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04/10/2026

L'anti-humaniste (Claude Marion)

L'anti-humaniste.jpgNarcisse se dit « esthète à haut QI ». Son épouse est décédée d'un cancer fulgurant. Sur un quai de métro, le voilà qui soudain pousse une femme inconnue sous une rame qui arrive et s'éloigne tranquille comme Baptiste. Il donne ensuite rendez-vous au cimetière de Montparnasse à Rodolphe, ancien ami de jeunesse. Il n'arrive à lui avouer son méfait que quand l'autre est sur le point de le quitter. Puis, toujours aussi calmement, Narcisse va uriner sur la tombe de Baudelaire. Il rejoint à pied le quartier du Marais. Il y rencontre André, jeune homo et Sylvie, coiffeuse ou caissière âgée de 19 ans. Les trois gagnent l'appartement d'André dans l'espoir d'une partie carrée un brin bizarre et qui ne se termine pas du tout comme prévu. Narcisse étrangle André dans la salle de bains et Sylvie dans le lit. Plus tard, il vendra biens et véhicule et partira s'installer dans un petit studio du centre ville de Rennes. Il y rencontrera Sylvie, jeune étudiante aux Beaux-Arts, vierge dont il fera sa maîtresse…

« L'anti-humaniste »est un ouvrage assez difficilement classable. Du point de vue du format, ce n'est pas un roman au sens propre, mais plutôt quatre longues nouvelles ou novellas. Le thème général est l'auto-fiction écrite à la première personne du singulier que le lecteur espère plus « fantasmée » que réelle. En effet, le Sophiste en question est surtout un psychopathe asocial et misogyne, voire un meurtrier, « esthète radical qui fait de sa mauvaise foi envers lui-même le principe de toute une vie. » Dans ces histoires qui n'en sont pas vraiment, le lecteur cherche en vain, un canevas narratif, une progression dramatique et une chute surprenante, toutes choses qui caractérisent une nouvelle digne de ce nom. Il n'aura droit qu'à des impressions notées au fil de la plume et des obsessions récurrentes pour le sexe, la drogue et l'alcool, saupoudrées d'allusions à la philosophie de Kant et Hégel sur fond de symphonies de Mozart et de solis de free-jazz. Marion vient de la poésie et se veut poète. Ses textes en relèvent évidemment et sont même émaillés de quelques vers sans grand panache ni originalité. La quatrième de couverture prévient d'ailleurs le lecteur du risque de son expérience à venir : « Livre que l'on pourra juger tout autant invraisemblable, verbeux, anti-littéraire que… d'une cohérence esthétique inouïe, cet inclassable ne peut susciter que deux émotions contradictoires : la fascination et/ou le dégoût complet. » Il est aussi possible d'éprouver de surcroit un brin de lassitude et d'ennui…

3/5

08:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)