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19/02/2017

Dutouriana (Jean Dutourd)

Dutouriana.pngToute sa vie, Jean Dutourd a cherché à noter le trait fulgurant ou l’idée originale apparue au moment le plus saugrenu. Aussi a-t-il fini par se munir d’un petit carnet de moleskine et d’un crayon pour ne rien manquer de ce qui lui traversait l’esprit. Et les bons mots, les traits d’humour et autres maximes n’ont pas manqué de s’y inscrire au fil du temps et de l’inspiration. « On ne brûle plus les sorcières, ni même les livres, mais on brûle toujours les idées »… « Voir le mal partout rend aussi crédule que de ne le voir nulle part »… « Les prêtres dégoûtent les enfants de la religion comme les professeurs les dégoûtent des classiques »… « Le crétin se reconnaît à son goût pour les exactitudes inutiles »… « Le public n’a le droit de savoir que ce qu’on lui raconte », entre autres…

« Dutouriana » est un court (123 pages) recueil de maximes, pensées, aphorismes, petites notes, remarques ou mini-chroniques compilées au fil du temps, sans thème ni ordre particulier, ce qui permet de lire l'ouvrage dans n’importe quel sens, en diagonale, au fil des pages ou en picorant de-ci de-là. Le lecteur ne pourra qu’éprouver le plaisir rare et délicat de fréquenter un grand esprit, toujours plein de sagesse et de philosophie un peu désabusée et ne manquant jamais d’humour. Plus qu’intéressant : passionnant.

4/5

 

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17/02/2017

Comment augmenter le chômage (Bruno Jarrosson)

 

comment augmenter le chômage.jpgDe 1974 à 2016, la France est passée de 200 000 à 3 550 000 demandeurs d’emploi. Autant dire que, droite gauche confondues, tous nos gouvernants n’ont fait qu’aggraver la situation même aux (rares) moments où une véritable croissance permettait à d’autres de résorber le leur ! De coups de pouce en coups de pouce au SMIC, ils n’ont fait que renchérir le coût du travail et mieux affûter cette arme de destruction massive de l’emploi. Quant aux 35 heures, elles n’ont pas créé d’emplois supplémentaires, elles en ont détruit ! Les charges sociales sur le travail ont rien moins que doublé en 40 ans. Quant au déficit de la balance commerciale, il est passé de 2,6 milliards d’euros en 1974 à 58,4 milliards en 2014. Sans parler du RSA, qui bien utilisé peut devenir plus avantageux que le SMIC, des syndicats les plus archaïques du monde et d’un Code du travail de 3700 pages, sans doute le plus foisonnant du monde. Celui de la Suisse n’en comporte que 117 ! Eh oui, tout semble avoir été fait pour augmenter le chômage, arriver au chômage de masse, à l’oisiveté généralisée. Et pourtant, il semble que l’on puisse faire encore mieux…

« Comment augmenter le chômage », sous-titré « Non, ils n’ont pas tout essayé ! » se présente comme un essai dont le ton ironique et très second degré pourrait faire penser à un pamphlet pas très sérieux. Mais il n’en est rien. La documentation est solide et l’argumentation tient bien la route. Les solutions existent. On les a rencontrées. Ailleurs. Mais en France, on ne veut pas en entendre parler. Il va sans dire que l’auteur prône le libéralisme, tente d’innocenter la mondialisation, la technocratie bruxelloise et même certaines formes de capitalisme sauvage comme l'ubérisation de la société. Il semble un peu plus léger sur le dumping social et écologique des pays à bas coût de main d’œuvre et autre importation massive de travailleurs non qualifiés. On aurait aimé qu’il développe et étaie plus certains arguments et ne se contente pas d’asséner comme vérité première qu’une taxation aux frontières de produits réimportés ne ferait qu’appauvrir le pays et créer encore plus de chômage. Un essai fort intéressant qui a le mérite de poser le problème avec un humour certain. Une intelligente démonstration par l’absurde.

4/5

 

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15/02/2017

La porte (J.B.Leblanc)

la porte.jpgAlors qu’au Vatican, l’ambassadeur tchèque tente d’en savoir plus auprès des autorités pontificales au sujet de la scandaleuse affaire du pont Charles, en Bourgogne, un certain Charles Ravière, sorcier wiccan autoproclamé, s’installe dans un petit village pour y créer sa secte. Patrick Sullen, flic des Renseignements Généraux, en voulant enquêter sur le phénomène, tombe à sa merci et se retrouve nu et enchainé au pilier en béton d’une cave sordide… Au cours d’une messe noire particulièrement glauque, Ravier le transforme en disciple de Lucifer…

« La porte » est le troisième et dernier tome d’une série tout ce qu’il y a de gore et de plus en plus axée sur le « hard » satanisme. Rien n’est épargné au lecteur, outre les meurtres habituels des thrillers, tortures en tous genres, cannibalisme, messes noires et apparitions de monstres sortis des enfers. Attention, ces livres ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Il est fortement conseillé aux âmes sensibles de s’abstenir. Cauchemars garantis pour les amateurs. En effet, ce dernier opus termine en crescendo et s’achemine vers une fin aussi terrible que laborieuse. Le héros, Nataniel Dresde, a une peine folle à rouvrir la porte des enfers qu’il a malencontreusement fermée. Et le rythme en souffre nettement. Dans l’ensemble, un ouvrage glaçant d’épouvante proche de l’univers de Dean Koontz, lequel aurait d’ailleurs su raconter la même histoire en trois fois moins de pages…

4/5

 

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13/02/2017

L'ère du diable (J.B. Leblanc)

L'ère du diable.jpgAu Brésil, Cesare, prêtre exorciste est assassiné à l’intérieur d’une église. En France, Coraline, prostituée, s’intéresse à un client un peu étrange qui n’est autre que Nathaniel Dresde. En Italie, quatre hauts responsables du Vatican se réunissent en secret pour faire le point : le père Cesare est le troisième exorciste assassiné en très peu de temps. C’est très inquiétant et ne peut pas être une simple coïncidence. D’autant plus que le père Fantino, autre exorciste, a disparu de façon mystérieuse. Quant au commandant Marchegiani, il ne se remet pas de son échec dans l’affaire Kolber. Il est persuadé de la culpabilité de Dresde mais, sans preuve indiscutable, il ne peut rien faire…

« L’ère du Diable » est le deuxième tome de la trilogie paranormale proposée par J.B.Leblanc. Cette histoire relève du thriller ésotérique et fantastique avec un nouveau palier franchi dans l’horreur et l’épouvante. Contrairement au premier tome où l’on revenait souvent en arrière, cette fois, cela se produit beaucoup moins souvent, ce qui permet un bien meilleur rythme de narration. Les évènements s’enchainent à toute allure, l’horreur s’amplifie, le complot luciférien prend de l’ampleur. Le diable ne s’attaque plus seulement à l’Église catholique mais aussi à l’islam et même au judaïsme ! Il se permet une véritable hécatombe d’exorcistes et toutes sortes de destructions improbables comme dans la scène du pont Charles. Les personnages, et particulièrement celui de Nataniel Dresde, prennent de l’épaisseur, de l’ampleur et de l’intérêt. L’intrigue est haletante et menée avec brio. Seul petit reproche : encore des approximations lexicales et des coquilles qui agacent un peu le lecteur attaché à la précision de la langue. Au bout du compte, un très bon et très effrayant ouvrage à déconseiller aux cartésiens et aux âmes sensibles quand même !

3,5/5

 

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11/02/2017

Le cauchemar de Cassandre (J.B.Leblanc)

Le cauchemar de Cassandre.jpgUn tueur à gages abat un chef d’entreprise à la sortie d’une boîte échangiste… Alors qu’il est en train de fermer son église, un curé au physique de rugbyman surprend plusieurs étranges jeunes femmes se livrant à des pratiques obscènes… Pour pouvoir avancer dans son enquête, un jeune policier ambitieux cherche à entrer en contact avec un médium par le biais d’un site internet… Ancien gradé de services de police prestigieux, Nathanaël Dresde qui s’est fait affecter dans un commissariat de quartier, reste un exemple et une énigme pour tous ses collègues.

« Le cauchemar de Cassandre » est un gros pavé (735 pages) de thriller fantastique tout à fait original à la fois par sa construction très séquencée et cinématographique et par son intrigue très axée sur le paranormal, l’ésotérisme et le satanisme. Au long de cette histoire inachevée, les cadavres s’accumulent dans une ambiance glauque, gore, empestant le stupre et le soufre. Plusieurs scènes d’horreur pourront être à déconseiller aux âmes sensibles. Cet ouvrage aurait pu être une belle réussite dans la lignée de Stephan King ou de Dean Koontz si l’auteur avait un peu moins tiré à la ligne, répétant deux à trois fois le même épisode ou se laissant aller à divers développements philosophiques ou théologiques qui ralentissent l’action un peu trop à mon goût. Le style de l’auteur est fluide, efficace et agréable si on ne tient pas compte de quelques concordances de temps erratiques, d’erreurs syntaxiques et autres coquilles entachant parfois la lecture. On note également la présence et l’utilisation d’un Minitel, ce qui date un peu beaucoup. Au total, un ouvrage intéressant et qui ne laisse pas indifférent dans la mesure où le lecteur s’attache au personnage de la malheureuse Cassandre, ex-top-model persécuté par les engeances sataniques et beaucoup moins au flic psychopathe. Reste à savoir si J.B. Leblanc transformera l’essai dans le deuxième tome de la trilogie.

3/5

 

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09/02/2017

Rovolution (Patrick Samuel Vast)

 

Rovolution.jpgL’inspecteur du travail Wilfrid Johnson arrive sur un chantier de construction tenu par des androïdes dirigés par un chef de chantier humain, Georges Lerbhaïm. Trouvant que les mesures de protection en faveur des robots sont très insuffisantes, Wilfrid inflige à Georges une amende représentant trois mois de son salaire. Dans ce monde futur, les androïdes qui sont en passe de remplacer les humains pour toutes les tâches, ont plus de valeur qu’eux et la R.I.C. (Robotic Innovation C°) ne plaisante pas avec la sécurité de ses machines. Catherine Hermanov a confié la garde de son fils autiste à Ted, autre androïde de la R.I.C. Paul, membre de la confrérie des Génésistes qui prône le retour à la valeur travail lui rend visite pour lui en faire l’amer reproche…

Dédié à Asimov, grand maître des robots, « Rovolution » est un roman d’anticipation et de science-fiction qui nous présente un futur rien moins qu’inquiétant. Il y a du « Meilleur des monde » et du « 1984 » en pire dans cet ouvrage. On ne sait qui, des trois forces qui s’affrontent, la multinationale sans foi ni loi, la secte bornée et fanatique ou le syndicat lancé dans une révolution sans issue, propose un quelconque espoir pour une humanité désespérée. Aucun manichéisme chez Patrick S. Vast, mais une fine réflexion sur divers thèmes comme l’avenir de l’homme éjecté du monde du travail et maintenu dans une oisiveté forcée, le fanatisme religieux des sectes, la manipulation des foules, l’euthanasie et l’asservissement de l’individu réduit à l’état d’ilote ou de robot. L’intrigue est intéressante, bien menée et pleine de rebondissements. Les personnages, un peu archétypaux, restent attachants quand même. Le style de l’auteur étant fluide, agréable et efficace, il est difficile de lâcher le livre avant la fin qui n’en est pas une d’ailleurs, vu que l’éditeur, « L’IvreBook », nous réserve une suite à ce tome 1 semble-t-il.

4/5

 

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05/02/2017

Dreamers (Kane Banway)

Dreamers.jpgDans un futur indéterminé, Paris, écrasé de chaleur et vivant un éternel crépuscule, n’est plus très loin de l’agonie. La mer a tellement monté qu’elle arrive maintenant jusqu’au pied de l’Arc de Triomphe. Et pour ne rien arranger, les savants ont revu tous leurs calculs : le soleil n’aurait plus qu’une durée de vie d’environ 22 ans. Nami vit seule dans un « appi », sorte d’appartement-placard. N’ayant plus de crédit sur son compte, elle en est réduite à tricher pour accéder aux bains publics et se rafraîchir un peu. Et voilà que son voisin Sébastien lui propose de l’accompagner pour faire une découverte…

« Dreamers » est une nouvelle d’une cinquantaine de pages fort bien écrites. Le cadre apocalyptique de l’histoire est bien rendu et donne envie. Le personnage de Nami est crédible et intéressant. Dommage que l’intrigue soit peu étoffée. On aurait aimé plus de développement, plus de péripéties. En un mot, on reste sur sa faim avec une chute en « happy end » totalement invraisemblable vu le contexte. En effet, il semble difficile de faire la part du rêve et envisager de mettre au monde une descendance alors que le futur est aussi désespérément bouché !

3/5

 

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03/02/2017

La roue tourne (Collectif)

la roue tourne.jpgUn dernier tour de grande roue pour un couple qui va se séparer… Un homme est intéressé par une annonce bizarre… Un plombier musicien connait le succès sur le tard… Lolita, 12 ans, en a assez de vivre dans sa famille d’accueil… Un débile mental provoque un carnage dans un supermarché… Un autre se livre à une séance de masturbation qui finit mal… Dans un café, une étudiante attend l’heure de son cours de philo… En répétant le rôle de Marc-Antoine, un acteur fait une importante découverte… Un homme assiste impuissant aux derniers instants de sa mère…

« La roue tourne » est un recueil de onze nouvelles proposées par la revue Squeeze. Comme toujours dans ce genre de production, le moyen côtoie le médiocre et l’excellent l’insignifiant. On ne trouve pas plus d’unité de ton que de thème commun. Quelques textes donnent l’impression de remplissage, d’écriture au fil de la plume. L’indulgence veut qu’on jette un voile pudique sur ceux-là ! En revanche, trois textes méritent amplement le détour : ceux de Raginel, Philippe Azar et Marianne Desrosiers. Une nouvelle dépasse toutes les autres autant pour son style de grande qualité que pour son originalité. Il s’agit de « Tête morte » de Christophe Siebert, un petit bijou d’horreur cauchemardesque et de fantastique du quotidien. À ne pas manquer d’autant plus que cet ouvrage est en libre accès !

3,5/5

 

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01/02/2017

Ça bouge dans le prêt-à-porter (Jean Dutourd)

Ça bouge.jpgComment écrire dans les journaux, parler à la radio ou à la télévision ? Comment faire carrière dans la communication ? Comment raconter la vie du monde aux braves gens et leur imposer une pensée calibrée mais aussi un langage frelaté ? Pourquoi tout le monde s’appelle-t-il « Coco » ? Quels sont les grands principes du journalisme ? En quoi consiste le fameux « kilomètre sentimental » ? Comment écrire une bonne critique littéraire ? Quelles sont les bonnes locutions à utiliser ? Qu’est-ce qui se dit et ne se dit pas dans ce milieu bien particulier ?

C’est à toutes ces questions et à quelques autres que répond cet ouvrage malicieux sous-titré « Traité du journalisme » qui aurait d’ailleurs pu s’intituler « Rien de nouveau dans le prêt-à-penser » car la conclusion s’impose d’elle-même : rien ne bouge depuis des lustres. Tout reste d’une grande conformité bien-pensante dans cette profession plus décriée aujourd’hui qu’en 1989 quand ce livre parut. Dutourd pouvait y dresser le portrait de trois grands patrons de presse de son époque, Brisson pour le Figaro, Beuve-Méry pour le Monde et Lazareff pour France-Soir qui honoraient la profession. (Peut-être la partie la plus intéressante du livre.) Quoi que l’étude des tics linguistiques, de la manie des américanismes, de l’abus des poncifs et autres images usées jusqu’à la corde soit un véritable régal pour connaisseurs. Avec toujours autant de finesse et d’humour, Dutourd rhabille élégamment tous ses confrères pour plusieurs hivers. Après tout, qui aime bien châtie bien !

4/5

 

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28/01/2017

La gauche la plus bête du monde (Jean Dutourd)

la gauche.jpgL’État qui pratiquait déjà le mécénat a laissé Van Gogh sombrer dans la folie et crever de misère, car il lui préférait des peintres plus accessibles qu’on appelait à l’époque « Pompiers »… Preuve qu’il sous-entend qu’il sait tout faire, qu’il peut tout gérer, même l’économie… La punition de cette marque évidente d’orgueil ne tarde pas : il ruine le pays au lieu de le gérer sainement… La partie n’est jamais égale entre l’homme et la femme. Les femmes sont bâties en acier et les hommes en caoutchouc. Ils sont toujours prêts à accepter tous les compromis… Le spectacle de notre pauvre gouvernement se débattant dans des difficultés sans nombre nous enseigne qu’en politique, il est une chose encore plus dangereuse que de faire des promesses, c’est de les tenir…

« La gauche la plus bête du monde » est un recueil rassemblant diverses chroniques et articles parus tout au long de l’année 1984 dans le journal France-Soir. Jean Dutourd y faisait œuvre de polémiste et de philosophe du quotidien. Avec son esprit paradoxal et perspicace, il analysait aussi bien les évènements politiques que les faits divers ou les mouvements sociaux. Relire ces textes plus de trois décennies plus tard peut permettre de se replonger dans une époque à la fois proche et lointaine et s’apercevoir que si certaines choses ont bien changé, d’autres sont restées immuables et surtout que les analyses fines et humoristiques du trublion des lettres sont toujours aussi agréables à découvrir…

3,5/5

 

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