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25/01/2015

Soumission (Michel Houellebecq)

Soumission.jpgAuteur d'une thèse remarquée sur Huysmans, François enseigne à la faculté de Paris III Sorbonne. A chaque nouvelle rentrée, il se choisit une de ses étudiantes pour la mettre dans son lit. A l'approche des vacances d'été, celle-ci le quitte pour quelqu'un autre. Au bout du compte, la vie sexuelle de ce quarantenaire désabusé reste assez décevante. Nous sommes en 2022, à la veille des élections présidentielles. Devenu depuis longtemps le premier parti de France, le Front National caracole en tête des sondages. Assez loin derrière, le Parti Socialiste se retrouve au coude à coude avec un nouveau parti, « La Fraternité musulmane » menée par l'intelligent et très modéré Ben Abbas. Au soir du premier tour, celui-ci se retrouve second face à la candidate nationaliste. Il engage des négociations avec tous les autres partis qui acceptent de le soutenir et assurent ainsi son élection à la magistrature suprême. Tout cela est d'autant plus étonnant que le nouveau Président musulman qui rêve de recréer ni plus ni moins qu'un nouvel empire romain musulman n'a transigé sur rien. Les enseignants devront soit se convertir soit démissionner. L'enseignement de l'islam deviendra obligatoire dans toutes les écoles de la République. Les jeunes filles et les femmes seront voilées et encouragées à rester au foyer pour procréer et s'occuper de leur famille. La polygamie sera la norme. L'Université se retrouvant fermée sine die, François met quelques affaires dans son gros 4X4 et file droit devant lui vers le midi sur une autoroute étrangement déserte...

« Soumission », traduction française du mot « islam », est un livre qui laisse une impression mitigée mais qui ne méritait certainement pas les honneurs ou les infamies de la polémique à laquelle nous avons assisté ces derniers temps. Houellebecq en bon adepte de l'anticipation nous imagine une simple évolution du libéralisme athée et consumériste vers un islam assumé et pacifique, ce qui peut paraître un tantinet surréaliste dans un délai aussi proche mais pas si improbable que cela à moyen ou long terme, au train où vont les choses. Le lecteur peut regretter néanmoins plusieurs invraisemblances dans l'intrigue. Si ce régime est aussi pacifique, comment se fait-il que les juifs de France quittent massivement le pays pour se réfugier en Israël ? Devant un tel bouleversement des coutumes et des mœurs, quid des réactions des patriotes, des identitaires, des féministes et autres défenseurs acharnés de la laïcité républicaine ? Soumission et toujours soumission ! Pour l'auteur, la France est morte et l'Europe en pleine décadente. L'islam sera leur dernière chance et l'espoir d'un nouvel âge d'or. Chacun appréciera. Que penser de l'intrigue elle-même ? Assez peu de bien. Il ne se passe pas grand chose en dehors des états d'âme du médiocre personnage principal, homme sans conviction ni principe qui semble flotter au fil de l'eau et est destiné de longue date lui aussi à la soumission au dominant. Vu la mollesse du bonhomme, il ne peut faire d'autre fin que celle-ci. Le lecteur la devine d'ailleurs dès les dix premières pages. Sinon cette histoire n'est qu'une longue suite d'errances et d'allers et retours entre Paris et quelques lieux de la province profonde comme Martel, Rocamadour ou Ligugé. Le lecteur devra suivre l'auteur qui met ses pas à un siècle de distance dans ceux de Huysmans, de Fontevrault à Bruxelles, se torture la cervelle autour de questions existentielles ou métaphysiques, rate ses retraites dans des monastères ou des abbayes, perd son temps dans des cocktails où il boit et cause énormément et en appelle souvent à Nietzsche et à quelques autres. Autant dire que tout cela manque un peu de rythme et de dynamisme. Si on y ajoute que le style reste assez plat, l'ensemble ne semble pas vraiment relever du chef d'oeuvre. Alors pourquoi tant de passion autour de cet ouvrage ? Provocation et transgression sont encore et toujours les clés du buzz médiatique. En général bon écrivain, Houellebecq est aussi quelqu'un qui sent bien les tendances, c'est un observateur madré qui ne manque ni de finesse ni d'intelligence conceptuelle. Dommage qu'il se montre aussi piètre sociologue, historien et politologue. Pas son meilleur titre. Pouvait mieux faire, surtout avec un sujet aussi porteur.

4/5

08:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

23/01/2015

Le retour du petit homme (Chapitre 6)

09:00 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

20/01/2015

EXPRESSO LOVE (Chapitre 9)

08:28 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

18/01/2015

Pensées plus ou moins correctes (42)

 

le bon.jpg

ELITE

« Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau de la foule mais d'élever la foule vers l'élite. »

(Gustave Le Bon)

EMPIRE

« Je crains un empire dans sa première verdeur. Je crains l'âpre nouveauté d'une république. Et, puisqu'il faut être mal gouverné, je préfère des princes et des ministres chez qui les premières ardeurs sont tombées. »

(Anatole France « Les opinions de M. Jérôme Coignard »)

« Les empires s'écroulent d'autant plus vite que la violence qu'ils exercent est grande. »

(S.Wyszinski)

EMPLOYE

« Messieurs les employés sont priés de ne pas partir avant d'être arrivés. »

(Georges Courteline)

ENCRE

« L'encre la plus pâle vaut mieux que la meilleure mémoire. »

ENERGIE

« Rien ne dynamise autant l'énergie vitale que l'attrait de nouveaux défis, de nouveaux dangers et d'horizons inconnus. »

(Roger Taylor »

ENFANCE

« L'enfance trouve son paradis dans l'instant. Elle ne demande pas du bonheur. Elle est du bonheur. »

(Louis Pauwels)

13/01/2015

La seconde chance (C.V. Gheorghiu)

La seconde chance.jpgEn Roumanie, quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, le jeune Boris Bodnar, élève d'un lycée militaire très coté, se retrouve humilié, dégradé et renvoyé à la vie civile suite à de mauvais résultats scolaires. Il lui est impossible de rentrer rejoindre sa famille dans ces conditions car c'est déjà une sorte de paria dans son village. Alors qu'il était très jeune, sans le vouloir, il a crevé un œil à son frère encore bébé. Pour refaire sa vie, il décide de quitter le pays et de partir se réfugier en URSS en passant le Dniepr à la nage. Très fier, il refuse toute aide même celle de son ami Pierre Pillat lequel va devenir par la suite procureur militaire et côtoyer les nouveaux maîtres de la Roumanie... Peu de temps après, en Bessarabie, va se développer une terrible épuration ethnique. Un régime fasciste très dur est arrivé au pouvoir et a promulgué une série de lois antisémites. Les juifs ne sont plus autorisés à avoir des domestiques chrétiens ni à exercer certains métiers. Les théâtres leur appartenant sont fermés, des pogroms ultra violents sont organisés. Eddy Thall, une comédienne juive très célèbre se retrouve sans travail et dépossédée de tous ses biens. Elle tente de fuir en Palestine par bateau. Mais dès la fin de la guerre, la roue tourne dans l'autre sens. Le nazisme est vaincu et cède le pas au communisme. L'armée rouge « libère » la Roumanie. Cette « victoire » va-t-elle enfin faire cesser les horreurs ?

« La seconde chance » est une fresque aussi puissante que magnifique qui s'étale sur une vingtaine d'années et raconte ce qui s'est vraiment passé entre 1930 et 1950 dans les pays de l'Est comme on les appelait à l'époque. Nous suivons une série de braves gens, d'abord en Roumanie, puis en Russie, en Allemagne et même en Occident, dernière étape et dernier espoir pour certains d'entre eux. Certains personnages sont d'un côté de la barricade, d'autres de l'autre. On trouve des juifs, des chrétiens, des musulmans, des athées et même des communistes convaincus comme Bodnar. Et les bouleversements de l'Histoire sont tellement cruels que tous sans exception se retrouvent à un moment ou à un autre du mauvais côté de cette barricade, dans le rôle du juif, du réactionnaire, du koulak etc... donc dans celui de la bête noire, du bouc émissaire, du traître qu'il faut torturer, supplicier et éliminer sans le moindre état d'âme. Et là se situe la grande force de ce roman allégorique et profondément humaniste. Tous les systèmes (fasciste, communiste et même libéral) sont renvoyés dos à dos. Tous sont pervers. Tous écrasent, persécutent ou avilissent le peuple d'une manière ou d'une autre. Un roman populaire c'est à dire qui donne vraiment la parole au peuple, aux petites gens. Un auteur qui les écoute, qui comprend leur peine et éprouve de la compassion pour eux. Magnifiquement écrit. Prenant, touchant, émouvant. Et qui donne à réfléchir. Paru en 1952, ce texte écrit par un visionnaire, l'un des deux plus grands écrivains roumains avec Panaït Istrati, qui ne se faisait d'ailleurs aucune illusion sur les idéologies politiques, se lit avec d'autant plus de plaisir aujourd'hui que nous avons tout le recul nécessaire pour pouvoir juger de la justesse du regard. Chef d'oeuvre du niveau de la « Vingt cinquième heure ». A lire pour mieux comprendre le passé, le présent et... l'avenir.

5/5

Citations :

« Ici, en Roumanie, nous ne pouvons plus rien faire. Voici le bilan : le théâtre fermé, les maisons réquisitionnées, les domestiques congédiés. Bientôt, ils nous enfermeront dans des camps où ils nous brûlerons dans des fours crématoires, comme c'est arrivé dans d'autres pays. Et puis ici, ce n'est pas notre pays. Nous sommes juifs. Notre patrie, c'est la Palestine. La seule solution, c'est l'émigration. »

« Je suis née ici. Le pays natal est comme la femme que vous épousez. Jusqu'à une certaine date, elle vous est étrangère, une inconnue. Mais du jour où elle est devenue votre épouse vous l'aimez plus que tout au monde, plus que votre propre mère, plus que vos propres sœurs. Pour elle, vous quittez tout. C'est la même chose pour la terre natale. Même si elle est étrangère. C'est votre terre et vous ne pouvez pas l'abandonner. La Roumanie est mon pays natal. Elle m'est plus chère que la patrie éternelle, la Palestine. »

« Nous, Roumains, nous avons assez de la dictature juive. Tous les journaux, tous les théâtres, tous les restaurants, les cinémas, l'industrie, le commerce, tout était entre les mains des Juifs. Entre vos mains. Maintenant, c'est fini. Nous avons pris le pouvoir. Nous vous avons tout confisqué. Maintenant nous vous invitons à partir. »

« Boris Bodnariuk sursauta. Près de sa cabane, quelque part dans les bois, on entendait un air de flûte. C'était une doïna. La doïna est un chant mélancolique, un chant comparable à la vie de chaque homme, authentique et un peu triste. »

08:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2015

Pensées plus ou moins correctes (41)

Balzac.jpgELECTION

« L'élection, c'est la marée des médiocrités. »

(Honoré de Balzac)

« L'élection encourage le charlatanisme, détruit d'avance le prestige de l'élu, l'oblige à s'humilier devant ceux qui doivent lui obéir. »

(Ernest Renan)

« Il y avait dans l'élection comme une promesse d'obéissance. »

(Bernard Manin)

« Je ne vois pas pourquoi les hommes qui croient aux élections se considèrent comme moins crédules que les hommes qui croient aux anges. »

(George Bernard Shaw)

« Les élections sont aristocratiques et non démocratiques : elles introduisent un élément de choix délibéré, de sélection des « meilleurs citoyens », au lieu du gouvernement par le peuple tout entier. »

(Aristote)

« Si les élections pouvaient changer quoi que ce soit, il y a longtemps qu'elles auraient été supprimées. »

(Coluche)

ELECTRICITE

« Benjamin Franklin a peut-être découvert l'électricité mais c'est celui qui a inventé le compteur qui en a tiré tous le bénéfices. »

(Earl Widson)

09/01/2015

Queen Latifa (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

08:26 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)