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28/11/2018

Bubu-de-Montparnasse (Charles-Louis Philippe)

Pierre Hardy, 20 ans, à Paris depuis six moins, est un modeste employé de bureau. Il n’a qu’un seul ami, Louis Buisson, 25 ans, dessinateur et collègue de travail. Un soir de 15 juillet, alors que Pierre se promène sur le boulevard Sébastopol, il rencontre Berthe Méténier, jeune femme au physique agréable et au maintien modeste. Il l’invite à boire un verre, discute longuement avec elle et obtient ses faveurs contre la modeste somme de cent sous. Berthe est une fille publique qu’un certain Maurice Bélu, dit Bubu-de-Montparnasse, ancien ébéniste au chômage, a mis sur le trottoir après l’avoir déflorée…

« Bubu-de-Montparnasse » est un roman social publié en 1901 par Charles-Louis Philippe auteur un peu oublié de nos jours, issu d’un milieu des plus modestes et donc très proche des petites gens. À son époque, il obtint un grand succès avec ce livre qui a très bien vieilli. En effet, il pose l’éternel problème de la prostitution, de la misère sexuelle (Berthe attrape la syphilis), et de la quasi-impossibilité pour la femme de s’affranchir de la tyrannie d’un souteneur violent et paresseux. Thème éternel, la prostitution étant le plus vieux métier du monde surtout quand elle est exercée pour tenter d’échapper à la misère. Il y a du Zola pour le côté naturaliste et du Maupassant pour le côté désenchanté et sans espoir de Philippe. Si on y ajoute une belle écriture simple, agréable et aisée à lire, nul doute que cet ouvrage, sans être un immense chef-d’œuvre, peut se classer parmi les romans importants du début de l’autre siècle.

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23/11/2018

Maria de la Luz (Antonio Dragon)

Maria de la Luz.jpgLes accords de 1926 entre les révolutionnaires mexicains et le Saint-Siège, dans le dos de l’Armée Cristera, volent à celle-ci une victoire complète qui s’annonçait imminente. Le franc-maçon Portes Gil, promet d’appliquer la loi antireligieuse et de faire cesser les persécutions. Dès la reprise du culte, les Cristeros déposent naïvement les armes. 5000 d’entre eux seront lâchement assassinés peu de temps après. Fort de la faiblesse de l’Eglise, le gouvernement anticlérical accorde au peuple un semblant de liberté de culte. La jeunesse mexicaine se réorganise autour de l’Action catholique qui prend un essor extraordinaire dans tout le pays. Ce récit nous montre la figure attachante et édifiante de Maria de la Luz Camacho, jeune fille mexicaine grandie dans une atmosphère de catacombes de persécution et d’héroïsme ; ses joies, ses peines et comment elle a su faire fructifier les talents reçus de Dieu. Pour défendre les fidèles, dont beaucoup d’enfants, elle n’hésite pas à affronter les révolvers des jeunes révolutionnaires qui veulent brûler l’église pendant la messe.

« Maria de la Luz » est un ouvrage historique sur la période la plus sombre de l’Histoire du Mexique, celle des années 20 et 30 au cours de laquelle des gouvernants communistes et socialistes fanatiques tentèrent d’extirper toute trace de religion de la société mexicaine. Lors de cette terreur rouge, on ne compta plus le nombre d’églises saccagées, profanées et brûlées, de prêtres, évêques, religieux et religieuses bannis, emprisonnés, torturés et exécutés souvent dans les pires tortures. C’est sur ce fond de peur et de haine que se dressa la figure admirable d’une humble et héroïque toute jeune fille, Maria de la Luz, militante exemplaire de l’Action Catholique qui mourut martyre sous les balles d’un groupe de miliciens rouges venus perturber une messe et brûler une église. Un témoignage émouvant. Une page d’Histoire particulièrement sinistre à ne surtout pas oublier. Les victimes du communisme ne se comptèrent pas qu’en URSS, en Chine et au Cambodge, mais dans bien d’autres lieux. Ils furent des millions et même des centaines de millions. On attend toujours le procès du communisme.

4/5

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21/11/2018

Sur les chemins de France (Bernard Rio)

Sur les chemins de France.jpgLes modestes chemins, les humbles sentiers qui autrefois reliaient villages, hameaux et lieux dits sont devenus terrains de jeux des randonneurs, des promeneurs et autres pèlerins maintenant que l’automobile, cette caisse de fer qui isole définitivement l’homme de son milieu naturel, a détrôné les autres moyens de transports. Pourtant si toutes les pierres, les mousses ou les boues des chemins pouvaient parler, elles témoigneraient sur ce que furent les Cathares, les Vendéens, les Jacquets marchant vers Saint Jacques de Compostelle, les légionnaires romains, les sages, les fous et les saints. Depuis les hommes préhistoriques aux Eyzies de Tayac à R.L. Stevenson sur la Grande Draille du Mont Lozère en passant par Roland au col de Roncevaux, par Saint Louis à Aigues-Mortes, par Jeanne d’Arc à Domrémy ou par Cadoudal à Locoal-Mendon. Que de magnifiques endroits, que de belles randonnées à faire ou déjà faites…

« Sur les chemins de France » est un de ces beaux livres qui font la richesse d’une bibliothèque et qu’on aime consulter quand le besoin s’en fait sentier. Chaque chemin ou sentier est présenté par le biais d’une anecdote historique, d’un conte ou d’une légende connue ou non. Les magnifiques photographies du co-auteur Bruno Colliot l’illustrent richement. En dépit d’utiles notes cartographiques et bibliographiques en fin d’article, ce bel ouvrage très agréable à lire n’est cependant pas vraiment un guide de randonnée, car il ne propose aucune carte ou croquis comme c’est l’usage dans de genre particulier. C’est un peu dommage mais compréhensible car l’auteur a basé son discours sur l’Histoire avec un grand H ou un petit h et c’est sans doute là le principal intérêt de cette lecture bien instructive au bout du compte. Le lecteur y apprendra mille détails sur divers sujets comme les voies romaines, le canal du Midi, le Mont-Saint-Michel ou la forêt de Brocéliande pour ne citer que quelques lieux méritant le détour.

4/5

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18/11/2018

Lettres à la Terre (Stéphane Tirard)

lettres à la terre.jpgLa Terre est-elle au centre de l’univers ? Comment peut-on en mesurer l’étendue ? Le Soleil est-il le centre du mouvement de la Terre ? Peut-on s’élever dans les airs en se couvrant de fioles emplies de rosée du matin ? Les eaux de la mer se retrouvent-elles sur le sommet des montagnes ? La Terre vogue-t-elle dans une immensité sans fin ? Pourrait-on se servir du Kilimandjaro comme du plus grand canon jamais construit ? La Terre souffre-t-elle d’un développement humain désordonné ? La planète est-elle comme malade du genre humain ? Peut-on vraiment agir de façon positive pour la Terre ?

« Lettres à la Terre » se présente comme une anthologie rassemblant 35 textes d’auteurs aussi différents et éloignés dans le temps ou l’esprit qu’Aristote, Chateaubriand ou Jean-Marie Gustave Le Clézio. Le fil rouge de ce recueil assez surprenant est l’intérêt que tous portèrent à notre planète. Autant les Anciens cherchaient à la connaître, à comprendre son positionnement astronomique, son mode de fonctionnement, autant les Modernes et tout particulièrement les auteurs du XXIème siècle se songent qu’à la défendre contre les agressions humaines et à la protéger pour éviter les conséquences catastrophiques d’une probable vengeance de Gaïa. Rassemblées par Stéphane Tirard, ces « lettres » sont d’un intérêt inégal pour le lecteur. Elles permettent surtout de découvrir qu’au fil de quelques millénaires, les humains se sont polarisés sur des sujets forts différents. La plus poétique est celle de Saint-Exupéry, la plus sociale, celle de Zola et la plus émouvante, celle de Marc Bloch, la plus surprenante, celle de Jules Verne et la plus révoltante celle de John Steinbeck. Au total, une impression plutôt mitigée.

2,5/5

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13/11/2018

Applaudis lorsque les morts s'animent (Zacan Kovacs)

applaudis-lorsque-les-morts-s-animent-592037-264-432.jpgQuelque part dans les bas-fonds, l’homme aux semelles qui couinent deale pour le compte du Fourbe, parrain du quartier, toutes sortes de « broches » permettant à de nombreux paumés de fuir une réalité plutôt glauque… Deuil retrouve son petit ami qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Junkie en phase terminale, à trop abuser des substances, il ne lui reste plus que la peau et les os… Apu vit en colocation dans un appartement délabré. Ce soir, il doit jouer de la fracabasse au « Cocoloco », la boite à la mode au sein de son groupe « Les culs trempés ». Mais, s’il ne trouve pas « d’accelerator », il sera incapable de monter sur scène et d’assurer le show…

Cet ouvrage qui devrait pouvoir se classer dans le registre de l’anticipation se compose de dix épisodes qui n’ont d’autre lien entre eux que quelques personnages récurrents. L’ensemble ne forme pas du tout un roman au sens classique du terme, car il n’y a pas vraiment d’intrigue qui se tienne ni même de fil rouge entre les différentes parties si ce n’est une succession de scènes de drogue, picole et castagne sans rien pour les relier entre elles. Pris séparément, chaque épisode ne peut pas non plus relever de la nouvelle vu que la trame de construction « normale » avec exposition, dramaturgie et chute n’est jamais respectée. Pour faire simple, on dira que du début à la fin le lecteur attend en vain que l’action démarre et qu’il se passe vraiment quelque chose. Si on y ajoute un nombre incalculable de coquilles, fautes d’orthographe, de français et autres barbarismes, on se retrouve avec un style approximatif et de très basse qualité rempli de phrases bancales ou mal construites (Exemple : « Ce type se balade en slip géant où ça qu’il y aurait des poches ») et de vocables inventés et jamais explicités du genre « buldovite », « éclatobulle », « synthor », « métaklliques », « magnétifieur » ou « cortcam » pour n’en citer que quelques-uns. Des notes de bas de page ou un glossaire auraient facilité la compréhension du pauvre lecteur déjà bien déboussolé par cet ouvrage paradoxal et assez peu attrayant.

2/5

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08/11/2018

Allo, Major Tom ? (David M. Barnett)

Allo, major Tom.jpgLe jour de la mort de David Bowie, Thomas Major, un quarantenaire britannique totalement inconnu, s’apprête à être le premier homme à partir vers Mars en solitaire. Il devra y préparer la colonisation future de la planète rouge à lui tout seul. Simple technicien chimiste, Thomas s’est juste trouvé là au bon moment pour remplacer au pied levé le cosmonaute prévu pour cette difficile mission. Loser bougon et misanthrope, il n’a pas le profil idéal pour réussir vu qu’il a quasiment tout raté dans sa vie. Il est juste heureux de prendre ses distances avec une humanité qu’il n’apprécie guère. Mais tout va changer quand une erreur de numéro de téléphone lui fera croiser la route d’une vieille dame un peu dérangée et de deux petits-enfants de milieu modeste…

« Allo, Major Tom » est plus un roman social et sentimental qu’un véritable roman de science-fiction. Le voyage interplanétaire n’est qu’un prétexte pour dérouler une histoire non chronologique, distillée à petites touches et amenant le lecteur à la conclusion que même l’humain le plus solitaire a un jour ou l’autre besoin des autres. « Comédie irrésistible et totalement décalée » clame la quatrième de couverture. C’est beaucoup dire et trop promettre tout comme le célèbre « humour anglais » également annoncé. Il est assez peu présent et plutôt par la loufoquerie, l’invraisemblance et le cocasse des péripéties que par la drôlerie ou l’ironie auxquelles le lecteur pourrait s’attendre. Au total, un ouvrage sympathique, gentillet, plein de bons sentiments et plutôt agréable à lire.

3/5

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01/11/2018

Les sept jours où le monde fut pillé (Alexeï Tolstoï)

les sept jours.jpgEn 1933, Ignace Rough, puissant homme d’affaires américain, invite à bord de son majestueux trois-mâts, le « Flamingo », quatre de ses pairs ainsi que l’ingénieur Corvin, grand spécialiste de balistique et d’astronomie. Il leur propose d’organiser un complot qui devrait les rendre immensément riches et puissants en fort peu de temps. Il leur suffirait de profiter du passage de la comète de Biela pour envoyer un tir groupé de fusées bourrées d’explosifs en direction de la lune, laquelle ne devrait pas manquer de se disloquer. Il n’en faudrait pas plus pour que la panique soit totale dans la population et que les cours des bourses du monde entier s’effondrent. Les cinq milliardaires n’auraient plus qu’à racheter pour une bouchée de pains des millions d’actions et ainsi devenir les maîtres du monde. Mais rien ne va se passer comme prévu…

« Les sept jours où le monde fut pillé » se présente comme un court roman de fantaisie, une sorte d’uchronie ou plutôt de dystopie qui tient surtout du conte philosophique dans un contexte de science-fiction à la Jules Verne ou à la Méliès. L’auteur, apparenté à l’illustre Léon Tolstoï, d’abord émigré en Angleterre et en France puis communiste de la meilleure eau stalinienne, s’est attaché à démonter les mécanismes de prise de pouvoir d’une minorité de financiers sans grande moralité, juste occupés à accroître leur fortune et à accaparer le pouvoir. Condamnation sans appel du capitalisme trouvant son apothéose dans le mondialisme. C’est par ce côté « politique » que ce récit plein de naïveté et d’erreurs astronomiques ou techniques bien excusables vu l’époque est le plus intéressant. Le lecteur remarquera également le côté visionnaire de cette fable d’une prise de pouvoir totalement illégale en vue de l’instauration (déjà) d’un nouvel ordre mondial avec gouvernement centralisé entre les mains de cette « Union des Cinq » qui aura une fin aussi courte que surprenante.

3/5

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29/10/2018

Nouvelles vagabondes (Julien Leblay)

Nouvelles vagabondes.jpgDe juillet 2010 à mars 2012, Julien, 29 ans, et sa compagne Marion, 24 ans, ont parcouru 22 000 kilomètres sur leurs vélos prénommés Teresa et Maïdo soit plus de la moitié d’un tour du monde. Ils ont traversé trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Océanie et visité pas moins de vingt-deux pays. Partis de l’Auvergne, ils ont inauguré leur voyage par une ascension du Mont-Blanc. Il leur a fallu 700 jours pour atteindre leur destination, la Nouvelle-Zélande pour y assister à la coupe du monde de rugby. Un peu partout, ils en profitèrent pour faire la promotion du don de sang. Une transfusion de sang lui ayant sauvé la vie, Julien est particulièrement attaché à cette noble cause…

« Nouvelles vagabondes et autres petites histoires cyclopédiques » n’est pas, comme son modeste titre pourrait le laisser penser, un simple recueil de nouvelles ou d’anecdotes, mais un véritable journal de bord détaillé relatant une expédition hors norme menée par deux jeunes gens courageux. Le texte est vivant et bien écrit et la description de leurs aventures précise et minutieuse. Le lecteur passe allègrement de la pluie suisse, aux roses italiennes puis à l’accueil yougoslave marqué de pauses raki obligatoires alors que celui des Turcs se fait tout aussi chaleureusement, mais avec du thé. La curiosité indiscrète des masses indiennes leur rend la vie particulièrement pénible puis ils goûtent la gentillesse et la tranquillité thaïlandaise, subissent l’ennui laotien, la pauvreté cambodgienne, la déforestation malaisienne, la surpopulation indonésienne, l’immensité australienne et la beauté sauvage de la nature néo-zélandaise. Cet ouvrage permet de revenir sur certaines idées reçues comme celle de la spiritualité indienne ou du « 100% pure New Zealand » respectant l'environnement. Pour rêver au grand vent de l’aventure tout en restant assis dans son fauteuil !

3,5/5

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24/10/2018

Pleure, Geronimo (Forrest Carter)

Pleure, Géronimo.jpgGeronimo, chaman de guerre des Apaches, commença par s’appeler Gokhlayeh jusqu’au jour de la San Geronimo 1859 où les tribus Apaches Chiricahuas ravagèrent le village mexicain d'Arispe pour se venger du massacre que les Mexicains avaient précédemment perpétré sur un de leurs villages. Cet acte marqua la fin des accords de paix acceptés par les chefs Cochise et Mangas Coloradas. Il faut dire que les guerres indiennes allaient vers leur fin. Beaucoup de tribus et même de peuples entiers s’étaient soumis et avaient accepté d’être parqués dans des réserves. Humiliation, famine et esclavage en avaient été pour eux les terribles conséquences. Seul Geronimo brandissait encore l’étendard de la révolte. Douze années d’expéditions punitives, de représailles et de désolation s’ensuivirent. Les Tuniques Bleues enférocés par l’audace des coups de main réussis par Geronimo et ses poignées de guerriers n’hésitèrent pas à pratiquer la guerre totale, pour ne pas dire le génocide, tuant hommes, femmes, enfants et vieillards sans la moindre pitié…

Ecrit par un Indien cherokee, « Pleure Geronimo » peut aussi bien se classer dans les romans historiques, les biographies comme dans les ouvrages ethnographiques voire poétiques. La langue est fleurie, les concepts pas uniquement rationnels. Quelques plongées dans la mystique indienne permettent d’ailleurs de mieux comprendre la façon de raisonner et de se comporter d’hommes que l'on qualifiait de « sauvages ». Dès le début, le lecteur comprend que cette révolte est désespérée, sans issue, un baroud d’honneur en quelque sorte. À quoi sert-il de sauver son corps si on perd son esprit et son âme ? Cette très belle œuvre, à la fois lyrique et écologique, repose malheureusement sur une narration non chronologique. Bonds en avant et retours en arrière se succèdent allègrement, ce qui n’aide pas à la mise en ordre et à la compréhension de cette tragédie qui tourne vite au drame monstrueux. Autre surprise : la fin assez inattendue et plutôt éloignée de l’image du pauvre Peau-rouge croupissant dans sa réserve, sorte de camp de concentration à la mode yankee, et se laissant mourir dans l’oisiveté et l’alcoolisme. À lire pour qui s’intéresse aux peuples dépossédés, pillés et remplacés sur leur propre terre par de nouveaux venus sans scrupules…

3/5

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19/10/2018

Bad / Amour interdit (Jay Crownover)

Bad   Amour interdit.jpgÀ The Point, Shane Baxter, 23 ans, est ce qu’on appelle un « bad boy », un voyou. Un type pas facile à aimer et avec lequel il n’est pas simple non plus de sympathiser. Il vient de se taper cinq longues années de cabane et voudrait retrouver Race, le seul et unique pote sur lequel il puisse encore compter. Mais qu’est-il devenu ? Novak, l’affreux parrain de la zone l’a-t-il fait disparaître ? Et que s’est-il passé la fameuse nuit où tout a mal tourné pour Baxter ? De son côté, Dovie, étudiante, barmaid et assistante sociale stagiaire, sait ce que c’est que d’arriver à survivre en milieu hostile. Elle s’habille en homme, se fait discrète, évite de sortir avec les tocards du coin et surtout ne veut rien devoir à personne… Jusqu’au jour où sa route croise celle du « bad boy »…

Premier tome d’une série, « Bad, amour interdit » se veut roman noir tout en restant quand même bluette et romance. La vie n’est pas facile dans les bas-fonds. Jay Crownover rend très bien l’ambiance glauque de ce milieu. Elle use d’un langage parlé assez proche de celui des voyous et sait donner un certain rythme à sa narration toujours présentée en deux temps. Un chapitre vu du point de vue de Baxter, un de celui de Dovie et alternativement. Le tout bien mené et sans trop de redites. L’intrigue n’est pas des plus travaillées ni des plus originales avec cette affaire de truand faisant deux fois de la taule pour quelqu’un d’autre. À noter et peut-être à déplorer une certaine tendance à trop privilégier les scènes torrides (un peu répétitives) et surtout le côté sentimental de l’affaire. Le thème du gangster amoureux d’une oie blanche, thème usé jusqu’à la corde, ne sera pas renouvelé cette fois encore.

2,5/5

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