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15/03/2017

Hiver (Collectif)

Hiver.jpgEn 1801, une malade présumée incurable est mise en quarantaine sur l’île du Chancre. Chaque jour, son amoureux lui apporte une potion… Venue d’un pays chaud, Lana est introduite par Léo à l’intérieur du Palais de l’Hiver. Elle a l’impression d’y découvrir une planète totalement inconnue… À l’issue d’une bataille, des morts reprennent peu à peu vie… Deux clochards, Ralbert et Bellotone, déposent chaque matin des fleurs chapardées ou récupérées sur le paillasson de Marie-Joëlle, bénévole dans une association caritative d’aide aux sans-abris… Bruce, un homme étrange qui a déjà tué sa femme, est sur la trace de quelqu’un qui n’est autre que son propre Pygmalion, l’auteur…

« Hiver » est un recueil de 18 nouvelles proposées par les Editions Secrètes lesquelles avaient déjà édité « Feu », autre excellent recueil. Toutes tournent autour du thème éponyme mais sont traitées selon des répertoires aussi différents que le romanesque sentimental, la science-fiction, le fantastique, la fantaisie ou l’anticipation, sans parler des inclassables. Chaque auteur rivalise de talent narratif. Tous les textes sont de belle qualité littéraire et de présentation éditoriale impeccable (aucune coquille, ce qui devient rare dans ce genre de production). Deux nouvelles sortent vraiment du lot, car ce sont de véritables petits chefs d’œuvre à mon sens : « Hartush, le dernier mâle » d’Olivier Boile pour sa glaçante fantaisie et « La petite fille dans la neige » de Murphy Myers pour sa terrible épouvante. Une mention spéciale à l’émouvant et poétique « L’hiver partout, partout l’hiver » de Dany Lecènes. Si vous aimez lire des nouvelles passionnantes et bien écrites, ne vous privez pas de cet ouvrage qui est en libre accès, ce qui ne gâte rien !

4,5/5

 

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09/03/2017

Raison de tuer (Blake Pierce)

raison de tuer.jpgDans la ville de Boston, Avery Black, ancienne avocate devenue policière suite à un fiasco judiciaire, vient d’intégrer la police criminelle. Vu son passé, elle peine à se faire accepter par ses collègues et par sa direction. Au sortir d’une fête estudiantine bien arrosée, Cindy Jenkins est victime d’une étrange agression. Quelqu’un lui inocule une drogue incapacitante qui lui fait presque immédiatement perdre conscience. 48 heures plus tard, des cyclistes la retrouvent morte sur un banc dans un parc public. Son corps a été vidé, empaillé, recousu et maquillé, un vrai travail de taxidermiste. L’enquête va s’avérer compliquée pour Avery Black et pour son collègue Ramirez…

« Raison de tuer » est un thriller de bonne facture et de structure parfaitement classique. Un serial killer dérangé à souhait, une longue série de victimes, toutes jeunes, jolies et étudiantes et une police qui patauge et se perd dans une longue série de fausses pistes. Une intrigue parfaitement calibrée pour empêcher le lecteur d’abandonner le livre en cours de route ! Un style fluide et efficace. Le personnage de l’ex-avocate devenue policière est plutôt attachant. On ne peut pas en dire autant des autres, nettement plus stéréotypés. Au total, une agréable lecture de divertissement, un tantinet macabre, en libre accès, ce qui ne gâte rien, mais avec un léger défaut : une abondance de coquilles indignes d’un éditeur sérieux !

4/5

 

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07/03/2017

Les Contes d'Eurydice (J.S.)

les contes d'eurydice.jpg« Les Contes d’Eurydice » sont un recueil de 26 poèmes ; tous plus ou moins écrits en l’honneur et à la gloire de la femme, de l’éternel féminin. Chaque texte bénéficie d’une jolie illustration sous forme de dessin ou de photo. L’auteur fait preuve d’élégance, de délicatesse et d’un aussi agréable sens de l’observation que de la narration. « À cet instant, on ne vit que pour l’autre, comme si l’on ne faisait qu’un », dit-il. Belle définition de l’amour.

Peu ou quasiment pas de rimes, mais de belles assonances et d’élégantes résonances. « Ton amour est parti sur l’océan, emporté par le vent. » « J’étais le soldat de ton cœur, le gardien de ton âme. » Chaque texte, plus poème en prose que classique versification, mérite qu’on s’y arrête, qu’on le déguste, qu’on le médite. Tous ont le charme de la sincérité. Tous évoquent une ambiance, un sentiment, des impressions. Une mention toute particulière pour « Nouvelle ère », mon préféré, sans doute parce que les chants mélancoliques sont les chants les plus beaux : « Aujourd’hui, nous approchons d’un point de non-retour, où le ciel restera à jamais rempli de la peine des hommes. » Ce recueil est proposé en libre accès par Librinova, alors pourquoi s’en priver ?

3,5/5

 

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03/03/2017

Landon, épisode 1 (Anna Todd)

 

Landon.jpgVenu du Midwest avec Dakota, son ex-petite amie, Landon Gibson, 20 ans, vient d’intégrer l’Université de New-York. Dakota l’a quitté pour un autre et lui partage un appartement avec Tessa, une colocataire qui vient aussi de se faire plaquer. Landon travaille dans un bar pour payer ses études. Un jour, Nora, une amie de Tessa venue cuisiner dans l’appartement, lui vole un baiser. Dakota n’apprécie pas du tout. Y aurait-il un retour de flamme à prévoir ? Nora sera-t-elle la nouvelle régulière de Landon ? La suite dans le prochain épisode.

« Landon » est un roman sentimental américain typique de la chick-lit avec tous ses codes et tous ses ingrédients habituels. Un univers de jeunes étudiants papillonnant, se cherchant, se perdant, se retrouvant. On est dans la romance, le fleur bleu, pas loin de la collection Harlequin et autres « Nous deux ». C’est écrit de façon basique et efficace, mais sans charme ni originalité particulière. On se doute qu’il va falloir enchaîner les saisons et les épisodes pour venir à bout de toutes les prévisibles péripéties sentimentales de ces héros d’un quotidien bien dans l’air du temps. Cette présentation en feuilleton, qui est un artefact commercial destiné à créer et entretenir le désir, sera sans doute à conseiller aux amatrices du genre si elles ne sont pas trop regardantes sur l’originalité du propos ni sur la qualité littéraire de l’intrigue.

3/5

 

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01/03/2017

La Provence au coin du feu (Marie Mauron)

la provence.jpgLe preux chevalier Aucassin aime la belle Nicolette. Quand il la demande en mariage, son père lui inflige un refus et enferme la belle pour l’empêcher de rejoindre son amoureux. Aucassin se languit tellement qu’il n’a plus le courage de se battre pour défendre son Comté contre les envahisseurs… Pierre de Provence, tombé éperdument amoureux de la belle Maguelonne est capturé par des pirates barbaresques qui le vendent comme esclave au sultan, lequel en fait le chef de ses armées. Mais, désespérant de jamais revoir sa belle, il néglige complètement sa tâche… Mal vu des habitants de son village, le jeune Gens est aussi le souffre-douleur de tous les enfants. Lorsqu’il a quinze ans, il décide de tout quitter pour aller se réfugier dans la montagne et y vivre en ermite. À peine a-t-il disparu qu’une terrible sécheresse s’abat sur le pays…

« La Provence au coin du feu » est un recueil de 23 textes de contes et légendes classés par thèmes : les légendes anciennes et mythologiques comme la venue d’Hercule en Provence, puis les histoires d’amours éternelles, les contes maritimes, les légendes dorées comme celle des Saintes-Maries de la mer, les magiques (Nostradamus) et, pour finir, les agrestes et poétiques. Comme souvent dans ce genre de recueil, les histoires sont assez disparates et d’intérêt plus ou moins important. La plume de Marie Mauron, très inspirée du grand Frédéric Mistral, est de belle qualité, ce qui ne gâte rien dans cet ouvrage qui sera réservé aux amateurs de folklore local et de traditions remontant parfois à la nuit des temps comme l’histoire de la Tarasque, ce dragon terrible domestiqué et rendu doux comme un agneau par la magie d’un simple ruban.

3,5/5

 

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27/02/2017

Les perles et les cochons (Jean Dutourd)

index.jpgAu temps d’Henri II, un aristocrate qui a accumulé une jolie fortune en récupérant les dots de ses épouses successives mortes prématurément, rencontre une belle courtisane au charme de laquelle il ne peut résister… Un âne « bibliophore », c’est-à-dire porteur de centaines de livres, rencontre un singe écrivain qui lui déclare s’appeler François Arouet… Suite à un naufrage en Méditerranée, un dauphin recueille un singe, unique survivant d’un équipage anglais… Socrate et Dupont discutent doctement de l’abolition de la peine de mort et ne sont d’accord sur rien… Le président d’un petit état des rives du Danube vient plaider la cause de son pays devant une commission qui ne comprend pas bien ce que peut bien signifier un « socialisme à visage humain »…

« Les perles et les cochons » est un recueil de 39 courts textes de styles divers et variés, tous marqués de l’humour particulier de Jean Dutourd. On y trouve des fables de Jean de La Fontaine remises au goût du jour, c’est-à-dire nettement plus noires et plus pessimistes que les originales (le chêne et le roseau, le lion et le rat et bien d’autres encore comme cette version du loup et l’agneau qui est un petit chef-d’œuvre à elle toute seule), quelques contes bien sombres comme celui de Barbe-bleue ou celui de la Belle et la Bête, et des mythes comme celui de Sisyphe ou de Promethée. L’ensemble est un vrai régal de lecture qui donne à réfléchir, car en plus d’une plume aussi élégante que flamboyante, le lecteur y trouve une grande finesse d’analyse et une intelligence remarquable. Lisez Dutourd.

4,5/5

 

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25/02/2017

De la maison autonome à l'économie solidaire (Patrick Baronnet)

de la maison autonome.jpgEn mai 1968, la famille Baronnet souhaite quitter Paris pour aller revivre à la campagne, construire une maison en empruntant le moins possible, pour ne pas perdre sa vie à la gagner. Ne pas se contenter de brasser des concepts, de rêver sur des utopies de lendemains qui chantent, mais passer à l’acte. Construire une micro-économie limitée, mais surtout en voir le bout, la réalisation concrète. D’où le concept de la « maison autonome » en énergie et en eau avec recyclage maximal des déchets et empreinte carbone minimale. Au départ, juste une petite maison bretonne en ruines, achetée 40 000 F (soit 6000 €), autant dire pour une bouchée de pain qu’il fallut retaper puis agrandir et doter de serres, panneaux photovoltaïques, chauffe-eau solaire, éoliennes, toilettes sèches, lagunage de traitement des eaux grises et maintenant un grand « zome » qui sert de salle commune…

« De la maison autonome à l’économie solidaire » n’est pas seulement un livre technique permettant de faire partager une expérience de plus de quarante années de recherche appliquée sur les énergies douces et sur une vie moins polluante, c’est aussi un petit manuel de vie inspirée des préceptes de Lanza del Vasto ou de Pierre Rabhi, sans oublier un très utile carnet d’adresses et une bibliographie conséquente. Un livre à conseiller à toutes celles et tous ceux qui voudraient se lancer sur les traces de ces pionniers qui ont déjà reçu plus de 100 000 personnes (visiteurs ou stagiaires) dans leur maison autonome et sont en passe de créer maintenant un véritable éco-village.

4/5

 

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23/02/2017

Le siècle des lumières éteintes (Jean Dutourd)

le siècle des lumières éteintes.jpgC’est une étrange manie que celle de vouloir changer le mode de scrutin à chaque fois que ça arrange ! « La proportionnelle est la planche de salut des incapables, des nullots, des gens qui, pendant les années qu’ils étaient au pouvoir n’ont fait que des stupidités, sans parler de ceux qui se sont mis un peu d’argent dans les poches », note l’auteur, assez peu satisfait des grandes avancées des années Mitterand… Sans parler de la manie de distribuer à tout-va des décorations à des étrangers, et particulièrement à des Américains que cela laisse relativement indifférent… Manie également de s’incruster au pouvoir, même après que le peuple vous a infligé un démenti sanglant… Paradoxe des commémorations du bicentenaire de la Révolution française, qui fait que Louis XVI et Marie-Antoinette, par leur martyr, en deviennent les figures dominantes…

« Le siècle des lumières éteintes » est un recueil de chroniques éditoriales parues dans France-Soir entre 1992 et 1999. L’académicien Dutourd y disposait en première page d’une tribune qui lui permettait, chaque semaine, de donner son avis sur un fait de société, une tendance ou n’importe quel événement politique du moment. Il y faisait preuve d’une telle intelligence, d’une telle clairvoyance, d’un tel esprit et d’un tel humour, que le jour de sa parution, le samedi, le journal enregistrait ses meilleures ventes. Il en fut pourtant éjecté fort inélégamment, après plus de trente années de bons et loyaux services et en fut très chagriné comme il le raconte en introduction et en conclusion. Relire ces articles peut sembler paradoxal et sans grand intérêt. Même si ces vieilles « actualités » sont devenues du passé et presque de l’histoire, le style est tellement bon, l’esprit tellement affuté et la plume tellement élégante que cela reste encore un plaisir de fin gourmet.

4/5

 

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21/02/2017

Phantasmopolis (Bernard Bouillon)

phantasmopolis.jpgDans un futur aussi lointain qu’indéterminé, Kobal et Malorel, deux astronautes embarqués dans un voyage commercial interstellaire de 500 années relatives, décident de faire étape sur Luxuria, planète de loisirs un peu particulière. La réalisation de tous les fantasmes, même les plus improbables y est possible. Fort peu vêtus, les habitants pratiquent l’amour libre sans le moindre complexe. Et pourtant, Kobal peine un peu à faire les rencontres qui lui permettraient d’enfin assouvir tous ses désirs…

« Phantamopolis » est un roman de science-fiction d’une belle originalité. L’intrigue en est très surprenante. Elle part sur un thème genre « île des plaisirs », avec une certaine malice et pas mal d’érotisme élégant mais sans la moindre vulgarité. Et elle s’achève en un space-opéra plein de turbulences galactiques avec empires décadents et androïdes fidèles pour des millénaires. Les personnages surprennent aussi, car ils ne sont jamais exactement ce qu’on imagine et prennent de l’épaisseur au fil de la narration. Si l’on y ajoute que la plume de Bernard Bouillon est de très belle facture, l’ensemble donne un ouvrage très agréable à lire, plein d’humour, d’onirisme et même de poésie. Une jolie découverte. C’est suffisamment rare pour ne pas le noter.

4/5

 

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19/02/2017

Dutouriana (Jean Dutourd)

Dutouriana.pngToute sa vie, Jean Dutourd a cherché à noter le trait fulgurant ou l’idée originale apparue au moment le plus saugrenu. Aussi a-t-il fini par se munir d’un petit carnet de moleskine et d’un crayon pour ne rien manquer de ce qui lui traversait l’esprit. Et les bons mots, les traits d’humour et autres maximes n’ont pas manqué de s’y inscrire au fil du temps et de l’inspiration. « On ne brûle plus les sorcières, ni même les livres, mais on brûle toujours les idées »… « Voir le mal partout rend aussi crédule que de ne le voir nulle part »… « Les prêtres dégoûtent les enfants de la religion comme les professeurs les dégoûtent des classiques »… « Le crétin se reconnaît à son goût pour les exactitudes inutiles »… « Le public n’a le droit de savoir que ce qu’on lui raconte », entre autres…

« Dutouriana » est un court (123 pages) recueil de maximes, pensées, aphorismes, petites notes, remarques ou mini-chroniques compilées au fil du temps, sans thème ni ordre particulier, ce qui permet de lire l'ouvrage dans n’importe quel sens, en diagonale, au fil des pages ou en picorant de-ci de-là. Le lecteur ne pourra qu’éprouver le plaisir rare et délicat de fréquenter un grand esprit, toujours plein de sagesse et de philosophie un peu désabusée et ne manquant jamais d’humour. Plus qu’intéressant : passionnant.

4/5

 

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