31/03/2026
Les sanguinaires (Jacques Vergès)
En août 1888, le corps d'une femme, Polly Nichols, est retrouvé égorgé et éventré à Londres dans le quartier mal famé de Whitechapel. D'autres victimes suivront, propageant la peur et la panique dans la ville. On attribuera cinq ou six de ces horreurs à un personnage surnommé « Jack l'éventreur, lequel ne sera jamais identifié quand tout s'arrêtera brusquement. On alla même jusqu'à soupçonner le prince Albert Victor, duc de Clarence et fils ainé du futur roi Edouard VII !… En 1924, en Allemagne, sévit un autre monstre, Fritz Haarmann, surnommé le « boucher de Hannovre ». Homosexuel friand de très jeunes garçons, il a passé de nombreuses années en prison avant de devenir détective et indicateur de police. Il vit surtout du trafic de vêtements et de viande dans un pays ruiné et en proie aux pénuries. Il attirait des gamins dans son petit appartement, les tuait et découpait les corps pour les consommer ou les revendre sous forme de terrines, pâtés, viande hachée ou saucisses. On lui imputera 24 victimes au minimum… En 1929, le vampire de Dusseldorf, Peter Kurten, utilise tous les poyens pour tuer ses victimes, hommes, femmes ou enfants. Il les attaque avec un couteau effilé, une paire de ciseaux, une alène et même un simple marteau. Il écrase les visages, démembre, éviscère et boit même le sang de ses victimes qui se comptent par dizaines…
« Les sanguinaires » est un essai historique racontant la vie et les « exploits » de 7 criminels en série, classés chronologiquement. On y trouve un Anglais, deux Allemands et pas moins de quatre Américains, les fameux « serial killers » qui serviront de modèle à toute une littérature classée « thrillers ». Pas de Français dans cette galerie de portraits à glacer le sang, mais beaucoup d'homosexuels, de psychopathes et de sociopathes plus ou moins inquiétants. Pour l'auteur, avocat qui se spécialisa dans les affaires les plus indéfendables (Klaus Barbie et autres), ces monstres sont des humains comme chacun d'entre nous. Ils n'ont fait que suivre leur instinct. Il refuse de considérer comme inhumains les comportements qui révoltent. Personne n'est obligé de souscrire à cette thèse. Facile à lire vu que le style est fluide, mais à déconseiller aux âmes sensibles car les descriptions des horreurs peuvent vraiment choquer. Avec ces exemples paroxystiques, personne ne peut plus douter que l'homme ne puisse parfois être un loup pour l'homme, comme le dit le proverbe.
4/5
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