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02/01/2017

Un bouleversement majeur à venir dans le monde du travail (Divers auteurs)

Un bouleversement à venir.jpgChez Walkyrie, entreprise à la pointe de la technologie, Judith travaille quinze jours d’affilée, soit trois semaines ouvrées en environ quinze minutes de temps réel. Ce rythme lui permet de toujours conserver une longueur d’avance sur la concurrence… Cervelette a vingt ans de bons et loyaux services dans sa société informatique. Mais son rendement synaptique est en baisse. Elle met en danger tout le réseau sophistiqué de la Synapsium. Donc, elle est virée… Un terroriste réussit à pénétrer dans une enceinte industrielle ultra-secrète, hyper-protégée et hors Bios… Dans un monde totalement robotisé, l’humain n’a plus rien d’autre à faire qu’appuyer sur le bon Bouton…

Ce recueil de dix nouvelles d’anticipation et de science-fiction, proposé en lecture libre sur la plate-forme Atramenta, a pour fil conducteur la thématique du travail. Tous les textes ont donc un rapport plus ou moins lointain avec le thème proposé. Il ressort de leur lecture que pratiquement tous les auteurs, quel que soit leur style ou leur registre, ne lui voient pas un avenir très brillant. Certains vont même jusqu’à envisager sa disparition complète (comme dans « Nescience universelle ») et son remplacement par… le bénévolat obligatoire, autant dire une nouvelle forme d’esclavage particulièrement inhumaine. Un peu partout, que de sinistres perspectives : totalitarisme accru, robotisation de l’homme, perte de liberté, dictature du confortable, du futile et de l’inutile, et son cortège d’ennui et de dépression. Comme toujours dans ce genre d’ouvrage, l’excellent côtoie le bon et le passable. Trois nouvelles méritent largement le détour : « Les aiguilles du coma électrique », « Le bouton » et « Dans une mer de noir ». Certains sont de véritables contes philosophiques comme « La route du futur ». Tous présentent un certain intérêt, même si beaucoup se contentent de simples projections dans l’avenir en se basant sur la réalité actuelle.

3,5/5

 

08:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

29/12/2016

Des néons sous la mer (Frédéric Ciriez)

des néons.jpg« Le Fascinant », vieux sous-marin de la Marine Nationale termine une calamiteuse carrière le long d’un quai désert de l’anse de Paimpol. Il a été racheté par une société anonyme pour être transformé en bordel flottant. Une douzaine de prostituées indépendantes, aidées de quelques mâles, y accueillent des clients pour des prestations tarifées de gamme moyenne-haute car de nouvelles lois ont autorisé la réouverture des maisons closes. Beau-Vestiaire, le narrateur, chargé de recevoir les clients et de les débarrasser de leurs manteaux et blousons, présente l’établissement au lecteur…

Cet étrange opus, qui se voudrait relever de l’anticipation sociopolitique est présenté comme un premier roman. En fait, il ne relève guère du genre dans la mesure où il ne propose pas la moindre intrigue au lecteur. En clair, il ne se passe rien dans ce bouquin. Dans un fouillis de truismes et de clichés complètement éculés sur la prostitution et la condition féminine, nous avons droit à d’arides descriptions de sites, villes ou paysages dignes d’un vulgaire guide touristique, à des divagations sur les diverses couleurs de l’arc en ciel et de temps en temps à des paragraphes barrés. Cette technique qui permet à celui qui sait ne pas en abuser de mettre en parallèle des idées ou des langages contradictoires pour arriver à des effets comiques ou ironiques, tombe ici complètement en porte à faux. Les parties barrées sont totalement inutiles. L’auteur aurait été bien inspiré de les épargner à son malheureux lecteur ! Un profond ennui se dégage de cette œuvrette. Quoi de plus normal avec pareil sujet. Sexe à chaque détour de phrase, cela tourne à l’obsession et devient vite aussi lassant et aussi convenu qu’un film porno. N’est pas Miller, Bukowski, Sade ou Boccace qui veut. Seule petite lumière dans cette triste traversée de ce désert littéraire faussement poétique : les biographies assez amusantes des péripatéticiennes.

2/5

 

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27/12/2016

Des morts qui dérangent (P.I.Taïbo II - Sous-commandant Marcos)

Des morts.jpgUn certain Alvarado, récemment assassiné, téléphone d’outre-tombe pour accuser une sombre crapule d’extrême-droite, Morales, de crimes, trahisons et de nombre d’exactions tant à Mexico qu’au Chiapas. Le sous- commandant Marcos nomme un indien, Elias Contrarios pour mener l’enquête et retrouver Morales. Il sera aidé dans sa tâche par Hector Belascoaran, détective borgne qui « voit seulement la moitié de ce que voient les autres mais de manière plus nette » et héros récurrent des romans de P.I.Taïbo II, ainsi que d’un groupuscule zapatiste appelé « Personne ».

Improbable roman policier ne s’encombrant pas trop de vraisemblance, ce livre écrit à quatre mains avec le célèbre sous-commandant Marcos, personnage emblématique de la contestation indienne, devrait rencontrer le succès de curiosité escompté par l’éditeur. Il est bien évident que l’intérêt d’un tel bouquin n’est ni dans son intrigue peu élaborée, ni dans le style de ses auteurs (langage parlé pour Taïbo et rapport type comité central pour Marcos) mais dans la description apocalyptique d’une société mexicaine en proie à mille maux: corruption, prévarication, assassinats, trahisons, tueries et saccages en tout genre. Si l’on croit ce qu’on nous raconte, c’est pire que tout ce qu’on peut s’imaginer vu d’ici. Bien entendu, ce genre de texte relève plus de la propagande que de la littérature avec son côté manichéen (les gouvernements sont tous pourris, les zapatistes tous charmants) un tantinet agaçant à la longue.

2,5/5

 

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25/12/2016

Les bons Samaritains (Conte de Noël)

08:36 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/12/2016

Des bibliothèques pleines de fantômes (Jacques Bonnet)

 

bibliothèques.jpgQuand on est un bibliomane, un lecteur compulsif ou un textonaute comme moi, on ne peut qu’être intéressé par un livre portant un tel titre. Accumuler des livres par souci de collection ou par passion de la lecture ou pour les deux à la fois, tient de la manie voire du vice et pose beaucoup de questions : que faire de tous ces ouvrages qui s’accumulent dans les rayons et qui sournoisement envahissent tout votre lieu de vie ? Comment classer les volumes ? Par genre, par date, par pays, par ordre alphabétique ou par thème ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs brouillés dans la réalité ?

A toutes ces questions et à quelques autres, ce petit opus de 139 pages tente de répondre en demeurant œuvre d’érudit. A part quelques anecdotes où l’on apprend que Pessoa a tenté de devenir bibliothécaire et que Matisse a postulé en vain pour un poste de « contrôleur du droit des pauvres », ce livre ne nous apprend pas grand-chose sur les livres, les écrivains, les lecteurs et leurs antres envahissants, les bibliothèques…

2/5

 

08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/12/2016

Déclic (Patrick Cauvin)

déclic.jpgRonald Dunand est un écrivain qui a obtenu une certaine notoriété mais qui, devenu un peu dépassé, se retrouve en panne d’inspiration. Un après-midi, en attendant un rendez-vous d’affaires dans un grand hôtel parisien, il surprend sa femme au bar alors qu’elle était censée être partie au chevet de sa mère souffrante. De plus, elle a rendez-vous avec un inconnu qui lui remet une mallette. Dunand prend sa femme en filature, mais elle lui échappe très vite en profitant d’un magasin de bagages disposant de deux entrées. Le mystère s’épaissit et ce ne sont pas les apparitions d’un espion ventripotent et d’une gitane à demi-folle qui vont éclairer la lanterne du pauvre écrivain…

Roman à suspens et à intrigue tarabiscotée, « Déclic » promène gentiment le lecteur dans une histoire sans queue ni tête jusqu’à un dénouement assez prévisible. Le style de Cauvin est toujours agréable avec cette manière personnelle de s’adresser au lecteur comme à un ami. Un peu moins d’humour que dans « Les pantoufles du Samouraï », mais toujours cette distanciation élégante qui fait son charme. Le passage permanent de la première personne du singulier à la troisième n’apporte pas grand-chose. On passe néanmoins un agréable moment.

Citation : « En fait, écrire l’avait déchargé de tout. Il bricolait dans la fiction, ce qui l’empêchait de plonger dans le réel. La réalité était bonne pour ceux qui ne savaient pas inventer des vies différentes de la leur. »

4/5

 

08:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/12/2016

Le loup et le renard (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

08:31 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/12/2016

Debout les morts (Fred Vargas)

debout les morts.jpgUn matin, une ancienne cantatrice célèbre découvre dans son jardin un arbre qu’elle ne connaît pas. Elle s’inquiète, elle en perd le sommeil alors que son mari ne s’y intéresse pas le moins du monde. Elle finit par demander de l’aide à trois étudiants en Histoire qui habitent la maison voisine. Elle leur demande de creuser sous l’arbre, au cas où… Bien sûr, ils ne trouvent rien. Un peu plus tard, la cantatrice disparaît et on croit retrouver sa dépouille calcinée…

Ainsi débute une enquête policière menée par trois étudiants et un vieux commissaire ripoux et déchu, Vandoosler, sorte d’Adamsberg un peu plus âgé. Cette fois, Fred Vargas a vraiment travaillé son histoire. Les rebondissements et les fausses pistes ne manquent pas. Il faut vraiment aller jusqu’au bout pour découvrir le pot aux roses. Un roman policier de facture ultra classique, digne des grands spécialistes du genre. Seul léger reproche : le style est un peu verbeux, on se perd dans des détails inutiles, mais on passe néanmoins un bon moment… Pour les amateurs du genre…

4/5

 

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17/12/2016

Darwinia (Robert Charles Wilson)

Darwinia.jpgEn Mars 1912, l'Europe et une partie de la Grande Bretagne disparaissent subitement pour être remplacées par un continent inconnu à la faune et à la flore non terrestre que l'on appelle la Darwinie. Le jeune photographe Guilford Law se passionne pour le sujet qu'il considère comme une énigme scientifique à résoudre et non comme une intervention divine. Il participe à la première grande expédition d'exploration qui arrive à s'enfoncer au coeur de ce continent sauvage, inconnu et quasiment vierge de toute présence humaine. Il ne sait pas encore qu'il va devoir affronter de terribles dangers et remettre en cause quasiment toutes ses certitudes.

Ce livre qui démarre sur un thème que n'aurait pas renié le grand Jules Verne, se poursuit le long des rivages de la science fiction la plus échevelée pour s'achever en apothéose dans la fantaisie, le fantastique pour ne pas dire la poésie la plus démentielle. R.C.Wilson, qui nous a donné plus récemment "Spin", mérite largement sa place parmi les grands de la littérature d'imagination tant son talent est original, sa plume alerte et son ambition singulière. Oeuvre étrange et passionnante qui aborde autant les thèmes de la SF d'aventure classique que ceux de l'immortalité, des passerelles entre les mondes ou des couloirs du temps. Livre inclassable qui peut surprendre et révulser les esprits cartésiens et rationalistes. Mais n'est-ce pas le propre des grandes œuvres ?

4/5

 

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13/12/2016

Crack (Tristan Jordis)

crack.jpgLe crack est un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et/ou d’ammoniaque qui se présente sous la forme de petits cailloux qu’il faut chauffer dans une pipe doseuse avant de fumer. Ses effets sont plus intenses, plus addictifs mais plus brefs que ceux de la cocaïne. La descente et le manque qui s’en suit n’en sont que pires. Sa consommation régulière peut provoquer des hallucinations et entraîner des comportements violents, paranoïaques ou suicidaires. Quand on sait que la dose (galette) s’échange pour 30 à 50 euros et qu’un toxico bien accro en fume jusqu’à 5 ou 6 par jour sans pouvoir exercer le moindre travail, on imagine quels trafics et quel niveau de prostitution sont liés à cette pratique…

Jeune journaliste frais émoulu de son école, Jordis souhaite réaliser un film sur ce milieu qu’il a déjà eu l’occasion d’aborder de loin en tant que consommateur régulier de shit. Et le voilà qui plonge, seul blanc parmi cette communauté majoritairement noire, dans le milieu des accros de la porte de la Chapelle à Paris. Il rencontre des personnages hauts en couleur (Souleymane, Saga, Ibou), pour la plupart originaires du Sénégal ou des Antilles qui ont commencé par dealer de la cocaïne avant de tomber dans le crack. Ils sont instables, peu fiables et souvent violents. Ils désirent même être payés pour être filmés, ce qui fausse totalement le jeu. Résultat : Jordis ne pourra jamais tourner son film ! Ni roman, ni thèse, ni véritable reportage, ce livre n’est que le compte-rendu brut de décoffrage d’une suite d’impressions, de rencontres, de déclarations plus ou moins hallucinées mais souvent lucides de drogués qui ne se font aucune illusion sur leurs chances de décrocher. L’auteur a passé une année entière avec eux et s’est senti très proche d’eux. La description du rôle des associations et des pouvoirs publics est révélatrice du désarroi d’une société qui ne sait que faire de ces êtres perdus pour lesquels l’auteur éprouve plus que de la sympathie. Un peu plus de distance n’aurait pas nui, mais il faut prendre ce bouquin pour ce qu’il est : un simple document, un instantané sur un fait de société inquiétant, à un instant T dans un lieu X. Le squat de la Chapelle est démantelé à la fin et les toxicos se voient relogés dans des hôtels où ils ne se plaisent pas. Le trafic reprendra ailleurs…

3/5

 

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