un paysan ruiné, est confié à son oncle, pharmacien aisé d’Oran pour qu’il l’élève à l’européenne et lui permette d’échapper au sort misérable du reste de sa famille. Partisan du nationaliste Messali Hadj, le pharmacien est arrêté et soupçonné d’agissements indépendantistes. Il quitte la ville et se réfugie dans une petite bourgade, Rio Salado, où il pense trouver une vie plus calme. Les grands évènements de l’époque y parviendront atténués : la seconde guerre mondiale, les émeutes de 1945, la Toussaint rouge de 1954, la guerre d’Indépendance et l’exode des Pieds-Noirs. Au milieu de ce grand tourbillon, Younès grandira dans une ambiance d’abord fraternelle entre chrétiens, juifs et musulmans avant que tout ne se délite et qu’il ne reste seul à Rio avec au cœur son amour impossible pour Emilie, la petite française qu’il a connue enfant et dont le souvenir l’obsède.

Un roman d’amour impossible sur fond de drame historique avec des personnages attachants comme Younès ou Emilie ou hauts en couleurs comme les colons espagnols fiers de l’œuvre accomplie et sûrs de leur bon droit. Un style toujours aussi agréable, mais une histoire assez légère dans cette Algérie torrentielle, excessive, passionnée et douloureuse. Le plus intéressant est sans nul doute la description de la vie avant guerre. Les « évènements » sont traités de manière édulcorée. La description des histoires d’amour constituant l’essentiel d’un livre qui ne m’a pas semblé le meilleur de l’auteur.

3,5/5

 

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14/11/2016

Carnets du Cap Horn (Pierre Stephan)

 

carnets du cap horn.jpgLe brestois Pierre Stephan, capitaine à 25 ans de l’un des plus beaux et des derniers grands quatre-mâts à voile français, « le Félix Faure », fera onze fois le tour du monde de 1896 jusqu’à la guerre de 14 pour aller chercher le nickel de Nouvelle-Calédonie et le ramener en France ou en Angleterre. Il sera l’un des derniers témoins de la fin de la marine à voile, de l’époque mythique des grands clippers qui faisaient la course pour importer vers l’Europe le thé de Chine, la laine d’Australie ou les phosphates du Chili…

Dans ce livre, son petit-fils, Roland Paringaux nous présente une nouvelle version d’un recueil familial intitulé « Souvenirs de Pierre Stephan, capitaine cap-hornier » basé sur des enregistrements sonores recueillis de la bouche même de son grand-père. Il y a adjoint le journal de bord de sa jeune épouse, Marie-Jo, qui a pu l’accompagner dans trois de ses voyages. Ces deux témoignages croisés nous sont infiniment précieux à une époque qui voit le retour des grandes courses à la voile autour du monde (tel le Vendée Globe qui ne fait que suivre à nouveau cette route hyper dangereuse avec un luxe de moyens technologiques inconnus de nos anciens). Ils nous permettent de mieux comprendre leur courage, leur abnégation et leur modestie. Les Cap-horniers constituaient l’aristocratie de la mer dont les fiers voiliers, victimes du modernisme et des lois sociales finirent leurs jours à Saint-Nazaire, le long du sinistre quai La Martinière… Un livre témoignage utile pour l’Histoire et passionnant pour les amateurs de voile.

4,5

 

09:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/11/2016

Ça va Jeeves ? (P.G.Wodehouse)

 

 

Ça va Jeeves?.jpgDe retour de la Côte d’Azur, Bertie voudrait introduire en Angleterre la mode de la veste blanche de smoking ce que réprouve son valet de chambre, Jeeves. Mais son maître, lassé d’être infantilisé, ne veut pas céder. Et comme il commence à prendre ombrage devant l’intelligence et les ruses de son butler, il se retrouve obligé et assez satisfait de se substituer à lui dans le rôle du « tireur de ficelles » et du monsieur bons-offices. Invité à la campagne chez sa tante Dahlia, il va lui falloir seul la rabibocher avec l’oncle Tom et réconcilier deux couples de ses amis, sans oublier d’empêcher un cuisinier vexé de donner son congé…

Les aventures du malheureux Bertie, l’aristocrate au grand cœur mais à l'intelligence un peu limitée, se poursuivent de plus belle dans ce nouveau tome. Bertie, croyant bien faire, n’arrive qu’à envenimer les choses et à se retrouver dans des situations impossibles mais toujours aussi amusantes pour le lecteur. Un roman hilarant avec une intrigue rondement menée et pleine de rebondissements cocasses. On passe toujours un bon moment avec Wodehouse.

4,5/5

 

 

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10/11/2016

L'aéronaute embourbé

09:00 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

07/11/2016

Un homme sans quête est un vélo sans roue (Eric Scilien)

un homme sans quête.jpgUne étudiante aux Beaux-Arts exige de son petit ami qu’il lui offre chaque jour un bouquet de fleurs différent… Un prisonnier s’évade d’une prison nazie et rentre au bout d’un certain temps dans son village natal pour découvrir que ses amis ont disparu, que sa femme est partie ou a été enlevée et que sa maison a été vendue à un collabo…

Dans quel registre classer ce recueil ? Des nouvelles ? Des poèmes en prose ? De la versification libre ? Sans doute un peu des trois. Les textes sont présentés en chapitres cohérents comme autant de parties ou d’étapes de l’éternelle histoire humaine : romances, promesses, cherche-bonheur, combat, solitudes, équilibre instable, adieux. Scilien a le sens des titres, l'œil aigu, la plume alerte et gracieuse et la sensibilité à fleur de peau. Nulle part on ne le découvre plus que dans ces textes en général courts (pas tous) pleins de fulgurance, d’évidences ou d’ambiguïté, de cris et de larmes, de souffrance mais aussi de joie et d’allégresse. Sans oublier l’amour et le non-amour toujours présents qu’ils soient charnels ou platoniques, torrides ou sublimés. Avec en fil conducteur la quête (thème général de l’ouvrage), la recherche, le désir ici et maintenant, l’envie de l’autre, de l’ailleurs et de l’autrement. « Combien d’inutiles victoires pour une seule défaite ? » dit Scilien. « Tout s’en va, se consume sur l’autel de nos chimères… Et si la vie n’était qu’un songe, la mort nous ouvrirait les yeux… Les plus belles victoires se forgent dans l’amertume de la défaite… », constate-t-il également. Comment rendre compte d’un tel ouvrage ? Comment juger de la poésie ? Dire humblement que c’était beau et bien écrit, raconter qu’on a aimé sa lecture, souffert avec l’auteur, pleuré devant la dépouille de son père, ragé de l’injustice des êtres ou soupiré à cause de la dureté des choses. Une mention spéciale pour trois textes, trois pépites, trois nouvelles philosophiques, sociales ou simplement noires, qui sortent du lot et méritent à elles seules le détour : « Aimer au sang », « Avoir le bon profil », et « Mauvais fils ». Lisez Eric Scilien ! Vous ne regretterez pas votre découverte !

4/5

 

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05/11/2016

Instinct de survie en milieu hostile (Eric Scilien)

 

instinct de survie.jpgAu buffet de la gare de Vierzon, Maud, téléopératrice, est importunée par un beau dragueur un peu trop sûr de lui… Quelque part en Amérique du Sud, Pierre et Sophie, deux jeunes touristes français, se retrouvent kidnappés par un groupe de dangereux guérilleros… Criblé de dettes, un père de famille s’improvise gagnant d’un jeu de grattage… Pourchassé par la mafia, un homme accompagné d’une « Miss Monde » capricieuse fait escale dans un minable motel américain… Un psychopathe obèse espère se faire aimer d’une femme en la gavant comme une oie… Yann le dingue, petit malfrat de seconde zone, s’attarde un peu trop avec son complice dans la maison qu’il vient de cambrioler et de mettre à sac…

« Instinct de survie en milieu hostile » est un recueil comportant quatorze nouvelles très sombres pour ne pas dire noires, toutes de grande qualité. Elles nous entrainent dans un univers glauque de paumés, sadiques, pauvres bougres, filles maltraitées, etc. On fume beaucoup dans toutes ces histoires souvent terrifiantes, on tire le diable par la queue, on tente de survivre par tous les moyens et on n’y parvient pas toujours… Malgré tous leurs vices, toutes les situations merdiques dans lesquelles ils se trouvent, quasiment tous les personnages gardent toujours une petite part d’humanité et restent quelque part attachants. C’est tout l’art de conteur d’Eric Scilien que d’être capable de réaliser ce tour de force : passionner son lecteur avec autant d’histoires a priori effrayantes et même repoussantes ! Le style est vivant, concis, ciselé et d’une parfaite efficacité. Ce recueil ne se lit pas, il se dévore. Toutes les nouvelles sont réussies, intéressantes, voire excellentes. Mes quatre préférées sont : « Mauvaise pioche », « Les nouilles au chocolat », « Toujours des problèmes » et « Reine d’un soir ».

4,5/5

 

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03/11/2016

Une vie après (Robbie Schwelle)

index.jpgDésirant faire le point sur sa vie sentimentale en déroute ( l’homme de sa vie l’a quittée pour une beaucoup plus jeune ), Béatrice, responsable d’une petite maison d’édition en faillite, part se réfugier en Bretagne, dans un village de bord de mer. Elle y loue une maison appartenant à un agent immobilier handicapé à la réputation un peu sulfureuse. Très vite, elle s’aperçoit qu’il s’y passe d’étranges choses. Certains objets disparaissent mystérieusement. Une pièce au sous-sol est inaccessible car verrouillée. Un jour, elle se retrouve sans eau courante et bientôt sans électricité. Sans parler d’une étrange visite des gendarmes. Et pour ne rien arranger, elle a l’impression de sentir une présence derrière elle quand elle remonte de la cave. Quel avenir pour Béatrice ? Parviendra-t-elle à se reconstruire sur de nouvelles bases ?

« Une vie après » démarre presque comme un thriller ou comme un roman policier et évolue très vite en roman psychologique, social et sentimental. Mais pas dans le sens eau de rose et niaiseries fleur bleue. Robbie Schwelle pose avec sensibilité et intelligence la problématique des secondes parties de vie, ces épisodes d’après divorce et de tournants professionnels dans lesquels les quinquas et sexagénaires se retrouvent sans compagnon, sans travail et avec une vie en mille morceaux. Au fil des chapitres, l’auteure a pris le parti de braquer le projecteur sur chacun des personnages principaux, ce qui permet de varier les angles d’attaque et d’affiner les descriptions psychologiques mais ralentit un peu le rythme de narration pour cause de reprises de certains évènements. Les personnages sont pour la plupart touchants et toujours bien pétris d’humanité. L’intrigue intéressante, oscillant entre suspens et drames divers, s’achève sur un happy end bien réjouissant. Le style de Robbie Schwelle est agréable, fluide et efficace en dépit de coquilles un peu trop nombreuses à mon goût. Ce petit défaut aisément corrigeable mis à part, cet ouvrage reste néanmoins un très bon roman réaliste bien dans son époque.

4/5

 

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