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19/01/2019

Made in France (Pierre Daninos)

made in france.jpgPhilippe est un célibataire d’une trentaine d’années, employé dans une société spécialisée dans le marketing. Il doit se creuser la tête pour trouver des idées, des slogans, des formules-choc pour promouvoir d’autres entreprises. Son patron, M. de Witt-Piquet, toujours entre deux avions, sait parfaitement se faire plaindre de la galerie. Il y a plus de vingt ans qu’il n’a pas pris de vacances et c’est peu de chose de dire que quand il a payé ses impôts, il ne lui reste que les yeux pour pleurer. Philippe habite un immeuble bourgeois intitulé « Le margrave » dans un endroit qui n’a plus pour unique noblesse, que celle de quartier. Il fréquente Turid, jeune étudiante norvégienne, call-girl ou cover-girl sur son temps libre, qui n’a de cesse d’être étonnée des étranges mœurs des Français. Ceux-ci passent leur temps à se plaindre, à ne voir que les mauvais côtés des choses alors qu’elle trouve que la France est le plus joli et le plus agréable pays du monde.

« Made in France » est un roman charmant, magnifiquement écrit, plein d’humour et de malice. Le regretté Pierre Daninos n’a pas son pareil pour épingler gentiment tous les travers d’une époque un peu folle, celle des années 70. Il relève les ridicules et les étrangetés dans lesquels chacun se complait. Ainsi passe-t-on presque plus de temps au bureau à se raconter les vacances qu’à être vraiment en villégiature. Ainsi préfère-t-on un tas d’anglicismes approximatifs à de bons mots bien français souvent plus précis. Ainsi utilise-t-on un langage alambiqué, redondant souvent proche du barbarisme pour énoncer des choses tout à fait basiques. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Un humour tonique et subtil qui a quelque chose de l’humour anglais dans la légèreté et le détachement. Une lucidité étonnante, un regard aigu et bienveillant ainsi que nombre de trouvailles stylistiques font de cet ouvrage, qui n’a pas pris une ride, un régal de finesse, de cocasserie et d’intelligence.

4,5/5

09:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

17/01/2019

Poèmes pour petits et grands (64)

régnier.jpgEn forêt

On quitte la grand-route et l’on prend le sentier

Où flotte un bon parfum d’arôme forestier.

 

Dans le gazon taché du rose des bruyères,

Surgissent, çà et là, des ajoncs et des pierres.

 

Un tout petit ruisseau que verdit le cresson

Frôle l’herbe, en glissant, d’un rapide frisson.

 

Nul horizon. Le long de cette sente étroite

Une futaie à gauche, un taillis à droite.

 

Rien ne trouble la paix et le repos du lieu ;

Au-dessus, un ruban très mince de ciel bleu

 

Que traverse parfois, dérangé dans son gîte,

Un oiseau voletant, qui siffle dans sa fuite.

 

Des hêtres chevelus, se dressent, en un groupe,

Des arbres épargnés à la dernière coupe ;

 

De grands troncs débités s’étagent en monceau ;

C’est tout auprès que prend sa source le ruisseau

 

Qui longe le sentier et traverse la route ;

Il sort d’un bassin rond qui filtre goutte à goutte,

 

Où tremble, reflété comme dans un miroir,

L’œil vacillant et clair de l’étoile du soir.

(Henri de Régnier)

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15/01/2019

Pensées plus ou moins correctes (145)

Voltaire.jpgOUVRIER

« Il n’y a que les ouvriers qui sachent le prix du temps ; ils se le font toujours payer. »

(Voltaire)

PAIN

« Le rêve de l’affamé est le pain. »

(Proverbe arabe)

« Long jour qu’un jour sans pain. »

(Proverbe espagnol)

« Si quelqu’un vous retire le pain, il supprime en même temps votre liberté. »

(Albert Camus)

« La saveur du pain partagé n’a point d’égale. »

(Antoine de Saint Exupéry)

« Le pain qui demeure inutile chez toi, c’est le pain de celui qui a faim. »

(Saint Basile le Grand)

« Liberté et pain cuit sont les premiers des biens. Manger le pain pétri par sa ménagère et fait avec le blé qu’on a semé ; goûter le fruit de l’arbre qu’on a greffé, boire le vin de la vigne qu’on a plantée ; vivre au milieu de la Nature qui nous rappelle sans cesse au calme et à la modération des désirs, loin des villes où ce qu’on appelle le bonheur est artificiel- le sage n’en demande pas plus. »

(Eugène Le Roy)

14/01/2019

La super-classe mondiale contre les peuples (Michel Geoffroy)

La super-classe mondiale.jpgComposée d’un tout petit nombre d’oligarques, de banquiers, de grands patrons, de médiacrates et d’hommes politiques, la super-classe mondiale entraine le monde occidental dans une dérive libérale-libertaire qui ne profite qu’aux plus riches et rêve d’instaurer un nouvel ordre mondial avec une gouvernance unique. Certains, comme l’inénarrable Jacques Attali, pensent que « Jérusalem serait un joli lieu pour en être la capitale ». Cette classe pratique la stratégie du choc pour sidérer et neutraliser ses opposants. Choc anthropologique, éducatif, linguistique, migratoire, mémoriel, financier, médiatique, tous les moyens sont bons pour déconstruire, remplacer et faire du passé table rase. Son mot d’ordre alchimique « Solve et coagula » bien proche d'« ordo ab chaos », détruire avant de reconstruire, débouche forcément sur une forme de post-démocratie, sur un totalitarisme de moins en moins mou, basé sur la religion du politiquement, écologiquement, économiquement et racialement correct, arme de destruction massive de la liberté des peuples…

Cet ouvrage, particulièrement bien argumenté et documenté, se présente comme un essai politico-économique de très bon niveau. Les réseaux d’influence (Bilderberg, Davos, CFR, Club « Le siècle » etc.) sont soigneusement étudiés. L’idéologie de ces élites qui veulent à tout prix prendre leur revanche sur le petit peuple, les gueux, les sans-dents, est très finement analysée. Le lecteur découvrira que ce libéralisme libertaire et cosmopolite n’est après tout qu’une vieille doctrine remise au goût du jour, que l’argent reste le premier ressort de ces gens qui savent merveilleusement optimiser leur fiscalité et accroître leurs profits de façon exponentielle. D’ailleurs quand une crise surgit comme en 2008, ils arrivent à faire nationaliser leurs pertes tout en privatisant leurs profits. Le petit contribuable mis à contribution pour renflouer le gros banquier, personne n’aurait cru ça possible autrefois et pourtant, cela s’est produit. Tout comme des saisies sur les comptes bancaires de particuliers à Chypre par exemple. Un livre majeur, quasi indispensable pour qui veut comprendre quelque chose à cette mondialisation qui n’est heureuse que pour certains. L’auteur ne se contente pas d’analyser, il nous projette également dans l’avenir et là, croisons les doigts, ce projet aussi néfaste que dément n’aurait pour lui que peu de chances de se réaliser pleinement. Acceptons-en l’augure !

4,5/5

08:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2019

Montburgonde (roman)

08:48 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

10/01/2019

Toute la sagesse du monde (Nouvelle)

08:44 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2019

La route de glace (Yves Viollier)

La route de glace.jpgDe retour en Vendée, Pierre Métayer, désespéré d’avoir laissé seule Maïa en URSS, prend la place de son ami José qui devait partir combattre en Espagne dans les rangs des Républicains. Blessé à la hanche lors d’un bombardement, il est rapatrié en France et récupéré par Hélène, l’amie fidèle, qu’il finit par épouser et dont il aura un fils, Michel. La guerre venue, il se retrouve pris dans le STO et embarqué en Allemagne. Il y travaille comme mécano sur un vaisseau qui sera envoyé par le fond. Rescapé des terribles bombardements au phosphore sur la ville de Hambourg, il profite de la pagaille pour rentrer en France où il gagne les rangs de la Résistance en s’illustrant dans la forêt de Mervent. La guerre terminée, il peut retourner en URSS à titre de héros de la guerre et de la Résistance. Il retrouve Maïa dans un petit village sibérien. Ayant été blessée à un pied, elle ne peut plus exercer son art de danseuse et est devenue maîtresse de ballet. Elle aime encore Pierre et voudrait toujours échapper à l’enfer soviétique. Mais le pourra-t-elle un jour ?

Second tome, suite et fin de « La Flèche rouge », « La route de glace » est un beau roman historique et de terroir. Il couronne la saga de Pierre et de Maïa de fort belle manière. Les évènements se précipitent avec la guerre d’Espagne, la seconde guerre mondiale (la description des bombardements de l’Allemagne agonisante, un des grands moments de ce récit quasi épique ne peut que remplir d’horreur le lecteur). Cette histoire d’amour impossible prend une ampleur magnifique quand on voit tout ce que les deux amants doivent traverser pour arriver à se retrouver. Les personnages sont si attachants et cette histoire si prenante qu’il est difficile voire impossible de lâcher le livre avant de savoir comment tout ça va finir. Pour ne pas gâcher le plaisir d’éventuels lectrices ou lecteurs, nous ne dévoilerons pas la fin particulièrement réussie. Surprenante, dramatique et grandiose. Une complète réussite. Du très grand Viollier !

4,5/5

08:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

07/01/2019

Poèmes pour petits et grands (63)

Chantavoine.jpgLa petite Seine

 

L’humble rivière de chez nous

Ne mène pas un grand tapage ;

Avec un bruit paisible et doux

Elle fait le tour du village.

 

Des saules et des peupliers

Qui sont à peu près du même âge,

Comme des voisins familiers,

Bruissent le long du rivage ;

 

Et le chuchotement des eaux

Accompagne la voix légère

De la fauvette des roseaux

Qui fait son nid sur la rivière.

 

Ainsi coule de son air doux,

Sans aventure et sans tapage,

En faisant le tour du village,

L’humble rivière de chez nous.

 

(Henri Chantavoine)

09:22 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2019

La Flèche rouge (Yves Viollier)

La flèche rouge.jpgEn 1937, Pierre Métayer, jeune mineur vendéen membre du parti communiste est sélectionné pour participer à un voyage en URSS, en compagnie d’autres jeunes mineurs, ouvriers ou employés agricoles, tous enthousiastes à l’idée de découvrir le merveilleux « paradis » communiste du petit père Joseph Staline. Après un long périple en chemin de fer, ils visitent Léningrad et doivent reprendre un train soviétique, « La Flèche rouge », qui se retrouve bloqué par une tempête de neige pendant cinq jours au milieu de nulle part. Pierre y fait la connaissance de Maïa, seize ans, danseuse du Kirov qui doit se produire avec sa troupe sur la scène du Bolchoï. Les deux jeunes tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Maïa rêve de fuir un régime dictatorial qui a déjà broyé sa famille. Pierre voudrait pouvoir s’installer un jour dans ce nouvel eldorado. Le contexte le permettra-t-il ?

« La flèche rouge » est à la fois un roman historique et un roman de terroir. Le lecteur y découvrira à la fois la réalité de la vie des mineurs sur un territoire pas particulièrement célèbre pour ses terrils et ses corons ainsi que le choc de la réalité quand Pierre découvre la véritable vie des Soviétiques à mille lieues de ce qu’il imaginait avant de partir : présence policière permanente, pauvreté omniprésente, délation, espionnage et répression aussi sauvage qu’injuste. Les parents de Maïa ont été déportés au goulag puis exécutés comme « ennemis de classe » simplement parce que le père, professeur, apitoyé par le sort cruel des paysans mourant de faim, avait voulu les secourir. Livre très agréable à lire, Viollier est un des meilleurs dans ce genre de littérature. Une histoire romantique et émouvante à souhait mais qui pêche par une fin un brin décevante. Jamais de « happy end » avec Staline…

4/5

09:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/01/2019

Pensées plus ou moins correctes (144)

ORIGINE

« L’origine de toute joie en ce monde

Est la quête du bonheur d’autrui ;

L’origine de toute souffrance en ce monde

Est la quête de mon propre bonheur. »

(Shantideva)

Kierkegaard.jpgOSER

« Oser, c’est perdre pied momentanément, ne pas oser, c’est se perdre soi-même. »

(Kierkegaard)

OURS

« Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l'avoir tué. »

OUVRAGE

« Rien n’est pire au monde qu’un ouvrage médiocre qui fait semblant d’être excellent. »

(Joseph Joubert)

« Un ouvrage original en fait presque toujours construire cinq ou six cents autres ; ces derniers se servent du premier à peu près comme les géomètres se servent de leurs formules. »

(Montesquieu)