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30/11/2013

Opération Baucent (Chapitre 7/4ème partie)

Dans les locaux encombrés de « L’Echo de la Plaine », le quotidien régional bien connu à Saint Aubin et dans les alentours, on prépare laborieusement l’édition du lendemain. Les uns tapent des articles sur leurs ordinateurs, d’autres trient des photos, d’autres encore s’entretiennent au téléphone avec leurs correspondants locaux. Le rédacteur en chef se démultiplie entre les différents services et donne l’impression d’une grande agitation à défaut d’une véritable efficacité. Arsène Furet, qui signe ses chroniques « Le Furet », est nonchalamment assis sur le rebord de son bureau. Avec son gilet de daim beige, sa chemise à carreaux, ses jeans et ses santiags, il cultive un style western un tantinet ringard. Un gobelet de café en plastique blanc à la main, Jacques Tardif, Coco pour les intimes et photographe pour le journal, le regarde de son air le plus endormi. Ca fait un sacré bail que ces deux-là font équipe. Ils savent bien qu’ils sont les bêtes noires de leur rédac' chef et que l’ancien chevillard qui fait office de patron ne les tolère que parce que ce grand escogriffe complètement ahuri de Tardif est le neveu d’un copain député qui a le bras long et qui lui a renvoyé l’ascenseur. Au journal, le Furet énerve pas mal, mais tout le monde lui reconnaît un réel talent de plume et la paternité de quelques articles qui ont autrefois dopé les ventes. Alors, on le supporte jusqu’au jour où on pourra s’en débarrasser, ce qui ne saurait tarder.

- Alors, les bras cassés, leur lance au passage le rédacteur en chef, on glande comme d’habitude.

- On cherche un sujet porteur, chef, répondit Arsène. Et ça court pas les rues.

- J’ai peut-être quelque chose pour vous. Une fille vient de disparaître cette nuit. L’info est sérieuse, je l’ai récupérée directement du commissariat.

- Bof, répondit Tardif, des filles qui fuguent ça arrive tous les jours.

- Oui, mais quand c’est la bonne amie de Paul Armen, c’est déjà plus rare. Alors au boulot, les Rouletabille, je vous ai mis tous les renseignements qu’on a dans ce dossier. Et il leur tendit une chemise rouge qui ne contenait qu’un seul feuillet avec nom, adresse, profession et trois infos gribouillées à la va vite…

(A SUIVRE)

Version e-book disponible sur Amazon.fr et version papier sur TheBookEdition.com)

08:50 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/11/2013

Les animaux malades de la taxe (fable)

Divorce socialisme.jpg

LES ANIMAUX MALADES DE LA TAXE

 

 

Un mal qui répand la terreur

Mal que l'enfer en sa fureur

Inventa pour asservir le gaulois sur sa terre

L'impôt (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Capable de ponctionner partout à millions

Faisait au peuple des veaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés

On les voyait tous très occupés

A ronchonner contre sa Majesté

Porcelet Cochonou Flanby Normal Premier

Qui, sous une avalanche de taxes les submergeait

Qui, sous un déluge d'impôts nouveaux les noyait

Et qui, chaque jour nouvelle ponction inventait

TVA renforcée

Radars multipliés

Camions écotaxés

Chevaux équitaxés

Plans d'épargne siphonnés

Artisans à blanc saignés

Ah oui vraiment, la sangsue rose suçait le sang

Des pauvres veaux qui allaient rageant :

« Comment, disaient-ils il faudrait travailler

Pour entretenir les fastes du Palais Balisé

Les frasques des sinistres, sénateurs et députés

La cohorte des ventres affamés

Du bout du monde importés

Les loger, nourrir, habiller, soigner, éduquer

Partir faire la guerre un peu partout

Et pour mieux gaspiller, nous voler tous nos sous... »

Trop ce fut trop. Les chapeaux ronds virent rouge

Et par milliers coiffèrent de la révolte le bonnet rouge

Brûlèrent radars, vieux pneus et portiques

Sous les yeux ébahis des flics porc-épics.

Les poids lourds sur les routes se firent escargots

En cohortes grondantes défilèrent les chevaux.

Plus la révolte contre la taxe et l'impôt grondait,

Plus la popularité du grassouillet monarque sombrait.

Plus le peuple s'agitait,

Plus le gouvernement s'énervait,

Au point d'arrêter le premier coq à crête rouge

Avant même qu'un cil il ne bouge.

 

Normal Premier tint conseil et dit : « Mes amis

Je crois que le diable cornu a permis

Pour prix de notre victoire cette infortune.

Que le plus coupable d'entre nous

S'offre en sacrifice à l'infernal courroux ;

Peut-être éloignera-t-il la malédiction commune ?

Pour ma modeste part, je n'ai fait que mon devoir

J'ai creusé les déficits, dépensé sans jamais compter,

Fonctionnaires et parasites à tour de bras embauché.

J'ai poussé le peuple veau au plus profond du désespoir,

Avec mes bidons emplois d'avenir créés par milliers.

J'ai placé copains, coquins et requins ; j'ai satisfait mes obligés.

Alors pour désamorcer la bombe, qui pourrait se sacrifier ?

- Pas moi ! Fait le Premier Sinistre Zéro la Tortue

Auprès de votre Majesté, je suis indispensable

Grâce à ma fermollesse qui les englue

De ma voix qui les endort

Et de mon air à demi-mort

Je rend vos veaux taillables et à merci corvéables...

- Pas moi ! Rugit Montebourre le lion.

Je brasse de l'air, parle haut et fort,

Envoie moult inutiles postillons,

Car du patriotisme économique suis le stentor

Et du redressement productif introuvable

Suis le paladin brouillon et insupportable...

- Pas moi ! Susurre Fabi le blaireau

Qui vous concocte de si belles guerres

Qui coûtent à ce pauvre pays si cher

Pour un bénéfice voisin de zéro

Mais qui vous montre en grand bravache,

Redore votre blason et remplume votre panache...

- Pas moi ! Grogne Moscou, la fouine de Bercy

Qui chaque jour dois me faire du souci

Pour vous inventer de nouveaux impôts

Qui complairont à vos puissants suppôts.

Moi, qui sans cesse aggrave le ras le bol fiscal

Et fait chuter aux tréfonds des veaux le moral...

_ Pas moi ! clame la bécasse écolo

J'ai voulu créer mon dispositif du flot.

J'ai amélioré la loi du vieux sellier.

Je l'ai même tellement dégradé

Que d'un côté, je ruine le propriétaire

Et de l'autre, je laisse dehors le locataire...

- Pas moi ! Dit l'injuste taupe, mauvaise comme une teigne

En ricanant pire qu'une infâme hyène

J'ai élargi les criminels

J'ai marié les homosexuels

Et pour faire oublier mes vilenies

J'ai fait pleurer sur le racisme honni...

- Pas moi, couine le roquet ibérique

Mes flics ont réprimé, cogné, tapé, gazé

Plein de braves gens arbitrairement arrêté

Et rudement fait manier aux porc-épics la trique.

Dans l'acide j'ai dissous les ligues de droite extrême

Et les ai liquidés avec la férocité suprême...

Porcelet Flanby conclut : « Si j'ai bien tout compris,

Responsables mais non coupables de la ruine de c'pays

Pas un seul de vous ne veut pour lui se sacrifier

Et tous, je vous vois bizarrement me regarder

Déjà prêts à crier « Haro sur un baudet ! »

Qui tondit son contribuable à grands coup d'impôts répétés

Et déjà prêts à écouter le loup Méchanlon raconter

Qu'il faut me sacrifier, moi, maudit animal

Moi, le pelé, le galeux d'où vient tout le mal

Et dont les peccadilles tournent au cas pendable.

Vider les poches d'autrui ! Quel crime abominable !

Ne vous en déplaise, j'assume, je tergiverse bien,

Je suspends, touche le fond mais ne lâche rien.

Autiste, ahuri, buté, têtu et crétin

Je ferai le dos rond face à la tornade qui vient...

Rien que la mort n'était capable

D'expier son forfait : ils le lui firent bien voir.

 

Selon que vous serez puissant ou misérable

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

(John von La Fountain Junior)

09:04 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1)

18/11/2013

Pensées plus ou moins correctes (20)

COMPRENDRE

« Les mots ne permettent pas à l'homme de comprendre. Il faut d'abord devenir un homme pour comprendre. »

CON

Audiard.jpg« Je ne parle jamais aux cons. Ca les instruit. »

« Les cons ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnaît. »

(Michel Audiard)

« Chaque année, il y a de plus en plus de cons. Cette année, c'est encore pire, je pense que les cons de l'année prochaine sont déjà arrivés. »

(Patrick Timsit)

CONDAMNER

« Ils condamnent ce qu'ils ne comprennent pas » (Condemnant quod non intellegunt)

(Locution latine)

CONFIANCE

« L'erreur est aussi grande de se fier à tous que de se défier de tous. »

(Sénèque)

« Si tu perds confiance en autrui, autrui perdra confiance en toi. »

(Tao Te King)

« Qui se confie au bavard et prête au prodigue retrouve son secret partout et son argent nulle part. »

(Jules Petit-Senn)

15/11/2013

Opération Baucent (Chapitre 7/3ème partie)

Le dernier étage de la Tour Europa, orgueilleux building de verre et d’acier, était occupé par « MPR », pour « Mental Power Ressources », une société spécialisée en conseil aux entreprises. Son PDG et principal actionnaire n’était autre que Paul Armen. Profil d’aigle, cheveux gris coupés en brosse ultracourte, cet homme de haute taille en imposait par l’impression d’autorité naturelle qu’il dégageait. Sur un polo Lacoste blanc, il portait un costume sombre de chez Armani et était chaussé d'une paire de Weston parfaitement cirées. Il tenait dans sa main la nouvelle merveille de chez Apple, un téléphone portable de toute dernière génération. Tel un ours en cage, il allait et venait, piétinant la moquette épaisse de son immense bureau… « Ah, les deux salopards, ils vont me le payer ! » se répétait-il mentalement. Il venait d’écouter et de réécouter l’incroyable message que Lerenard avait laissé sur son répondeur.

« Armen, salaud, on a ta poule. Va falloir que tu craches au bassinet si tu veux la revoir ! » Puis cet appel désespéré de Virginie : « Paul, au secours, à moi ! Ils m’ont kidnappée… Je suis… » Et aussitôt : « Ca va te coûter cher, mais avec le trésor que tu es sur le point de découvrir, tu pourras banquer… »

Paul n’arrivait pas à se calmer. Il avait une très vague idée d'où pouvait venir le coup. Il se rappelait que deux pieds nickelés, un gros un peu demeuré et un maigre au regard mauvais, avaient réussi à s’infiltrer lors de l’avant dernier convent de son ordre. Mais ils avaient été vite repérés et aussitôt jetés dehors. Comment étaient-ils au courant pour le trésor ? Plus il y réfléchissait et plus il lui semblait que ces deux types ou d’autres - il ne manquait pas d’ennemis- devaient travailler pour une organisation qu’il allait falloir contrer au plus vite. Il appuya sur une touche de l’interphone.

« Mademoiselle, appelez-moi Babacar et Davidovitch. Je veux les voir immédiatement dans mon bureau ! » L’ordre ne souffrait pas la moindre objection. Armen savait se faire obéir. A peine une minute plus tard, les deux costauds qui s’étaient illustrés la veille à la librairie du « Griffon d’or » se tenaient, humbles et silencieux, devant leur boss.

- Messieurs, commença Armen en se calant dans son immense fauteuil de cuir noir, il y a des rigolos qui essaient de me faire chanter. Des guignols qu’il va falloir corriger de belle manière…

- Dîtes-nous qui c’est patron, dit Babacar et on va illico leur faire leur fête !

- C’est pas si simple. Pour l’instant, je n’ai qu’une très vague idée. Ils ont certainement enlevé Melle Virginie et j’attends qu’ils me recontactent. Pour commencer, vous filez à son appartement et vous tâchez de ramener quelque chose qui vous mettra sur leur piste.

Peu après, les deux nervis se retrouvèrent donc à l’endroit où Lee Ling et Gérard s’étaient cassés les dents. Ils tambourinèrent bruyamment dans la porte. La voisine de palier les épiait sans doute par son œilleton, mais se garda bien d’intervenir. Ces deux-là n’avaient pas l’air commode et la vieille était cancanière, envieuse et râleuse mais pas téméraire. D’un coup d’épaule, Babacar explosa le chambranle de la porte. Ils se précipitèrent à l’intérieur. Il avait dû s’en passer de belles là-dedans. Dans la chambre, où il régnait le plus grand désordre, on pataugeait dans l’eau. « Tiens, remarqua Davidovitch, on dirait le sac à main de Mademoiselle Virginie… »

- Oui, répondit l’autre. Ca, c’est son portable et regarde, on dirait bien qu’il y a aussi toutes ses affaires éparpillées un peu partout.

- On embarque le tout, décréta l’Africain. Le patron va être content. On est sur une piste encore toute chaude. Ils devaient être là, il n’y a pas si longtemps…

- T’emballe pas Banania, lui lança Davidovitch goguenard, ils sont peut-être n’importe où maintenant !

- Tu m’appelles pas Banania, connard de facho de serbe ! s’énerva le noir. Tu dis Babacar ou à la rigueur Baba, enfoiré de Merdovitch sinon je t’éclate ta sale face de bidet…

- C’est d’accord, Balouba, répondit l’autre.

(A SUIVRE)

Version e-book disponible sur Amazon.fr et version papier disponible sur TheBookEdition.com

08:47 Publié dans Concept, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

08/11/2013

Pensées plus ou moins correctes (19)

Fourier.jpgCOMMERCE

« Le commerce est l'art d'acheter trois francs ce qui en vaut six et de vendre six francs ce qui en vaut trois. »

(Charles François Fourier)

« Nous vivons dans une sorte d'Arcadie malhonnête où le vol se contente de s'exercer sous la forme prudente du commerce. »

(Alphonse Karr)

« Le commerce est l'art d'abuser du besoin ou du désir que quelqu'un a de quelque chose. »

(E. et J. de Goncourt)

COMPAGNIE

« La mauvaise compagnie est pareille au chien qui salit le plus ceux qu'il aime le mieux. »

(Jonathan Swift)

COMPAGNON

« Inquiète-toi d'abord d'un compagnon. Tu t'inquièteras de la route ensuite. »

(Proverbe afghan)

COMPETENCE

« La compétence sans autorité est aussi impuissante que l'autorité sans compétence. »

(Gustave Lebon)