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04/11/2017

Pour un arpent de terre (Claude Michelet)

Pour un arpent.jpgEn 1879, alors que la guerre du Pacifique oppose le Chili à la Bolivie et au Pérou, Pauline et Antoine poursuivent leur implantation en Amérique du Sud en diversifiant leurs activités. Mais Martial et Rosemonde, eux, sont retournés en France. Atteinte du mal du pays, Rosemonde est retournée à Bordeaux où elle goûte aux plaisirs de l’oisiveté et ne compte pas du tout franchir à nouveau l’Atlantique. Pendant ce temps, de l’autre côté, leur ami banquier et financier, Herbert Halton ayant été capturé par une bande de guérilleros lors d’une expédition dans le désert, Antoine et Edmond se lancent à sa recherche et mettent tout en œuvre pour le délivrer. Dans cette mission difficile, ils seront aidés par Romain Deslieux, un prospecteur français qui a eu bien des mésaventures et qui deviendra bientôt leur ami et partenaire commercial…

« Pour un arpent de terre » est la passionnante suite des « Promesses du ciel et de la terre », saga sud-américaine de Claude Michelet. Dans ce tome, l’auteur fait encore plus œuvre d’historien que dans le précédent. En effet, la plus importante part de la narration est consacrée aux épisodes d’une guerre assez mal connue mais qui fut d’une folie et d’une cruauté peu commune. L’attaque d’Arica, la prise de Lima et les pillages qui s’ensuivirent sont très minutieusement décrits. Les rebondissements et les péripéties se succèdent à un rythme accéléré à tel point qu’il est difficile de lâcher le livre pourtant assez épais (487 pages). De plus en plus attaché aux personnages, le lecteur ne peut s’empêcher de vouloir connaître leur évolution dans ce monde rude et exaltant où tout est à construire et parfois malheureusement, à détruire !

4/5

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01/11/2017

L'autre côté de nulle part (Jean-Pierre Fontana)

L'autre côté.jpgEn classant livres et papiers d’un oncle défunt, un homme tombe sur un très étrange manuscrit… En Afrique, Tarz'an, l’homme-singe, suit à distance une colonne d’hommes blancs partis à la recherche d’une ville souterraine… Un Martien aussi caoutchouteux qu’indiscret, débarque à l’improviste chez un couple qui n’arrive plus à s’en débarrasser… Chaque fois que la Ville s’agite, Erwin le Serviteur doit intervenir pour rétablir l’ordre à n’importe quel prix… Un enfant rêve qu’une étoile vienne le chercher… Deux péripatéticiennes se plaignent de la musique diffusée par une de leurs ex-consœurs… Dans un Far-West quelque peu virtuel, le chasseur de primes Slim Dakota n’en finit pas de pourchasser l’affreux Ramirez, violeur et tueur d’une petite fille…

« L’autre côté de nulle part » se présente comme un recueil de 16 textes variés repris de diverses revues comme « Galaxies », « Gandahar », « Mercury », « Science-Fiction Magazine » et quelques autres. Quelle variété dans cette compilation ! Le lecteur y trouvera des nouvelles bien sûr, mais aussi un conte philosophique, un livret d’opéra-rock, une fable en hommage à La Fontaine et même une parodie désopilante de science-fiction. Le fond n’est pas en reste. Jean-Pierre Fontana exerce son indéniable talent dans tous les domaines de l’imaginaire : le fantastique, la fantaisie, la SF, l'horreur et même le scénario de jeu vidéo (« Demain matin au chant du colt », à mes yeux la meilleure nouvelle avec « Le Martien » et « L’autre côté de nulle part »). Que de facettes à son imagination ! Il y en a pour tous les goûts. Et, excepté le livret à la Manset et quelques clins d’œil en forme d’hommage, tout est bon et agréable à lire dans cet ouvrage édité avec soin par Armada. (Papier de qualité, couverture superbe de Lohran). À ne pas manquer !

4/5

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29/10/2017

Puynègre (Brigitte Le Varlet)

Puynègre.jpgEn 1840, Adeline Fabre, jeune veuve d’un général d’empire, gère Puynègre, une jolie propriété située en plein Périgord noir, quelque part entre Limeuil et Le Bugue. Son beau-fils, Jérôme, s’apprête à entreprendre un voyage en Orient, périple fort à la mode chez les nantis de l’époque. De vieilles amies demandent à Adeline de bien vouloir permettre à un certain Monsieur de Céré d’avoir accès aux ouvrages de la bibliothèque de Puynègre pour ses études sur l’architecture du cloître de l’abbaye de Cadouin. Mais le personnage en plus d’un intellectuel et d’un esthète est également un jeune et charmant dandy pétri d’idées romantiques qui vit la plupart du temps à Paris et fréquente les milieux intellectuels et littéraires. Adeline tombe vite amoureuse de ce beau ténébreux…

« Puynègre », suite de « Fontbrune », est un roman sentimental placé dans un contexte historique et de terroir particulier. Avec beaucoup de précisions et de détails très vraisemblables, l’auteur s’attache à faire vivre tout un petit monde provincial et parisien tout en déroulant une histoire d’amour assez classique au bout du compte. Au-delà de l’essentiel de ce gros roman principalement consacré aux émois et ébats de nos deux héros, l’accessoire, c’est-à-dire le contexte, la vie et les mœurs de la bourgeoisie et de la petite noblesse périgourdine très minutieusement décrits est sans doute le versant le plus intéressant de cet ouvrage bien écrit et fort agréable à lire. La plume de Mme Le Varlet a quelque chose de balzacien tout à fait plaisant.

3,5/5

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23/10/2017

L'iglou (Paul-Emile Victor)

l'iglou.jpgEn 1934, Paul-Emile Victor, encore un tout jeune homme, organise sa première expédition polaire au Groenland en compagnie de Michel Perez, Robert Gessain et Fred Matter. Le célèbre commandant Charcot les débarquent sur l’inlandsis où ils comptent séjourner plusieurs mois en compagnie d’une tribu d’autochtones. Ils veulent vivre parmi les eskimos et surtout comme les eskimos. Plus tard, ils tenteront le pari fou d’une traversée complète en traineaux à chiens, une première française où ils furent à un doigt de trouver la mort. Puis un long séjour de plus d’un an sur la banquise. Paul-Emile Victor fera la connaissance de la belle Doumidia qui sera sa fidèle compagne, se bâtira une cabane et sera même atteint par le scorbut…

En dépit de son manque évident d’actualité, « L’iglou » reste un récit culte d’aventures et d’exploration. Le lecteur qui voudra bien s’y plonger découvrira un monde complètement inconnu, totalement hostile où la survie est plus que précaire. Les chiens sont les variables d’ajustement. Comme les chameaux des déserts de sable, sans eux pas de possibilité de se déplacer sur de grandes distances. L’auteur leur consacre un grand nombre de pages et même la majeure partie de l’ouvrage. Les conditions de vie sont tellement difficiles que les hommes n’hésitent pas à les sacrifier le moment venu, aussi attachés à eux soient-ils. Le côté ethnographique de l’ouvrage est sans doute le plus intéressant, d’autant plus qu’à cette époque, l’auteur a pu connaître le mode de vie ancestral des eskimos, celui d’avant les motoneiges, le Coca-Cola, la télévision et autres facilités modernes. Livre toujours à conseiller aux amoureux des grands espaces et de la nature sauvage.

4/5

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14/10/2017

Les promesses du ciel et de la terre (Claude Michelet)

Promesses.jpgNégociant en vin originaire de Lodève, Martial se retrouve à Paris au beau milieu des troubles des toutes dernières heures de la Commune. Dans le quartier de Grenelle repris par les Versaillais, il tombe sur Pauline, une jeune repasseuse qui vient juste d’être arrêtée par quatre gendarmes. Il l’aide à leur fausser compagnie et part avec elle se réfugier au fin fond de la Corrèze. Là, il y retrouve Antoine, ancien militaire récemment démobilisé dont la ferme familiale vient de brûler. Sans grandes perspectives les trois jeunes gens auxquels se joint bientôt Rosemonde, la bonne amie de Martial, envisagent d’émigrer en Amérique du Sud où ils espèrent réussir dans le commerce…

« Les promesses du ciel et de la terre » est un roman un peu de terroir de par le cadre et les personnages et beaucoup d’aventures, car les rebondissements et péripéties ne manquent pas dans cette histoire palpitante et fort bien menée qui aurait d’ailleurs très bien pu être authentique. Elle fait penser à celle des fameux « Barcelonnettes », ces pauvres paysans de la vallée de l’Ubaye qui s’expatrièrent au Mexique et qui, fortune faite, revinrent au pays pour se faire construire de magnifiques demeures. Le style de Claude Michelet est fluide, vivant et agréable. Le livre se dévore d’une seule traite. Les embûches ne manquent pas sur la route des quatre héros : tremblements de terre, incendies, vols, sans oublier un égarement dans le désert qui faillit être fatal à l’un des protagonistes. Un livre tonique, revigorant et optimiste qui montre qu’avec du courage, de l’honnêteté et de la ténacité, l’on peut venir à bout de tout. Des personnages positifs et très humains et une belle leçon de vie au final. À ne pas rater.

4,5/5

08:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

08/10/2017

Viol d'anges (Martine Bouillon)

viol.jpgSubstitut du procureur auprès du Tribunal de Bobigny, Martine Bouillon s’est intéressée au problème de la pédophilie en traitant certaines affaires. Elle a été ulcérée de voir des adultes se servir d’enfants innocents comme de simples objets sexuels et encore plus révoltée de constater l’omerta, la chape de plomb qui s’abat dans la plupart des cas. En 1996, elle représenta la France au congrès de Stockholm où de nombreux pays furent réunis pour débattre du drame de l’exploitation des enfants dans le monde et pour se fendre d’une belle pétition de principe. Elle clame dans ce livre que la pédophilie qu’il serait préférable de nommer « pédomanie » reste le plus terrible crime contre l’humain, les enfants violés, victimes d’attouchements ou de sévices sexuels, étant détruits à tout jamais.

« Viol d’anges » est un essai approfondi sur ce fléau mal perçu et mal combattu. L’auteur s’attache à analyser ce qu’elle a compris du phénomène, détaille les portraits des délinquants sexuels, précise qu’ils peuvent avoir tous les profils, venir de n’importe quel milieu social et souvent avoir été eux-mêmes violés dans leur propre enfance. La victime devenant à son tour bourreau. Les explications philosophiques, sociologiques et psychologiques ne manquent pas. Il est assez dommage que le propos ne soit étayé que par de vagues allusions à l’affaire Dutroux et au tristement célèbre Gilles de Rais. Rien sur les réseaux, filières, pourvoyeurs et autres sociétés secrètes fréquentées par des gens très respectables dont les turpitudes ne doivent jamais être révélées au petit peuple. Et pas grand-chose non plus sur le tourisme sexuel dans le tiers monde. En se refusant à « détailler les horreurs pour éloigner les voyeurs », comme elle le dit, l’auteur se maintient dans le vague, le flou, le général et au bout du compte dessert plutôt sa cause. Ce qui est bien dommage.

2,5/5

08:28 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

03/10/2017

L'enceinte concentrationnaire (Jérôme Lejeune)

l'enceinte.jpgÀ Maryville (Tennessee) se déroule un procès sans précédent dans l’histoire de l’humanité, celui de la mise à disposition de la mère, Mary Davis, de ses sept embryons congelés alors qu’elle est divorcée. Les époux Davis ont eu toutes les difficultés à créer une famille. Mary ayant multiplié les grossesses extra-utérines, ils ont eu recours aux fécondations in vitro, sans le moindre succès. Après une tentative d’adoption qui n’a pas été menée à bien, ils ont accepté de passer par la cryogénie. Neuf ovocytes ont été prélevés sur la mère. Tous ont été fécondés avec succès grâce au sperme du père. Les deux qui ont été implantés n’ont pas permis une grossesse viable. La mère voudrait maintenant disposer des sept restants. Le tribunal rendra-t-il un jugement de Salomon ? Jérôme Lejeune, éminent professeur de génétique fondamentale à l’Université René Descartes vient de sa propre initiative témoigner à la barre…

« L’enceinte concentrationnaire » est la transcription au mot près du procès-verbal et des minutes d’un procès qui eut lieu en 1989 et qui fut déterminant pour définir avec précision le moment où l’on peut parler d’un être humain même en devenir. Pour certains, il y aurait un stade de pré-embryon tant que le système nerveux ne serait pas mis en place. Pour Jérôme Lejeune, ce concept ne repose sur rien de sérieux car dès la fécondation tous les éléments constitutifs sont mis en présence et le processus enclenché n’aura plus jamais besoin de rien. Sitôt conçu, un homme est un homme et mérite le même respect aussi minuscule et démuni soit-il. Simple rappel de la sagesse des peuples et du serment d’Hippocrate. Un livre scientifique d’abord relativement facile. Un hymne à la vie, plein d’humanité et de bon sens, qui remet les choses en place.

4,5/5

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28/09/2017

Ma mort et puis après (Lyne Léon)

ma mort.jpgVictime d’un très grave accident de la route, une jeune femme tombe dans un coma profond. Son esprit se détache de son corps et elle se retrouve dans une NDE (Near death expérience) assez longue. Quand elle reprend véritablement conscience, c’est pour découvrir qu’elle est défigurée, recousue de partout, incapable de se lever et qu’elle souffre le martyre. Un chirurgien classique et absolument pas spécialiste en esthétique rate son intervention sur ses paupières. Et ce n’est que le début du calvaire que doit endurer cette pauvre femme pour revenir vers la vie.

« Ma mort et puis après » est un témoignage qui malheureusement ne se cantonne pas au voyage aux confins de la mort. Celui-ci est d’ailleurs évoqué de façon totalement impressionniste, par petites touches qui ne donnent qu’une idée très vague de ce que doit être cette expérience. Très vite le livre tourne au drame et même au mélodrame. L’héroïne accumule les malheurs et les déboires. En plus de son calvaire personnel, autour d’elle c’est l’hécatombe : elle perd son mari suite à un cancer, puis sa mère et enfin la fille de son nouveau compagnon, elle aussi victime d’un accident de la route. Un livre assez intéressant malgré tout, bien écrit quoi qu’un peu confus, mais à déconseiller à celles et ceux qui n’ont déjà pas trop le moral !

3/5

08:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/09/2017

Marianne et le pot au lait (Philippe Alexandre & Roger Priouret)

marianne et le pot au lait.jpgC’est la crise, le marasme. Et pas depuis hier. Il suffit de lire ce livre pour le réaliser. Le citoyen a l’impression de n’en plus jamais espérer voir la fin. Gouvernants et économistes devraient faire preuve de plus d’humilité dans leurs déclarations et dans leurs initiatives. Ils aiment bien nous faire prendre leurs hasardeux paris pour des certitudes. Quand ils annoncent que leur politique produira tel ou tel résultat, ils mentent effrontément. Aucun économiste ne peut vraiment dire comment les hommes, les collectivités, les peuples réagiront à telle ou telle mesure. C’est pour cette raison fondamentale que l’économie est une science inexacte, largement soumise aux caprices et aux aléas des évènements. Notre vieux pays est sclérosé, crispé sur ses vieux concepts, arcbouté sur ses acquis sociaux et depuis longtemps irréformable. Si on y ajoute des gouvernants peu portés sur l’économie ou tentés par toutes sortes de coquecigrues comme l’obsession de « faire payer les riches », comme la sottise du « c’est gratuit, c’est l’Etat » qui paie ou par les potions magiques du protectionnisme ou du colbertisme, on comprend que notre pays est fort mal barré et depuis fort longtemps…

« Marianne et le pot au lait » est un essai économique axé sur les années Mitterrand qui commencèrent par une relance ruineuse et des nationalisations idiotes pour déboucher, une année plus tard, sur une rigueur digne de Raymond Barre. Il est très instructif de lire aujourd’hui cet ouvrage bien écrit et bien documenté. L’analyse de la situation économique hexagonale est fine, intelligente et bien documentée. Il en ressort que depuis presque un demi siècle rien n’a vraiment changé. Les mêmes causes ont créé les mêmes effets. Les politiques continuent à patauger dans les mêmes marigots, proférer les mêmes calembredaines. Ce qui fut écrit à l’époque est malheureusement toujours valable aujourd’hui. Chômage, délocalisation, désindustrialisation, endettement, déficit de la balance commerciale, tous ces maux n’ont fait que croître et empirer. Un livre essentiel qui ne tombe pas dans les excès du pamphlet mais fait œuvre didactique, même à long terme.

4/5

08:25 Publié dans Economie, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

22/09/2017

G-Warriors

Roman disponible sur Amazon.fr version papier et ebook (cliquez sur le lien ci-dessous)

08:34 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)