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14/10/2018

Le dragon de Cracovie (San Antonio)

le dragon.jpgA Berchtesgaden, en novembre 1937, Adolf Hitler sympathise avec une jeune infirmière blonde qui, bizarrement porte le même nom que lui. Il finit par se jeter sur elle et par la trousser comme l'eût fait un feldwebel. De cette étreinte furtive, neuf mois plus tard, naîtra un gros bébé qu'on prénommera Richard et qui n'aura aucune ressemblance avec son géniteur. Il devint boucher, se maria et eut lui-même en 1970 un fils qu’on prénomma Adolf et qui se retrouva doté de nombreux points communs avec son tristement célèbre grand-père. Tout jeune, il commença une carrière de tueur sadique et sans le moindre état d'âme en trucidant le riche homosexuel qui l’avait recueilli chez lui avant de le mettre dans son lit. La suite de l’histoire se résume à une accumulation de cadavres jalonnant le parcours de ce psychopathe qui finira par intéresser la redoutable Camorra sicilienne…

« Le dragon de Cracovie » se présente comme une sorte de thriller parodique doublé d’uchronie, car il va sans dire que Frédéric Dard se permet bien des fantaisies avec l’Histoire tout au long d’une intrigue alternant lourdement copulations et liquidations pour finir sur une fin en apothéose abracadabrante. Le lecteur cherchera en vain l’humour et le picaresque présents dans de nombreux autres titres. Ils ont totalement disparu et c’est bien dommage car seuls le sadisme, la paillardise et une sorte de désenchantement généralisé subsistent. Aussi répétitifs et lassants les uns que les autres. Au total, pas le meilleur titre du grand Frédéric Dard, et de très loin.

2,5/5

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11/10/2018

Les secrets d'un guérisseur (Jean Daurillac)

Les secrets d'un guérisseur.jpgJean Daurillac est un guérisseur généreux et talentueux. Il est capable par imposition des mains de « barrer le feu » c’est-à-dire de soulager les souffrances d’une personne brûlée. Il sait utiliser les pouvoirs de l’argile, recueillir la rosée qui lui permettra de préparer onguents, baumes et élixirs floraux. Il a une parfaite connaissance des vertus des plantes qu’il propose en macération, décoction ou infusion et sait user de toutes sortes de méthodes ancestrales pour magnétiser et calmer toutes sortes de maux. Modeste, il déclare vouloir se consacrer à réduire les douleurs et non pas à soigner. Il sait renvoyer les malades vers les médecins classiques quand c’est nécessaire. En un mot, c’est un guérisseur exemplaire qui ne veut pas que l’on dise qu’il a un don. Pour lui, tout le monde pourrait en faire autant. Il suffirait d’en prendre conscience et de travailler.

« Les secrets d’un guérisseur » se présente comme une sorte de longue interview menée par une journaliste qui reste anonyme du début à la faim. Daurillac explique ses pratiques qui peuvent paraître aller du vérifiable et quantifiable au plus ésotérique. Le lecteur rationaliste ou cartésien pourra aisément douter de l’efficacité réelle de certaines d’entre elles. L’intérêt du livre réside dans la révélation de « secrets » (ou plutôt de pratiques voire de trucs) que guérisseurs, magnétiseurs ou rebouteux aiment plutôt garder pour eux. « Un guide indispensable pour ceux et celles qui veulent apprendre comment soigner, se soigner et guérir autrement », proclame la quatrième de couverture. Il semble plutôt que ce soit une initiation, une présentation sommaire de méthodes qui mériteraient une étude et un développement plus important. Néanmoins agréable et facile à lire pour qui s’intéresse un peu au sujet.

3,5/5

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09/10/2018

Le testament d'Allan Berg (Patrick Meadows)

le testament d'allan berg.jpgAllan Berg, professeur d’histoire dans une université américaine, mène une vie tout ce qu’il y a d’ordinaire. Il est amoureux d’Anna et son meilleur ami n’est autre que le frère de cette dernière. Tout son petit univers bascule le jour où un inconnu vêtu de gris et portant un col de clergyman l’interpelle à la fin d’un cours pour lui confier un livre intitulé « 1944 Onward II ». Il lui semble être un ouvrage de prospective historique très différent de la réalité politique de l’Amérique telle qu’il la connaît, c’est-à-dire en proie à un totalitarisme radical depuis ses accords de collaboration avec l’URSS. À peine a-t-il pris connaissance de quelques pages du livre que les ennuis commencent pour lui. Des agents du FBI font irruption dans sa vie et commencent à l’importuner. Ils veulent à tout prix récupérer l’ouvrage…

« Le testament d’Allan Berg » est un livre difficile à placer dans une catégorie bien définie. Ce n’est pas vraiment un livre d’anticipation ni de science-fiction. Il se situerait plutôt aux confins de l’uchronie ou de la dystopie et à ceux de l’onirique, du fantastique et surtout de la fable ou du conte philosophique. Il pose le problème du totalitarisme, de la pensée conforme et des moyens de coercition de masse et de manipulation des opinions publiques. Les mouvements clandestins de résistance sont systématiquement assimilés à des entreprises de terrorisme. Seule une infime minorité résiste alors qu’une écrasante majorité collabore. Le héros, citoyen très ordinaire, se retrouvant pris dans un engrenage aussi inattendu que dangereux, est attachant car bien pétri d’humanité avec ses faiblesses et ses hésitations. Très inspiré du monde d’Orwell (1984), ce livre bien écrit et fort intéressant se lit avec un réel plaisir. La fin onirique et poétique en surprendra plus d’uns !

4/5

08:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

04/10/2018

Arca (Romain Benassaya)

Arca.jpgAu XXIIème siècle, Sorany découvre dans les déserts glacés de la planète Encelade une étrange substance, l’Artefact qui, quelques années plus tard, permettra aux humains de dépasser la vitesse de la lumière et de naviguer bien au-delà du système solaire. Il est grand temps, car les Terriens, ayant épuisé les ressources de leur planète d’origine, peinent à terraformer Mars transformée en colonie pénitentiaire. Troubles divers et révoltes des esclaves s’y produisent. Tous les espoirs de l'humanité reposent sur « L'Arca », immense vaisseau spatial sorte de moderne arche de Noé, qui devrait permettre à près de 4000 passagers d’atteindre une planète habitable située à vingt-quatre années-lumière de la Terre, la « Griffe du Lion ». Le voyage devrait durer huit années. Mais rien ne va se passer comme prévu. Parvenus à la hauteur de Saturne, 800 adeptes de la secte d'Enlil dirigée par la machiavélique Ireen Tsei veulent déclencher une mutinerie générale…

« Arca » se présente comme un roman de science-fiction version space-opera fantastique pour ne pas dire onirique tant l’intrigue se permet de licences poétiques frisant souvent l’invraisemblance scientifique. Partie sur le thème ultra-rebattu de la conquête d’une lointaine exoplanète, tout finit par tourner autour de la maîtrise d’une substance magique permettant des vitesses phénoménales. Les personnages sont assez stéréotypés, le plus intéressant restant celui de Sorany, le seul, avec celui de son compagnon Franck, à avoir une certaine épaisseur. L’intrigue qui part sur de bonnes bases, s’enlise malheureusement assez vite. Le rythme ralentit avec de trop nombreuses redites, répétitions et retours sur les chapitres précédents. Si on y ajoute une narration alternée sur deux périodes (2147 et 2157) puis sur trois (date indéterminée), un agacement et un certain ennui s’installent sur une bonne moitié du livre. La fin rachète un peu cette faiblesse dans la mesure où elle explique enfin certaines circonstances importantes pour la compréhension tout en laissant le lecteur sur sa faim. Le plus intéressant aurait pu être à venir, la colonisation de la « Griffe du Lion ». Mais c’est peut-être l’intention du jeune auteur pour un tome 2. En résumé, pour un coup d’essai, cet ouvrage est loin du coup de maître. Juste un honnête ouvrage de divertissement sans grande ampleur.

3/5

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01/10/2018

À chacun son dû (Leonardo Sciascia)

A chacun son dû.jpgDans une petite ville de Sicile, Manno, pharmacien de bonne réputation reçoit une lettre anonyme fort inquiétante. Ne se connaissant pas d’ennemis et pensant n’avoir rien à se reprocher, il croit à une plaisanterie de mauvais goût. Mais quelque temps plus tard, au cours d’une partie de chasse, il est assassiné ainsi que son partenaire, le bon docteur Roscio. Craignant que l’enquête ne mène à rien, Laurana, professeur de son état et grand ami du docteur, décide de rechercher le coupable. Il fait alors quelques découvertes étonnantes sur la vie privée des deux notables et n’est pas loin de confondre le coupable du double meurtre. Mais rien ne se passe comme prévu.

« À chacun son dû » est plus une parodie de roman policier qu’un authentique « whodonit » style Agatha Christie. Sciascia se sert du motif criminel pour nous dépeindre une société sicilienne d’après-guerre gangrénée par les diverses mafias et apparemment encore nostalgique de l’époque mussolinienne. Sa plume est acérée et son esprit sarcastique a quelque chose de Simenon bien que lui-même soit plus influencé par Pirandello, auteur auquel il semble vouer une grande admiration, au point d’en imiter le style et même de mettre en scène le maître par le biais d’un personnage secondaire, Don Luigi. Ce dernier a même le tout dernier mot : « C’était un crétin ! » en parlant du pauvre Laurana. Humour et désenchantement sont au rendez-vous. Un bon moment de divertissement.

3,5/5

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28/09/2018

Confession d'un porte-drapeau déchu (Andreï Makine)

Confessions.jpgDans une banlieue défavorisée de Leningrad, deux jeunes garçons, Kim et Arkadi, vivent une enfance et une adolescence de pionniers, pleine de rêves et d’illusions socialistes. Piotr et Iacha, leurs pères, sont d’anciens combattants de la seconde guerre mondiale. Piotr, ancien tireur d’élite de l’armée rouge a eu les deux jambes sectionnées, suite à un bombardement venu de son propre camp. N’ayant été doté ni de fauteuil roulant ni d’appareillage, il n’a que les épaules de son ami Iacha pour se déplacer. Malgré un dénuement certain, la vie reste insouciante, solidaire et communautaire dans ce petit monde un peu à part de la ville entre les parties de dominos des hommes, les bavardages des femmes et les parades guerrières des jeunes pionniers. Jusqu’au jour où Kim, devenu militaire doit partir risquer sa vie en Afghanistan…

« Confession d’un porte-drapeau déchu » est un roman autobiographique sur une jeunesse pauvre mais heureuse vivant en Union soviétique sur une période allant de Staline à Gorbatchev en passant par Kroutchev et Brejnev. D’une guerre l’autre, deux générations sacrifiées. Quelques épisodes comme celui des gamins déterrants des dépouilles de soldats allemands pour les écrabouiller sauvagement sont assez pénibles à lire. L’ambiance dans ce petit quartier un peu à l’écart est fort bien rendue. Mais la fin ouverte et se voulant poétique laisse une impression assez bizarre. Pas un mot sur les méfaits du communisme. Une sorte d’indulgence un brin suspecte. Oeuvre de jeunesse ? Texte ayant obtenu l’imprimatur du conseil des écrivains bolcheviques ? Le lecteur ne peut pas savoir. En conclusion, pas le meilleur des ouvrages de Makine qui nous a habitué à beaucoup mieux comme dans « Le testament français » par exemple.

2,5/5

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21/09/2018

Ma vie en van (Florent Conti)

ma vie en van.jpgFlorent Conti est un jeune canadien francophone très attiré par une vie hors normes. Déjà à 22 ans, au sortir de sa grande école, il refuse d’assister à la fête de remise des diplômes. Puis, après trois années de travail classique en open-space, il donne sa démission et décide de tout quitter et de partir découvrir le continent à bord d’un van. Etant cinéaste et musicien (il joue fort bien de la guitare et du banjo), il compte vivre de contrats épisodiques et de woofing. Il s’est constitué un petit pécule pour les coups durs. Et le voilà parti vivre à plein temps à bord d’un Dodge 1997 Roadtrek d’occasion. À lui les immensités du Canada, la liberté, en un mot la retraite à 25 ans ! Très vite, il se fait connaître par ses reportages postés sur Youtube où il est suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Bien que classable dans la catégorie « Voyages et aventures », « Ma vie en van » se présente un peu comme un livre hybride. En effet, la première partie qui représente environ la moitié du livre est consacrée à sa philosophie de la vie, aux raisons qui l’ont poussé à opter pour cette vie de bohème minimaliste. La seconde partie est constituée du journal de bord de sa première année de vie en van. On y découvre un Florent qui quitte une petite amie plus toxique qu’autre chose, qui se pose plein de questions et semble en perpétuelle recherche de lui-même. Dans l’ensemble un ouvrage bien écrit, très agréable à lire (il se dévore en deux petites après-midis) qui permet de mieux connaître le sympathique Youtuber même s’il n’entre que très peu dans les détails de ses périples ni dans les côtés techniques et pratiques de ce mode de vie nomade. Avec une grande franchise et une totale sincérité, Florent Conti met le doigt sur le malaise qui ronge plus ou moins tous les représentants de la jeunesse actuelle tiraillée entre l’être et l’avoir qui découvre que tout ce qu’on possède enchaine sans vraiment satisfaire et que pour vivre heureux, il vaut mieux vivre légers…

4,5/5

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18/09/2018

Pie XII et la seconde guerre mondiale (Pierre Blet)

Pie XII.jpgAyant longtemps séjourné en Allemagne alors qu’il était cardinal, Pie XII connaissait parfaitement la situation politique du pays et en particulier les dangers que représentait la montée du nazisme pour la religion catholique. Ce dernier était totalement anti-religieux et n’allait pas hésiter à persécuter prêtres, évêques et religieux, les envoyant en camps de concentration où des milliers moururent. Dès les années trente, Pie XII savait qu’il fallait empêcher que le monde ne bascule dans une guerre qui s’annonçait aussi cruelle qu’injuste. Il tenta à de nombreuses reprises d’amener Mussolini à user de son influence pour freiner Hitler dans ses désirs d’expansion. Mais cela échoua. Pie XII multiplia ensuite les exhortations et les demandes de retour à la paix et cessation des persécutions des chrétiens allemands et polonais. Il fut injustement accusé d'indifférence voire de complicité après guerre.

« Pie XII et la seconde guerre mondiale » est un ouvrage historique basé sur de nombreux documents (correspondance du Vatican, encycliques et autres). Tous établissent solidement que ce pape, odieusement calomnié, n’eut de cesse d’œuvrer pour la paix et de lutter avec ses faibles moyens contre le nazisme. Livre intéressant pour rétablir la vérité historique en dépit d’une certaine lourdeur stylistique et d’une réelle aridité de lecture.

3/5

08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/09/2018

Le Bouddha bigouden (Alex Nicol)

Le Bouddha bigouden.jpgAncien journaliste devenu écrivain public, Gwenn Rosmadec se voit confier par une jeune femme prénommée Lenaïg la mission de raconter la vie de son père à titre de cadeau d’anniversaire. L’homme ayant passé de nombreuses années en Inde et ayant eu une existence riche en péripéties avant de regagner Sainte Marine, à l’embouchure de l’Odet, elle souhaite que l’ouvrage devienne un témoignage et serve de référence pour les générations suivantes. Mais Goulven de Kerdoncuff est un personnage bourru et pas particulièrement coopératif. Gwenn va devoir user de tout son charme et de toute sa diplomatie pour amener le vieux hobereau breton à collaborer…

« Le bouddha bigouden » se présente comme un roman policier classique avec une mise en place plutôt longue puisque le seul et unique crime n’intervient que vers la deux centième page. Cette histoire de bouddha de jade volé semble plus un prétexte que le nœud véritable de l’affaire. En effet, l’auteur se montre plus intéressé par nous décrire ce charmant petit coin de Bretagne que de ciseler une intrigue type Agatha Christie. Résultat : cette histoire se retrouve un tantinet cousue de fil blanc. Tout est évidemment révélé dans le dernier chapitre. Au total, un roman agréable et divertissant bien que manquant un peu de peps et d’originalité.

3/5

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11/09/2018

Les récits de la demi-brigade (Jean Giono)

Les récits de la demi-brigade.jpgÀ l’époque de la Restauration, en Provence et sur les collines du Luberon, le capitaine de gendarmerie Martial Langlois a la rude tâche de maintenir l’ordre en des temps particulièrement troublés. La Révolution est terminée, l’épisode napoléonien s’est achevé de la manière que l’on connait. La monarchie peine à retrouver sa légitimité et son autorité. Les campagnes sont infestées de bandits de grands chemins. Des déserteurs, des demi-soldes, d’anciens bagnards et autres gens de sac et de corde n’hésitent pas à trucider à tout-va pour quelques pièces. Des paysans ensauvagés, des aubergistes louches et même des aristocrates se mettent même de la partie. Avec sa dizaine de gendarmes, Martial n’en finit pas de sillonner le pays et l’arrière-pays, de se faire tirer dessus et de réaliser néanmoins quelques jolis cartons…

« Les récits de la demi-brigade » est un recueil rassemblant six nouvelles écrites par Giono à diverses époques. De la plus ancienne (« L’Ecossais ») et sans doute la plus intéressante, car elle se présente comme un court roman ou comme une novella, à la plus récente, dix années se sont écoulées, ce qui explique les différences de ton et presque de style entre les unes et les autres. Reste l’unité de lieu, de temps et le maintien du personnage principal dans chacune d’elles. On remarquera que celui-ci est également le héros d' « Un roi sans divertissement » et que la jolie petite marquise de Théus qu’il affronte dans « L’Ecossais » est également l’héroïne du « Hussard sur le toit ». Ces histoires toujours agréables à lire mais qui ne sont quand même pas du niveau des grands titres du maître de Manosque valent surtout par le style inimitable et par les descriptions du cadre et de l’époque.

3/5

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