06/01/2026
Populicide (Philippe de Villiers)
Philippe de Villiers, ancien ministre, fondateur du Puy du Fou et co-créateur du Vendée-Globe, constate avec tristesse que notre pauvre pays semble en danger de mort. Il se dit hanté par la crainte de la disparition pure et simple du peuple auquel il appartient. Il sent « l'oïkophobie », la haine de l'endroit où l'on vit, s'emparer des Français, la honte d'être ce qu'ils sont les étouffer. Il voit « le vice appuyé au bras du crime », la complaisance appuyée au bras des lâches opérer sournoisement. Il sait que les civilisations sont mortelles. Il se souvient de Byzance qui discutait du sexe des anges alors que les hordes ottomanes étaient déjà à ses portes, de Carthage qui fut détruite pierre par pierre avant que Rome ne jette du sel sur sa terre pour que rien ne refleurisse jamais, de Rome tombée aux mains des Barbares et de l'empire Inca passé aux oubliettes de l'Histoire. Toutes avaient un point commun : avant de succomber, elles ne croyaient plus à leur avenir. En serions-nous là ? Au bord du précipice après plus d'un quart de siècle de déclin politique, économique, social, moral. Chaque année, une population étrangère équivalent à la ville de Toulouse vient chercher refuge en France. La dette a explosé au point de n'être plus jamais remboursable. Ouvert aux quatre vents de la mondialisation en raison de notre soumission à l'Union européenne, notre industrie est en lambeaux. Nous ne sommes plus auto-suffisants pour notre nourriture. Notre agriculture est en train de mourir. 2 millions d'exploitations il y a 50 ans. Moins de 400 000 aujourd'hui et ce n'est pas fini. Nous ne faisons plus assez d'enfants. Pour la première fois depuis la dernière guerre, le taux de décès a dépassé le taux de natalité. Sommes-nous donc condamnés à disparaître à plus ou moins brève échéance ?
« Populicide » est un essai métapolitique de grande qualité, très bien écrit et très facile à lire ar clair, net et précis. Pour une fois, un homme politique parle sans détour, avec honnêteté et courage. Il ose décrire une situation catastrophique sans donner dans les discours trompeurs de la pensée unique habituelle. « J'écris sans scrupule. Je livre, sans aucune précaution pour les âmes sensibles, le fond de ma pensée, avec l'obsession de relever le pays, de le redresser, de le sortir du cloaque. » Il fait œuvre de lanceur d'alerte avec tous les risques que cela représente aujourd'hui. En effet, comment espérer soigner un mal si l'on n'est même pas capable de le nommer ? Le diagnostic est sans appel, incontestable car la réalité est là dans toute sa laideur. Mais quid des remèdes, des solutions ? L'auteur en propose une. Elle tient en un mot : « FRANCISATION ». Retrouver la fierté, l'honneur, le devoir, la fidélité d'être français. Et, en honnête homme, il ne fait pas de différence entre le Français de souche et le Français de désir. Il leur adresse d'ailleurs une ode particulièrement touchante comme celle qu'il destine à « un jeune Français qui veut encore y croire. » Ce qui frappe le plus à la lecture de cet ouvrage tout aussi important que le précédent (« Mémoricide ») reste surtout l'hommage vibrant et émouvant d'un véritable amoureux de la France. Sera-t-il écouté, entendu, compris ?
4,5/5
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