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24/06/2018

California Saga (John Jakes)

California saga.jpgEn 1886, le jeune James Macklin Chance, 17 ans, part de Pennsylvanie pour fuir la misère et ne pas finir mineur comme son père. Il rêve de faire fortune en Californie alors que la ruée vers l’or est achevée depuis un certain temps. Après une longue marche en direction de l’Ouest des Etats-Unis, il finit par atteindre la côte Pacifique à Oakland. Il tente de profiter du ferry de San Francisco sans prendre de billet. Sans ménagement, il est jeté à la mer par les contrôleurs alors qu’il ne sait pas nager. Heureusement pour lui, il est vite repêché par un brave pêcheur chinois qui deviendra son premier ami californien. Et ce n’est que le début d’une longue suite de tribulations dans cet eldorado où ne se trouvent que deux sortes d’individus, ceux qui prennent et ceux à qui l’on prend…

« California Saga » se présente comme un énorme roman historique de 662 pages, ce qui, au premier abord, pourrait sembler assez indigeste. Mais il n’en est rien tant les aventures, péripéties et rebondissements sont nombreux. Toute l’intrigue repose sur 35 années de la vie d’un jeune homme pauvre mais non dépourvu d’ambition. Le lecteur le suit pas à pas dans son ascension sociale, laquelle est longue et pénible vu le nombre de catastrophes et d’embûches qu’il doit traverser. Si les épisodes amoureux laissent assez indifférent et peuvent même lasser vu qu’il passe son temps à osciller tout au long de cette histoire entre trois partenaires, le contexte historique (fin de la ruée vers l’or, boom immobilier, découverte de l’or noir, cataclysmes, apparition du cinéma, de l’automobile et de l’aviation) sont beaucoup plus intéressantes car fort instructives. Entre mille autres choses, le lecteur y découvrira que le problème de l’immigration mexicaine ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier. On sera plus réservé sur l’apparition ici ou là de personnages réels comme W.R Hearst, Charlie Chaplin, Jack London, James Corbett, John Muir ou Ambrose Bierce car aucun n’apparait comme crédible. Au total, malgré tout, une belle réussite, si l’on passe sur le côté manichéen de la présentation (des bons très bons, voire excellents et même christiques comme le prêtre défroqué et des méchants très très méchants, monstrueux, intolérants, racistes) et sur une fin décevante, car en happy end très (trop) américain.

3/5

08:47 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/06/2018

L'aventure de Leclerc (Maja Destrem)

L'aventure de Leclerc.jpgNé le 22 novembre 1902 à Belloy (Somme), Philippe de Hauteclocque commença sa carrière militaire dans la cavalerie puis fut instructeur à Saint Cyr. Il participa à la guerre du Rif au Maroc où il se distingua par son courage, son sens tactique et sa bravoure. En mai 1940, pour ne pas être capturé, il traverse les lignes allemandes et essaie de s’échapper à bicyclette. Il sera arrêté puis relâché par erreur. Il retourne au combat, est blessé et s’échappe de l’hôpital où il était soigné er gardé. Il ne peut pas se résoudre à la défaite de la France. Il rejoint le général de Gaulle à Londres après un long périple à travers la France, l’Espagne et le Portugal. Il part ensuite au Gabon avec pour mission de rallier l’Afrique équatoriale française aux couleurs de la France Libre. Ainsi débute une véritable épopée qui le mènera avec une première poignée d’hommes à Fort-Lamy puis à s’emparer de Koufra, du Fezzan, à aider les Alliés à chasser l'Afrika Korps de Rommel d’Afrique du Nord puis à débarquer en Normandie, à libérer Paris, puis Strasbourg et porter le drapeau tricolore jusqu’à Berchtesgaden, le nid d’aigle d’Adolf Hitler…

« L’aventure de Leclerc » est la biographie parfaitement documentée d’un héros de l’Histoire de France, une icône de la seconde guerre mondiale, un être d’exception, au caractère bien trempé, capable de toutes les audaces et de toutes les folies, n’ayant qu’un seul objectif : servir sa patrie. Le livre très bien écrit, illustré de nombreuses photos et croquis permettant une bonne compréhension de la stratégie de Leclerc (pseudo qu’il dut prendre pour protéger sa famille restée en Picardie), se lit très facilement et très agréablement tant cette vie brisée dans un accident d’avion au Sahara fut remplie, foisonnante et exemplaire. Le lecteur apprendra énormément de choses non seulement sur l’épopée du héros et de sa fameuse 2ème DB, mais aussi sur les prémisses de la guerre d’Indochine, sur le rôle fort louche des Chinois et des Anglo-saxons qui se permirent d’organiser une sorte de Yalta asiatique dont la France aurait été la victime si Leclerc n’était pas intervenu. Malheureusement le départ de celui-ci suite à des divergences avec l’amiral d'Argenlieu et l’arrivée des socialo-communistes au pouvoir à Paris changea complètement la donne. On sait la triste tournure que prirent ensuite les évènements. Un livre de référence absolument passionnant. À conseiller aux amateurs d’Histoire et d’Histoire militaire tout particulièrement.

4,5/5

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16/06/2018

Oxygène (Andrew Miller)

oxygène.jpgEnseignante anglaise en retraite, Alice souffre d’un cancer assez avancé. Elle a déjà dû subir une lourde chimiothérapie. Elle y a perdu ses cheveux, mais ils ont fini par repousser complètement blancs. Son fils Alec lui rend visite, s’occupe de la maison, du jardin. Son autre fils, Larry, acteur de série B intermittent et ancien joueur de tennis classé, ne va pas tarder à prendre l’avion avec sa fille depuis la Californie pour le rejoindre. Arrivé de Hongrie suite aux dramatiques évènements de Budapest, Laszlo est un auteur dramatique qui commence à rencontrer un certain succès. Sa dernière pièce, intitulée « Oxygène » relate un accident dans une mine quelque part en Europe de l’Est. Un jour, il fait une étrange rencontre et se retrouve chargé d’une mission tout à fait particulière.

« Oxygène » est un roman intimiste qui fait la part belle à la psychologie de toute une galerie de personnages. Le style d’Andrew Miller est quasi pointilliste. L’auteur s’attache aux mille détails de la vie quotidienne et parvient à donner de l’intérêt à une banalité qui devrait ne pas faire rêver, mais qui finit par intéresser quand même. Les développements sur la triste réalité du cancer en phase terminale tout comme le récit de la normalisation de Budapest par l’armée rouge en 1956 sont particulièrement émouvants voire instructifs. Les personnages sont des messieurs ou mesdames tout le monde, de parfaits anti héros. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils nous semblent si proches et finalement bien attachants en dépit de leur médiocrité. Un seul regret : rien ne parvient à un achèvement. Tout reste ouvert. Au lecteur de se substituer à l’auteur volontairement défaillant…

3/5

08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/06/2018

Pour l'amour de l'Inde (Catherine Clément)

pour l'amour de l'inde.jpgLe 4 février 1922, à Chauri-Chaura (Inde), un rassemblement pacifique et non-violent inspiré par Gandhi s’achève dans le calme. Mais des policiers, croyant entendre quelques moqueries, commencent à taper sur les trainards. La foule se rebiffe. Les flics commencent par tirer en l'air puis sur les gens. Arrivés à court de munition, ils finissent lynchés. Gandhi est désespéré. L’indépendance de l’Inde qu’il appelle de ses vœux ne suivra jamais le cours d’un long fleuve tranquille… 1947 : Lord Louis Mountbatten, petit-fils de la reine Victoria, est intronisé dernier vice-roi des Indes. Son épouse, la frivole lady Edwina, va devoir l’épauler dans la lourde tâche de négociation qui lui échoit. Comment satisfaire les ambitions des musulmans de Jinnah, les désirs des Hindous de Nehru et Gandhi sans parler des prétentions des Sikhs ? Comment éviter l’atomisation du sous-continent et réduire le bain de sang qui s’annonce ?

« Pour l’amour de l'Inde » est avec « Cette nuit la liberté » le meilleur texte sur cette période troublée. Ce gros pavé parfaitement documenté (567 pages) se dévore comme un roman tant les faits sont parfaitement décrits et tant les principaux personnages, les Mountbatten, Nehru, Jinnah et surtout Gandhi sont rendus vivants. Tous les évènements étant authentiques, on ne peut pas parler de roman historique, mais plutôt de fresque, voire d’épopée véridique. L’idylle, sans doute platonique, entre Edwina et Nehru n’est même pas romancée et, heureusement, ne représente pas l’essentiel de l’intérêt du livre. L’Histoire se taille la plus belle part. En fin d’ouvrage, le lecteur trouvera tout un chapitre sur les sources et commentaires, ce qui est assez rare et montre l’honnêteté de l’auteure ainsi que son désir de coller au plus près de la réalité historique. La réalité dépassant souvent la fiction, il n’est nul besoin d’inventions ou de travestissements de la vérité pour produire une belle œuvre de référence.

4,5/5

08:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

11/06/2018

Un siècle de témoins (Didier Rance)

Un siècle de témoins.jpgÀ cause du nazisme, du communisme, des conflits ethniques ou tribaux sans oublier l’intégrisme islamique, notre époque a connu un nombre incroyable de martyrs ou de confesseurs de la foi. Un martyr chrétien est une personne persécutée, emprisonnée, souvent torturée et assassinée en raison de ses idées religieuses. Un confesseur de la foi subit les mêmes persécutions mais sans finir exécuté. Des camps nazis au goulag soviétique, du lao-gaï chinois au Sud Soudan, du Liban à la Turquie sans oublier l’Afrique du Nord (moines de Tibhirine), l’Afrique noire, l’Inde ou l’Amérique du Sud, les territoires sont innombrables où le sang des martyrs a coulé, coule et coulera. Un martyr est un témoin du Christ. On pourrait également l’appeler un « soldat du Christ ». Son sang est réputé semence de chrétien. En effet, chaque tuerie n’a fait que rendre plus vigoureuse et dynamique l’église visée…

« Un siècle de témoins » est un essai consacré aux « Martyrs du XXème siècle » comme l’indique son sous-titre. L’auteur a voulu présenter un panorama exhaustif du phénomène. Mais celui-ci est d’une telle ampleur et les exemples sont si nombreux qu’il ne peut présenter chaque fait qu’en quelques très courtes lignes voire au maximum en un paragraphe. La lecture de cet ouvrage qui cherche également à élaborer une théologie particulière sur cette réalité est un tantinet laborieuse, toujours émouvante et peut arriver à vous mettre les larmes aux yeux et même vous donner la nausée. Il faut dire que le mal est partout, que l’abjection des tortionnaires n’a pas de limites. Un seul exemple : dans l’Albanie du monstrueux Enver Hodja, ses nervis étaient capables après avoir copieusement battus et torturés de malheureux prêtres, de les achever en les noyant dans une fosse remplie de matières fécales. Dur, dur !

4/5

08:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2018

Famille parfaite (Lisa Gardner)

Famille parfaite.jpgAncien marine, Justin Denbe a fait fructifier la puissante entreprise de BTP dont il a hérité à la mort de son père. Avec sa compagne Libby, ils ont eu Ashlyn, fille âgée aujourd’hui de 15 ans. Leur couple tient la route depuis 18 années et à première vue, à eux trois, ils donnent l’impression d’une famille exemplaire, bien que Justin ait donné quelques coups de canif dans le contrat. Un soir, de retour d’un repas au restaurant devant sceller leur réconciliation, le couple trouve ouverte la porte de sa riche demeure. Un colosse qui les attend à l’intérieur les neutralise à coups de taser pendant que deux complices maîtrisent Ashlyn. La disparition des trois membres de cette famille surprend tout le monde. Mais la détective privée Tessa Leoni est persuadée qu’il s’agit d’un enlèvement et non d’une fuite volontaire. Pourtant, on ne trouve ni effraction, ni vol, ni demande de rançon. Et pas le moindre témoin. L’affaire s’annonce compliquée : vengeance, extorsion de fonds, acte gratuit ?

« Famille parfaite » est un roman présenté comme un thriller alors qu’il ne respecte pas vraiment les critères du genre, à savoir présence d’un serial killer psychopathe, accumulation de cadavres et autres scènes de sadisme ou de tortures. Cousue de fil blanc, toute l’intrigue repose sur une histoire d’infidélité conjugale. Très vite le lecteur devine quelle sera la chute et perd ainsi la majeure partie de l’intérêt pour ce long pavé de 571 pages qui auraient largement pu tenir dans un volume trois fois moindre et même dans une nouvelle resserrée d’une quarantaine de pages. Trop de redites, trop de pages inutiles, en particulier tous les chapitres délayant à plaisir les états d’âme de Libby, la femme trompée partie à la dérive. On a même l’impression que l’auteur tire un tantinet à la ligne. Trop peu de péripéties, trop peu de rebondissements. Des personnages convenus : le patron ripoux, les mâles machos et violents et les femmes, pauvres victimes innocentes. On se demande comment pareil navet a pu figurer comme numéro un sur la liste des best-sellers du « New York times ». Toujours se méfier de la pub, même déguisée.

2,5/5

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06/06/2018

En crevant le plafond (James Hadley Chase)

en crevant le plafond.jpgHarry Griffin, pilote d’avion licencié par sa compagnie pour un comportement déplacé avec une hôtesse de l’air, n’a pas envie de se contenter de petits boulots pour survivre. Il préfère tenter un gros coup et ramasser le magot. Trois millions de dollars de diamants industriels vont transiter entre New-York et San Francisco à bord d’un avion de son ancienne compagnie. Avec quelques comparses, il pense être en mesure de braquer l’équipage et de filer avec le butin après avoir atterri quelque part dans le désert. Mais pour espérer une réussite complète, il a besoin de l’aide de Ben Delaney, un parrain de la mafia capable de fourguer les cailloux mieux que lui. Par chance, Glorie Dane, petite amie de Harry, est également une ex de Delaney. Elle les met en relation, force Harry à se grimer et à changer d’aspect physique pour ne pas être reconnu de ses anciens collègues. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. La présence d’un convoyeur de fonds n’ayant pas du tout l’intention de se laisser faire va complètement changer la donne…

« En crevant le plafond » est un roman noir d’excellente facture du prolifique auteur britannique. L’écriture est classique, de belle qualité et très agréable à lire. Bien que le lecteur se doute dès le début que tout ne peut qu’aller de mal en pis dans cette histoire, il reste accroché du début à la fin, car les péripéties ne manquent jamais jusqu’à une fin assez surprenante. Les personnages sont bien campés, bien pétris d’humanité et tout à fait crédibles. On tremble pour Harry même si le personnage n’est pas particulièrement sympathique. On remarque également l’importance de la psychologie féminine avec les deux héroïnes, aux antipodes l’une de l’autre mais réagissant de semblable manière devant la dérive du héros, tirer au mieux leur épingle du jeu. Finalement, elles sont les plus fortes, car les plus intelligentes voire les plus sournoises. Bien que datant un peu (1956), cet ouvrage permet encore de passer un très bon moment de divertissement.

4/5

08:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

04/06/2018

Présence de Satan dans la monde moderne (Léon Cristiani)

Présence de satan dans le monde moderne.jpgQu’en est-il de Satan et du satanisme à notre époque qui ne croit plus à rien, ni à Dieu, ni, par conséquence évidente, à Diable ? On connait la célèbre phrase de Baudelaire : « La plus grande ruse du Démon, c’est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Dans cet ouvrage, l’auteur s’efforce de nous démontrer que l’existence du Malin, du grand Menteur est réelle et que sa puissance plus grande qu’on ne l’imagine. Pour ce faire, il commence par en référer à la Bible et aux Evangiles qui ne manquent pas d’exemples comme la tentation du Christ et la réponse bien connue : « Vade rétro Satanas ! » ou comme les possédés qui sont libérés au détriment de porcs qui vont se jeter du haut d’une falaise. Il y ajoute le cas du curé d’Ars et de ses nuits à batailler contre le « Grappin » surnom qu’il donnait au diable ou ceux de tous les faux voyants qui apparurent à Lourdes pour ridiculiser le témoignage de la petite Bernadette Soubirous. Les preuves de possessions ou d’infestations diaboliques sont innombrables aussi bien tout au long de l’Histoire que de nos jours. Les aspects lucifériens de la révolution française, du nazisme, du bolchévisme ou du communisme chinois en sont quelques exemples…

« Présence de Satan dans le monde moderne » est un essai de vulgarisation théologique et sociologique particulièrement bien étayé. Les faits sont incontestables et la réalité bien sinistre, n’en déplaise aux sceptiques et aux ricaneurs. L’auteur démontre qu’il ne s’agit pas de confondre possession relevant de l’exorcisme et simples troubles mentaux. Ni les symptômes, ni les remèdes, ni les résultats obtenus, ne sont les mêmes dans les cas de folie et dans ceux de possession. Dans la maladie mentale, on ne trouve jamais les marques de présence d’une intelligence préternaturelle et visiblement étrangère à celle du sujet que l’on constate chez les possédés et dont l’Eglise exige les signes pour autoriser la pratique de l’exorcisme. Un livre d’une lecture fascinante, d’une grande érudition et d’une absolue nécessité pour qui veut se faire une opinion sur ce sombre sujet. Les descriptions d’exorcismes sont particulièrement frappantes. Même chose sur certains côtés obscurs de l’Histoire ou de l’actualité (sorcellerie, Illuminatis, Rose-Croix, maçonnerie…)

4,5/5

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03/06/2018

Histoires fantastiques d'aujourd'hui (Divers auteurs)

Histoires-fantastiques-daujourdhui.jpgUne petite fille de douze ans vit dans un village quelque part en haute mer. Bien que totalement seule, elle fait tout fonctionner. Et quand un navire apparaît à l'horizon, elle s’endort… Un soir, à Paris, le jeune Régis Mercier se réfugie dans la fontaine de Joyeuse pour se mettre à l’abri d’une violente averse. Il y rencontre Christine qui semble souffrir d’un mal étrange. En crise, elle se prend pour Calliste, une jeune femme qui, lors de la Révolution, participa à la profanation de l’église St Paul-St Louis et au vol des cœurs embaumés de Louis XIII et Louis XIV… Victimes d’un étrange sortilège, tous les habitants d’un village sont devenus invisibles. Seul l’idiot de l’endroit a été épargné. Il est chargé du ravitaillement et de tous les contacts avec l’extérieur… Le chasseur Arminius est un être sauvage et sans aucune pitié. Par plaisir, il tue toutes sortes d’animaux dans une transe aussi barbare que cruelle. Son épouse Minna redoute que cela ne finisse très mal…

« Histoires fantastiques d’aujourd’hui » est un recueil de 18 nouvelles du registre étrange et fantastique d’autant d’auteurs différents. On remarque un bon nombre de célébrités parmi eux comme Supervieille, Mandiargues, Dhôtel, Robbe-Grillet, Michaux ou Sternberg. Avec pareilles « pointures », le lecteur peut s’attendre à une compilation de très haut niveau. Malheureusement, il n’en est rien. Les fonds de tiroir, les rebuts et autres textes de remplissage sont malheureusement assez nombreux. Pour le fond, c’est la même chose. On est plus dans l’insolite, les petites bizarreries du quotidien que dans le fantastique pur et dur. On passera pudiquement sur certains textes qui tombent des mains pour ne s’intéresser qu’aux meilleurs opus : « La fontaine de Joyeuse » de Jean-Louis Bouquet (gore à souhait), « Le village invisible » d’André Dhôtel (pour sa poésie charmante), « Le diamant » d’André Pieyre de Mandiargues et « Le monstre » de Gérard Klein (véritable fantastique). Au total, un ensemble plutôt décevant.

2,5/5

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31/05/2018

Tonton Bob (Divers auteurs)

squeeze15_Tonton Bob.jpegUn psychiatre, Pierre Bertillat, convoque dans son bureau Lemonnier, un de ses patients, pour qu’il lui dise tout ce qu’il sait sur un certain oncle Bob, personnage aussi dangereux qu’irascible… L’oncle Toto, chef de chantier de son état, et sa femme Kiki la brune ne sont pas des gens très intéressants. Elle est d’une grande vulgarité. Lui, d’une honnêteté toute relative : il n’hésite jamais à détourner du matériel pour ses propres besoins… Sur la base de quatre photos, un homme essaie de s’imaginer ce que put être la vie d’un oncle qu’il n’a jamais connu… En Ouganda, Louis, volontaire français, doit être exfiltré, car il a commis une grosse bêtise… Un libraire désenchanté se pose des questions sur sa condition… Au centre commercial avec les enfants de sa maîtresse, Guiseppe a décidé qu’on n’achèterait rien… Payée par la mairie, une comédienne propose des animations dans un cimetière, histoire de rendre l’endroit plus accueillant…

« Oncle Bob » est un recueil de dix nouvelles d’autant d’auteurs, toutes tournant autour du thème de cet oncle dont le lecteur doit se demander qui il est : aliéné, maffieux, beauf, mondialiste ou fasciste, abruti ou intellectuel, homo ou hétéro, etc. Il n’en finit plus de se poser la question sans d'ailleurs jamais trouver la réponse, les textes étant tous différents d’esprit, de registre et de styles. Comme toujours dans ce genre de compilation, le meilleur côtoie le pire. Dans le cas précis, ce serait plutôt le très moyen pour ne pas dire le médiocre qui reste majoritaire face à l’acceptable et au (très rare) bon et agréable à lire. Nous aurons l’indulgence de passer sur les huit textes relevant de la première catégorie pour n’insister que sur les deux qui sortent du lot et méritent très certainement le détour : « Oncle Bob » de Fabrice Décamps pour son côté équivoque et « La boîte en bois et la boîte en carton » d’Antonin Crenn, un petit bijou de fantastique du quotidien.

3/5

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