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29/04/2020

Sur les chemins noirs (Sylvain Tesson)

Sur les chemins noirs.jpgAprès une vie aventureuse passée à courir le monde des sommets de l’Himalaya aux steppes de la Sibérie en passant par les déserts et les rizières de l’Asie, Sylvain Tesson a fini par se retrouver à un tournant de sa vie. Ayant abusé des boissons plus ou moins fortes, il entreprit d’escalader la façade du chalet d’un ami et fit une chute qui lui occasionna de multiples fractures ainsi qu’une paralysie de la moitié du visage. Après un long temps de coma et des mois d’hospitalisation, il décida d’une manière originale de rééducation : la traversée de la France du sud-est au nord-ouest c’est-à-dire du col de Tende à la frontière italienne à la pointe de La Hague, extrémité du Cotentin. Une randonnée pédestre de plus de deux mois entre le 24 août et le 8 novembre 2015.

« Sur les chemins noirs » est un récit de voyage doublé de réflexions philosophiques, politiques ou artistiques diverses et variées. Se voulant à la pointe du progrès et de la nouveauté, Tesson se découvre une aversion pour le goudron (il s’efforce de ne suivre que les chemins « noirs », les tracés fins des cartes IGN au 25 000e, sentiers, sentes, allées, drailles impraticables pour les engins motorisés), pour la manie du déplacement à tout prix, pour le tourisme de masse alternant ski l’hiver et plage l’été, pour les centres commerciaux, les ronds-points, les autoroutes, les téléphones portables autant de symboles d’un modernisme et d’un mondialisme envahissants. Il plaint cette France du désert rural, ces paysans qui se suicident de se retrouver sans avenir et sans espoir. Une réflexion de parfait réactionnaire… Ce livre charmant se dévore comme un roman. Il est court mais dense ne serait-ce que par toutes les allusions littéraires ou picturales. Qu’on y cherche pas un guide de randonnée ou un journal de bord. Tesson suit trop les voies de traverse, les sentiers de fantaisie. Il dort à la belle étoile tout en fréquentant les petits hôtels chaque fois que c’est possible. Il marche parfois en solitaire, mais est souvent escorté d’amis (Cédric Gras, Humann et autres) ou de Daphné, sa propre sœur sur certains tronçons. Au rythme lent de ses pas, l’ex-explorateur des horizons lointains découvre que l’aventure peut aussi se nicher dans un humble sentier de grande randonnée bien franchouillard !

4/5

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26/04/2020

Le dernier vol du faucon (Axel Aylwen)

Le dernier vol du faucon.jpgEn 1688, au royaume du Siam, le roi Naraï le grand, âgé de 60 ans et souffrant de crises d’asthme de plus en plus violentes sent sa fin arriver à grands pas. Comme il ne dispose pas de successeur valable dans sa famille, il envisage de demander à Pra Piya, son fils adoptif, de prendre sa suite. Mais pour cela, il faudrait que Yotatep, sa propre fille accepte de l’épouser, histoire de l’anoblir et de le rattacher ainsi à la lignée royale. L’ennui, c’est que celle-ci refuse catégoriquement, car elle en aime un autre et ne veut pas entendre parler d’une union avec un roturier sorti de rien et soupçonné de vouloir se convertir au catholicisme… Une dame anglaise, Nellie Tucker, accompagnée de son fils Mark, 16 ans, débarque au port de Mergui. Elle demande au gouverneur Ivatt l’autorisation de se rendre à la capitale Ayuthia. Ivatt remarque tout de suite que Mark ressemble étrangement à son ami Phaulcon… Sa mère l’a bien eu du Barcalon qui, à l’époque n’était qu’un jeune marin en partance pour l’Asie. Nellie, après Sunida et Maria. Trois femmes pour un seul homme : la situation se complique…

« Le dernier vol du faucon » est le troisième volet de la saga d’aventures exotiques et plus ou moins historiques du héros gréco-anglo-siamois. Parvenu au sommet de l’Etat et au comble des honneurs, le héros a accumulé haines et rancœurs autour de lui. Le général Petraja n’a de cesse de monter des complots et des intrigues pour se débarrasser de lui et des autres « farangs » qu’il soupçonne de vouloir coloniser son pays. Il est aidé par le cruel Sorasak, prince débauché et sadique, ainsi que par la faiblesse du roi qui n’a plus que de très brefs instants de lucidité. La fin de cette histoire où la roche tarpéenne est très proche du Capitole, est truffée de rebondissements plus ou moins invraisemblables. On échange les rôles, on se déguise, on se grime, on vous colle des masques sur la figure, on vous fait passer pour quelqu’un d’autre pour finalement parvenir à une fin controuvée et pas spécialement « happy », les méchants remportant la mise. Bilan final : un ouvrage divertissant et dépaysant, mais sans plus.

3,5/5

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22/04/2020

Bienvenue sur Déliciosa (Roman)

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21/04/2020

L'envol du faucon (Axel Aylwen)

L'envol du faucon.jpgEn 1687, après moult intrigues et circonstances favorables, le très ambitieux Constantin Phaulkon est parvenu à se hisser jusqu’au sommet de l’état. Il a obtenu le titre de « Barkalon », c’est-à-dire premier ministre de Naraï, roi du Siam. La situation politique est assez complexe. Après la forte influence portugaise et musulmane, c’est au tour des Hollandais de s’implanter en force. Phaulkon commence par dévoiler les malversations et la corruption des Musulmans, les faisant tomber dans l’estime du prince mais s’en faisant des ennemis particulièrement acharnés. Il veut contrebalancer la puissance des Hollandais par celle des Anglais, puis par celle des Français. Il réussit même à obtenir l’aide du roi Louis XIV. Malheureusement, l’expédition envoyée va aller bien au-delà des espérances de Constantin et du roi…

« L’envol du faucon » est le deuxième tome de la trilogie du « Faucon ». Il relève toujours du registre roman d’aventures plus ou moins historiques. L’auteur profite de son excellente connaissance de l’histoire et des mœurs du royaume du Siam pour nous concocter une histoire pleine de rebondissements dont il est difficile de démêler l’authentique du romancé vu que les archives de l’époque ont disparu. Le lecteur pourra se divertir et s’amuser des efforts pitoyables des Jésuites en général et de l’expédition française en particulier pour essayer de convertir un monarque bouddhiste, ouvert à toutes les croyances, une sorte de précurseur du modernisme dans le domaine spirituel. L’alternance de scènes de bataille, d’intrigues et d’interludes amoureux, procédé largement utilisé dans le genre, fonctionne relativement bien, vu que le livre se lit facilement et agréablement. L’exotisme et l’érotisme toujours présents, espérons que l’ensemble tiendra la distance…

4/5

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12/04/2020

Le dernier des Spartians (roman)

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09/04/2020

Le faucon du Siam (Axel Aylwen)

Le faucon du Siam.jpgEn 1679, dans le golfe du Siam, Constantin Phaulcon, capitaine du « Royal Lotus », jonque siamoise de 120 tonneaux, doit convoyer des ballots de draps pour le compte de la Compagnie anglaise des Indes. Avec ses collègues Ivatt et Burnaby, il compte réaliser de surcroit un beau coup de contrebande en faisant entrer au royaume du Siam, une série de canons de fabrication hollandaise. Phaulcon envisage de les vendre à une certaine reine de Pattani, musulmane ne voulant plus se soumettre au pouvoir central bouddhiste. L’ennui, c’est qu’après quelques révoltes péniblement mâtées de son équipage malais, la jonque fait naufrage et coule corps et biens avec les derniers espoirs de réussite de Phaulcon. Seul survivant du désastre avec ses deux acolytes, il se retrouve prisonnier du puissant gouverneur de Ligor qui veut leur faire avouer par n’importe quel moyen y compris la torture qu’ils menaient une action de contrebande. Heureusement la participation valeureuse de Phaulcon à un tournoi de boxe thaï, puis l’arrivée plus qu’opportune d’un éléphant blanc quasiment divinisé par les Siamois changent totalement la donne…

« Le faucon du Siam » est le premier tome d’une trilogie d’aventures historiques du temps des premiers établissements européens (successivement portugais, hollandais et anglais) dans cette partie de l’Asie. L’auteur, anglais qui se révèle excellent spécialiste de l’histoire et des coutumes thaïlandaises, reconnaît lui-même en introduction qu’il s’est inspiré de l’histoire, mais sans la suivre fidèlement car toutes les archives du Siam ont été détruites au XVIIIème siècle par les envahisseurs birmans. Il n’en demeure pas moins que cette lecture est particulièrement dépaysante et exotique. Le lecteur y découvrira des excès de raffinement, de délicatesse et de largeur d’esprit (toutes les religions sont acceptées sans la moindre discrimination) mêlés à des sommets de servilité (on ne se présente qu’à plat ventre devant le roi ou les mandarins) et de cruauté (châtiments d’une incroyable barbarie, tortures atroces…). S’il n’est que relativement historique, ce roman se rattrape sur les aventures, les rebondissements, les intrigues, ce qui permet de maintenir l’intérêt du lecteur tout au long d’un pavé de plus de 800 pages, qui se dévore en dépit de quelques longueurs. On suit avec grand intérêt l’ascension irrésistible du (super) héros doté de toutes les qualités (intrigant redoutable, diplomate hors pair, séducteur irrésistible et combattant courageux) ainsi que le déroulement de ses amours compliquées avec la sublime Sunida, son amante locale, et la très jeune et très charmante Maria, sa future épouse. Ouvrage de gare, de plage ou de « confinement » permettant de se divertir agréablement tout en enrichissant ses connaissances de l’Orient étrange et mystérieux.

4/5

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03/04/2020

L'alimentation vivante, la première médecine (Dr Pascal Trotta)

l'alimentation vivante.jpgEnviron 85% des maladies sont dues à notre environnement. Seulement 15% peuvent être imputées aux seuls facteurs génétiques. D’où l’importance de notre mode de vie, de notre faculté à faire de l’exercice, à garder un bon moral et surtout à veiller à bénéficier d’une alimentation aussi vivante que variée. Si l’on veut réellement prévenir et aussi aider à guérir la plupart des maladies qui nous assaillent (cancers, allergies, dépressions, maladies auto-immunes dégénératives comme la maladie d’Alzheimer, intolérances alimentaires, douleurs chroniques et autres), une nutrition saine, vivante et variée reste la base de tout. Hippocrate n’a-t-il pas dit que l’aliment devait être le seul médicament ?

Cet ouvrage explique de manière simple et pédagogique tout ce qu’il faut savoir pour diminuer les risques de maladies ou améliorer durablement notre état de santé. Pour lui, la bonne nutrition doit devenir la première médecine, avant la médecine allopathique, basée sur la chimie et attachée depuis Pasteur à éradiquer les symptômes en négligeant le terrain (n’en déplaise à Claude Bernard) et avant la chirurgie qui ne devrait être que réparatrice suite à un accident par exemple. Le Dr Pascal Trotta s’inscrit dans la lignée de célèbres tenants des médecines douces comme Dextreit, Carton, Kousmine, Seignalet ou Schaller. Issu du monde de la radiologie, il a ajouté à leurs découvertes la technique de l'électroscanner intersticiel, court examen (4 mn) totalement inoffensif permettant de personnaliser le traitement du patient grâce à un diagnostic beaucoup plus précis. Cette méthode permet de mieux évaluer l’équilibre psycho-neuro-endocrino-immunologique du patient. Livre de vulgarisation agréable à lire, disposant d’une jolie présentation. Un bémol cependant : la présentation des compléments alimentaires proposés par son propre institut relève quand même un peu de la pub. Dommage également qu’il faille aller consulter le Dr Trotta en Espagne, à San Sebastian, où il a dû s’exiler, les autorités médicales françaises n’étant sans doute pas très favorables à ce genre de pratique.

4,5/5

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02/04/2020

Le mammouth m'a tué (Témoignage)

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01/04/2020

Les quatre vérités (David Lodge)

Les 4 vérités.jpgAprès un premier roman réussi, Adrian n’a plus jamais connu le succès. Du coup, il a abandonné le roman, et s’est contenté de produire des anthologies. Avec son épouse Eleanor, il s’est retiré dans un petit cottage à la campagne non loin de l’aéroport de Gatwick. Arrive à l’improviste Sam, leur ami d’université, qui a mieux réussi dans la production de feuilletons télévisés. C’est à ce titre qu’il a été interviewé par Fanny Tarrant, jeune journaliste effrontée, qui a vite compris les failles du personnage. Particulièrement vexé par l'article que cela a donné dans un journal du dimanche, Sam veut tenter de se venger par l’entremise de son ami Adrian. Celui-ci devra se laisser interviewer à son tour. À cette occasion, il devra essayer de tirer les vers du nez de la journaliste pour avoir la matière d’un article féroce qu’il pourrait écrire ultérieurement. Mais rien ne va se passer comme prévu…

« Les quatre vérités » est un court roman ou une novella un peu longue (168 pages) tirée d’une pièce « The writing game » que l’auteur ne put produire que dans la région de Birmingham. Un procédé de recyclage plutôt inhabituel. L’inverse, l’adaptation au théâtre ou au cinéma, d’une œuvre littéraire étant nettement plus fréquente. Cette base scénique se sent tout au long de l’intrigue assez simplette mais avec une réelle unité de lieu, d’espace et de temps. Tout se passe dans le cottage d’Eleanor et Adrian. Les dialogues occupent la plus grande partie de la narration. David Lodge cesse dans cet ouvrage de fustiger le catholicisme pour s’intéresser au journalisme de scoop. Il en profite pour démonter cette nouvelle façon de procéder des interviewers faite d’insolence, de grossièreté, d’indiscrétions, d’agressivité pour ne pas dire de méchanceté pure. Pour gagner un brin de popularité, le pauvre auteur doit passer sous les fourches caudines d’une teigneuse par ailleurs assez fine mouche qui sait fort bien manipuler ses victimes. La fin, assez bien trouvée, un peu en forme de morale de fable, remet la balle au centre. Quant à l’humour dont l’auteur semblait si bien doté dans d’autres titres, il est assez peu présent dans celui-ci. Dommage.

3/5

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29/03/2020

Jeux de maux (David Lodge)

Jeux de maux.jpgÀ Londres à la fin des années 50, un groupe de jeunes étudiants tente de vivre sa foi en respectant les préceptes de l’Eglise Catholique. Des amours s’esquissent timidement voire douloureusement, Dorothy et Adrian, Tessa et Edward, Miriam et Michaël, Angela et Dennis alors que quelques autres s'avèrent un peu déséquilibrés comme Violet ou sont tentés par les ordres, la prêtrise ou l’homosexualité. Les filles ne se donnent pas facilement. Les garçons sont maladroits et souvent frustrés. La norme est d’arriver vierge au mariage pour fonder de bonnes familles chrétiennes. Mais au fil des années et surtout avec le concile Vatican II et la révolution de mai 68, tout se délite et s’effiloche peu à peu. Les virginités se perdent, des enfants naissent, la peur de l’enfer disparaît, le culte évolue. Certains s’évadent, se trompent, se séparent, changent de cap. Et les prêtres ne sont pas les derniers à jeter aux orties soutanes et rigidités…

« Jeux de maux » est un roman social très proche du thème de la « Chute du British Museum », mais en moins drôle. David Lodge ne s’intéresse plus à un seul couple mais à toute une cohorte de gens, tous jeunes catholiques, tous inhibés par les contraintes imposées par l’Eglise de l’époque. Il décrit très intelligemment et très finement comment le carcan s’est peu à peu desserré et comment toute une société a basculé dans un libéralisme libertaire au niveau des mœurs et comment tout un monde ancien a disparu progressivement. Cette fois, David Lodge, apparemment très concerné par la problématique catholique, en voulant faire œuvre de sociologue, a un peu perdu de son humour si charmant et si british. On ne peut que le regretter.

3/5

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