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03/12/2016

Comment réussir sa vie sans être une rock star (Eric Scilien)

51IJXJdKOlL._AC_US160_.jpgEn Ardèche, un jeune couple n’en peut plus de devoir supporter le froid de l’hiver dans une caravane, le temps de retaper une maison dont il a sous-évalué l’ampleur des travaux de remise en état… Un athlète coureur du 400 mètres se prépare activement à participer aux prochains Jeux Olympiques quand il voit son destin basculer subitement… Jean-Louis Leroy, « la cinquantaine, employé municipal et ancienne graine de rock star », graine qui n’a pas réussi à germer, passe un très mauvais quart d’heure quand il se retrouve face à cousin Thomas, son parfait opposé, un homme qui a de l’or dans les mains…

« Comment réussir sa vie sans être une rock star » est un court recueil (132 pages) comportant trois nouvelles réalistes et naturalistes d’Eric Scilien, auteur qui, outre une faculté à proposer des titres aussi originaux que percutants, s’est déjà taillé une belle réputation de spécialiste du format court. Après avoir excellé dans le style « nouvelles noires », il en vient maintenant à un registre moins sombre, plus humain, plus social avec des histoires simples mais émouvantes, des personnages de braves gens tous plus attachants les uns que les autres (excepté l'homme au bras en écharpe de la première nouvelle bien sûr) et des intrigues parfaitement construites dans lesquelles le dérisoire le dispute à la malchance, sans oublier qu’une minuscule et ridicule victoire comme un lancer victorieux de noyaux de cerise permet au héros de retrouver confiance en lui. Le style fluide, efficace, agréable est moins minimaliste et plus travaillé que dans ses précédents opus. L’art de la narration, presque sous la forme de contes philosophiques (dans deux histoires sur trois), semble avoir atteint son apogée. Chaque texte minutieusement ciselé, est un mini-roman (surtout le premier et le dernier) presque au format d’une novella anglo-saxonne. Attention, lire cet ouvrage peut être source de frustration vu que le temps et le plaisir de lecture sont si courts qu’on regrette de si vite devoir quitter un ouvrage de pareille qualité.

4,5/5

 

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01/12/2016

Edition secrète (Divers auteurs)

édition secrète.jpgDans un monde où les livres sont devenus des raretés recherchées par les collectionneurs, Loukas est depuis des années à la recherche des Editions secrètes, les seules à produire encore des livres, quand il est attaqué par des pirates de l’air… Gwendal Kovacs a perdu sa femme Norma ainsi que son fils et sa belle-fille. Il vit seul avec son petit-fils Matthew qui a survécu à l’accident dans lequel ses parents sont morts… Dans une Phrace en proie à une interminable guerre civile, une vieille bibliothécaire en retraite, seule personne encore capable de fabriquer un journal papier, cherche à transmettre son savoir devenu rarissime… Un homme passe ses journées dans le métro pour évaluer les prestations artistiques de faux mendiants mais véritables comédiens qui doivent y présenter des textes littéraires… Un jeune handicapé tombe amoureux d’une de ses soignantes beaucoup plus âgée que lui. Celle-ci hésite longuement à succomber… Un étrange éditeur propose un contrat bizarre à deux auteurs prometteurs, Voltaire et Rousseau…

« Edition secrète » est un recueil de 19 nouvelles écrites par autant d’auteurs différents disponible gratuitement sur Internet. Après « Horrible monde » et « Feu », c’est donc la troisième offre de ce genre de la part de cette maison d’édition plus généreuse que les autres qui se contentent souvent d’extraits frustrants. Tous ces textes ayant en commun la notion d’édition secrète, tournent d’une manière ou d’une autre autour du thème du livre, de sa prochaine disparition et de la création littéraire. Tous les formats sont représentés, de la courte nouvelle d’une dizaine de pages jusqu’à la novella (« Le signe des demi-bêtes ») qui approche la centaine. Il en est de même pour les genres qui vont de l’anticipation la plus échevelée au sentimental un peu mièvre en passant par le fantastique, la science-fiction, l’horreur, et même l’historique plus ou moins uchronique. Comme toujours dans ce genre d’ouvrage, le lecteur y trouvera de l’excellent comme « Le marché » d’Emilie Duthieuw, du bon comme « Pirates du livre » de Lunahël ou « Lorem Ipsum » de Jean-François Benoît et malheureusement du moyen et même du médiocre que nous n’aurons pas la cruauté de désigner précisément. Une mention particulière pour « Des mots croisés par hasard » de Franck Leduc pour son originalité. Il faut donc lire cet ouvrage ne serait-ce que pour ces quatre pépites !

3/5

 

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29/11/2016

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitres 1 à 3)

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28/11/2016

Déserts d'altitude (Sarah Marquis)

déserts d'altitude.jpgL’expédition décrite dans ce livre consiste à longer à pied la Cordillère des Andes depuis Los Andes, non loin de Santiago du Chili, jusqu’au Machu Pichu. Soit 7000 km, 8 mois de marche en solitaire, trois pays traversés, le Chili, la Bolivie et le Pérou, trois cultures découvertes, celle des Aymaras, des Quechuas et des Incas, avec en prime la traversée du désert d’Atacama et celle du lac Titicaca en canoë, soit 220 km à la seule force des bras. Un environnement particulièrement hostile (nombreux passages à plus de 4000 mètres d’altitude, températures extrêmes, déserts, etc.) nécessite une logistique sans faille. C’est son frère Joël qui s’en charge. Ainsi disposera-t-il du ravitaillement de sa sœur grâce à des bidons enterrés tout le long du parcours. Ainsi l’accompagnera-t-il sur le lac avec un bateau plus important qui lui permettra de s’y reposer la nuit. Ainsi fera-t-il pendant des heures antichambre dans les administrations pour lui obtenir les laissez-passer indispensables…

« Déserts d’altitude » est un récit de voyage présenté plus sous la forme de notes impressionnistes que de véritable carnet de bord racontant par le menu toutes les péripéties de ce périple. On y trouve cependant un joli cahier de photos particulièrement intéressant. La plus émouvante est sans doute celle de la marcheuse avec un sac à dos de 18 kg sur le dos tirant une charrette de 45 kg. Un temps intéressée par le voyage avec un lama, elle essaiera ce mode de transport, mais renoncera très vite en raison du caractère fantasque pour ne pas dire capricieux de l’animal. On remarquera un grand nombre de dessins d’illustration ainsi qu’un glossaire et une bibliographie sur les peuplades andines. Le lecteur ressort admiratif devant le courage et la ténacité de l’aventurière, agacé de découvrir qu’en territoire quechua, elle doit se cacher en permanence, éviter les villages pour ne pas être importunée et même se mettre en danger et un peu sur sa faim, car il se pose encore beaucoup de questions sur cette expédition, même si Sarah Marquis en dévoile un peu plus que dans « Sauvage par nature ». Livre à conseiller aux amateurs d’aventures et de grands espaces.

4/5

 

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26/11/2016

Sauvage par nature (Sarah Marquis)

sauvage par nature.jpgSarah Marquis est une marcheuse au long cours d’origine suisse. Aussi téméraire que le célèbre Mike Horn, elle s’est lancé le défi de parcourir l’Asie du Nord au Sud à travers la Mongolie, le désert de Gobi, la Chine, le Laos, la Thaïlande et l’Australie, soit un périple d’environ trois ans dans des conditions particulièrement difficiles. En Mongolie, elle devra passer chacune de ses nuits, loin de tout village, en se cachant des autochtones, pour éviter de se faire voler, violer ou trucider. En Chine, où l’accueil ne fut guère plus chaleureux, elle fut reçue à coups de pierres par les enfants, arrêtée et persécutée par la police. Elle dut interrompre plusieurs fois sa progression pour toutes sortes d’ennuis de santé, mais jamais elle n’abandonna tant qu’elle n’atteignit pas son but :un certain arbre perdu dans le bush australien, endroit précis où elle avait rencontré et adopté son chien D’Joe, un red heller ou bouvier d’Australie qui l’accompagna dans sa première traversée du continent. En 2013, elle reçut le prix européen de « l’Aventurier de l’année », distinction amplement méritée au vu de ses exploits.

« Sauvage par nature » est un récit d’aventures et d’exploration tout à fait classique, dans la lignée de ceux de Bernard Ollivier (« La longue marche »), de Tesson et Poussin ou de Mike Horn. Pourtant Sarah Marquis semble avoir encore plus de mérite que ses prédécesseurs hommes, si l’on considère que, voyageant comme une femme seule, elle se retrouve souvent dans la peau d’une proie potentielle dans de nombreux territoires. À lire ce livre, on comprend que la réalité du terrain n’a pas grand-chose à voir avec les descriptifs des catalogues sur papier glacé des agences de voyages incitant à partir dans les-dits pays (seule exception, l’Australie où elle put bénéficier d’aide et de soutien désintéressé). Le style est fluide, clair, efficace. L’auteure sait faire partager ses souffrances, ses doutes, ses peurs. Le lecteur reste un peu sur sa faim car tout n’est pas conté par le menu comme dans un carnet de route classique. Il reste cependant admiratif devant tant de courage, de ténacité, d’audace et de résistance face à l’adversité. À conseiller aux amateurs de grands espaces et d’aventures authentiques.

4/5

 

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22/11/2016

C'est pour ton bien (Cindy Costes)

 

41ZUkuct8aL._AC_US160_.jpgLaetitia est une jeune femme un peu fragile qui a déjà deux enfants et qui s’est récemment séparée de Greg, son compagnon dépressif. Sous l’influence de sa mère et de Gaby, son amie d’enfance, elle se laisse mener par le bout du nez pour la plupart des décisions de la vie de tous les jours. Ainsi, quand elle découvre qu’elle est enceinte, ses deux mentors n’hésitent-elles pas à lui conseiller fortement d’avorter. Gaby prendra même rendez-vous pour elle. Mais Laetitia a comme un doute…

« C’est pour ton bien » est une nouvelle sociale et réaliste qui aborde avec brio plusieurs thématiques comme celles du rapport dominant-dominé, de la condition de la femme, du désir de maternité et surtout le problème de la prise de décision dans le cas d’un avortement. La plume de Cindy Costes est agréable, enlevée, rythmée. Le personnage de Laetitia avec toutes ses fragilités et ses manques de volonté nous touche et son histoire nous émeut. Ce drame de notre temps futile et agité trouve heureusement une fin en forme de happy end tonique et plein d’espérance. Comme quoi il ne faut jurer de rien. Les pires velléitaires peuvent parfaitement prendre soudain des décisions courageuses. Un texte agréable à lire. Une histoire positive. C’est toujours bon à prendre surtout quand c'est en libre accès.

3/5

 

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20/11/2016

Expresso Love (Chapitres 1 à 3)

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18/11/2016

Comment échapper à sa femme et à ses quadruplées en épousant une théorie marxiste (Tom Sharpe)

comment échapper.jpgPour Wilt, les prochaines vacances s’annoncent difficiles. Eva, sa gargantuesque épouse, vient de les faire inviter avec leurs quadruplées à passer l’été en Amérique, dans la propriété du richissime oncle Wally et de la tante Joan. Wilt, en bon prof libéral, ne supporte pas les remarques racistes du vieil homme, ses souvenirs des horreurs de la guerre contre les Japonais, les Coréens et les Vietnamiens et encore moins son anticommunisme primaire, secondaire et tertiaire. Pour sortir de ce piège, il s’invente un cours de théorie marxiste qui le dispense du voyage. Pendant qu’il part en randonnée pédestre, droit devant lui, à la découverte de l’Angleterre profonde, c’est le choc des civilisations outre atlantique. Eva et ses quadruplées teigneuses sèment involontairement ou non une pagaille monstrueuse chez leurs hôtes. Quant à Wilt, il a toujours le don pour toujours se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Ce quatrième épisode des aventures de Wilt (ce sont des histoires complètes qui peuvent se lire séparément) est un petit bijou d’humour british, de loufoquerie, de cocasserie et de « non-sense » (qui n’est pas exactement notre absurde). On se surprend bien souvent à éclater de rire devant les situations abracadabrantes qui se sont créées suite à un enchaînement de circonstances et de faits d’importance minime qui finissent par amener petit à petit à de véritables catastrophes. Tout aussi génial que « Panique à Porterhouse », il faut conseiller ce livre à tous ceux qui ont envie de passer un bon moment en oubliant tous les tracas de la vie quotidienne. Seule critique : le plaisir ne dure pas assez longtemps, car le livre peut se dévorer en une journée tellement il est passionnant et bien écrit. Un régal à ne pas manquer !

5/5

 

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16/11/2016

Ce que le jour doit à la nuit (Yasmina Khadra)

 

ce que le jour.jpgDans les années 30, le jeune Younès, fils d’un paysan ruiné, est confié à son oncle, pharmacien aisé d’Oran pour qu’il l’élève à l’européenne et lui permette d’échapper au sort misérable du reste de sa famille. Partisan du nationaliste Messali Hadj, le pharmacien est arrêté et soupçonné d’agissements indépendantistes. Il quitte la ville et se réfugie dans une petite bourgade, Rio Salado, où il pense trouver une vie plus calme. Les grands évènements de l’époque y parviendront atténués : la seconde guerre mondiale, les émeutes de 1945, la Toussaint rouge de 1954, la guerre d’Indépendance et l’exode des Pieds-Noirs. Au milieu de ce grand tourbillon, Younès grandira dans une ambiance d’abord fraternelle entre chrétiens, juifs et musulmans avant que tout ne se délite et qu’il ne reste seul à Rio avec au cœur son amour impossible pour Emilie, la petite française qu’il a connue enfant et dont le souvenir l’obsède.

Un roman d’amour impossible sur fond de drame historique avec des personnages attachants comme Younès ou Emilie ou hauts en couleurs comme les colons espagnols fiers de l’œuvre accomplie et sûrs de leur bon droit. Un style toujours aussi agréable, mais une histoire assez légère dans cette Algérie torrentielle, excessive, passionnée et douloureuse. Le plus intéressant est sans nul doute la description de la vie avant guerre. Les « évènements » sont traités de manière édulcorée. La description des histoires d’amour constituant l’essentiel d’un livre qui ne m’a pas semblé le meilleur de l’auteur.

3,5/5

 

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14/11/2016

Carnets du Cap Horn (Pierre Stephan)

 

carnets du cap horn.jpgLe brestois Pierre Stephan, capitaine à 25 ans de l’un des plus beaux et des derniers grands quatre-mâts à voile français, « le Félix Faure », fera onze fois le tour du monde de 1896 jusqu’à la guerre de 14 pour aller chercher le nickel de Nouvelle-Calédonie et le ramener en France ou en Angleterre. Il sera l’un des derniers témoins de la fin de la marine à voile, de l’époque mythique des grands clippers qui faisaient la course pour importer vers l’Europe le thé de Chine, la laine d’Australie ou les phosphates du Chili…

Dans ce livre, son petit-fils, Roland Paringaux nous présente une nouvelle version d’un recueil familial intitulé « Souvenirs de Pierre Stephan, capitaine cap-hornier » basé sur des enregistrements sonores recueillis de la bouche même de son grand-père. Il y a adjoint le journal de bord de sa jeune épouse, Marie-Jo, qui a pu l’accompagner dans trois de ses voyages. Ces deux témoignages croisés nous sont infiniment précieux à une époque qui voit le retour des grandes courses à la voile autour du monde (tel le Vendée Globe qui ne fait que suivre à nouveau cette route hyper dangereuse avec un luxe de moyens technologiques inconnus de nos anciens). Ils nous permettent de mieux comprendre leur courage, leur abnégation et leur modestie. Les Cap-horniers constituaient l’aristocratie de la mer dont les fiers voiliers, victimes du modernisme et des lois sociales finirent leurs jours à Saint-Nazaire, le long du sinistre quai La Martinière… Un livre témoignage utile pour l’Histoire et passionnant pour les amateurs de voile.

4,5

 

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