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09/02/2017

Rovolution (Patrick Samuel Vast)

 

Rovolution.jpgL’inspecteur du travail Wilfrid Johnson arrive sur un chantier de construction tenu par des androïdes dirigés par un chef de chantier humain, Georges Lerbhaïm. Trouvant que les mesures de protection en faveur des robots sont très insuffisantes, Wilfrid inflige à Georges une amende représentant trois mois de son salaire. Dans ce monde futur, les androïdes qui sont en passe de remplacer les humains pour toutes les tâches, ont plus de valeur qu’eux et la R.I.C. (Robotic Innovation C°) ne plaisante pas avec la sécurité de ses machines. Catherine Hermanov a confié la garde de son fils autiste à Ted, autre androïde de la R.I.C. Paul, membre de la confrérie des Génésistes qui prône le retour à la valeur travail lui rend visite pour lui en faire l’amer reproche…

Dédié à Asimov, grand maître des robots, « Rovolution » est un roman d’anticipation et de science-fiction qui nous présente un futur rien moins qu’inquiétant. Il y a du « Meilleur des monde » et du « 1984 » en pire dans cet ouvrage. On ne sait qui, des trois forces qui s’affrontent, la multinationale sans foi ni loi, la secte bornée et fanatique ou le syndicat lancé dans une révolution sans issue, propose un quelconque espoir pour une humanité désespérée. Aucun manichéisme chez Patrick S. Vast, mais une fine réflexion sur divers thèmes comme l’avenir de l’homme éjecté du monde du travail et maintenu dans une oisiveté forcée, le fanatisme religieux des sectes, la manipulation des foules, l’euthanasie et l’asservissement de l’individu réduit à l’état d’ilote ou de robot. L’intrigue est intéressante, bien menée et pleine de rebondissements. Les personnages, un peu archétypaux, restent attachants quand même. Le style de l’auteur étant fluide, agréable et efficace, il est difficile de lâcher le livre avant la fin qui n’en est pas une d’ailleurs, vu que l’éditeur, « L’IvreBook », nous réserve une suite à ce tome 1 semble-t-il.

4/5

 

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05/02/2017

Dreamers (Kane Banway)

Dreamers.jpgDans un futur indéterminé, Paris, écrasé de chaleur et vivant un éternel crépuscule, n’est plus très loin de l’agonie. La mer a tellement monté qu’elle arrive maintenant jusqu’au pied de l’Arc de Triomphe. Et pour ne rien arranger, les savants ont revu tous leurs calculs : le soleil n’aurait plus qu’une durée de vie d’environ 22 ans. Nami vit seule dans un « appi », sorte d’appartement-placard. N’ayant plus de crédit sur son compte, elle en est réduite à tricher pour accéder aux bains publics et se rafraîchir un peu. Et voilà que son voisin Sébastien lui propose de l’accompagner pour faire une découverte…

« Dreamers » est une nouvelle d’une cinquantaine de pages fort bien écrites. Le cadre apocalyptique de l’histoire est bien rendu et donne envie. Le personnage de Nami est crédible et intéressant. Dommage que l’intrigue soit peu étoffée. On aurait aimé plus de développement, plus de péripéties. En un mot, on reste sur sa faim avec une chute en « happy end » totalement invraisemblable vu le contexte. En effet, il semble difficile de faire la part du rêve et envisager de mettre au monde une descendance alors que le futur est aussi désespérément bouché !

3/5

 

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03/02/2017

La roue tourne (Collectif)

la roue tourne.jpgUn dernier tour de grande roue pour un couple qui va se séparer… Un homme est intéressé par une annonce bizarre… Un plombier musicien connait le succès sur le tard… Lolita, 12 ans, en a assez de vivre dans sa famille d’accueil… Un débile mental provoque un carnage dans un supermarché… Un autre se livre à une séance de masturbation qui finit mal… Dans un café, une étudiante attend l’heure de son cours de philo… En répétant le rôle de Marc-Antoine, un acteur fait une importante découverte… Un homme assiste impuissant aux derniers instants de sa mère…

« La roue tourne » est un recueil de onze nouvelles proposées par la revue Squeeze. Comme toujours dans ce genre de production, le moyen côtoie le médiocre et l’excellent l’insignifiant. On ne trouve pas plus d’unité de ton que de thème commun. Quelques textes donnent l’impression de remplissage, d’écriture au fil de la plume. L’indulgence veut qu’on jette un voile pudique sur ceux-là ! En revanche, trois textes méritent amplement le détour : ceux de Raginel, Philippe Azar et Marianne Desrosiers. Une nouvelle dépasse toutes les autres autant pour son style de grande qualité que pour son originalité. Il s’agit de « Tête morte » de Christophe Siebert, un petit bijou d’horreur cauchemardesque et de fantastique du quotidien. À ne pas manquer d’autant plus que cet ouvrage est en libre accès !

3,5/5

 

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01/02/2017

Ça bouge dans le prêt-à-porter (Jean Dutourd)

Ça bouge.jpgComment écrire dans les journaux, parler à la radio ou à la télévision ? Comment faire carrière dans la communication ? Comment raconter la vie du monde aux braves gens et leur imposer une pensée calibrée mais aussi un langage frelaté ? Pourquoi tout le monde s’appelle-t-il « Coco » ? Quels sont les grands principes du journalisme ? En quoi consiste le fameux « kilomètre sentimental » ? Comment écrire une bonne critique littéraire ? Quelles sont les bonnes locutions à utiliser ? Qu’est-ce qui se dit et ne se dit pas dans ce milieu bien particulier ?

C’est à toutes ces questions et à quelques autres que répond cet ouvrage malicieux sous-titré « Traité du journalisme » qui aurait d’ailleurs pu s’intituler « Rien de nouveau dans le prêt-à-penser » car la conclusion s’impose d’elle-même : rien ne bouge depuis des lustres. Tout reste d’une grande conformité bien-pensante dans cette profession plus décriée aujourd’hui qu’en 1989 quand ce livre parut. Dutourd pouvait y dresser le portrait de trois grands patrons de presse de son époque, Brisson pour le Figaro, Beuve-Méry pour le Monde et Lazareff pour France-Soir qui honoraient la profession. (Peut-être la partie la plus intéressante du livre.) Quoi que l’étude des tics linguistiques, de la manie des américanismes, de l’abus des poncifs et autres images usées jusqu’à la corde soit un véritable régal pour connaisseurs. Avec toujours autant de finesse et d’humour, Dutourd rhabille élégamment tous ses confrères pour plusieurs hivers. Après tout, qui aime bien châtie bien !

4/5

 

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28/01/2017

La gauche la plus bête du monde (Jean Dutourd)

la gauche.jpgL’État qui pratiquait déjà le mécénat a laissé Van Gogh sombrer dans la folie et crever de misère, car il lui préférait des peintres plus accessibles qu’on appelait à l’époque « Pompiers »… Preuve qu’il sous-entend qu’il sait tout faire, qu’il peut tout gérer, même l’économie… La punition de cette marque évidente d’orgueil ne tarde pas : il ruine le pays au lieu de le gérer sainement… La partie n’est jamais égale entre l’homme et la femme. Les femmes sont bâties en acier et les hommes en caoutchouc. Ils sont toujours prêts à accepter tous les compromis… Le spectacle de notre pauvre gouvernement se débattant dans des difficultés sans nombre nous enseigne qu’en politique, il est une chose encore plus dangereuse que de faire des promesses, c’est de les tenir…

« La gauche la plus bête du monde » est un recueil rassemblant diverses chroniques et articles parus tout au long de l’année 1984 dans le journal France-Soir. Jean Dutourd y faisait œuvre de polémiste et de philosophe du quotidien. Avec son esprit paradoxal et perspicace, il analysait aussi bien les évènements politiques que les faits divers ou les mouvements sociaux. Relire ces textes plus de trois décennies plus tard peut permettre de se replonger dans une époque à la fois proche et lointaine et s’apercevoir que si certaines choses ont bien changé, d’autres sont restées immuables et surtout que les analyses fines et humoristiques du trublion des lettres sont toujours aussi agréables à découvrir…

3,5/5

 

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26/01/2017

Avant qu'il ne tue (Blake Pierce)

avant qu'il ne tue.jpgDans un champ de maïs du Nébraska, une femme est retrouvée assassinée, attachée à un poteau et sans doute victime d’un psychopathe. Il ne faut pas longtemps à la police pour s’apercevoir qu’elle a affaire à un tueur en série de la pire espèce dont la folie meurtrière mystico-religieuse ne fait que commencer. La jeune et jolie détective MacKenzie White, plus futée et plus coriace que ses collègues aussi vieillissants que moqueurs, est chargée un peu contre son gré de cette enquête particulièrement épineuse.

« Avant qu’il ne tue » est un thriller de facture tout ce qu’il y a de classique. Tous les ingrédients sont là : les crimes sadiques qui s’accumulent, les flics qui pataugent et la fliquette plutôt mal vue qui seule a quelques éclairs de génie permettant de faire avancer l’affaire, mais toujours avec un temps de retard… L’écriture est efficace et agréable à lire en dépit d’un certain nombre de coquilles et de quelques faiblesses dans la traduction. On est dans la littérature de divertissement de qualité, alors ne boudons pas notre plaisir d’autant plus que ce titre est gracieusement mis à disposition en ebook sur les plateformes.

4/5

 

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24/01/2017

Vous n'êtes pas obligés de me croire (Jean Amadou)

Vous n'êtes pas obligés.jpgLe charabia européen est le jargon employé par les technocrates de tous poils pour assurer solidement leur pouvoir sur le brave pékin de contribuable-citoyen qui n’y comprend goutte… Noyé sous les productions anglo-saxonnes, le cinéma X français peine à remplir l’obligation du quota de 30% d’œuvres françaises sur les chaînes de télévision du pays… Les « publicités distribuées par courrier » (mailings) envahissent nos boîtes aux lettres au point que certains assurés ont balancé à la poubelle leur carnet de santé de la Sécurité Sociale, croyant avoir encore affaire à de la réclame… La France est le pays où l’on trouve le plus d’animaux domestiques en pourcentage de sa population…

« Vous n’êtes pas obligés de me croire » est un recueil de 180 chroniques sur mille et un sujets. Celles qui relèvent de l’actualité immédiate (faits divers, politiques) sont, bien entendu, devenues un peu obsolètes, mais ce sont les moins nombreuses. Toutes les autres, plus sociétales, plus anecdotiques, plus historiques voire philosophiques n’ont pas pris une ride et représentent un véritable régal pour l’esprit. Le chansonnier et humoriste bien connu, sous son air de ne pas vouloir y toucher, porte des jugements amusés, acidulés et bienveillants sur ses contemporains et sur tous les travers de notre société de consommation. Tout y passe, de la taille des préservatifs décidée par un comité de normalisation européenne aux amnésies sélectives des hommes politiques en passant par les baisses d’impôts toujours promises et jamais tenues, par les plaisirs de la bande dessinée ou par un sondage sur le temps de prière chez les Français. Même si parfois l’observation peut sembler être pratiquée par le petit bout de la lorgnette, le résultat est toujours amusant et roboratif. Quel plaisir de lire un auteur aussi intelligent et facétieux que le regretté Jean Amadou !

4,5/5

 

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22/01/2017

Le déjeuner du lundi (Jean Dutourd)

517G34R00HL._AC_US200_.jpgTous les lundis midi, le père de Jean Dutourd, dentiste de son état, invite son fils Jean et l’oncle Alfred à déjeuner. Veuf joyeux et épicurien sans complexe, il met les petits plats dans les grands pour régaler ses deux hôtes, ce qui n’est pas un mince exploit, car dans les années d’après guerre, les tickets de rationnement sont encore en vigueur et il faut souvent recourir au marché noir pour élaborer un menu. Ces sympathiques agapes familiales sont l’occasion de discussions à bâtons rompus sur mille sujets des plus triviaux aux plus relevés dans une ambiance charmante et détendue.

Paru en 1947, « Le déjeuner du lundi » est le deuxième livre et le premier roman de Jean Dutourd. Il le présente comme étant le prototype du « nouveau roman », style qu’il dit avoir inventé avec dix ans d’avance. En effet, les cinquante premières pages donnent tout à fait cette impression avec des descriptions pointilleuses mais jamais ennuyeuses du décor de cette charmante pièce en trois actes (entrée, plat, dessert). Passé cette introduction à la Robbe-Grillet, le lecteur bascule dans le vif du sujet, les dialogues et la comédie de ce déjeuner de brillants esprits. Ça ne se lit pas. Ça se dévore. Tant c’est intelligent, amusant, plein d’humour et finement raconté. Le personnage du père, un peu vantard, heureux de vivre et toujours le cœur sur la main, celui de l’oncle, plus introverti, grand amateur de calembours, de paradoxes et d’énigmes plus ou moins scientifiques et bien sûr celui du jeune Dutourd, ancien évadé de camp de prisonnier, grand résistant, anticlérical, libre penseur et très à gauche, tous trois sont d’excellente compagnie. Les idées politiques de l’auteur peuvent surprendre. Il faut dire qu’il était très jeune à l’époque et qu’il a évolué au fil du temps et de sa réflexion personnelle. Seuls les idiots ne changent jamais d’avis ! Un bel ouvrage qui n’a pas pris une seule ride !

4,5/5

 

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18/01/2017

Rouge Liban (Gérard de Villiers)

Rouge Liban.jpgAu Liban sud, l’armée israélienne a subi plusieurs revers humiliants face au Hezbollah. Depuis des années, leur chef, Hassan Nasrallah, se cache quelque part dans Beyrouth. Toutes les tentatives pour s’emparer de sa personne ou pour le liquider ont échoué lamentablement. Cette fois, les Saoudiens, la CIA et le Mossad se sont mis d’accord pour confier cette mission impossible à Malko Linge. Le super-espion compte beaucoup sur son charme auprès des dames chiites et autres pour parvenir à ses fins : localiser le leader et signaler sa position à l’aviation israélienne chargée du coup de grâce.

« Rouge Liban » est un roman d’espionnage basé sur des faits réels soigneusement documentés dans une ambiance fort bien rendue. Mais on s’arrêtera là pour les compliments tant les facilités de « fabrication » sont évidentes. L’intrigue est sans grande consistance, les rebondissements convenus ou téléphonés et toute la narration est entrelardée de scènes de sexe plus torrides les unes que les autres, mais au bout du compte répétitives et lassantes car ne dépassant jamais le niveau du porno. Ensemble moins que divertissant. Même pas la pointe d’humour qui fait passer la pilule ! Dommage.

2,5/5

 

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16/01/2017

2024 (Jean Dutourd)

2024.jpgEn 2024, Paris est devenue une ville fantôme, décrépie, dépeuplée et quasi en ruines. La raison de cette catastrophe ? La dépopulation. En effet, depuis plusieurs décennies, les femmes se sont refusées à avoir la moindre progéniture et les hommes n’ont rien pu ou voulu faire pour contrer ce mouvement. Résultat : l’humanité, composée principalement de vieillards cacochymes et de rombières acariâtres et flétries, chemine lentement vers sa fin programmée. Et voilà qu’un jour, le narrateur fait une rencontre extraordinaire dans un jardin public : un jeune père d’une trentaine d’années accompagné par un petit gamin de six ans prénommé Jean-Pierre…

« 2024 » est une dystopie écrite dans les années 70 sur le principe que l’humanité ne court pas vers la surpopulation, mais vers son contraire, la dépopulation générale due à un excès de progrès, de science, d’efficacité et à un manque de spiritualité, de charme, de magie. « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas », prête-t-on à André Malraux. Jean Dutourd en a tiré cette histoire en forme de conte philosophique. L’intrigue est simple et le recul du temps nous montre que cette hypothèse ne tenait pas la route. Cependant, elle sert à de magnifiques développements sociologiques ou philosophiques sur les conséquences des idées de Mai 68. Résultat : on a encore beaucoup de plaisir à découvrir ce texte tant la pertinence du propos reste flamboyante d’intelligence. Il faut lire Dutourd, même aujourd’hui. Il y a tout à gagner de profiter de la sagesse d’un grand esprit et de la plume alerte d’un merveilleux écrivain.

4,5/5

 

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