31/08/2026
Elémentaire, ma chère Sarah ! (Jô Soares)
En 1886, l'actrice Sarah Bernhardt fait une tournée triomphale au Brésil. À Rio de Janeiros où elle se produit devant des auditoires enthousiastes, elle se retrouve idolâtrée par toute l'élite intellectuelle du pays. L'empereur du Brésil, Pedro II, ne rate aucune de ses prestations. Il vient la féliciter dans sa loge et lui apprend par la même occasion qu'un Stradivarius offert à sa maîtresse vient de lui être dérobé. Pour l'actrice, le seul homme capable de résoudre cette énigme est un étrange Britannique, un certain Sherlock Holmès, détective mondialement connu qui est d'ailleurs de ses amis. À la demande de la diva, le voilà qui débarque du bateau quelques temps plus tard avec redingote, casquette à carreaux et pipe d'écume en compagnie de son habituel compagnon, le docteur Watson. Et dans les rues sombres de Rio, une petite prostituée est égorgée par un homme dissimulé dans un ample cape noire. Le meurtrier laisse même un indice, une corde de violon dissimulée dans la toison pubienne de la victime. Un autre meurtre de jeune femme se produit peu après… Holmès parviendra-t-il à mener à bien son enquête ?
« Elémentaire, ma chère Sarah ! » peut se classer dans les romans policiers et même parmi les thriller, puisque le lecteur a droit à quatre meurtres (autant que de cordes de violon) plus quelques autres dans la fin en pirouette assez spectaculaire et surprenante. Comme l'auteur ne manque pas d'humour et de dérision, c'est aussi une fantaisie comico-policière, un pastiche, voire une sorte de roman picaresque. Un véritable régal de voir ce personnage de détective hautain, un brin guindé, corseté, cocaïnomane et plus ou moins inverti, se laisser aller sous l'effet de la chaleur tropicale, des mets épicés, virer sa cuti dans les bras d'une magnifique métisse aux yeux verts et abandonner son addiction à la cocaïne au profit d'une bonne pipe de haschich de première qualité. Jô Soares a aussi l'intelligence de faire intervenir un certain nombre de personnages secondaires, tous plutôt hauts en couleurs, qui ont réellement existé. Il dresse d'ailleurs en fin d'ouvrage une vingtaine de courtes biographies de ceux-ci. L'ambiance du Brésil de la fin du XIXè siècle est très bien rendue. Le roman démarre sur les chapeaux de roues, perd un peu de rythme ensuite, en raison de nombreuses descriptions, mais termine en apothéose. L'ensemble reste une très bonne surprise. Le lecteur découvre tout un monde tout en se divertissant. À conseiller.
4,5/5
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