Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/07/2026

Le cimetière de Prague (Umberto Eco)

Le cimetière de Prague.jpgParis mars 1897, le capitaine Simon Simonini, de père turinois et de mère savoyarde donc française de fraîche date, tente de rédiger un journal retraçant les péripéties de sa vie sans vraiment y parvenir. Par moment, il souffre de dédoublement de personnalité et autres troubles psychologiques. Il croit être l'abbé Dalla Piccola. D'ailleurs, il lui arrive de retrouver des passages de son propre journal rédigés par celui-ci. Difficile de dire s'il s'agit d'un ou de deux personnages ou d'un individu schizophrène. D'ailleurs Simonini passe son temps à se déguiser, à porter postiches, perruques et habits ecclésiastiques. Il dispose de plusieurs identités dont il se sert en fonction de ses activités tout aussi peu claires. Est-il notaire ? Ancien agent de Garibaldi ? Espion de sa majesté ? Agent double ou triple ? Il se trouve souvent mêlé à de curieuses pratiques comme lorsqu'il rencontre une femme qui lui propose contre monnaie sonnante et trébuchante quelques hosties volées qui pourrait lui permettre de pratiquer une messe noire. Mais ce qui caractérise le plus ce personnage étrange c'est sa détestation d'à peu près la totalité du genre humain. Il hait les femmes, les Juifs, les curés, les Jésuites et autres. Il se retrouve aussi dans toutes sortes de coups tordus style barbouseries et est capable d'aller jusqu'au meurtre. D'ailleurs bon nombre de cadavres dont il est responsable pourrissent dans un égout parisien auquel il peut accéder depuis son immeuble…

« Le cimetière de Prague » est un roman étrange aussi difficile à résumer qu'à définir. Comme il ne dispose pas de véritable intrigue bien construite avec progression narrative classique, il peut semble ardu, rébarbatif voire labyrinthique. Le lecteur peut facilement se perdre dans cette histoire qui n'en est pas une d'ailleurs. L'auteur a dû en être conscient lui-même car il propose en fin de volume une sorte de grille explicative avec chronologie, mais qui n'est pas d'une grande aide. Tout repose sur le narrateur et personnage principal. L'ennui c'est qu'il est particulièrement antipathique (misanthrope, atrabilaire, antisémite, raciste et dénué de toute empathie comme de tous principes moraux). Les autres personnages fantomatiques, parfois à peine esquissés, apparaissent et disparaissent au fil des pages. Simonini participe à l'épopée garibaldienne en Italie, à la chute de Napoléon III, au retour de la République et à l'affaire Dreyfus. Il participe à de nombreux complots mais tire toujours son épingle du jeu, même quand il joue dans les deux camps en même temps. Il rencontre quelques grands personnages de l'époque comme Garibaldi, Freud, Dumas, Daudet, Sue ou Zola, un journaliste et écrivain sulfureux comme Drumont, une possédée comme Sarah Vaughan et un mythomane et escroc avide de notoriété comme Léo Taxil. Eco précise bien qu'il n'a rien inventé au sujet de ces personnages réels et des situations décrites. C'est d'ailleurs l'unique intérêt de la lecture de ce pensum par ailleurs très alourdi par un nombre incalculable de menus de restaurant, de recettes de cuisine et de grades de franc-maçonnerie. On est très très loin du « Nom de la Rose » !

2,5/5

08:56 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)