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31/12/2013

Bonne année 2014

L'auteur de ce blog présente ses meilleurs voeux à tous ses lecteurs et lectrices (en ne se faisant guère d'illusions sur les chances d'amélioration sous régime hollandais...)

Bonne année.jpg

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30/12/2013

Opération Baucent (Chapitre 7/6ème partie... et fin des extraits)

On ne saurait toujours avoir tout gratis... Si ces extraits vous ont plu, n'hésitez pas à cliquer sur l'image ou sur l'une des icônes des colonnes.

Une fois les godets éclusés, Coco se propose pour aller interroger les gens du voisinage un peu au hasard. Il lui semble impossible que quelqu’un n’ait pas vu quelque chose.

- Vas-y tout seul, lui dit Le Furet. Moi, je n’y crois pas trop. Je reste un moment ici. Je vais examiner ce bouquin.

- OK, on se retrouve ici, disons dans une heure.

Tardif parti, le journaliste commença à feuilleter l’ouvrage fatigué qu’il avait récupéré dans l’appartement de Virginie. Il passa les chapitres consacrés à Hess, Himmler et Goebbels. Il plongea tout de suite sur celui intitulé : « Les mages d’Hitler ». Il y apprit qu’Hitler était un passionné d’occultisme, de magie, d’astrologie et qu’il avait consacré beaucoup de temps et d’énergie à essayer de prévoir l’avenir et surtout à s'efforcer de mettre à son service toutes les forces occultes disponibles.

Au début des années 30, un mage fait fureur à Berlin. Il s’appelle Eric-Jan Hanussen. Personne ne sait vraiment d’où il vient. Il se murmure qu’il aurait débuté comme avaleur de sabre dans un cirque. Certains racontent qu’il aurait été voyant à Prague, d’autres qu’il serait un mystique illuminé ou la réincarnation de Raspoutine. Il possède sa carte et ses entrées au parti nazi et plus d’un dignitaire le consulte pour découvrir son avenir. Il a même prédit une ascension fulgurante à un petit moustachu hypernerveux, Adolf Hitler, qui, depuis, ne jure plus que par lui et le réclame souvent pour un oui ou pour un non.

Cependant Hanussen n’abandonne pas pour autant sa carrière. En plus de son cabinet de voyance, il assure un spectacle particulièrement couru à l’époque. Il est tête d’affiche à la Scala de Berlin où il reçoit des cachets importants pour ses représentations. Une de ses spécialités consiste à demander à un spectateur d’écrire une date sur une carte de visite et de la mettre dans une enveloppe cachetée. Sans l’ouvrir, simplement en la posant sur son front alors qu’il a les yeux bandés, Hanussen est capable de dire ce qui est écrit à l’intérieur et de raconter les évènements qui s’y rapportent.

Mais son activité ne s’arrête pas là. La nuit, dans son magnifique hôtel particulier, il organise des cours de « développement psychique » et d’éveil « érotique » de la Kundalini pour un public trié sur le volet. Entouré d’un bataillon de jolies filles et de valets très efféminés, il organise de véritables séances occultes de magie orgiaque pour des dignitaires nazis, des hommes politiques de haut niveau, des artistes, des industriels et des hommes d’affaires importants. Il est du dernier chic d’être invité la nuit pour développer sa sexualité chez le mage le plus célèbre de la capitale allemande.

De plus, il édite deux coûteuses revues d’occultisme vendues exclusivement par abonnement à une clientèle triée sur le volet, « Die Hanussen Zeitung » et « Die andere Welt », dans lesquelles il distille le début d'un enseignement qu’il convient de poursuivre par des séances privées aux coûts exorbitants bien sûr. A cette époque, Hitler était un de ses clients les plus assidus. Il avait été accroché le jour où le mage l’avait qualifié d’ « homme du Destin » et lui avait proposé de développer son charisme, son magnétisme et ses dons d’orateur. De là à imaginer Hitler sous influence, Hitler devenu la marionnette d’Hanussen, il n’y avait qu’un pas que Hess et surtout Goebbels franchirent allègrement. Ils chargèrent les services secrets de fouiller dans le passé du voyant et ce fut pour lui le début de la fin. On débusqua son ancien secrétaire particulier, un certain Ismet Dzino d’origine libanaise qui venait tout juste de se faire chasser d’Allemagne suite à diverses escroqueries. Contre une forte somme d’argent, il accepta de remettre un certain nombre de documents compromettants pour Hanussen. Un peu plus tard, ces informations commençaient à paraître au compte goutte dans l’Angriff, journal pro-nazi. Le grand mage Eric-Jan Hanussen portait un faux nom. En réalité, il s’appellait Herschel Steinschneider, nom à consonances juives évidentes. De plus, il avait déjà été inculpé à plusieurs reprises pour escroqueries, chantages et détournements de mineurs.

En réalité, la coqueluche du tout Berlin n’est qu’un vulgaire voyou multi-récidiviste ! D’autant plus que quelques jours plus tard, paraît dans le journal Berlin am Morgen, l’information selon laquelle son premier mariage aurait été célébré dans la synagogue de Ramburg en Tchécoslovaquie. C’est le scandale et le début de la disgrâce… Hitler commence à espacer ses visites, il ne faut plus lui parler de son voyant juif.

(Fin des extraits)

La suite sur Amazon ou TheBookEdition...

Bonne lecture !

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27/12/2013

La guenon, le putois et le porcelet (Fable)

Hollande caric2.jpegPorcelet dit Normal Premier, roi d'Ex-Agonie,

Las de supporter quolibets et avanies,

Demanda au putois qui gérait son intérieur

Comment faire pour obtenir des sondages meilleurs.

_ Sire, fit le teigneux, combattre le racisme

Est essentiel, nécessaire et primordial,

En finir avec l'horrible antimimétisme

Reste obligé et se doit d'être intégral.

Pensez donc notre belle guenon de justice

A dû en subir les infâmes maléfices

D'une enfant de Paname

Voulant lui lancer des bananes.

Chaque jour la pauvrette en pleure

De se retrouver revenue aux plus noires heures

De la traite, de la discrimination,

De l'abomination, de la ségrégation.

Quand donc ces blaireaux si fiers de leur blanchitude

Comprendront que rien n'est plus beau que la négritude ?

_ C'est cela, fit Porcelet

Soyez bien ferme sur les arrêts

Qui bave sur le net sera traqué

Qui porte bonnet sera molesté

Qui crie « Dégage » doit être châtié

Qui veut veiller doit être muselé

Qui grogne, peste et soupire

Que le fisc trop lui soutire

Doit être encore plus ponctionné,

Pressuré, essoré et siphonné.

_ Est-ce tout pour votre service ? S'enquiert Putois

_ Non, une chose encor' m'inquiète, fait le Roi.

Un piètre comique, un pouilleux bateleur,

Renégat puant la haine et noir amuseur

Ose proposer au peuple un geste déplacé

Une grosse quenelle roulée salement épaulée

Comme un vilain salut nazi inversé

Ou un obscène bras d'honneur abaissé.

Cafards, cloportes et rats noirs

Tenants blafards du rouge et du noir

Se permettent de le répéter par milliers

De le répandre sur la toile gondolée

En chantant à l'unisson

Partout où forts y sont

« Flanby entends-tu

Qui se glisse dans ton cul

La Quenelle

La Quenelle... »

Ce sombre monstre dépasse largement les limites

Jamais atteinte auparavant par l'antimimite !

_ Que sous les fourches de justice il soit traîné !

_ C'est déjà fait, votre républicaine Majesté...

_ Qu'il soit taxé et que de faire rire il soit empêché !

_ Déjà tenté et toujours en vain Majesté...

_ Qu'interdit partout il soit vomi et dénigré !

_ C'est déjà fait, votre républicaine Majesté...

_ Si on lui a tout fait, que peut-on d'autre faire ?

_ L'enchaîner, brame la guenon, le mettre aux fers

Et au bagne de Cayenne le renvoyer.

Tant de sottise fit Porcelet soupirer

Alors que cette damnée quenelle continuait à le faire trembler.

 

Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir.

Quand les peuples lèvent le bras, le monarque peut frémir.

 

(John von La Fountain Jr)

09:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1)

24/12/2013

Joyeux Noël !

A toutes les lectrices et à tous les lecteurs de ce blog !

Joyeux Noël.jpg

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23/12/2013

Pensées plus ou moins correctes (22)

Bouddha.jpgCORPS

« Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester. »

(Proverbe indien)

COURAGE

« Le courage est la plus démocratique des valeurs aristocratiques. »

(Michel Lacroix)

« Un homme sage ne vaut pas plus cher qu'une femme s'il n'a pas de courage. »

(Proverbe swahili)

« Le courage est le juste milieu entre la peur et l'audace. »

(Aristote)

« Le plus beau des courages, celui d'être heureux. »

(Joseph Joubert)

COURIR

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

(Jean de La Fontaine)

COÛTER

«  - Combien ça coûte de se marier, papa ?

- Je n'en sais rien. Je n'ai pas encore fini de payer. »

CRAINTE

« Dans la jouissance, il y a la crainte de la maladie,

Dans la position sociale, la crainte de perdre son rang,

Dans la richesse, la crainte des rois hostiles,

Dans l'honneur, la crainte de l'humiliation,

Dans le pouvoir, la crainte des ennemis,

Dans la beauté, la crainte de la vieillesse,

Dans l'érudition, la crainte des antagonistes,

Dans la vertu, la crainte des calomniateurs,

Dans le corps, la crainte de la mort.

Toutes les choses de ce monde appartenant à l'homme sont escortées par la peur ; seul le renoncement chasse toute crainte. »

(Hindouisme)

 

19/12/2013

Pensées plus ou moins correctes (21)

CONGRES

« Si le Congrès a le droit par la Constitution d'émettre le papier-monnaie, il leur a été donné de l'utiliser et non de le déléguer à des individus ou à des sociétés. »

(Andrew Jackson)

Nietzsche.jpgCONNAISSANCE

« La connaissance est pour l'humanité un magnifique moyen de s'anéantir elle-même. »

(F. Nietzsche)

CONNAÎTRE

« Connaître quelque chose veut dire l'expérimenter concrètement. Un livre de cuisine ne supprime pas votre faim. »

(Takuan)

CONQUERANT

« Un conquérant est un joueur déterminé qui prend un million d'hommes pour jetons et le monde entier pour tapis. »

(Comte de Ségur)

CONSEIL

« Les bons conseils pénètrent jusqu'au coeur du sage. Ils ne font que traverser les oreilles du sot. »

(Proverbe chinois)

« Suis le conseil de celui qui te fait pleurer et non de celui qui te fait rire. »

(Proverbe arabe)

CONSEILLEUR

« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. »

CONTENTER

« Notre condition jamais ne nous contente. La pire est toujours la présente. »

(Jean de La Fontaine)

CONTENTEMENT

« J'étais furieux de ne pas avoir de souliers. Mais quand j'ai rencontré un homme qui avait perdu ses pieds, je me suis trouvé bien content de mon sort. »

(Proverbe chinois)

CONTRACEPTION

« La contraception, c'est faire l'amour sans faire l'enfant. La fécondation in vitro, c'est faire l'enfant sans faire l'amour. L'avortement, c'est défaire l'enfant par manque d'amour. La pornographie, c'est défaire l'amour. »

CONTREDIRE

« Pourquoi contredire une femme ? Il est tellement plus simple d'attendre qu'elle change d'avis ! »

(Jean Anouilh)

15/12/2013

Opération Baucent (Chapitre 7/5ème partie)

Madame veuve Bougrain, la voisine de palier de Virginie, n’en revenait pas. C’était le troisième groupe d’individus qui s’intéressait à l’appartement d’en face. Grâce à son œilleton, elle n’avait rien raté du spectacle. Cette fois, c’était une sorte de cow-boy qui menait la danse. Sans aucun souci de discrétion, Furet n’avait pas hésité à se coiffer d’un magnifique stetson en croûte de cuir brune. Avec la chemise, le gilet et les santiags, il croyait avoir fière allure. A sa ceinture munie d’un gros fermoir de cuivre représentant un aigle royal ne lui manquait plus qu’un Colt Peacemaker de shérif pour qu’il se sente en plein western.

- Un covebois, pensa la voisine. Et le grand escogriffe à longs cheveux qui est avec lui, on dirait presque un Peau-Rouge.

Tardif aimait bien porter des tenues confortables, patinées et sans forme. Arsène se demandait même s’il ne couchait pas tout habillé, tellement ses vêtements étaient froissés, fripés, tirebouchonnés. Pour l’heure, on avait droit à une longue chemise sans col d’une couleur beige verdâtre qui pendait un peu comme une tunique au-dessus d’un pantalon pattes d’eph élimé aux genoux et effrangé en bas. Une paire de mocassins en piteux état lui servait de chaussons.

- Bizarre, remarqua Coco en sortant son appareil photo numérique, on dirait que la porte a été forcée…

- M’étonnerait qu’on soit les premiers sur le coup, ajouta Furet en poussant la porte.

Tardif se fendait de quelques photos au flash dans l’entrée de l’appartement quand la vieille d’en face ouvrit sa porte. Elle n’y tenait plus. Il fallait qu’elle sache…

- Vous êtes de la police, Messieurs ? Leur demanda-t-elle.

De son air ahuri habituel, le grand photographe l’observa de la tête aux pieds. Spectacle peu réjouissant. Une grosse tête ronde et ridée encadrée par deux bajoues, des cheveux clairsemés d’un gris-rose fort peu naturel roulés dans des bigoudis de plastique vert et un corps sans forme boudiné dans une robe de chambre à fleurs. Une paire de savates en tissu éponge bleu fluo complétait le tableau.

- Pas vraiment…, admit Coco.

- Ca y est, j’ai compris, reconnut finement la grosse dame. Vous êtes journalisses…

- Exact, madame, répondit l’autre en s’apprêtant à pénétrer plus avant dans l’appartement.

- Et de quel journal ? Demanda-t-elle.

- Si on vous le demande, vous direz que vous n’en savez rien…

Elle commençait à le saouler, la mère-grand.

- Me dîtes pas. Je crois que j’ai trouvé. Vous devez enquêter pour « L’Echo », lança-t-elle d’un air finaud. A voir votre tenue, vous êtes des locaux. En tous cas, vous êtes pas les premiers sur le coup !

- Y en a eu d’autres avant nous ?

- Oui, deux groupes. D’abord un homme et une jeune femme. Je crois bien les avoir reconnus : c’étaient le libraire du « Griffon d’or » et l’amie chinoise de Mademoiselle Virginie. Et puis deux costauds pas sympathiques du tout, un grand noir et un blanc. Je les ai jamais vus ces deux-là. Mais ils avaient l’air pas commode… C’est eux qu’ont défoncé la porte. Et ils ont emporté des choses…

- Quelles choses ? demanda le photographe.

- J’n’ai pas bien vu par l’œilleton, admit la grosse femme, j’avais trop peur pour ouvrir. Et puis ils s’engueulaient, ils se traitaient de « Banania », de « Face de bidet » et aussi de « Merdovitch ». Je n’ai pas bien compris pourquoi d’ailleurs… Vous allez faire un article sur la petite Virginie, c’est bien cela ?

Cette fois, c’est Furet qui vint à la rescousse de son copain. « Allez, laissez-nous faire notre travail, Madame ! »

- Je vous laisse, je vous laisse… Mais vous ne trouverez rien. C’est toujours comme cela quand on arrive les derniers.

Et ils entrèrent dans l’appartement non sans avoir subi quelques remarques aigrelettes sur l’illégalité de leur visite et sur le fait qu’ils risquaient de faire disparaître des indices importants si les lieux se transformaient en scène de crime par la grâce de la police. Les deux journalistes ne trouvèrent pas grand-chose à se mettre sous la dent, mis à part l’impression de pagaille et d’abandon d’un appartement dévasté. Visiblement, il y avait eu de l’action dans le vestibule et encore plus dans la chambre. Le lit était sans dessus dessous et le parquet inondé. Furet avait beau fouiner un peu partout, il ne trouvait rien jusqu’au moment où il regarda sous le lit et découvrit un bouquin ouvert et en piteux état. Il s’agissait du John Wesley Montgomery « Les voies secrètes de la puissance nazie ».

« Tiens, se demanda le Furet, qu’est-ce que fait un pareil bouquin dans cette bonbonnière de midinette romantique ? » et il l’enfourna dans une des poches de son gilet.

- Inutile de rester ici plus longtemps, décida-t-il. C’est pas avec ça qu’on va décrocher le scoupe du siècle.

- Attends, encore deux trois photos et je t’appâte le populo, moi !

Cabas de corde tressée à la main, la voisine ressortit au moment précis où ils se retrouvaient sur le palier.

- J’espère que vous vous êtes comportés de façon honnête, Messieurs. Ce n’est pas parce que la porte est cassée qu’il faut en profiter pour se servir…

- Vous n’y pensez pas. Dans notre profession, nous respectons un code de déontologie très sévère!

- Pourtant, il y en a qui se gênent pas, suggéra l’ancienne, surtout ceux de cette nuit…

- Parce que… vous avez vu quelque chose cette nuit ? l’interrogea le Furet d’un air très intéressé.

- Faut dire qu’avec le boucan qu’ils ont fait tous autant qu’ils étaient… soupira-t-elle. Ils pourchassaient la petite comme des sauvages. Ils sont rentrés chez elle d’un seul coup. Je crois bien qu’elle leur a ouvert la porte la nigaude. Il y a encore eu pas mal de barouf à l’intérieur…

- Et vous n’avez pas appelé la police ?

- Pourquoi faire ? Ils ne seraient pas venus.

Les deux hommes de presse régionale hochèrent la tête d’un air désapprobateur.

« Allez, je vois bien ce que vous vous dîtes. Mais j’aurais voulu vous voir à ma place. Je ne suis qu’une pauvre vieille. J’ai soixante douze ans, je suis cardiaque et diabétique. J’ai l’air costaud comme ça, mais une pichenette et je tombe par terre. Moi, derrière ma porte, c’est à peine si j’osais regarder tellement je crevais de trouille ! Surtout quand ils sont ressortis avec le tapis roulé sur l’épaule. Je suis sûre qu’ils avaient mis la Virginie dedans… »

- Et après leur départ, vous pouviez appeler quand même, reprit Arsène Furet, vous avez bien le téléphone ?

- Merci, mais ça me regarde pas tout ça. Des allées et venues, il y en a déjà eu plein chez cette fille. Moi, je ne veux pas d’histoire. Vous auriez vu comment il a défoncé la porte le grand africain, juste un coup d’épaule et boum, ça a sauté. Imaginez qu’ils en aient fait autant chez moi !

Furet et Tardif ne la quittèrent qu’après lui avoir soutiré une description approximative des deux kidnappeurs. Pour se remettre de leurs émotions, ils filèrent prendre l’apéritif au café du Commerce tout proche. Perroquet pour Coco, guignolet kirsch pour Arsène qui n’attaquait à la tequila qu’à partir de cinq heures.

(A SUIVRE)

Version e-book disponible sur Amazon.fr et version papier sur TheBookEdition.com

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11/12/2013

Tartuffe au bordel (Alain Paucard)

Tartuffe au bordel .jpgUn charmant petit essai que ce « Tartuffe au bordel », rafraîchissant et marqué au coin du bon sens. Quelle sottise et quelle hypocrisie que de vouloir dans un premier temps interdire le racolage passif ou actif (on ne sait plus trop) pour ensuite s'en prendre au client et lui infliger une amende de 1500 euros, doublée en cas de récidive ! Chacun sait où mène ce genre d'interdiction... L'esprit libre, intelligent et un tantinet tonitruant du brave « Paucard de Paris », disciple du regretté Jean Dutourd, éminent membre du « Club des Ronchons », sait porter le fer là où il faut. Après le « Guide Paucard des filles de Paris », « Les criminels du béton », « Le cauchemar des vacances », « La crétinisation par la culture » et « Manuel de résistance à l'art contemporain », Paucard revient pour nous enchanter avec les productions décoiffantes de son esprit libre, indépendant et quasi anar. Quel plaisir de lire ce petit bijou fort bien ciselé. Un grand coup de vent du large à une époque où les libertés sont mises une à une à l'index et où les puritains, les donneurs de leçons et autres marchands de bonheur pullulent en pourrissant la vie de tout le monde avec leurs fausses bonnes intentions A noter une jolie couverture un brin désuète composée de cartes de visites de tenancières de maisons closes, salons de massage et autres lieux de rencontres qui firent la réputation de Paris avant qu'une certaine Marthe fasse fermer ces lieux et jette les filles sur le trottoir. Bravo au Dilletante d'avoir publié un tel texte !

5/5

Citations : « Quand Saint Louis voulut interdire complètement la prostitution, ses conseillers, religieux pour la plupart, le dissuadèrent d'entreprendre ce vain combat, car l'Eglise savait que la chair est faible et que le péché originel a rendu les rechutes inéluctables. »

(Jacques Le Goff)

« En leur défendant d'être nulle part, on les oblige à être partout. »

(René de Obaldia)

« Surcouf, corsaire français, prisonnier et apostrophé par un amiral anglais qui lui déclare : « Vous les Français, vous vous battez pour l'argent tandis que nous, c'est pour l'honneur » répond, superbe : « Chacun se bat pour ce qui lui manque. » De l'homme et de la femme, chacun se bat pour ce qui lui manque.

« Une littérature saine, intelligible, dont les mots restent dans un rapport fidèle avec les objets qu'ils désignent – et d'autre part une littérature viscérale, qui s'est donnée aux femmes et où le respect des mots, de leur valeur propre a fait place au culte du flou, du vague, de l'étrange. »

(Marcel Aymé)

« Il y a sans aucun doute pire que le strip-tease, le naturisme. L'homme nu, c'est l'esclave, c'est le prisonnier qu'on veut humilier, le questionné avant la torture. Dans les pratiques sadomasochistes, c'est le soumis qui est nu alors que le maître est vêtu. »

« Qu'est-ce qu'un puritain ? Gripari disait que c'est un mot-valise composé de pourri et de putain, ce dernier dans le sens figuré, celui de pute intellectuelle, prête à se vendre pour un prix littéraire ou une promotion dans son boulot. »

« Le monde n'est, d'âge en âge, qu'une grande conspiration de crétins malfaisants dont il faut à tout prix se démarquer. »

(Jean Dutourd)

« Il y a deux sortes de clients de prostituées : ceux qui vont les voir parce qu'ils n'ont pas de femme et ceux qui vont les voir parce qu'ils en ont une. »

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