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29/01/2012

Les Tanathophores (Nouvelle de B.Viallet)

Acheter Dorian Evergreen

Cette nouvelle (incomplète sur la vidéo)est extraite du recueil "Dorian Evergreen", Version papier disponible sur TheBookEdition.com (cliquer sur l'image), Version E-book disponible sut Amazon Kindle (cliquer sur le menu déroulant)

(Tous droits réservés) 

26/01/2012

Psychologie des foules (Gustave Le Bon)

La psychologie des foules.jpgPourquoi une foule fanatisée est-elle capable de tout, du pire comme du meilleur ? Comment une foule psychologique se forme-t-elle ? En quoi n'a-t-elle que peu à voir avec un agrégat d'humains rassemblés au hasard ? De qui et de quoi est-elle composée ? Comment réagit-elle aux sollicitations ? Qui sont ses meneurs ? Comment parviennent-ils à leurs fins ?

Paru en 1921, ce livre majeur de psychologie et de sociologie devenu une référence et un classique, répond brillamment à toutes ces questions et à bien d'autres en démontant nombre de mécanismes de manipulation, d'embrigadement et de propagande. Le Bon illustre son propos par de nombreux exemples tirés de l'Histoire (apogée et chute de l'Empire Romain, Révolution Française, Napoléon, Boulanger, Lesseps et quelques autres...) Le lecteur contemporain pourra y ajouter quelques dictateurs comme Hitler, Staline, Mao, Pol Pot et autre Kim Il Jong en se disant que tous ces phénomènes n'ont fait que croître et embellir ! En dépit d'un sujet relativement ardu, « La Psychologie des Foules » demeure un livre passionnant où le lecteur apprendra encore beaucoup tout en restant admiratif devant la finesse de l'analyse, la clarté du propos et l'élégance du style.

Citations : « Les foules ont des opinions imposées, jamais des opinions raisonnées. »

« La puissance des foules est la seule force que rien ne menace et dont le prestige ne fasse que grandir. L'âge où nous rentrons sera véritablement l'ère des foules. »

« Le droit divin des foules va remplacer le droit divin des rois. »

« Les foules n'ont de puissance que pour détruire. »

« Les foules sont incapables d'avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont imposées. »

« On conduit les foules en cherchant ce qui peut les impressionner et les séduire. »

« Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit qui s'accumule. »

« La foule ne peut qu'être d'une crédulité excessive. »

« Les Jacobins de la Terreur étaient aussi foncièrement religieux que les Catholiques de l'Inquisition et leur cruelle ardeur dérivait de la même source. »

« Les foules ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître. »

« La foule est toujours intellectuellement inférieure à l'homme isolé. »

« C'est l'intelligence qui guide le monde, mais elle le guide de fort loin.»

« L'homme moderne est de plus en plus envahi par l'indifférence. »

 

5/5

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Dorian Evergreen en balado


podcast

Acheter Dorian Evergreen

François Régis d’Autun, le présentateur-vedette de la chaîne de télévision Channel Two n’en peut plus de l’étrange petit bonhomme rondouillard assis en face de lui qui n’arrête pas de répondre à ses questions par une suite de sottises invraisemblables.

- Mais est-ce que vous vous rendez vraiment compte de ce que vous me racontez, Monsieur Evergreen. Vous osez affirmez que vous avez été fait prisonnier à la bataille de Pavie en compagnie du roi François Ier ?

- Absolument, j’étais à l’époque un de ses valets de pied comme on disait. Ah ! C’était un grand roi notre François, un bel homme, bien planté, robuste et sportif. Pourquoi nous a-t-il entraîné dans cette Lombardie ? Et qu’est-ce qu’ils ont mis comme temps pour apporter la rançon…soupira le bonhomme.

- Enfin, Monsieur Evergreen, si vous étiez à Pavie, cela voudrait dire que vous avez environ cinq cent ans, c’est inconcevable, inimaginable…

- Je suis même peut-être encore plus âgé que vous ne l’imaginez, François-Régis, fit l’autre avec un fin sourire. J’ai également assisté au supplice du dernier grand maître des Templiers, Jacques de Molay, brûlé vif sur le bûcher de l’îlot aux Juifs, à la pointe de l’île de la Cité sur l’ordre de l’abominable Philippe le Bel, sadique, faux-monnayeur et mécréant s’il en fut !

- C’est étrange, mais vous en parlez, comme si vous l’aviez connu, remarqua le présentateur.

- J’ai été un intime de Monsieur de Molay, c’était un des grands esprits de son temps, un initié, un personnage hors du commun. Sa mort fut un grand malheur pour l’humanité.

Sur le plateau de l’émission «Les coulisses de l’étrange », l’ambiance est électrique, le standard saturé d’appels de téléspectateurs furieux qu’on les prenne pour des crétins et d’autres qui veulent à tout prix connaître le secret de l’éternelle jeunesse de ce petit monsieur en redingote verte et gilet chamarré. La régie n’arrête pas d’appeler d’Autun dans son oreillette pour l’aider à piéger Evergreen.

- Donc, si j’ai bien compris, vous êtes immortel, vous venez tout bonnement nous l’annoncer à la télévision et vous vous imaginez que les téléspectateurs vont vous croire ?

- Pas du tout, j’ai un secret qui me permet de vivre plus vieux que mes contemporains, mais pas de vivre éternellement.

- Vous avez fait un pacte avec le diable, comme Faust ? lança le présentateur, pensant le coincer.

- Non, j’ai simplement étudié, énormément étudié…

- Et vous avez fait une découverte essentielle au sujet du processus de vieillissement humain ?

- Vous me permettrez de rester discret sur la question, elle est beaucoup trop grave. Et puis, après tout, croyez-vous que ma vie soit à envier ? Tous mes amis sont morts depuis bien longtemps et la vie moderne m’insupporte tout particulièrement.

Jingle.

Page de publicité.

Quelque part dans la capitale, Marc-Antoine de Charlus, obscur avocat au barreau de Paris est vautré devant son poste de télévision. Pour couper le son, il appuie sur une touche de la télécommande, reste un bon moment songeur puis attrape son portable pour appeler son vieux copain journaliste free-lance, Arsène Furet. Il faut absolument le mettre sur le coup avec son acolyte le paparazzi Jacques dit « Coco » Tardif. Charlus est certain qu’ils tiennent là un scoop aussi formidable que rémunérateur. Il suffit qu’ils arrivent avant que Dorian Evergreen ne quitte les studios du «Hameau de la Communication » d’où l’émission est diffusée en direct, le filent discrètement et l’affaire est dans le sac.

- Pas de problème, Charlus, lui répond-il. C’est comme si c’était fait…

« Les coulisses de l’étrange » se terminèrent dans la confusion la plus totale. Il fut vaguement question d’un élixir et d’un caisson hyperbare, puis sans transition, on passa à la séquence suivante avec une sorte de fakir qui utilisait de grandes aiguilles pour se transpercer les joues et la langue. Finalement l’émission se termina par le numéro d’un contorsionniste qui peina à s’insérer dans une minuscule cage de verre. Il était temps d’éteindre le poste et d’aller se coucher.

Le lendemain matin, tous les médias, presse, radio et télé ne parlaient plus que d’Evergreen. « Escroc ou immortel» titrait un journal. « Jusqu’où peut bien aller la télé-réalité ? » se scandalisait un autre, plus intellectuel. Les «Echos de la Plaine » se fendaient d’un magnifique article du Furet intitulé : « Quand la télé se moque du monde ». Après un court résumé de l’émission de la veille, le lecteur pouvait pénétrer plus avant dans l’intimité de l’étrange personnage. Il apprenait qu’il vivait dans un petit pavillon de banlieue, à Montreuil, sans chauffage ni électricité mais avec une vingtaine de chats. Chez lui, aucun appareil moderne, ni radio, ni télévision, pas même un réfrigérateur. Le mobilier datait d’un siècle ou plus et son propriétaire n’aimait rien tant que se vêtir comme s’il était encore sous Napoléon III, jouer du piano et monter à cheval.

Charlus referma le journal en se disant que ses amis lui devaient une fière chandelle. Le bonhomme était devenu une vedette des médias du jour au lendemain. Il se répandit dans de nombreuses autres émissions de télé ou de radios, sans jamais rien révéler de plus sur son secret.

Jusqu’au jour où éclata le scandale de l’élixir de longue vie. Une publicité fut éditée dans les journaux télé avec la photo d’Evergreen et un slogan : « Doublez ou triplez votre durée de vie en prenant chaque jour trois cuillérées à soupe de notre élixir ! ». La bouteille était facturée la bagatelle de 50 dolros avec un certificat de garantie orné de la signature du charlatan de la télé. Bien entendu, il s’en vendit des centaines peut-être même des milliers, tant la crédulité humaine est grande et son désir de jouissance toujours plus insatiable.

L’ennui, c’est qu’un petit vieillard en fit une cure et décéda au bout de trois semaines. La famille porta plainte pour escroquerie et abus de faiblesse. Sans enquête préliminaire vraiment sérieuse, le juge d’instruction plaça Evergreen en détention provisoire et c’est là que maître Charlus intervint. Sa défense fut des plus simples : Evergreen n’était pour rien dans la vente de cet élixir. Elle ne lui avait rien rapporté. Un autre escroc s’était servi de son nom et de son image pour vendre sa potion à des naïfs.

Une rapide enquête permit d’ailleurs de découvrir qu’Evergreen n’avait pas menti. L’élixir, qui, après analyse, se révéla n’être qu’un simple distillat de menthe, thym et verveine, était fabriqué en Chine et exporté par une société anonyme basée aux îles Caïmans. Il ne fut guère difficile à l’avocat d’obtenir la relaxe pour son client.

Mais le mystère restait entier. Quel était le secret de cet homme ? Avait-il vraiment vécu aussi longtemps ? Comment cela était-il possible ?

Evergreen invita plusieurs fois Charlus à Montreuil pour des dîners aux chandelles. Il réussissait fort bien des recettes un peu désuètes sur son antique cuisinière à bois…

Selon lui, il devait sa longévité à une hygiène de vie très stricte. Il se disait végétarien comme les pythagoriciens et les yogis, commençait toutes ses journées par un jus d’herbe de blé ou d’orge, (le vrai élixir ?), pratiquait l’oxygénation, le yoga et la méditation. Il avait été initié à toutes ces techniques par de grands sages hindouistes et avait l’air de s’en porter fort bien. Il ne se déclarait pas immortel, mais plutôt d’une longévité exceptionnelle.

-Et puis, j’ai eu d’illustres prédécesseurs : Cagliostro, Joseph Balsamo ou le comte de Saint-Germain…

-Ainsi qu’ « Highlander » au cinéma, mais tout cela ce n’est que de la fiction…

Vingt ans passèrent. Un soir, Evergreen, sur lequel le temps semblait n’avoir nulle prise, appela son avocat au téléphone. Ce dernier ne reconnut pas sa voix. C’était celle d’un grand malade, d’une sorte d’agonisant. Il se précipita à Montreuil pour se trouver face à un individu ridé, courbé en deux, amaigri, amoindri. Il était devenu totalement méconnaissable.

- C’est la fin, Charlus, lui dit-il. Je n’en ai plus pour bien longtemps.

Une violente quinte de toux s’empara de lui. Il se laissa tomber dans un fauteuil et s’éteignit très vite dans un dernier spasme. Evergreen n’était donc pas immortel, mais avait-il vraiment vécu aussi longtemps qu’il l’avait prétendu ? Sans doute allait-il emporter son secret dans la tombe ? Charlus en était là de ses réflexions quand, se tournant vers le fauteuil, il eut la stupéfaction de ne retrouver à la place de son cadavre, qu’un tout petit tas de cendres…

Quinze jours plus tard, un certain Ettore Pozzo Longo apparaissait dans une émission de la RAI. Il déclarait avoir été au camp du Drap d’or avec Charles-Quint et au pont d’Arcole parmi les impériaux bousculés par Bonaparte. Le plus étrange c’est qu’il ressemblait trait pour trait à Dorian Evergreen…

(Version papier disponible sur TheBookEdition.com)

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09:01 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)