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01/06/2019

Contes, anecdotes et récits canadiens (Aristide Filiatreault)

Contes, anecdotes et récits canadiens.jpgBaptiste doit aller à Montréal, mais sa culotte est percée. Sa femme n’a pas d’aiguille pour la recoudre et lui ne veut pas dépenser son dernier billet. Il propose un troc à Joe Ladébauche du magasin général… L’incinération d’un ancien prend un temps fou. Normal, c’était un dur à cuire de son vivant… Un homard vivant de belle taille se retrouve dans le lit d’un Français agaçant de prétention… Une route qui ne va nulle part, c’est du moins l’avis d’un ancien du pays… Un maquignon plutôt malhonnête propose au curé du village du bois coupé dans une parcelle appartenant à ce dernier… Pour renouveler son cheptel en train de dégénérer, un éleveur se met en quête d’un petit taureau bien fringant… Une explication particulièrement savoureuse du principe de la téléphonie… Joseph ne paie jamais son pain chez le boulanger. Il le troque contre du beurre qu’il fabrique lui-même…

« Contes, anecdotes et récits canadiens » est un recueil d’une vingtaine de textes de diverses longueurs et natures. Cela va de la blagounette mignonnette à la saynète amusante en passant par l’historiette cocasse. Toutes illustrant la mentalité rieuse, moqueuse et bon enfant des Canadiens francophones. Le lecteur sourit souvent, rit même quelquefois de cet humour un peu particulier. Littérairement, ces textes ne sont pas d’un niveau très élevé. On ne trouvera aucune véritable nouvelle bien construite dans toutes ces histoires, mais on aura certainement un grand plaisir à les découvrir dans leur naïveté et leur joie de vivre si communicative. Il est précisé dans le titre que c’est écrit « dans la langue du terroir ». Pas de souci, tout est parfaitement compréhensible à un ou deux mots près. Précision pour les « non english speaking » : aucune des parties écrites en anglais n’est traduite. Datant de 1910, ce recueil tout à fait distrayant est en libre accès sur la plateforme www gutenberg.net.

3/5

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29/05/2019

La guerre comme des démons (Thalie de Molènes)

La guerre comme des démons.jpg1576 : les jumeaux Daniel et David ont maintenant quatorze ans. Après avoir été présentés à Henri de Navarre fraîchement libéré du Louvre où il était retenu contre son gré, ils quittent Périgueux pour se rendre à Bergerac. En chemin, ils sont attaqués dans une auberge par un seigneur catholique. Le notaire Lacombe qui les accompagne est grièvement blessé d’une balle en pleine poitrine. Le chirurgien appelé pour le soigner arrive en état d’ébriété avancée et totalement incapable d’opérer lui-même tellement il tremble. Il demande à Daniel d’être ses mains. Non sans peine, le jeune homme parvient à extraire la balle des chairs du blessé. Il n’en faudra pas plus pour déclencher chez Daniel une vocation de médecin. Son frère lui, se destine toujours à la carrière des armes. Le jeune Isaac Morlane, petit-fils d’Emeline se prend d’amitié pour ses deux cousins. Il passe de plus en plus de temps avec eux à La Fourcherie…

« La guerre comme des démons » est le troisième et dernier volet de cette trilogie historique fort intéressante sur les guerres de religions en Guyenne. Le lecteur continue de faire toutes sortes de découvertes sur certains aspects peu connus de ce pan d’Histoire de France peu reluisant. Ainsi apprendra-t-il que les dragonnades ne se cantonnèrent pas aux Cévennes et qu’elles furent tout aussi terribles en Saintonge et, entre autres, qu’un relaps (protestant ayant renié sa foi et étant revenu sur sa parole) ne devait être inhumé, qu’après avoir été exposé étendu sur des claies pendant plusieurs jours, laissé en pâture aux charognards. Ces guerres durèrent si longtemps que le récit en est à la troisième génération d'Hortal et de Morlane. La situation de ces deux familles huguenotes aurait pu s’améliorer, mais il n’en est rien en raison de l’acharnement de Louis XIII à vouloir éradiquer à tout prix le protestantisme de son royaume. L’intrigue malheureusement se recentre complètement sur la saga familiale avec son cortège de mariages, naissances et décès. Les grands évènements ne sont plus guère évoqués que dans les sous-titres de chapitres, ce qui est un peu regrettable.

3,5/5

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24/05/2019

La guerre comme des hommes (Thalie de Molènes)

La guerre comme des hommes.jpg1563 : l’édit d'Amboise marque la fin de la première guerre de religion. Jeanne d’Albret a ordonné que dans son royaume, catholiques et protestants utilisent à tour de rôle des lieux de culte commun. Et pourtant dans tout le sud-ouest, rien n’est vraiment réglé. À Issigeac, Guilhem Hortal assiste à une scène typique de persécution de catholiques. De jeunes protestants les bastonnent à la sortie de la messe, les lynchent et finissent par égorger leur prêtre. La jeune Alba qui a vu ses deux parents assassinés par des protestants a cru un instant qu’un jeune cavalier qui passait allait lui porter secours. Il n’en fut rien. Il la viola. Son frère Jean l’ayant retrouvée à demi consciente près d’une citerne l’a confiée à sa famille du côté de Bergerac. Mutique et remplie de haine pour cette famille de huguenots, la jeune fille accouche de deux jumeaux. Le patriarche finit par ne plus pouvoir supporter son attitude hostile. Il la vend à un certain Delbos qui la prostitue. Depuis, Alba n’a plus qu’un but dans la vie : se venger de son violeur, Guilhem Hortal.

Deuxième volet de la trilogie historique, « La guerre comme des hommes » se poursuit dans un contexte de plus en plus dramatique : le massacre programmé de la Saint-Barthélemy et se termine sur le premier siège de La Rochelle, ville fortifiée et un des ultimes bastions de résistance des protestants. Les personnages se succèdent. Certains disparaissent (Jean, puis plus tard Guilhem) et d’autres apparaissent. Les femmes ont la part belle (Emeline et Marguerite entre autres). Le lecteur découvrira le courage exemplaire des femmes de La Rochelle qui se battent aux côtés des hommes. L’action mollit un peu. Elle se recentre sur la saga familiale. Les scènes de guerre et de violence sont presque moins nombreuses que dans le premier tome alors que la guerre est supposée gagner en âpreté. Livre intéressant néanmoins surtout d’un point de vue historique. L’auteure reste objective, ne prend parti pour aucun des deux camps et montre tout autant les méfaits des uns que ceux des autres. Elle permet à travers cet ouvrage de fiction de faire découvrir au lecteur certains aspects peu connus de cette période particulièrement sombre de l’Histoire de France.

4/5

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21/05/2019

La guerre comme des anges (Thalie de Molènes)

La guerre comme des anges.jpgEn 1542, à Bordeaux, Jean Hortal assiste au supplice d’Aymon de la Voye, protestant condamné à mort par strangulation puis crémation pour hérésie. Il avait prêché la Réforme dans la ville de Sainte Foy la Grande. Jean était un disciple d’Aymon. Il ne comprend pas que les parlementaires de la ville aient infligé cette mort infamante à un homme pieux, honnête et respectable comme son maître. Il décide d’abandonner la robe de bure franciscaine pour s’établir colporteur, profession qui devrait lui permettre de distribuer bibles et évangiles sous le manteau, l’Église catholique ayant interdit la lecture dans le texte des livres saints. Dans un hameau abandonné par la religion, il rencontre la jeune et belle Elisa qui tombe immédiatement amoureuse de lui. Ils se marient et ont bientôt un enfant qu’ils appellent Simon. Malheureusement, peu après, Elisa meurt noyée avec son bébé…

« La guerre comme des anges » est le premier tome d’une trilogie historique relatant les guerres de religion en Aquitaine. Comme dans tout bon roman historique, les personnages fictifs croisent les figures authentiques de l’Histoire avec un grand H. (Ici Monluc, Jeanne d’Albret, Marguerite de Navarre, Clermont de Piles et bon nombre d’autres). L’auteure articule sa narration autour de trois familles périgourdines, les Hortal, les Dorlac et les Morlane, tous hauts en couleur et pris dans cette tourmente monstrueuse des guerres de religion qui furent bien plus cruelles et durèrent bien plus longtemps qu’on n’imagine aujourd’hui. Difficile pour nous de comprendre comment des hommes ont pu en arriver aux extrémités décrites. Pareil fanatisme, intégrisme, ferveur, certitude de seul connaître la voie forcément unique menant au ciel peut sembler inadmissible. Un comble d’obscurantisme, une monstruosité absolue. Gardons-nous de ces jugements à l’emporte-pièce totalement anachroniques. Impensables de nos jours. Quoique. Livre bien écrit, agréable à lire. Personnages attachants. On ne peut qu’avoir envie de connaître la suite. Même si cette guerre « comme des anges » n’est qu’une suite d’horreurs. Pourra-t-on aller plus loin dans l’abjection avec celle des hommes puis celle des démons ?

4/5

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19/05/2019

Vagabondage (Michel Testut)

Vagabondages.jpgLe bonheur de s’arrêter dans la campagne pour contempler un beau site naturel. Le plaisir de s’attabler dans une petite auberge de campagne pour y déguster les spécialités d’une cuisine « comme à la maison ». La joie de marcher sur les sentiers, de profiter de la campagne, de la forêt, des petits villages perdus dans les collines au rythme lent de ses pas. Se promener dans Saint-Astier. Découvrir le charme de Ribérac. Explorer les rives de la Double. Se régaler de la galette des Rois ou du bon gros pain de campagne croustillant juste sorti du fournil du boulanger. Faire les vendanges à la ferme. Chasser le cèpe en septembre ou dénicher la truffe. Autant de bonheurs simples et campagnards amoureusement décrits dans ce petit ouvrage.

« Vagabondage » est un recueil de 22 textes dont certains ont été des articles de journaux locaux. Tous abordent une facette différente de la vie paysanne avec une certaine nostalgie clairement et fièrement revendiquée. Son éloge des granges en est sans doute le plus bel exemple. Mais Michel Testut nous propose bien plus que cela. Une sorte de petit traité en 22 articles du bonheur, de la joie dans toutes sortes de petites choses agréables. Un véritable précis de sagesse plein de saveur et de poésie. Les descriptions sont toutes minutieuses, pleines de tendresse et de malice. Et au détour d’un article, le poète périgourdin peut tout aussi bien se montrer philosophe ou moraliste. Il n’hésite pas à condamner le pognon roi, la malbouffe ou les salles communales polyvalentes qui ont condamné les bals sur plancher et sous chapiteau. Le lecteur pourra rapprocher Testut de Delerm et faire son miel de ces délicieux textes de poésie en prose (tous à consommer sans modération !)

4,5/5

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14/05/2019

2084, la fin du monde (Boualem Sensal)

2084 la fin du monde.jpgMis en quarantaine pour cause de tuberculose, Ati survit dans le terrifiant sanatorium du Sîn dans les confins lointains de l'Abistan, territoire où règne sans partage une religion unique où les croyants répètent en permanence : « Il n’y a de dieu que Yölah et Abi est son délégué. » Tout juste guéri, Ati, libéré, parcourt le pays et gagne la capitale, l’incomparable cité de Dieu, siège du pouvoir théocratique avec la Kiiba, la Grande Mockba et l'Abigouv, le tout-puissant gouvernement des croyants sur terre. Avec son nouvel ami Koa, ils explorent les bas-fonds, sont en butte aux terribles milices de la foi qui corrigent ou tuent déviants et autres mécréants et s’aperçoivent qu’en dépit des apparences lisses et unanimistes, certaines choses ne « collent pas ».

« 2084, la fin du monde » se veut un ouvrage de science-fiction, de pure imagination. Il est bien évident que ce n’est qu’un moyen détourné, une sorte de pamphlet pour décrire l’horreur d’un système totalitaire basé sur une religion unique régnant sans partage. Sansal a voulu imiter Orwell et faire avec l’islamisme, ce que son devancier fit avec le communisme. Même si le résultat n'est qu'un pâle reflet de celui du britannique, la ressemblance entre les deux dictatures est frappante. Mêmes méthodes de répression, de conditionnement des esprits, de gouvernement par la peur, de diffusion d’un obscurantisme assumé. Même pensée unique et même langage codé avec ses inversions de valeurs (« La guerre c’est la paix », « La liberté » c’est l'esclavage », « L’ignorance c’est la force » et quelques autres du même charmant tonneau). Bien que récompensé par un Grand prix du roman de l’Académie française, cet ouvrage ne semble pas mériter autant d’honneurs. L’intrigue est inexistante, sans grande consistance, les personnages manquent d’épaisseur et la narration a un côté caricatural assez agaçant ne serait-ce que par les noms qui ne diffèrent que d’une lettre ou d’une syllabe des originaux. Dans cette fable ou dans ce conte, l’auteur a surtout voulu exposer ses idées philosophiques, condamner sans appel toute forme de théocratie, malheureusement sans jamais délivrer le moindre message d’espoir. Dommage que tout cela soit insuffisant pour prétendre au chef-d’œuvre.

3/5

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09/05/2019

La malédiction d'Imhotep (Philipp Vandenberg)

La malédiction d'Imhotep.jpgAu début de l’autre siècle, en Égypte, le jeune Omar Moussa sert de guide et de chamelier aux premiers touristes, anglais le plus souvent, venus visiter le site des Pyramides. Lord Shelley et son épouse Claire, fraîchement débarqués sur les lieux, l’engagent comme serviteur puis comme homme de confiance. Sa première mission consistera à remplacer son maître lors d’une transaction délicate avec un trafiquant de reliques égyptiennes antiques. Il se retrouve assommé et jeté dans un caveau où git déjà une momie. Délivré de façon mystérieuse, les menaces sur sa vie continueront de plus belle. Il échappera à une épidémie de choléra, perd de vue son amie Halima et participera à la recherche frénétique de la sépulture d’Imhotep, constructeur de pyramides, ministre du pharaon Djoser, médecin et thaumaturge hors pair. À son époque, il fut considéré comme un véritable dieu vivant. Omar et Shelley ne sont pas seuls sur l’affaire. Une étrange société secrète, quelques personnages louches et plusieurs membres des services secrets anglais, français et allemands sont aussi sur le coup…

« La malédiction d’Imhotep » est présentée en quatrième de couverture comme « un nouveau thriller archéologique palpitant ». On peut accepter la terminologie « thriller » au vu des quelques meurtres ou assassinats qui parsèment le récit mais pas pour le rythme ni pour le suspens. « Archéologique » sans aucun doute. Nous nous retrouvons dans une sorte de chasse au trésor un peu poussive qui malheureusement ne débouche sur rien. Fin décevante. Comme dans tout bon roman historique, on retrouve des personnages fictifs croisant la route de personnages réels, ici Howard Carter, Lord Carnarvon et quelques autres figures célèbres de l’égyptologie. Le grand événement est la découverte de la sépulture de Toutankhamon. Mais cette partie véridique s’articule assez mal avec le versant romancé qui, au final s’avère assez décevant. Quoique d’une lecture un peu laborieuse, le style est correct mais sans originalité. Au total, un roman d’aventures historiques manquant un peu de panache et d’épaisseur.

3/5

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04/05/2019

J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi (Yoan Smadja)

J'ai cru qu'ils enlevaient.jpg Le soir du 6 avril 1994, les présidents rwandais et burundais, le chef d’état-major rwandais et une dizaine d’autres personnalités, meurent, avec l’équipage de trois Français, dans un attentat visant l’avion présidentiel rwandais. Dès le lendemain, la première ministre, Agathe Uwilingiyimana, et d’autres personnalités politiques hutu démocrates sont assassinés. Dix militaires belges de la Mission des Nations unies (Minuar), qui étaient chargés de la protection de Mme Uwilingiyimana et qui ont été arrêtés par la garde présidentielle, sont peu après assassinés. Simultanément débute le génocide des Tutsi dans plusieurs provinces du pays. Sacha, journaliste et correspondante de guerre, est au Cap pour rendre compte des premières élections en Afrique du Sud. Dès qu’elle apprend ce qui se passe, elle décide de rejoindre au plus vite Kigali pour couvrir les évènements rwandais avec son photographe. De son côté, la jeune Rose, mère d’un petit garçon appelé Joseph, écrit des lettres à son mari Daniel en déplacement dans le pays. Elle vit avec ses parents dans l’enceinte en principe protégée de l’Ambassade de France. Elle se retrouve bien vite seule car ses parents sont parmi les premières victimes du génocide. Rapidement viendra son tour d’être menacée…

Cet ouvrage est présenté comme un roman sans doute dans la mesure où les personnages sont fictifs. Pourtant, tout le contexte, tous les évènements, toutes les horreurs décrites sont bien réelles. À ce titre, ce pourrait être un document, un reportage. Tout est dit avec rigueur et efficacité. Le lecteur ne peut qu’être horrifié, bouleversé par un tel déferlement de haine aussi gratuite qu’imbécile. L’auteur s’est longtemps demandé s’il y avait eu d’autres shoahs. Avec ce génocide, en voilà une bien répugnante. Et ce n’est pas la seule. La liste est longue des peuples qu’on a voulus éradiquer de la surface de la terre (Arméniens, chrétiens d’Orient, Vendéens, Tibétains, Indiens d’Amérique et tant d’autres.) La bête est féconde. Les mécanismes de déclenchement de cette spirale de l’horreur sont bien connus : le peuple à faire disparaître est minoritaire. Le pouvoir politique est d’une autre ethnie. Vacillant, il a besoin de se consolider. Les médias aux ordres (Radio des Mille collines) manipulent les esprits en multipliant les appels à la tuerie. Il n’y a plus qu’à distribuer armes et machettes pour que le massacre démarre. Un livre dur, prenant, mais qui n’apporte rien de nouveau sur la question si ce n’est le très beau personnage de Rose, sorte de nouvelle Anne Frank africaine. Si l’on veut vraiment s’informer sur cette horrible affaire, il est quand même préférable de lire les livres de Jean Hatzfeld ou ceux de Scholastique Mukasonga et de Gaël Faye.

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29/04/2019

Tom O' Bedlam (Robert Silverberg)

Tom-OBedlam_4884.jpgEn 2103, l’humanité doit faire face aux terribles conséquences de la Guerre des poussières… Tom O' Bedlam passe pour un simple d’esprit aux yeux d’un groupe de bandidos en train de rafistoler un van dans le désert californien. En effet, ce pauvre vagabond prétend avoir eu la vision d’une aurore verte, de neuf soleils, d’un monde d’émeraude et de créatures de cristal dotées de quatre rangées de trois yeux. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Le docteur Elszabet Lewis doit traiter par curage psychique le père Christie, pasteur ayant perdu la foi, qui, lui aussi, prétend avoir vu les neuf soleils et même avoir rencontré Dieu en personne et en majesté. Il y a aussi Jaspin, ex-professeur d’université, qui, lors d’une cérémonie de tumbondé, étrange culte cosmopolite basé sur un mélange de croyances guinéennes, haïtiennes, mexicaines et brésiliennes, a rêvé de Chungira-Il viendra, dieu gigantesque aux cornes enroulées de bélier surplombé par deux soleils reliés par une arche de feu lancée dans le ciel…

« Tom O'Bedlam » est un roman de science-fiction tout à fait étrange et fantastique et pouvant se lire avec différents niveaux d’interprétation. Le lecteur pourra y voir une méditation sur la mort et la résurrection, un conte philosophique voire une parabole sur la venue d’un nouveau messie en la personne de Tom, personnage tout ce qu’il y a d’ambivalent et de paradoxal, à la fois idiot de village et être doté d’énormes pouvoirs dont celui de faire passer ses frères humains d’un monde à un autre. L’ennui, c’est qu’une fois la problématique posée, l’intrigue ne prend pas l'ampleur escomptée. La narration piétine, fait du surplace. On a même l’impression de tourner en rond. De plus, aucune des questions posées n’est résolue. Jusqu’à la dernière ligne, tout reste en suspens, dans un flou pas très artistique. Le lecteur reste sur sa faim dans à peu près tous les domaines. Il ne saura même pas ce que devient le héros pas plus que ce que le sort de ses « protégés » ou « victimes ». Au total, un ouvrage qui ne tient pas vraiment ses promesses vu l’ambitieux point de départ. Pas le meilleur du grand et prolifique Silverberg !

3/5

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26/04/2019

Une fille dans un caveau (Ruth Rendell)

Une fille dans un caveau.jpgLe corps d’une jeune fille est découvert dans un caveau du cimetière de Kenbourne Vale, dans le quartier ouest de Londres. Il s’agirait d'une certaine Loveday Morgan, agée d’une vingtaine d’années, et domiciliée à Garmisch Terrace. C’est un des gardiens du cimetière, Mr Edwin Tripper qui a découvert le cadavre étranglé à l’aide d’une écharpe de soie de prix alors qu’il procédait à l’inspection mensuelle du caveau en question. Le superintendant Howard Fortune chargé de l’enquête pense qu’il s’agit d’un crime crapuleux, mais ne dispose que de fort peu d’éléments. Loveday vivait en solitaire, ne fréquentait personne et son nom n’était qu’un pseudonyme pour mieux garantir son anonymat. Heureusement pour lui, il pourra bénéficier de l’aide de son oncle, l’inspecteur-chef Reginald Wexford, fin limier et héros récurrent des romans policiers de Ruth Rendell. Suite à un accident, il a quitté sa campagne pour venir se reposer dans sa famille londonienne.

« Une fille dans un caveau » se présente comme un roman policier de facture tout à fait classique avec les questions habituelles : à qui profite le crime ? Qui était la victime ? Quel fut son parcours pour en arriver là ? Et bien entendu une ou deux fausses pistes pour égarer le lecteur. Du sous- Agatha Christie en quelque sorte. Pour ne rien arranger le style n’est ni très vivant ni très léger. Ruth Rendell multiplie les descriptions de lieux, sites et paysages. L’action étant située dans les sixties, cela lui permet d’évoquer toute une jeunesse aussi paumée que hippie, flower people, peace n' love etc, avec un certain nombre de personnages hauts en couleurs voire un tantinet caricaturaux. Ouvrage qui peut encore se lire avec une certaine constance et assez peu d’agrément. Cette impression est peut-être due à une piètre qualité de traduction, mais il n’en demeure pas moins que seul le côté social présente un certain intérêt de nos jours.

2,5/5

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