04/03/2026
Le siècle des dictateurs (Olivier Guez)
Ils ont scandé le XXe siècle, le siècle des dictateurs. Jamais ceux-ci n'ont autant prospéré qu'au siècle dernier, comme si le progrès et la technique s'étaient retournés contre lui. « Dans un monde toujours changeant et incompréhensible, les masses avaient atteint le point où elles croyaient simultanément tout et rien, où elles pensaient que tout était possible et que rien n'était vrai. », écrivit Hannah Arendt. Dans ces conditions, un illuminé, un marginal, un agitateur, un militaire frustré, n'importe quel psychopathe pour peu qu'il soit doté d'un peu de charisme et de quelques fidèles peut se retrouver dans certaines circonstances sur une autoroute le menant au pouvoir absolu. Il faudrait cependant faire une légère distinction entre deux types de dictateurs, tout en les condamnant tous fermement bien entendu : les tyrans autoritaires (type Franco ou Salazar) et les dictateurs totalitaires (Hitler, Staline, Mao, Pol Pot), tous responsables de milliers ou millions de morts et de souffrances indicibles…
« Le siècle des dictateurs » est un essai de vulgarisation géopolitique qui débute par une intéressante introduction présentant une analyse théorique du phénomène, qui se poursuit par 22 articles (tous d'auteurs différents) d'une vingtaine de pages chacun, présentant la vie et les « œuvres » d'autant de monstres et qui se termine par une présentation des dates clés de leurs accessions au pouvoir. Le lecteur se rendra ainsi compte qu'aucun pays, qu'aucun continent, qu'aucune période n'ont été épargnés. Les dictateurs étaient partout et le sont encore aujourd'hui plus ou moins d'ailleurs. Ce format ne permet malheureusement pas d'approfondir véritablement le sujet. On reste à la surface des choses. (Pas un mot sur les manipulations des services secrets, par exemple). On peut aussi s'étonner du choix des auteurs. Les « célébrités » de l'horreur sont là, mais pas tous. Faute de place sans doute, on reste très loin d'un recensement exhaustif de la totalité des dictateurs de l'époque. Quid de Salazar pour la Portugal ? Quid de Bokassa, d'Amin Dada ou de Mugabé pour l'Afrique ? Quid de Somoza ou de Videla pour l'Amérique du Sud ? Et de tant d'autres plus ou moins connus ? Le lecteur ressort de ce livre intéressant, -comme première approche-, avec un certain écœurement pour ne pas dire une véritable nausée et cette pénible impression que la démocratie, dont on se gargarise tant, n'est sans doute pas aussi répandue qu'on veut bien nous le raconter. Un humoriste en salopette disait d'ailleurs que la démocratie c'était « Cause toujours » et que la dictature c'était « Ferme-la » !
4/5
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