13/03/2026
Hommage à la Catalogne (George Orwell)
En décembre 1936, venu en Espagne pour écrire quelques articles pour divers journaux, George Orwell s'engage aussitôt dans les milices anarchistes du POUM qui tiennent la Catalogne et résistent héroïquement face aux troupes de Franco. La révolution bat son plein. À Barcelone et dans toute la région, il constate que les églises sont détruites et que les images saintes et autres signes religieux ont été brûlés. La plupart des magasins ont une misérable apparence et sont à moitié vides. Impossible de trouver du lait, du charbon, du sucre ou de l'essence. Les queues devant les boulangeries s'allongent sur des centaines de mètres. Orwell doit d'abord séjourner à la caserne Lénine sous prétexte d'entrainement. Il doit attendre qu'une « centurie » nouvellement formée soit prête pour pouvoir partir au front. L'instruction consiste à marcher au pas et à défiler sur place, mais jamais à manier les armes car il n'y en a pas. Il voudrait pourtant apprendre à se servir d'une mitrailleuse. Il insiste. On lui répond « Manana » (demain), un lendemain qui n'arrive jamais bien sûr. Il finit par rejoindre le front mais toujours sans fusil, ni uniforme, ni matériel. Et au bout de trois jours pendant lesquels il ne se passe rien, on lui octroie un vieux Mauser datant de 1896 fortement rouillé… Et ce n'est que le début de ses déboires…
« Hommage à la Catalogne » est le témoignage d'un écrivain qui voulut mettre sa vie en accord avec ses idées, en allant se battre physiquement contre le fascisme. Il séjourna quatre mois sur le front où il dut surtout lutter contre le froid, la vermine et le manque de nourriture, faute d'armement correct et d'artillerie des deux côtés. Il finit quand même par être blessé assez grièvement. Il reçut une balle dans la gorge qui passa par miracle à un millimètre de sa carotide. En convalescence à Barcelone, il se retrouva pris dans l'épuration que les communistes staliniens lancèrent pour se débarrasser des anarchistes. Il dut se cacher pour ne pas être capturé et liquidé comme ce fut le cas de nombre de ses amis. Il passa la frontière clandestinement et séjourna un temps dans le sud de la France. L'ouvrage, très bien écrit et très intéressant d'un point de vue historique, se termine par deux articles expliquant très précisément la situation politique qui mena à ce massacre entre révolutionnaires. Les communistes accusèrent les anarchistes de trotskysme et de trahison. Ils devenaient les moutons noirs faisant le jeux des fascistes alors qu'ils avaient été les premiers à se dresser contre Franco et avaient payé le plus lourd tribu dans les combats. Mais quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu'il a la rage. Orwell cite de nombreux passages de la propagande journalistique de l'époque et en démonte tous les arguments fallacieux. Propagande mensongère permettant un carnage. À noter qu'Orwell fut témoin que la Guardia Civil fit souvent le sale boulot pour le compte des communistes…
4,5/5
08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)















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