31/10/2026
Ange Pitou (Tome 2) (Alexandre Dumas)
Revenu d'Amérique, Gilbert, libéré des geôles de la Bastille, est propulsé nouveau médecin personnel du roi Louis XVI. Il tente de le persuader de se rendre à Paris pour lui faire prendre la tête de ce début de révolution. Marie-Antoinette n'est pas du tout d'accord avec cette stratégie. Elle estime que ce serait donner raison à ceux qui tuent ses Suisses, son gouverneur et même son prévôt de Paris. De plus, le roi se mettrait lui-même en danger. Mais comme Louis XVI insiste, elle finit par céder, mais en lui demandant un délai. Elle lui propose également de porter sous son habit une fine cotte de mailles à l'épreuve des balles et des coups de poignard, mais le roi refuse catégoriquement. Le premier voyage à Paris se passe relativement bien, malgré que le roi se retrouve contraint de porter la cocarde tricolore en remplacement de la blanche, symbole de la royauté. À son retour à Versailles, Marie-Antoinette l'en débarrasse immédiatement. Et bientôt, ce sont des milliers de femmes complètement affamées qui viennent réclamer du pain devant les grilles du château de Versailles. La reine voudrait les laisser dehors, mais Louis XVI leur permet de rentrer dans la cour intérieure. Il accepte même de recevoir une délégation, car un roi doit toujours être disponible pour son peuple…
Le second tome d'Ange Pitou est nettement plus rythmé que le précédent. Les évènements s'accélèrent. La révolte prend de l'ampleur, enfle de toutes parts, gronde et devient révolution. Le pouvoir continue à être partagé entre fermeté pour ne pas dire dureté et bienveillance proche du laxisme. Le lecteur assiste à des scènes dantesques de lynchages publics fort bien décrits. La populace s'en prend à Foullon et Berthier, intendants du roi, soupçonnés d'avoir trafiqué sur les céréales et d'être en quelque sorte des « affameurs du peuple ». Ils seront violentés et pendus sans autre forme de procès à un réverbère. Mais pour Foullon, la corde casse. Le malheureux tombe à terre, se brise une jambe. Il faudra s'y reprendre à trois fois avant qu'il passe de vie à trépas. Et ce n'est que le début du déchainement d'une violence sauvage et incontrôlée. Après ces séquences qu'on ne pourra que déconseiller aux âmes sensibles, le rythme retombe un peu sur la fin consacrée aux amours presque impossibles de Catherine, la jolie bergère, et d'Isidore de Charny, l'élégant aristocrate, aussi bon danseur qu'excellent bretteur. Revenu au village d'Haramont, Ange, propulsé commandant de la garde nationale locale, ne peut que garder secret son amour platonique envers Catherine. Et la fin reste ouverte, histoire d'inciter à poursuivre la lecture de cette énorme saga avec les quatre tomes de « La comtesse de Charny ».
4/5
11:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)















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