13/05/2026
Les linottes (George Courteline)
Marthe est une femme mariée qui profite des nombreux déplacements en province de son mari Frédéric pour passer de bons moments avec son amant Robert Cozal qui sait se montrer extrêmement jaloux alors que lui-même est tout sauf fidèle. Il a d'ailleurs séduit une jolie blanchisseuse nommée Anita. Mais un jour, Marthe, en se présentant plus tôt que d'habitude chez Robert, découvre le pot aux roses. Et c'est le drame. Elle rompt immédiatement avec lui. Bien que désolé, celui-ci n'en poursuit pas moins ses activités. Il écrit les textes d'opérettes dont son ami Stephen Hour, compositeur médiocre et incompris, crée les musiques. Hour est un personnage bohème et vindicatif, persuadé d'être un génie alors qu'il n'a aucun talent. Il refuse même de recevoir son ami venu lui présenter ses dernières productions. Aussi déçu par sa maîtresse que par son ami, Cozal erre dans les rues de Montmartre et finit dans une brasserie où il rencontre une belle blonde appelée Victoire qui lui demande de lui offrir une bière, ce qu'il s'empresse de faire, sentant la possibilité d'une nouvelle opportunité…
« Les linottes » est un recueil composé d'un court roman, sorte de novella de 11 chapitres bien dans l'esprit humoristique et un brin paillard de l'époque qui sera d'ailleurs adaptée à titre de véritable opérette par un autre auteur et de 14 autres textes, intitulés « Lieds de Montmartre ». Le lecteur y trouvera de petites nouvelles, toutes fort amusantes, mais aussi des portraits de personnages hauts en couleurs, appartenant souvent au milieu artistique, des saynètes de la vie de tous les jours et de petites histoires ayant toutes pour cadre le décor champêtre de la butte Montmartre. George Courteline y passa toute son enfance, c'est dire s'il connaissait bien les lieux et les gens qui y vivaient. Inutile de préciser que c'est un véritable plaisir que de lire ces textes légers, pétillants, pleins d'intelligence et de drôlerie (parfois vacharde) et de se plonger dans un monde disparu. Il est aussi intéressant de voir qu'avec un sujet de rien du tout comme la description d'une ligne d'omnibus parisien, ou la mésaventure d'un homme qui doit changer cinq fois de haut de forme, Courteline arrive à nous intéresser et à nous divertir. Texte préféré : « Une canaille » pour le trio amoureux avec l'ami complaisant qui « prête » à son meilleur ami sa maîtresse pour un week-end mais qui ne se souvient de rien le lendemain et explose de rage quand il apprend que cela s'est concrétisé. Ah ! Courteline, cet immortel génie de l'humour français !
4,5/5
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