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18/05/2026

Dette: 5000 ans d'Histoire (David Graeber)

La dette.jpgLes controverses au sujet de la dette durent depuis cinq mille ans au moins. Le fait que l'économie mondiale ait débuté par le troc est plus un mythe qu'autre chose. A-t-il d'ailleurs véritablement existé, même dans les sociétés primitives ? L'auteur en doute fortement et a de bonnes raisons pour cela. L'arrivée de la monnaie sous toutes ses formes (métaux précieux ou non, coquillages, sel, voire morue séchée) a simplifié les échanges. Mais en réalité, c'est le crédit, la dette, la monnaie virtuelle (comme on l'appelle aujourd'hui) qui sont apparus en premier. Les véritables pièces de monnaie frappées à l'effigie d'un roi, d'un empereur ou d'un marchand sont arrivées beaucoup plus tard sans d'ailleurs jamais véritablement remplacer les systèmes de crédit. C'est en Chine du nord, en Inde et en Grèce que le phénomène se produisit simultanément entre 600 et 500 avant J.C. Pythagore (570-495 av J.C), Bouddha (563-483 av J.C) et Confucius (551-479 av J.C) furent contemporains. Sans se connaître, les trois pays vécurent en même temps une floraison de débats intellectuels, mais aussi un état de guerre permanent qui facilita la dispersion de la monnaie. Il fallait bien payer les soldats d'une manière ou d'une autre. Pour Graeber, c'est de la guerre que serait née l'économie de marché car le militaire doit tout acheter sur son passage quand il ne pille pas. Et même dans ce cas, sa préférence va toujours aux objets en métaux précieux…

« Dette, 5000 ans d'histoire » est un essai plus historique qu'économique. Sa lecture est un brin laborieuse. Une grande partie de l'ouvrage est consacré aux origines les plus lointaines de l'économie, des périodes sur lesquelles les chercheurs ne disposent que de peu de documents et pour lesquelles on se perd en conjectures. L'auteur est un professeur d'université britannique dont les idées « altermondialistes » apparaissent souvent en filigrane. Il conteste la plupart des thèses des économistes libéraux et estime que le capitalisme ne peut pas durer éternellement. Et même s'il estime que le communisme et les rapports humains basés sur les échanges honnêtes et même sur l'amour seraient préférables, il avoue ne pas savoir par quoi le remplacer. Le lecteur regrettera que la partie contemporaine, disons de 1815 à nos jours, soit traitée assez rapidement voire de manière un brin superficielle. Création de la Fed, accords de Bretton-Woods, abandon de la parité du dollar avec l'or par Nixon sont survolés. Cette partie reste du niveau du simple journalisme de vulgarisation. Il ressort surtout de cette lecture que toute l'économie mondiale repose sur la puissance militaire des États-Unis. Avec ses 800 bases militaires réparties dans le monde entier, avec sa maîtrise totale de l'espace aérien, l'empire américain a la possibilité de bombarder n'importe quel pays n'importe où dans le monde et ainsi imposer une économie basée sur le dollar qui n'est rien d'autre qu'un outil de prédation. Ouvrage intéressant, mais qui ne va pas assez au fond des choses à notre goût.

3,5/5

08:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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